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Billets 2011

 

Être confirmé, qu'est-ce que ça donne?

La pédophilie dans l'Église

 

 

Être confirmé, qu’est-ce que ça me donne?

La semaine dernière, à une émission de T.V. dont je ne me souviens plus du nom, un jeune parent faisait remarquer que ce n’était pas facile avec son adolescent, qui passait son temps à lui dire : «Qu’est-ce que ça donne, qu’est-ce que ça va me donner de faire ce que tu me demandes?»

Une lumière rouge s’est allumée et je me suis dis que probablement des adolescents et des adolescentes devaient demander à leurs parents «qu’est-ce que ça donne d’être confirmés, confirmées?»

Quand on est adolescent on veut l’immédiat, le tout de suite. Quand on est adulte on sait que nous avons à jouer avec le temps.

Qu’est-ce que ça peut bien donner à un enfant d’être confirmé?

Qu’est-ce que ça donne à leurs parents de les faire confirmer?

Qu’est-ce que ça donne à un enfant de l’obliger à mettre un manteau l’hiver?

Qu’est-ce que ça donne à un enfant d’apprendre à lacer ses souliers, à s’habiller, à parler, à être propre?

Qu’est-ce que ça donne à un enfant d’apprendre à vivre en harmonie avec les autres, à respecter les autres, la nature?

Qu’est-ce que ça donne à un enfant d’aller à l’école?

Je pourrais allonger la liste bien facilement. Il y a tant d’apprentissages que nous devons faire.

Tous ces apprentissages  permettent simplement à un enfant de devenir un homme, une femme pouvant vivre avec ses semblables heureux.

Qu’est-ce que ça donne d’être confirmé?

Être confirmé ça donne de devenir simplement un homme, une femme avec une lumière particulière pour vivre sa vie, une couleur particulière, une saveur particulière : la lumière, la couleur, la saveur de Jésus.

Être confirmé ça donne d’ouvrir sur une grande aventure, celle de son baptême, celle de vivre en fils et fille de Dieu, en vivant, en vivante, en amoureux, en amoureuse.

«Je suis venu pour que vous ayez la vie, nous dit le Seigneur Jésus, une vie abondante. Aimez-vous comme je vous ai aimés.»

Être confirmé ça donne un chemin, une direction à prendre pour vivre sa vie en vue d’être heureux.

Être confirmé ça permet de s’appuyer sur quelqu’un plus grand, plus fort, plus sage, plus intelligent que soi.

Être confirmé ça permet d’accueillir, dans sa propre vie,  le don de Dieu, son feu d’amour, son souffle de vie, son Esprit.

Être confirmé ça permet  d’accueillir à nouveau l’engagement de Dieu dans sa propre histoire, son Alliance pour mon bonheur.

Être confirmé  ça permet  de mettre un sceau sur son baptême pour dire « Amen », «Je le veux »; c’est comme signé de sa propre main, de son propre nom, son baptême.

Être confirmé ça permet  une rencontre personnelle en Église avec Jésus-Christ.

Être confirmé ça permet de s’engager à partager avec nos frères et sœurs le feu de l’amour reçu, le souffle de vie reçu.

Être confirmé ça permet de devenir simplement un homme, une femme qui ressemble à Jésus, une personne de tendresse, de compassion, de bonté, de miséricorde, de pardon, de paix, de joie.

Denis Lepage

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La pédophilie dans l’Église.

J’ai beaucoup de compassion pour mes frères et mes sœurs qui ont été abusés.

Un grand malheur, oui, un grand malheur. Un grand malheur pour les personnes abusées. Une trahison pour les personnes abusées. Une souffrance immense qui marque, qui laisse des traces…

Que faire pour les personnes abusées? Les écouter longuement, longuement; leur manifester beaucoup de compassion, nous faire proches. Les écouter encore longuement, leur donner la possibilité, aux frais de l’Église, d’être accompagnées par des médecins, des psychologues, des psychiatres aussi longtemps qu’il le faudra. Être vraiment là pour ces personnes, les considérer comme des enfants blessés, tout faire pour que leur souffrance diminue, tout faire, si c’est possible, pour que ces personnes guérissent.

J’ai beaucoup de compassion pour mes frères et mes sœurs abuseurs. Quelle détresse, quel malheur pour vous aussi!

Vous aurez à faire face à la justice, à faire un séjour en prison… et que sais-je?

J’ai beaucoup de compassion pour vous.

J’entends des frères, même des frères évêques qui disent que vous avez commis une faute impardonnable, que vous irez en enfer. (Mgr Charles Scicluna, principal enquêteur de la Congrégation pour la doctrine de la foi – Le Journal de Québec, dimanche 30 mai 2010)

Qu’en savent-ils? Qui peut condamner? Ont-ils oublié que notre Dieu est un Père, un Frère, un Esprit d’amour? Ont-ils oublié que Jésus, l’envoyé du Père, a donné sa vie pour notre salut à tous et à toutes sans exception, même pour les pécheurs, même pour les voleurs, les tueurs, les abuseurs?

«… quels sont ceux que nous, l'Église, nous expulsons, ou du moins laissons vivoter en marge, comme des citoyens de deuxième classe? Les divorcés et remariés, ceux qui vivent en couple, les homosexuels. Il faut qu'il y ait une place pour eux autour de nos autels et qu'ils jouissent avec tous les autres de l'hospitalité du Christ. (…)

Quels sont, dans notre société, ceux qui sont en dehors du camp, quels sont les lépreux impurs, les prostituées et les collecteurs d'impôts? Les jeunes à cagoule, les gangs de loubards, les individus qui entraînent les jeunes de l’un ou l'autre sexe à la prostitution, les parlementaires surpris à falsifier leurs comptes de frais? L'impur par excellence est peut-être le pédophile, qui même lorsqu'il aura purgé sa peine, va se voir traqué, sa porte barbouillée d’insultes, et  lui-même regardé comme l'incarnation du mal, le bouc émissaire que nous chargeons de toutes nos peurs et de toutes nos fautes. Voilà ceux qu’on rejette hors du camp, où le Christ est mort.  Est mort pour eux aussi.» (Timothy Radcliffe, Pourquoi aller à l’église, cerf, 2009, p.168)

 

Puis-je encore ajouter pour terminer un texte d'un Anglais du XIVe siècle, cité par Maurice Bellet. (La Traversée de l'En-Bas, p. 99).

« Ce n’est point ce que tu es ou ce que tu as été, que Dieu regarde avec les yeux de sa miséricorde, mais ce que tu as désir d’être.

Voilà le Dieu que nous aimons!»

Voilà le Dieu que j’aime! Voilà le Dieu qui est le nôtre et qui est pour tous et toutes sans exception.

Denis Lepage

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