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Histoires 2010          Histoires 2011

 

 

 

Histoires 2012

 

Conviction ou opinion

Des signes particuliers de la présence de Dieu

Dites-le sans attendre

Je veillerai sur vous

La cithare du bonheur

La passion de Noël

L'enfant et les deux lépreux

Le ressemblance

Prendre la parole

Une telle lumière

 

 

L'enfant et les deux lépreux

L'enfant Jésus venait de naître et deux lépreux, amis des bergers, étaient venus s'incliner devant lui. Le premier dit à Jésus: «Fils du Très-Haut, guéris-moi de ma lèpre, toi qui viens sauver le monde! » Et, à l'instant même, il fut guéri.

Le second lépreux, à son tour, vint auprès de l'enfant et, à la stupeur de Marie, de Joseph et des bergers, il se contenta de dire à l'enfant : « Jésus, j'aimerais simplement poser ma main sur la tienne». Marie l'invita à s'approcher. Tout tremblant, il mit sa main dans la main de Jésus et s'en retourna  avec sa lèpre.

Le lépreux qui avait été guéri s'empressa d'oublier sa lèpre et devint un homme au cœur dur. Le malheur des autres le laissait de glace.

Le second lépreux reprit sa vie de misère. Jusqu'au jour où un petit enfant en larmes passa au bord de la route et vint se réfugier dans ses bras. Tout ému, le lépreux posa sa main dans la sienne et l'enfant, soudain, fut  rempli d'une joie telle qu'il se dépêcha de tout raconter à ses parents et à ses amis.

Et, depuis ce jour-là, quiconque mettait sa main dans celle du lépreux repartait avec, au cœur, une joie à nulle autre pareille.

Conte portugais

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Je veillerai sur vous
 

Un homme en état d'ébriété conduit une Oldsmobile. Il semble qu'il a passé sur une lumière rouge ce qui a causé un accident impliquant six voitures.

Sur cette route, se trouvent des corps et du sang partout des sirènes brisent le silence, annonçant qu'il y a de la mort dans l'air. Au-delà des bruits, on entend une mère crier, emprisonnée dans sa voiture sa plainte se faisait entendre et tranchait au travers tous les autres bruits.
- Oh mon Dieu, s'il vous plait sauvez mes garçons.

Elle essayait de libérer ses mains qui étaient coincées et se débattait afin de se sortir de là. Mais un morceau de métal l'empêchait de bouger et la gardait prisonnière dans la voiture. Malgré tout, ses yeux se tournent vers l'arrière où ses garçons étaient.

Mais tout ce qu'elle voyait était de la vitre cassée deux sièges d'enfants complètement écrasés et ses deux jumeaux introuvables. Elle ne les entendait pas pleurer et elle priait afin qu'ils aient été éjectés de la voiture.
- Oh mon Dieu ne les laissez pas mourir !
 

Un pompier arrive et la libère et quand ils ont cherché à l'arrière de la voiture, aucun enfant n'y était. Les ceintures de sécurité étaient intactes et ils croyaient que la mère hallucinait à cause du choc et qu'elle devait voyager seule.

Alors qu'ils se retournent pour la questionner, ils découvrent qu'elle était partie et un policier l'a vue courir en folle.

Elle criait au travers tous les bruits alentours, suppliant tout le monde:
- S'il vous plait, aidez-moi à trouver mes garçons. Ils ont quatre ans et portent des chemises bleues, leurs jeans sont bleus aussi.
 

Un policier s'écrie:

- Ils sont dans ma voiture.

Ne vous inquiétez pas, ils n'ont pas une égratignure. Ils m'ont dit que leur papa les a mis là leur a donné un cornet. Il a dit d'attendre après leur maman qui viendrait les chercher pour les amener à la maison.  J'ai cherché partout mais je n'ai pas trouvé leur papa. Il a probablement quitté les lieux je pense et c'est très inquiétant.

La maman voyant ses enfants s'empressa de les prendre dans ses bras. Essuyant ses larmes, elle dit au policier:
- Monsieur, il ne peut pas avoir quitté les lieux... voyez-vous, car il est décédé depuis un an déjà.

Le policier la regarde, complètement ahuri, et lui demande, perplexe:

- Comment cela peut-il être possible?

Les enfants, de répondre:

- Maman, papa est venu et il a laissé un baiser pour toi. Il nous a dit de ne pas nous inquiéter que tu serais correcte et nous a déposé dans cette belle voiture avec les belles lumières qui clignotent. Nous voulions qu'il reste avec nous parce qu'il nous manque tellement mais maman, il nous a serré dans ses bras et nous a expliqué qu'il devait partir et qu'un jour, on comprendrait. Il nous a aussi dit d'être sages, et nous a demandé de te dire qu'il veillait sur nous.

La maman n'avait aucun doute que les enfants disaient vrai, se rappelant les derniers mots de son mari :
- JE VEILLERAI SUR VOUS !

 

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Une telle lumière ne pouvait pas s'éteindre

Dans Les cloches de Nagasaki, le docteur Paul Nagaï, qui est une victime à retardement du bombardement atomique de Nagasaki, et qui a eu le temps d'écrire ce livre avant de mourir, nous a laissé ce prodigieux témoignage de grandeur et de générosité au milieu de l'horreur des événements.

Il nous raconte comment, étudiant en médecine, atteint comme tous les étudiants par le matérialisme de la science occidentale, il avait perdu toute foi en l'immortalité, imaginant que le corps n'était simplement qu'un équilibre provisoire de forces physico-chimiques aveugles.

Et c'est dans le regard de sa mère mourante qu'il commença à recouvrer le sens de l'immortalité. Il y avait, en effet, dans le regard de cette mère mourante, à laquelle il était infiniment attaché avec le plus profond respect et la plus entière vénération, une telle lumière, une telle grandeur, une telle puissance de vie qu'il fut atteint au plus intime de lui-même en se disant: « Il est impossible qu'une telle lumière, une telle grandeur s'éteigne dans le néant. »

Et c'est à partir de la lumière puisée dans le regard de sa mère mourante qu'il s'achemina vers l'Église et qu'il devint un chrétien brûlant, magnifique, héroïque jusqu'au martyre dans une pureté, dans une pauvreté et dans une joie extraordinaire! Pour lui donc, la question de l'immortalité ne s'est pas posée à froid, comme un raisonnement que l'on écoute par une oreille et qui sort par l'autre. C'est devant ce trésor d'une mère infiniment respectée et devant la puissance de rayonnement qui se dégageait dans cette mort, qu'il fut amené à réviser le problème et à se convaincre, en effet, qu'il y a dans l'homme une puissance qui doit triompher de la mort.

Maurice Zündel, Je parlerai à ton coeur, Éditions Anne Sigier, 1990, p. 132-133

 

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La cithare du bonheur

C'était un homme droit et sincère qui cherchait le chemin du bonheur, qui cherchait le chemin de la vérité.  Il alla un jour trouver un vénérable maître soufi dont on lui avait assuré qu'il pourrait les lui indiquer.  Celui-ci l'accueillit aimablement devant sa tente et, après lui avoir servi le thé à la menthe, lui révéla l'itinéraire tant attendu: « C'est loin d'ici, certes mais tu ne peux te tromper: au cœur du village que je t'ai décrit, tu trouveras trois échoppes.  Là te sera révélé le secret du bonheur et celui de la vérité. »

La route fut longue.  Le chercheur d'absolu passa maints cols et rivières.  Jusqu'à ce qu'il arrive en vue du village dont son cœur lui dit très fort: « C'est là le lieu!  Oui, c'est là! »

Hélas! dans chacune des trois boutiques il ne trouva comme marchandise que rouleaux de fil de fer dans l'une, morceaux de bois dans l'autre et pièces éparses de métal dans le troisième.

Las et découragé, il sortit du village pour trouver quelque repos dans une clairière voisine.  La nuit venait de tomber.  La lune remplissait la clairière d'une douce lumière.  Lorsque tout à coup se fit entendre une mélodie sublime.  De quel instrument provenait-il?  Il se dressa tout net et avança en direction du musicien.  Lorsque, stupéfaction, il découvrit que l'instrument céleste était une cithare faite des morceaux de bois, des pièces de métal et des fils d'acier qu'il venait de voir en vente dans les trois échoppes du village.

À cet instant, il connut l'éveil.  Et il comprit que le bonheur est fait de la synthèse de tout ce qui nous est déjà donné, mais que notre tâche d'hommes intérieurs est d'assembler tous ces éléments dans l'harmonie.

 

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Conviction ou opinion

Alors qu'il visitait la vieille Europe du 19e  siècle, le poète allemand Heinrich Heine et un ami s'étaient arrêtés devant la cathédrale d'Amiens en France. «Dis-moi, Heinrich, pourquoi les gens ne sont-ils plus capables de construire des monuments comme cela?»

Heinrich répondit: «Dans ce temps-là, les gens avaient des convictions. Nous les modernes, nous avons des opinions. Il faut plus que des opinions pour construire une cathédrale. »

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La passion de Noël

Une femme a raconté l’expérience suivante :

« C’était Noël, un dimanche cette année-là. Nous avions passé le congé chez les parents de mon mari à San Francisco, mais comme il fallait travailler le lendemain, lundi, nous nous sommes retrouvés sur la route, le jour de Noël à faire les 400 milles qui nous séparaient de Los Angeles.

Nous sommes arrêtés à King City pour le dîner. Le restaurant était presque vide. Nous étions la seule famille à nous retrouver là avec des enfants.

J’entendis Éric, mon petit garçon d’un an, crier de joie et frapper la chaise haute avec ses mains potelées. Sa figure était toute illuminée, ses yeux tout grands et son sourire montrait des gencives où il n’y avait pas de dent. Il se tortillait et riait et tout à coup  j’aperçus la source de sa joie. Je ne pouvais pas le croire.

Un manteau magané, acheté il y a bien des années, sale, graisseux, usé; des pantalons trop grands; un corps amaigri; des orteils qui sortaient de chaussures tout usées; une chemise avec un cerne autour du col; un visage à nul autre pareil, et des gencives semblables à celles d’Éric.

« Salut, bébé! Je t’ai vu mon petit! »

Mon mari et moi avons échangé un regard qui voulait dire en même temps : « Qu’est-ce qu’on fait? » et « Pauvre diable! »

On nous apporta le repas et Éric continua à faire du bruit et à frapper sur la chaise haute. Maintenant le « bum » parlait trop fort à l’autre bout du restaurant, jouant « coucou » avec Éric qui lui répondait avec plaisir.

Plus personne ne trouvait la situation intéressante. Cet homme était une vraie nuisance. J’étais embarrassée. Mon mari se sentait humilié, et même notre garçon de six ans dit : « Pourquoi il parle si fort? »

Mon mari alla payer la facture en me suppliant de prendre Éric et de le rejoindre à la voiture. Je dis : « Seigneur, laissez-moi juste sortir d’ici avant qu’il ne reparle à Éric ou à moi »  et je me précipitai vers la porte. Mais il devint vite évident que le Seigneur et Éric avaient d’autres intentions.

Comme je m’approchais de l’homme, je me tournai de manière à l’éviter. Mais alors Éric, se penchant sur mon bras, lui tendait les deux bras pour être pris. En essayant de balancer son poids, je me suis retournée les yeux dans les yeux de cet homme.

Éric se tirait vers lui, les bras grands ouverts. Les yeux du « Bum» étaient suppliants : « Laissez-moi prendre votre bébé ». Je n’eus pas le temps de répondre puisqu’Éric se jeta lui-même dans ses bras. Et ce fut un moment d’amour entre un vieil homme et un très jeune enfant.

Éric posa sa tête sur l’épaule maganée de cet homme qui ferma les yeux. Des larmes coulaient sous les paupières. Ses vieilles mains, pleines de saleté, de souffrance et de travail pénible, tenaient et caressaient mon fils avec tellement de tendresse. Je ne pouvais plus bouger.

Le vieil homme berça Éric dans ses bras pendant un moment, puis ouvrit les yeux et fixa les miens. Il dit avec fermeté : « Prenez soin de cet enfant ». J’ai répondu : « Je vais le faire », la gorge toute serrée.

À regret, avec grande peine, il arracha Éric de lui et je le reçus dans mes bras. Et il me dit : « Que Dieu vous bénisse, madame. Vous m’avez donné mon cadeau de Noël ». J’ai murmuré : « merci ».

Avec Éric dans mes bras, j’ai couru vers la voiture. Mon mari ne comprenait pas pourquoi je pleurais et tenais Éric si serré en disant : « Pardon, Seigneur, pardon ».

Le sens de Noël, c’est Éric. Éric, c’est la passion de Dieu pour nous, « les bums », avec nos vies maganées, nos relations maganées, nos cœurs maganés. Éric, c’est les bras de Dieu, décidé à faire irruption dans nos vies.

Si Dieu n’est pas avec nous, s’il n’embrasse pas nos vies, malheur à nous. Il n’y a alors ni lumière, ni espérance.

Mais non : comme Éric, Dieu nous tend les bras et il nous embrasse avec toute la passion de son amour.

William J Bausch,  More Telling Stories,  Compelling Stories.

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La Ressemblance

Une religieuse missionnaire était en train de soigner, avec beaucoup de sollicitude, les plaies répugnantes d'un lépreux. Elle accomplissait ce travail tout naturellement, souriante et bavardant joyeusement avec le malade.

À un moment, elle lui demanda: « Est-ce que tu crois en Dieu? »

Le pauvre homme la fixa longuement avant de répondre: « Oui, maintenant, je crois en Dieu! »

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Prendre la parole

Selon une antique tradition asiatique, on rédigeait année après année, à la Cour impériale, l’histoire du royaume.  Cette tâche était confiée à deux hauts ministres de l’empereur.  L’un devait mettre par écrit toutes les bonnes choses qui avaient eu lieu pendant le règne; l’autre devait faire la liste de tout ce qu’il y avait eu de négatif.  Mais aucun des deux n’était au courant de ce qu’écrivait l’autre.

Les deux écrivains devaient lire leur bilan au cours d’une audience spéciale et publique, au début de l’année nouvelle et devant la cour impériale.  Tous attendaient de voir le contraste qu’il y aurait entre les deux rapports.

Après avoir entendu les comptes rendus, l’empereur demandait, en se tournant vers la cour:

« Que celui d’entre vous qui a quelque chose à dire prenne la parole. »

C’est ainsi qu’un jour, l’empereur invita tout le monde à donner son opinion.  Mais personne n’osait parler.  Régnait le silence le plus absolu.  Soudain on entendit les gémissements et les pleurs de quelqu’un.  « Qui pleure?  demanda l’empereur.  Que celui qui pleure vienne devant moi et qu’il parle. »

Un mandarin s’avança, se prosterna trois fois devant l’empereur et dit avec un grand respect:

« Majesté, personne dans cette cour n’ose dire la vérité.  J’ai peur que notre nation ne soit en péril et risque de s’écrouler. »

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Dites-le sans attendre

Lui était un homme gros et robuste, à la voix tonitruante et aux manières brusques.  Elle était une femme douce et délicate.  Ils s’étaient mariés.  Lui veillait à ce qu’elle ne manquât de rien.  Elle vaquait aux soins du ménage et éduquait les enfants.  Les enfants grandirent, se marièrent et quittèrent la maison familiale.  Une histoire comme tant d’autres.

Mais quand tous les enfants furent casés, la femme perdit son sourire et devint de plus en plus frêle et diaphane.  Elle n’avait plus d’appétit et bientôt ne quittait plus son lit.

Inquiet, le mari la fit hospitaliser.  Des médecins et puis des spécialistes de renom vinrent à son chevet.  Mais aucun ne réussit à trouver de quelle maladie elle souffrait.  Ils secouaient la tête et ne savaient que dire.

Le dernier spécialiste prit le mari à part et lui dit: « Je dirais... simplement que votre femme n’a plus envie de vivre. »

Sans rien dire, le gros Monsieur s’assit à côté du lit de sa femme et lui prit la main.  Une toute petite main frêle qui disparaissait dans la grande main du mari.  Puis de sa voix forte et décidée il lui dit:

- Tu ne mourras pas! 

- Pourquoi? demanda la femme d’une voix fluette.

- Parce que j’ai besoin de toi! 

- Et pourquoi ne me l’as-tu pas dit plus tôt? 

Depuis ce moment, la santé de la femme s’améliora et aujourd’hui elle est en pleine forme.  Pendant ce temps, médecins et spécialistes continuent à s’interroger sur la nature de la maladie qui l’avait terrassée et surtout sur l’extraordinaire médicament qui l’avait guérie en si peu de temps.

Bruno Ferrero, Quand fleurit le désert, Éditions du Signe, 1997, p.44

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Des signes particuliers de la présence de Dieu...

Dieu avait décidé de rendre visite aux gens de la terre. Il envoya donc en reconnaissance un ange qui lui décrirait l'état des choses avant sa propre visite.

L'ange revient et donna à Dieu le compte rendu suivant: «La plupart des hommes manquent de nourriture et la plupart d'entre eux manquent d'ouvrage.»

Dieu dit: «Alors je vais me faire nourriture pour ceux qui ont faim et travail pour ceux qui sont chômeurs!»

Anthony de Mello, Comme un chant d'oiseau