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Billets 2012
La mort de Marjorie et lintimidation
La mort de Marjorie et l’intimidation. Marjorie est morte. Elle n’avait que 15 ans. Elle était belle et avait l’avenir devant elle. Elle s’est suicidée à cause, dit-on, de l’intimidation subie à l’école. J’ai entendu à la télévision des personnes qui disaient leur impuissance devant la situation, qu’on manquait d’argent, qu’on manquait de personnel … J’ai lu dans le journal qu’il ne fallait pas chercher de coupable. Il n’y a pas de coupable. Il y a juste la mort d’une enfant de 15 ans. Il ne faudrait surtout pas regarder en face le grand malheur d’une enfant de 15 ans qui se suicide. Il ne faudrait surtout pas regarder en face la situation de l’intimidation dans nos écoles. Si par hasard, un tout petit chat s’était faufilé dans une école et que quelqu’un s’était acharné sur lui avec force coups de pieds, il y aurait eu un scandale, c’aurait été intolérable. Alors, dans nos écoles, personne ne voit, personne n’entend… La direction de l’école ne voit rien, n’entend rien… Les professeurs dans leur ensemble ne voient rien, n’entendent rien… La secrétaire de l’école ne voit rien, n’entend rien… Le concierge ou la concierge de l’école ne voit rien, n’entend rien… Aucune étudiante, aucun étudiant de l’école ne parle de l’intimidation qui y existe avec un de ses parents… Les étudiants et les étudiantes ne voient rien, n’entendent rien… L’intimidation à l’école est-elle devenue si banale que plus personne ne s’en préoccupe? Ou bien, est-ce que Pilate est revenu parmi nous? « Je m'en lave les mains ». Je me rappelle d’une vieille histoire, racontée dans un vieux livre, la Bible, une vieille histoire que l’on ne raconte probablement plus à l’école. C’est l’histoire de Caïn qui a tué son frère Abel. Dieu intervient auprès de Caïn pour lui demander : - Où est ton frère Abel? Et Caïn de répondre : - Je ne sais pas. Suis-je le gardien de mon frère?
Suis-je le gardien de mon frère, de ma sœur, une bonne question pour chacun et chacune de nous? Il était une fois un groupe de personnes qui avaient pour noms : Personne, Quelqu’un, N’importe Qui, Chacun et Tout le Monde. Il y avait une importante tâche à faire et Tout le Monde était sûr que Quelqu’un s’en acquitterait. N’importe Qui aurait pu la faire mais Personne ne s’en est chargé. Quelqu’un se fâcha car il s’agissait de la tâche de Tout le Monde. Chacun pensa que N’importe Qui aurait pu la faire mais Personne ne réalisa que Tout le Monde ne la ferait pas. Il en a résulté que Chacun a blâmé Quelqu’un alors que Personne n’a fait la tâche que N’importe Qui aurait pu réaliser. En somme-nous là? Suis-je le gardien de mon frère, de ma sœur? Oui, il n’y a pas d’autres réponses. Le respect de soi et de l’autre est nécessaire à la vie heureuse. L’amour qui va jusqu’au pardon est nécessaire à la vie heureuse. Sans ces réalités dans nos vies, tout bascule. La solution pour nos écoles et pour chacun et chacune de nous est toute tracée : c’est le retour du respect, de l’amitié, de la fraternité, du pardon, de l’amour. Denis Lepage
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