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Histoires 2007
Avoir faim et soif et se sentir bien
Bienvenue dans le carré de sable
Il a pris place avec les sans abris
Le moine et la pierre précieuse
Le petit garçon qui voulait rencontrer Dieu
L'amour est important dans une vie
L'araignée qui voulait pêcher des bananes
L'Esprit Saint ne nous laisse pas orphelin
Quand Jésus croise l'archange Gabriel
Vous ne pourriez pas comprendre
Nous avons tous connus des jardiniers passionnés de leur jardin. Mais celui-là, les dépassait tous. Chaque fleur, il la connaissait, avec le papillon adapté à chacune.
Et le soir, quand la brise balançait tendrement le feuillage des bouleaux, le bon jardinier jouissait du bonheur de chacune dans un coin de paradis.
Mais un jour, tout se détraqua: dans le fond du jardin, notre homme vit des limaçons malheureux et mécontents.
N'avaient-ils pas de quoi manger? Vite, il planta une belle salade pour chacun.
Rien à faire! Trois se disputaient la même laitue, laissant les autres pourrir sur place.
Et quand l'une des limaces rencontraient l'autre, elle lui faisait les cornes et exprimait son mépris en répandant une grosse énorme bave.
La paix avait déserté le cœur du bon jardinier: «Est-ce possible? Dans mon jardin...»
Alors le jardinier se mit à parler à chaque limace.
Mais les limaces n'entendent pas le langage des jardiniers.
Alors, le brave homme soupirait: «Ah! si je pouvais devenir limaçon à mon tour! Je leur parlerais alors dans leur propre langue, doucement, paisiblement et avec tant de conviction qu’ils trouveraient enfin le bonheur dans mon jardin...»
Faut-il en dire davantage? Sinon qu'il y a infiniment plus de distance entre Dieu et l'homme qu'entre le bon jardinier et les limaçons.
Et que ce qui est impossible aux hommes, est possible à Dieu. Mais il y faut un amour déroutant à la taille de Dieu même.
Jacques Faizant et Jacques Loew, Paraboles et Fariboles, Les Éditions du Cerf, Paris, 1993, p.80
Il y a quelques années, ma fille Sheila se sentait très déprimée. Depuis sa cinquième année, elle voulait devenir médecin et missionnaire. Finalement elle obtient son diplôme du collège universitaire Hope avec une majeure en chimie et une moyenne située entre A et B. Mais il y avait cinquante-quatre mille candidats aux écoles de médecine des États-Unis et seulement quatorze mille places. Elle fit partie des quarante mille refusés. Il lui fallait maintenant décider si elle voulait faire une maîtrise et se présenter à nouveau, ou changer alors d’orientation. Elle opta pour la deuxième solution, parce qu’elle découvrit que si, en fait, elle voulait devenir médecin, c’est parce qu’elle voulait se mettre au service de la santé d’autrui. Elle en conclut qu’elle pouvait se passer de devenir médecin pour le faire. Elle chercha sa voie dans le service à la jeunesse de notre temple.
Au cours de cette période, elle eut une aventure malheureuse, douloureuse, avec un jeune homme. Ils n’étaient tout simplement pas faits l’un pour l’autre, et cette relation lui imprima une image d’elle-même très négative. Un matin que nous étions assis à la table de la cuisine, je lui ai demandé d’une voix calme: « Sheila, qu’est-ce que tu attends de la vie? » Le visage mouillé de larmes, elle vida son cœur: « Papa, je crois que tout ce que je veux vraiment, c’est une maison comme notre maison. Je voudrais des enfants qui soient comme mon frère et mes sœurs. »
Elle fit une petite pause, et, comme j’effaçais doucement les larmes de ses joues, je pleurais aussi. « Tu sais, poursuivit-elle, je me fiche d’avoir un mari riche ou célèbre. Je n’ai pas besoin d’un homme comme ça. Tout ce que je veux, c’est un homme qui me traite comme une pierre précieuse. »
Robert A. Schuller, Enrichissez votre vie, Un monde différent ltée, Saint-Hubert, 1985, p.27
Est-ce que vous vous souvenez, du train électrique que votre père vous avait offert à Noël (et avec lequel il jouait d’ailleurs en cachette quand vous n’étiez pas là) ?
Vous aviez installé le circuit dans votre chambre. Les rails passaient sous votre lit, en ressortaient pour plonger à nouveau sous le placard. Il y avait même des vaches en plastique.
Et puis un jour, la locomotive se met à faire un drôle de bruit, un petit éclair bleu s’en échappe dans un nuage de fumée et la machine s’arrête. Plus rien à faire. Le train a vécu, le train est mort!
Alors avec des larmes dans les yeux, les petites mains ramassent l’objet inerte et le portent à Papa qui peut tout, même ressusciter les jouets cassés. Et à partir de ce moment commence l’attente. Le miracle se fera, bien sûr, puisque Papa peut tout. Il peut tout, mais pas tout de suite. Pour les miracles, prévoir un délai. Et les heures passent, puis le premier jour, puis le deuxième, puis… enfin, une semaine ou deux ans plus tard, Papa entre, tenant dans ses mains… quoi donc… le train sauvé de la mort.
Le petit garçon qui voulait rencontrer Dieu
Il y avait une fois un petit garçon qui voulait rencontrer Dieu. Il savait qu'il devait aller loin, sur la montagne, là où vit Dieu. Alors il prépare un goûter avec des biscuits et des orangeades, puis il entreprend son voyage.
À trois coins de rue de la maison, en passant devant le parc, il aperçoit une vieille dame assise sur un banc, elle était seule et elle regardait des pigeons. Déjà un peu fatigué, le garçon vient s'asseoir à côté d'elle pour prendre un peu de son goûter. Il ouvre son sac à dos pour prendre une orangeade et remarque que la dame a l'air d'avoir faim, il lui offre un biscuit. Elle accepte avec reconnaissance et lui sourit d'un sourire si beau que le garçon voulut le revoir. Il lui offrit une orangeade, encore une fois elle remercia et lui sourit. Le garçon était heureux!
Ils restèrent ainsi ensemble tout l'après-midi à manger des biscuits, à boire de l'orangeade et à échanger des sourires... mais pas un mot ne fut échangé.
Le soir venait et le garçon décida de rentrer chez lui. Il fit quelques pas et se retourna pour revenir embrasser la vieille dame. Elle lui fit le plus beau des sourires!
En le voyant entrer sa mère lui dit: « Mais, qu'as-tu fait aujourd'hui qui t'a rendu si heureux? »
« J'ai lunché avec Dieu... Tu sais quoi maman? Elle a le plus beau sourire que j'ai jamais vu! »
Pendant ce temps la vieille dame rentrait aussi chez elle rayonnante de joie. Son fils, surpris par l'expression de paix sur le visage ordinairement si triste de sa mère, lui demanda:
« Mère, qu'avez-vous fait aujourd'hui qui vous a rendu si heureuse? »
« J'ai mangé des biscuits avec Dieu... Tu sais, il est bien plus jeune que je croyais! »
Julie A. Manhan
Un jour, un jeune homme qui fuyait devant un implacable ennemi arriva dans un village. Les habitants l’accueillirent avec bienveillance et lui offrirent une cachette sûre. Le lendemain arrivèrent les soldats qui le poursuivaient. Ils pénétrèrent de force dans toutes les maisons, perquisitionnèrent caves et greniers et puis rassemblèrent sur la place tous les habitants du village.
Le commandant cria: « Nous mettrons le feu au village et nous passerons par les armes tous les hommes si vous ne nous livrez pas ce jeune homme avant demain matin à l’aube. »
Le chef du village était déchiré par ce terrible dilemme: ou bien livrer le jeune homme aux soldats, ou bien laisser tuer ses concitoyens. Il se retira donc dans sa chambre, ouvrit la Bible, espérant y trouver une réponse avant l’aube. Après plusieurs heures, tôt le matin, il tomba sur ce passage: « Il est préférable pour vous qu’un seul homme meure plutôt que ne périsse le peuple tout entier. » (Jn 11, 50). Le chef du village referma sa Bible, appela les soldats et leur indiqua la cachette du jeune homme.
Après que les soldats eurent emmené le fugitif pour le tuer, il y eut grande fête au village, parce que leur chef avait sauvé leurs vies et leurs maisons. Mais le chef ne participa pas aux festivités. Accablé d’une grande tristesse, il resta chez lui. La nuit, un ange s’approcha de lui et lui demanda: « Qu’est-ce que tu as fait? » Et lui de répondre: « J’ai livré le fugitif à ses ennemis. »
L’Ange lui dit alors: « Mais ne sais-tu pas que c’est le Messie que tu as livré? »
« Comment pourrais-je le savoir? », répliqua le chef du village angoissé.
Et l’ange répondit: « Si, au lieu de lire ta Bible tu étais allé trouver ce jeune homme, ne serait-ce qu’une seule fois, et si tu l’avais regardé bien dans les yeux, alors tu aurais su! »
Bruno Ferrero, Comme un parfum de rose, Éditions du Signe, 1997, p.56
Quand le fils de ce riche homme d'affaires fut enlevé, son père a rassemblé les centaines de milliers de dollars demandés pour sa rançon. Après que l'argent fut remis les kidnappeurs indiquèrent au père de se rendre à un édifice désaffecté et qu'il trouverait là son fils. Il fut retrouvé sain et sauf.
Mais l'enquête policière devait révéler que le fils avait lui-même planifié son enlèvement avec deux de ses amis pour extorquer de l'argent à son père. Le fils nia toute responsabilité. Son père trouva l'argent nécessaire à sa libération sur caution et engagea le meilleur avocat pour la défense de son fils qui fut tout de même reconnu coupable.
Le jour de la sentence, le fils disparut. Il devint vite évident que c'est son père qui avait arrangé cette disparition. Quand le procureur interrogea le père, celui-ci se tut, il fut même menacé d'emprisonnement pour obstacle à la justice, rien n'y fit, il refusa de dénoncer son fils.
«Après tout ce qu'il vous a fait, la façon dont il a abusé de vous, vous a ridiculisé, pourquoi continuer à le protéger?» demanda le procureur.
«Parce qu'il est mon enfant», dit simplement l'homme brisé, «et je pense qu'il y a quelque chose de bon en lui, pour quelqu'un, quelque part».
Connections, mars 1994
Vous ne pourriez pas comprendre
Un jour, un brillant philosophe réputé pour son langage obscur demandait son chemin à une vieille dame. Celle-ci de lui répondre : « Vous ne pourriez pas comprendre. »
Il insiste...
« Vous ne pourriez pas comprendre »...
Il insiste encore.
« Non, vous ne pourriez pas comprendre : c'est tout droit. »
Pierre Trevet, Paraboles d’un curé de campagne, Éditions de l’Emmanuel, 2006, p.66
Quand Jésus croise l’archange Gabriel
Voici ce que raconte une vieille histoire du Moyen Âge. Le jour de l’Ascension, Jésus s’élève devant ses Apôtres et disparaît à leurs regards. Ce qu’ils ne savent pas, c’est que ce jour-là, il croise l’archange Gabriel qu lui dit : « Ah! quelle joie de te voir! Mais qu’est-ce qui se passe sur la terre? C’est un peu bizarre, tout est noir, tout est dans la nuit, je vois juste quelques petites lumières là-bas. » Jésus lui explique alors : « C’est la nuit sur la terre : c’est vrai. Mais compte bien les petites lumières : il y en a douze : c’est Marie, ma mère, et mes Apôtres, qui sont en train de prier au Cénacle. Et mon plan, une fois retourné chez mon Père, est d’envoyer de là-haut l’Esprit Saint. Alors, une fois que j’aurai envoyé l’Esprit Saint, tu verras : toute la terre va être embrasée. Les petites flammes qui sont là dans cette petite maison vont se répandre partout, et toute la terre ne sera qu’un grand feu. »
L’archange Gabriel, parce qu’il nous connaît bien – cela fait déjà quelques années qu’il nous suit -, tire une tête un peu sceptique… Et il demande à Jésus : « Qu’est-ce qui se passera si ton plan ne marche pas? » Alors Jésus répond : « Je n’ai pas d’autre plan. »
L’Amour est important dans une vie
Il était une fois une île où tous les sentiments vivaient : le Bonheur, la Tristesse, le Savoir ainsi que tous les autres, l’Amour y compris…Un jour, on annonça aux sentiments que l’île allait couler. Alors tous préparèrent leurs bateaux et partirent. Seul l’Amour voulait rester jusqu’au dernier moment. Quand l’île fût sur le point de sombrer, l’Amour décida d’appeler à l’aide…
La Richesse passait à côté de l’Amour dans un luxueux bateau, l’Amour lui dit :
- Richesse peux-tu m’emmener?
- Non car il y a beaucoup d’argent et d’or sur mon bateau, je n’ai pas de place pour toi.
L’Amour décida de demander à l’Orgueil, qui passait aussi dans un magnifique vaisseau :
- Orgueil, aide-moi je t’en prie!
- Je ne puis t’aider Amour, tu es tout mouillé et tu pourrais endommager mon bateau.
La Tristesse passait à côté, et l’Amour demanda :
- Tristesse, laisse-moi venir avec toi!
- Oh! Amour, je suis tellement triste que j’ai besoin d’être seule!
Le Bonheur passa aussi à côté de l’Amour, mais il était si heureux qu’il n’entendit même pas l’Amour l’appeler…
Soudain, une voix dit :
- Viens Amour, je te prends avec moi!
C’était un vieillard qui avait parlé. L’Amour se sentit si reconnaissant et plein de joie, qu’il en oublia de demander le nom du vieillard.
Lorsqu’ils arrivèrent sur la terre ferme, le vieillard s’en alla. L’Amour réalisa combien il lui devait, et demanda au Savoir :
- Qui m’a aidé?
- C’était le Temps, répondit le Savoir.
- Le Temps, interrogea l’Amour, mais pourquoi le Temps m’a-t-il aidé?
Le Savoir sourit, plein de sagesse, et répondit :
- C’est parce que seul le Temps est capable de comprendre combien l’Amour est important dans une vie!
Un marchand riche mais avare avait caché tout son or au fond d’un trou, sous une dalle, tout au bout d’une allée de son jardin. Chaque jour, tôt le matin, il allait soulever la dalle et contemplait longuement le magot. Or, un matin où comme à l’accoutumée il découvrait le trou, horreur! Celui-ci était totalement vide! Un voleur était passé par là. Hurlements de colère et de douleur. Ses voisins accourent et s’apitoient:
- Mais vous avez au moins pu utiliser une partie de l’or, s’enquiert l’un d’eux compatissant.
- Non, répond l’harpagon, je le regardais seulement chaque matin dans son trou.
- Alors, pour tout profit que cela vous a apporté, vous pourrez bien venir tout simplement chaque matin regarder le trou!
J'avais parcouru plusieurs rues, traversé beaucoup de magasins, feuilleté des tas de catalogues pour trouver le cadeau parfait en ces temps d'anniversaire pour l'un de mes enfants. Après deux longues soirées d'hésitation, des temps sans fin d'intenses réflexions, j'étais épuisé, incertain, perplexe sur le bien-fondé des cadeaux!
Alors, j'ai enfin pensé à demander à ma fille ce qu'elle aurait voulu avoir, elle! Voici la liste des cadeaux qu'elle m'a suggérée de son écriture à la fois ferme et fragile sur une grande page blanche.
«Papa, j'aimerais être chiffounette, notre petite chatte, pour être moi aussi prise spontanément dans tes bras, câlinée, chaque fois que tu reviens à la maison ...
J'aimerais être un baladeur pour me sentir parfois écoutée par toi sans aucune distraction, n'ayant que mes paroles au bout de tes oreilles pour fredonner l'écho de ma solitude, de mes chagrins ou de mes joies, mes enthousiasmes.
J'aimerais être le gros journal que tu lis. Que tu prennes un peu de temps pour me parcourir chaque jour de tes yeux songeurs ou interrogatifs, en prenant de mes nouvelles, ou en t'informant de l'état de mon pays intérieur, des océans de mes rêves, des tempêtes de mes projets ...
J'aimerais être une télévision, pour ne jamais m'endormir le soir, sans avoir été au moins une fois regardée avec intérêt...
J'aimerais être l'équipe de la coupe Davis, afin de te voir t'enflammer de joie après chacune de mes victoires, et j'aimerais aussi être un roman pour toi, maman. Afin que tu puisses me lire et découvrir sans te presser, sans être bousculée par mille choses, mes émotions, les chemins secrets de mes amours et de mes doutes.
À bien y penser cependant, je n'aimerais être au fond qu'une seule chose, un cadeau inestimable pour vous deux. Ne m'achetez rien, permettez-moi seulement de sentir que je suis votre enfant ... et que, quoiqu'il arrive, vous pouvez m'assurer que vous resterez toujours ... mes parents.
Jacques Salomé, Nouvelles clefs, hiver 98
Dans une réserve indienne, un des anciens de la communauté s'était chargé des jeunes en difficulté. Il les écoutait, les conseillait, leur racontait des légendes tirées de leur patrimoine, et tentait de leur enseigner un mode de vie conforme à leur tradition. Après un certain temps, s'il lui semblait avoir touché l’adolescent, il allait à la salle de séjour et décrochait un bâton en forme d'Y suspendu à un crochet.
Une des branches du bâton était peinte en rouge, l’autre en noir. Il saisissait le bâton par le manche et tournait la fourche vers le garçon. « Il y a deux routes dans la vie, disait‑il, la rouge et la noire. La rouge est celle de l’entraide et du souci des autres; la noire, celle de l’égoïsme et de la haine. La route rouge conduit à la vie et à la lumière. La route noire conduit à la mort et aux ténèbres. Tu dois choisir. » Et il ne retirait pas le bâton tant que l’adolescent n'avait pas saisi l'une des deux branches.
La plupart des jeunes choisissaient la branche rouge. « Bien, leur disait‑il, maintenant, rappelez‑vous ceci. Cette fourche est comme un carrefour: plus vous avancez dans une direction, plus vous vous éloignez de celle dont vous vous êtes détournés, Alors, partez et prenez le bon chemin.
Kent Nerburk, Fais de moi un instrument de paix, Bellarmin, p.28
Un de mes amis avait reçu une automobile en cadeau de la part de son frère. La veille de Noël, en sortant du bureau, Paul vit un petit garnement qui tournait autour de sa voiture neuve, le regard plein d'admiration. «C'est votre voiture, Monsieur?» demanda-t-il.
Paul fit oui de la tête. «Mon frère me l'a donnée pour Noël ». Le garçon n’en revenait pas. «Vous voulez dire que votre frère vous l'a donnée et qu'elle ne vous a pas coûté un sou? Eh bien! J'aimerais ça moi...» Il hésita.
Bien sûr, Paul savait ce que le garçon allait dire: il aurait aimé avoir un frère comme ça. Mais ce qu'il dit secoua Paul de la tête aux pieds.
«J'aimerais ça, dit-il, être un frère comme ça.»
Paul regarda le garçon avec étonnement, puis il ajouta impulsivement: «Aimerais-tu faire un tour dans mon auto?»
«Oh oui, j'aimerais beaucoup.»
Après une courte promenade, le garçon se tourna vers Paul, les yeux brillants: «Monsieur, dit-il, voudriez-vous passer devant ma maison?»
Paul sourit. Il pensait savoir ce que le garçon voulait: il voulait que ses voisins le voient rentrer chez lui dans une grosse automobile. Mais Paul se trompait encore. «Voudriez-vous arrêter là, devant ces deux marches?» demanda le garçon.
Il grimpa les marches. Au bout d'un certain temps Paul l'entendit qui revenait, mais il ne revenait pas vite. Il transportait son petit frère infirme. Il le fit asseoir sur la plus basse des deux marches puis il se serra contre lui en montrant la voiture du doigt.
«La voici, petit, comme je t'ai dit en haut. Son frère la lui a donnée pour Noël et elle ne lui a pas coûté un sou. Et moi, un jour je vais t'en donner une pareille... alors tu pourras voir toi-même toutes les belles choses dans les vitrines de Noël que j'ai essayé de te décrire.»
Paul est sorti, a soulevé le petit garçon et l'a installé sur la banquette avant de la voiture. Le grand frère est monté à ses côtés et ils se sont lancés tous les trois dans une mémorable virée du temps des Fêtes.
Cette veille de Noël, Paul a compris ce que Jésus voulait dire quand il a dit: «Il y a plus de bonheur à donner...»
Dan Clark, Bouillon de poulet pour l'âme, 1, p. 36-37
Une dame m’a raconté qu’elle avait toujours rêvé de pouvoir se rendre dans un grand hôtel en limousine. Arrivée à l’hôtel, toujours dans son rêve, il y avait un portier pour lui ouvrir, quelqu’un pour la conduire jusqu’à la salle à manger où une table lui serait réservée et où elle dégusterait un grand repas.
Comme personne ne lui offrait une telle possibilité, elle décida, à l’occasion de son premier chèque de pension de vieillesse, de vivre son rêve.
Elle invita ses trois enfants et des parents. À l'heure prévue, la limousine était devant sa porte, le chauffeur à la portière pour lui ouvrir.
Et la voilà partie pour un grand hôtel où elle a fait son entrée par la grande porte, le grand escalier, accompagnée d’une personne qui la guidait dans les dédales de l’hôtel. Dans la salle à manger, sa table l’attendait, le grand repas aussi.
A l’hôtel, elle découvrit qu’il y avait aussi d’autres portes appelées portes de service. Il y en avait une pour les livraisons des marchandises de toutes sortes, une autre pour les employés: serveuses, serveurs, maîtres d’hôtel, portiers, porte-bagages, réceptionnistes, femmes de chambre, cuisiniers, cuisinières, etc.
Réfléchissant à son expérience, elle prit conscience que toutes sa vie elle avait été au service des autres.
Elle était heureuse.
Denis Lepage
Il a pris place avec les sans abri
«Sire, annonça le serviteur à son Roi, Narottam, le saint, n’a jamais daigné entrer dans ton temple royal. Il chante les louanges de Dieu sous les arbres de la grande route. Et le temple est vide d’adorateurs. Ils se pressent autour de lui comme les abeilles autour du blanc lotus, et négligent la jatte d’or pleine de miel.»
Le Roi, vexé dans son cœur, s’en vint là où se trouvait Narottam assis sur l’herbe.
Il lui demanda :
- Père, pourquoi abandonner mon temple au dôme d’or, et t’asseoir dehors dans la poussière pour prêcher l’amour de Dieu?
- Parce que Dieu n’est point là, dans ton temple, dit Narottam.
Le Roi fronçant le sourcil répondit :
- Sais-tu que vingt millions d’or furent dépensés pour créer cette merveille de l’art, et qu’elle fut consacrée à Dieu avec des rites coûteux?»
- Oui, je le sais, répondit Narottam, ce fut l’année où des milliers de tes sujets, ayant eu leurs maisons brûlées, demandaient en vain du secours à ta porte.
Dieu a prit place avec les sans foyers, sous les arbres et la grande route. »
Tagore
Erma Bombeck raconte une expérience vécue à l'église: «J'étais en admiration devant un jeune enfant occupant, avec sa maman, le banc devant celui où j'étais ce dimanche là. Il regardait autour de lui, se retournait pour sourire à tout le monde. Il ne faisait aucun bruit, il ne parlait pas, il ne chantonnait pas, il ne donnait pas de coup de pied dans le banc, il ne fouillait pas dans le sac à main de sa mère, il ne faisait que sourire. Finalement sa mère le saisit par le bras, le bouscule un peu et lui dit sur un ton qui n'admettait pas de discussion «Arrête ça! Tu es à l'église!». Des grosses larmes se mettent à couler des yeux de l'enfant, «Bon, c'est mieux!» dit la maman.
J'étais fâchée, je voulais prendre cet enfant, le tenir dans mes bras, essuyer ses larmes et lui parler de Dieu, le Dieu de la joie, le Dieu heureux, le Dieu qui sourit, le Dieu qui avait un sens de l'humour bien spécial pour mettre sur terre des créatures comme nous. Je voulais lui dire que Dieu comprend les petits enfants, ceux qui se retournent, ceux qui sourient dans l'église.
C'est la tradition je suppose, nous portons notre foi avec la même solennité que si nous étions en deuil. Quelle déception, ai-je pensé, cette mère est assise à côté du seul signe d'espoir qu'il reste à notre civilisation. Si un enfant ne peut plus sourire à l'église, qu'est-ce qui nous reste comme refuge pour rencontrer le Dieu qui fait chanter la vie?»
Rev. Bill Bausch, A World of Stories for Preachers and Teachers
L’araignée qui voulait pêcher des bananes
L’araignée s’en fut par le monde afin de devenir le sage des sages parmi les animaux et trouver le bonheur. Elle prit avec elle une très grande cruche munie d’un couvercle. Elle y enfermait au fur et à mesure toutes les sages maximes qu’elle pouvait entendre. Fort heureuse, elle pensait:
« Quand je reviendrai, porteuse de ce trésor, nul ne pourra prétendre m’égaler en sagesse! »
Et elle continuait son périple, portant sur son dos sa cruche qui, de jour en jour, se faisait plus pesante. Chemin faisant, elle arriva, un jour qu’elle était accablée de fatigue et mourait de soif, auprès d’une eau profonde.
« Je vais me reposer et me désaltérer », se dit-elle, s’inclinant au-dessus de l’eau. Mais alors, elle vit dans l’eau des bananes mûres à point. Ravie de la bonne aubaine, elle entra dans l’eau toujours chargée de sa pesante cruche, pour se régaler de fruits dorés. Mais elle eut beau chercher, elle ne trouva pas les bananes et remonta, déconfite, se disant: « Au moins, j’ai de quoi étancher ma soif! »
Mais à peine s’était-elle à nouveau penchée au-dessus du trou qu’elle y revit les bananes.
Elle se dit: « Cette fois, je les trouverai! »
La revoilà dans l’eau, la revoilà cherchant les appétissantes bananes, sans plus les trouver. Elle était toute trempée mais se consola néanmoins: « Je puis quand même boire tout mon soûl! »
Mais à peine s’était-elle encore une fois inclinée au-dessus du trou qu’elle y revit les tentantes bananes: « Cette fois, elles sont à moi! »
Elle bondit, mais de bananes point!
Comme elle émergeait pour la troisième fois de l’eau, dégoulinante et dépitée, elle entendit rire au-dessus d’elle. Sur la rive opposée, des singes l’observaient qui lui crièrent:
« Quel est ce jeu, araignée?
- Je cherche ces bananes qui sont dans l’eau, mais je ne puis les attraper! »
Les singes rirent de plus belle:
« Tu devrais lever la tête et regarder en l’air! »
L’araignée voulait le faire, mais elle ne le pouvait à cause de la pesante cruche contenant toute la sagesse du monde. Il fallait donc déposer ce lourd trésor. Quand enfin elle s’y résigna et put lever la tête, elle vit, au-dessus d’elle, un bananier croulant sous les fruits. Ce n’était que leur reflet qu’elle avait aperçu dans l’eau.
L’araignée était atterrée:
« J’ai recueilli toute la sagesse du monde. J’en ai une cruche pleine et cela ne me sert à rien. Je suis plus bête qu’un singe! »
Furieuse, elle fracassa la cruche contre une pierre et toute la sagesse se dispersa aux quatre coins de l’univers.
Et l’araignée qui avait parcouru le monde pour conquérir le bonheur et recueillir la sagesse, comprit qu’on ne peut ni les acheter ni les prendre, mais que chacun doit les trouver dans son propre cœur.
Un tailleur se rend consulter son rabbin et lui dit: « J'ai un problème avec la prière. Si quelqu'un vient me trouver et me dit: "Mendel, tu es un tailleur extraordinaire ", cela me fait du bien. Je me sens apprécié. Je peux même vivre bien dans ma peau toute une semaine et même plus longtemps sur la lancée d'un tel compliment.
Mais si les gens venaient me voir tous les jours, jour après jour, heure après heure et persistaient à me dire: "Mendel, tu es un tailleur extraordinaire", cela me rendrait fou. Il viendrait même un moment où je ne voudrais plus rien entendre. Je leur dirais de s'en aller et de me laisser travailler tranquille.
C'est ce qui me chiffonne à propos de la prière. Il me semble que si nous disions à Dieu à quel point il est merveilleux, et que nous lui disions une fois par semaine, ou même une fois ou deux par mois, et juste un ou deux d'entre nous à la fois, c'est tout ce dont il aurait besoin.
Est-ce que Dieu est tellement insécure qu'il a besoin de nos louanges tous les jours? Trois fois par jour, le matin, le midi et le soir? Des centaines de personnes lui disant la louange? Il me semble que ça peut le rendre fou. »
Le rabbin sourit: « Mendel, tu as parfaitement raison. Tu n'as aucune idée à quel point c'est difficile pour Dieu d'entendre nos louanges, heure après heure, jour après jour, mais Dieu sait à quel point c'est important pour nous d'exprimer cette louange. Alors, dans son grand amour pour nous, il tolère toutes nos prières. »
Avoir faim et soif et se sentir bien!
Jeremy Levin était le chef de bureau de l'Agence Cable News Network à Beyrouth en mars 1984. Le Mercredi des Cendres au matin, alors qu'il se rendait au bureau, quelqu'un lui toucha à l'épaule. Il se retourna pour se retrouver face à face avec un jeune homme barbu qui lui braqua un pistolet sur l'estomac. Ce fut le début de onze mois de captivité comme otage aux mains des Chiites Musulmans.
Levin raconte que sa captivité l'a conduit à un éveil spirituel.
«Il fallait que je parle à quelqu'un. Mais à qui? J'ai commencé à penser à Dieu... mais comme j'étais athée, cela me faisait hésiter... Je me suis rendu compte qu'avant de parler à Dieu, je devais d'abord croire en lui. Si je commençais à parler à Dieu avec seulement le plus petit doute sur son existence, je ne lui parlerais pas pour vrai.
Mes premiers mots furent simples: Père, prends soin de ma femme et de ma famille. Je t'en prie, ramène-nous ensemble. Puis j'ai fait quelque chose que je n'aurais jamais fait auparavant. J'ai pardonné à mes ravisseurs et j'ai demandé à Dieu de leur pardonner lui aussi.
Jamais, de toute ma vie, je ne m'étais senti aussi bien. Et je pensais: c'est bien étrange d'avoir froid et faim et de se sentir aussi bien.»
Connections, 1987
En février 1994, le jeune Jan O’Gorman, 11 ans, fut atteint de la maladie de Hodgkins et des traitements de chimiothérapie furent prescrits. Prévenu par le médecin et sa famille des conséquences de ces traitements, dont la perte probable de ses cheveux, il décida de les raser immédiatement. Pendant son premier séjour à l'hôpital, son meilleur ami et compagnon de classe, Taylor Herber, lui fit une visite.
En voyant Jan, Taylor eut l'idée de se raser la tête lui aussi, ainsi son ami ne serait pas le seul à être différent à son retour en classe. Il parla de son idée en classe et tous les garçons, sans exception, se dirent que ce serait un beau geste de solidarité et une façon de dire leur amitié à leur compagnon de classe malade. Avec l'accord des parents, un beau matin, les 13 garçons de la classe de Se de l'école d'une petite ville de Californie et leur professeur se succédèrent sur la chaise du barbier. «Ainsi Jan ne se sentira pas différent» dirent-ils.
Jan a été touché par le geste de ses amis: «Ils m'ont vraiment rendu plus fort, ils m'ont aidé à passer à travers une période difficile, je ne pensais pas qu'ils auraient fait cela pour moi.»
People Magazine, 11 avril 1994
L’Esprit Saint ne nous laisse pas orphelin
Un curé du Nord Vietnam a vu un jour arriver un groupe de la tribu H’Mong.
- D’où venez-vous? Leur a-t-il demandé.
- Nous venons de Lai Châu (où s’est déroulée en 1954 la bataille de Diên Biên Phu perdue par les Français). Nous avons marché pendant six jours dans la montagne.
- Mon Dieu! Mais pourquoi?
- Nous voudrions recevoir le baptême, tout de suite.
- C’est impossible! Il n’y a chez vous ni prêtres, ni catéchistes, vous ne connaissez ni la religion ni les prières.
- Nous avons tout appris par une radio des Philippines.
- Mais quelle radio? Aucun émetteur catholique ne transmet dans votre dialecte.
C’était la radio « Source de vie » !
- Une radio protestante, et maintenant vous voulez devenir catholiques! Quelle surprise!
Profondément ému, le prêtre s’est exclamé :
- Une nouvelle Pentecôte! L’œuvre de l’Esprit Saint! L’Esprit Saint!
Et il leur a demandé :
- Vous ne pouvez pas rester un peu plus longtemps?
- Père, c’est impossible, nous avons apporté avec nous du riz pour 14 jours : 12 jours de voyage et deux d’étude et de prière…
Ils furent donc baptisés, confirmés, assistèrent pour la première fois à la sainte messe et reçurent l’Eucharistie.
- Vous n’aurez plus aucune messe chez vous, vous n’avez pas d’Église. Comment ferez-vous?
- Le soir, par groupe de trois ou quatre familles, nous écoutons la radio pour prier ensemble et étudier la religion. Le dimanche, nous travaillons dans les rizières mais nous arrêtons le travail à 9h30, nous laissons les buffles libres et nous assistons à la messe à travers Radio Véritas de Manille.
Ces nouveaux baptisés ont transmis la foi à 5 000 de leurs concitoyens. L’Esprit Saint ne nous laisse pas orphelins.
Raconté par Mgr François-Xavier NGUYEN VAN THUAN, in Témoins de l’Espérance, nouvelle cité, p. 238
La scène qui suit a eu lieu dans un vol de la compagnie British Airways entre Johannesburg et Londres.
Une femme blanche, d'environ cinquante ans, s'assied à côté d'un noir. Visiblement perturbée, elle appelle l'hôtesse de l'air.
- Quelle est votre problème, madame ? demande l'hôtesse.
-
Mais vous ne voyez donc pas ? répond la dame, vous m'avez placée à côté
d'un noir. Je ne supporte pas de rester à côté d'un de ces répugnants.
Donnez-moi un autre siège.
- S'il vous plait, calmez-vous, dit l'hôtesse de l'air. Presque toutes les
places de ce vol sont prises. Je vais voir s'il y a une place disponible.
L'hôtesse s'éloigne et revient quelques minutes plus tard.
- Madame, comme je le pensais, il n'y a plus aucune place de libre dans la classe économique. J'ai parlé au commandant et il m'a confirmé qu'il n'y a plus de place dans la classe exécutive. Toutefois, nous avons encore une place en première classe.
Avant
que la dame puisse faire le moindre commentaire, l'hôtesse de l'air
continue:
- Il est tout à fait inhabituel dans notre compagnie de permettre à une
personne en classe économique de s'asseoir en première classe. Mais, vu les
circonstances, le commandant trouve qu'il serait scandaleux d'obliger
quelqu'un à s'asseoir à côté d'une personne aussi désagréable.
Et, s'adressant au noir, l'hôtesse de l'air lui dit :
- Donc, monsieur, si vous le souhaitez, prenez votre bagage à main car un siège en première classe vous attend.
Et tous les passagers autour qui, choqués, assistaient à la scène, se levèrent et applaudirent.
Une feuille de papier blanche comme neige dit: «Pure je fus créée et pure je resterai à jamais. Je préférerais être brûlée et me changer en cendres blanches plutôt que souffrir que l'obscurité me touche ou que la saleté s'approche de moi.»
La bouteille d'encre entendit ce que le papier disait, et elle rit dans son coeur noir; mais elle n'osa jamais s'approcher d'elle.
Les crayons multicolores l'entendirent eux aussi et ils ne s’approchèrent pas d'elle non plus.
Et la feuille de papier blanche comme neige resta pure et chaste pour toujours, pure et chaste, et vide.
Khalil Gibran, Le précurseur, p. 3
Il y avait des funérailles ce jour-là. Tout le monde serait là. Le pasteur devait s'absenter mais il se réjouissait que la célébration serait présidée par un collaborateur qui avait beaucoup de bon sens.
Le soir, à son retour, il lui demanda comment tout s'était passé.
- Bien, lui dit l'autre prêtre. Pas de gros problèmes. L'église était remplie. Ah oui, j'ai eu un petit problème.
- Quoi donc?
- Madame Robinson était aux funérailles et, comme vous le savez, elle est protestante.
- Mais ce n'est pas un problème. Je me serais attendu à ce qu'elle soit là. Une bonne amie de la fa mille.
- Oui, mais elle s'est présentée à la communion.
Ces mots rivèrent le pasteur à son fauteuil et il prit tout à coup un air horrifié.
- Qu' est-ce que tu as fait?
- Bon. Elle était dans la rangée où je donnais la communion. Elle était la deuxième quand je l'ai aperçue...
- Et puis après, qu'est-ce que tu as fait? Qu'est-ce que tu as fait?
- Je ne savais pas quoi faire. Je devais prendre une décision rapidement. J'ai donc décidé que j'allais faire ce que je croyais que Jésus aurait fait.
- Oh non! dit le pasteur, c'est pas vrai que tu as fait cela!
Jack McArdle
Dans un village du Bengale vivait une pauvre veuve dont le fils unique devait se rendre à l'école du village voisin tous les jours. Le garçon, pour ce faire, était obligé de traverser la jungle à chaque jour. Et il dit: «Mère, j'ai peur de traverser la jungle tout seul. Envoie quelqu'un avec moi». Sa mère répondit: «Nous sommes trop pauvres pour engager un serviteur qui t'accompagnerait chaque jour sur le chemin de l'école. Demande au Seigneur Dieu, ton Père, de t'accompagner à l'école. Il est le Maître de la jungle et il entendra ta prière». C'est exactement ce que fit le garçon. Le lendemain, il marcha jusqu'à la jungle et il appela le Seigneur et celui-ci répondit: «Que veux-tu mon fils?» Et le garçon lui dit:
« Veux-tu venir avec moi à l'école tous les jours et traverser la jungle avec moi? J'ai peur d'y aller seul», «Oui», dit le Seigneur, «avec grande joie». Et c'est ainsi que le Seigneur attendit son petit protégé chaque matin et chaque soir et marcha avec lui dans la forêt.
Puis, quand vint l'anniversaire de naissance du maître d'école, tous les enfants furent invités à lui offrir un présent. La veuve dit à son fils: «Nous sommes trop pauvres pour offrir un présent à ton maître d'école. Demande au Seigneur Dieu de te donner un présent pour lui». Et le Seigneur lui donna une jarre pleine de lait et le garçon marcha fièrement jusqu'à la maison du maître d'école et plaça la jarre à ses pieds à côté de nombreux autres cadeaux. Mais le maître ne porta aucune attention à son humble présent et au bout d'un moment l'enfant commença à protester avec la spontanéité de son âge: «Personne ne remarque mon présent! Personne ne remarque mon présent!» Jusqu'à ce que le maître ne dise à un serviteur: «Emporte cette jarre à la cuisine ou nous n'aurons jamais la paix!» Le serviteur vida le contenu de la jarre et se préparait à la remettre au garçon quand il s'aperçut, tout étonné, qu'elle se remplissait de nouveau. Il la vida de nouveau et elle se remplit encore, un peu comme la jarre d'huile de la veuve au temps du prophète Élisée.
Quand le maître d'école apprit ce miracle, il appela le garçon et lui dit: «Où as-tu pris cette jarre?» «Le Seigneur Dieu me l'a donnée», dit le garçon. «Qui est ce Seigneur Dieu?» «Il est le maître de la jungle. Il m'accompagne tous les jours sur le chemin de l'école.» Le maître d'école ne voulait pas le croire. Il dit: «Nous allons tous rencontrer ton Seigneur Dieu», et lui, ses serviteurs et les autres écoliers amenèrent le garçon à l'orée de la jungle et lui dirent: «Appelle ton Seigneur Dieu. Nous voulons le voir».
Le garçon commença à appeler: «Seigneur Dieu ... Seigneur Dieu ..,» mais le Seigneur qui avait toujours répondu si promptement à la voix de son jeune ami était silencieux ce jour-là. La jungle elle-même était silencieuse. Tout ce qu'on pouvait entendre c'était l'écho de l'enfant qui appelait le Seigneur Dieu. Maintenant il pleurait et il dit: «Si tu ne viens pas, ils vont me prendre pour un menteur. Je t'en prie, réponds-moi». Il entendit alors la voix du Seigneur Dieu: «Mon fils, je ne peux me manifester. Le jour où ton maître aura une foi d'enfant et un coeur simple comme le tien, je viendrai».
Anthony de Mello
Gerhard Frost raconte cette histoire dans son livre, La Couleur de la Nuit: «Quand j'étais tout jeune enfant, ma plus grande frayeur était la noirceur. Certains soirs elle me gardait éveillé. Le bureau de mon père était juste en face de ma chambre et souvent il y travaillait après que je me fus mis au lit. Dans les moments de panique je l'appelais.
Sa réponse était toujours: «Endors-toi, je suis juste ici».
Et cette assurance me faisait invariablement glisser dans le sommeil.
Mon père ne venait pas allumer la lumière, j'aurais tant aimé cela, mais il me donnait quelque chose de mieux, sa présence et le ton affectueux de sa voix.
La lumière m'aurait laissé seul, elle n'aurait pu satisfaire le profond besoin que je ressentais, celui d'une présence, une présence aimante.»
Alvin N. Rogness
Un petit vieux, qui doutait de tout et de tout le monde, se rendit auprès d'un prêtre connu. Il espérait une aide pour résoudre les problèmes qu'il avait avec la résurrection de Jésus de Nazareth. Il voulait trouver des signes qui attesteraient hors de tout doute cette résurrection.
Quand il entra au presbytère, il y avait déjà quelqu'un avec le prêtre. Le prêtre aperçut le petit vieux, debout dans le corridor. Sans tarder il se leva, souriant, et lui offrit une chaise.
Quand l'autre prit congé, le prêtre accueillit le vieux monsieur. Il l'écouta, et le problème étant exposé, ils parlèrent longuement dans un dialogue dense et riche. D'athée qu'il était, le petit vieux devint croyant et exprima le désir de revenir à la Parole de Dieu, aux sacrements et à la confiance en Marie.
Le prêtre, satisfait et émerveillé lui demande: «Dites-moi, de notre longue conversation quel est donc l'argument qui vous a finalement convaincu que le Christ est vraiment ressuscité et que Dieu existe?»
«C'est tout simplement votre aimable geste: celui de m'apporter une chaise pour m'éviter la fatigue!»
Danilo Zanella
Bienvenue dans le carré de sable
Alex filait un mauvais coton ce jour-là: aussi mauvais qu'un garçon de six ans peut en vivre. Jugez-en par vous-mêmes: il avait renversé de la peinture sur le plancher de la maternelle alors qu'il courait dans la classe; il avait frappé sa petite soeur qui le dérangeait tout le temps alors qu'il s'amusait à l'ordinateur; il avait dit à sa mère que le dîner n'était pas à son goût et qu'il ne mangerait pas du pain de viande qu'elle avait préparé. Et cet après-midi il se retrouvait tout seul dans son carré de sable, faisant semblant de s'intéresser à son camion qu'il poussait dans le sable.
À un moment donné, du coin de l'oeil, il vit arriver son père, supposa que sa mère lui avait tout raconté et se prépara au pire.
Quand son père arriva au carré de sable, il se pencha et s'assit près d'Alex. Il prit une petite chaudière et se mit à jouer exactement comme Alex le faisait souvent, transformant le carré en un réseau de routes et de montagnes au cours des deux heures qui suivirent.
« Il y a des journées où tout va mal », dit le père.
« Oh oui! », répond Alex.
Inspiré de Connections, janvier 2003
Une professeure à la retraite, avec l'accord de la direction de son école, visite des élèves qui sont hospitalisés ou qui sont en convalescence à la maison pour leur expliquer des devoirs et des leçons afin qu'ils ne prennent pas trop de retard sur les autres.
Un jour, le professeur de troisième année, lui demanda de se rendre à l'hôpital pour rencontrer un jeune garçon de neuf ans et de lui expliquer la leçon sur les noms et les adverbes que ses copains avaient étudiée à l'école.
En arrivant à l'hôpital, la dame réalisa que le garçon était un patient de l'unité des grands brûlés. Elle ne s'était pas préparée à rencontrer un enfant si horriblement brûlé et dans un si piètre état. Elle fut tentée de retourner chez elle mais prenant son courage à deux mains, elle entra dans la chambre du malade. «Salut, dit-elle avec un beau sourire, je suis le professeur de l'hôpital. Le professeur de ta classe m'a demandé de venir t'expliquer la leçon sur les noms et les adverbes.»
Le lendemain matin, une infirmière de l'hôpital appela la professeure: «Qu'est-ce que vous avez fait à ce garçon?» La dame se mit à s'excuser en expliquant qu'elle avait fait son possible pour ne pas perturber l'enfant. Mais l'infirmière l'interrompit aussitôt: «Bien non, vous ne comprenez pas. Nous étions tous très inquiets à son sujet. Mais voilà que depuis que vous êtes venue, il lutte pour vivre et répond au traitement que nous lui administrons. Il est tout changé.»
Un peu plus tard, le garçon lui-même expliqua qu'il avait abandonné tout espoir jusqu'à l'arrivée de la dame. «Et puis j'ai pensé qu'ils n'auraient pas envoyé un professeur expliquer la leçon sur les noms et les adverbes à un jeune mourant!»
D’après Connections, novembre 1998
Dans la bande dessinée «Pour le meilleur et pour le pire», publiée quotidiennement dans «Le Soleil», on a vu le grand-père dont l'épouse vient de décéder, se préparer à fermer maison et à déménager chez sa fille.
Sa petite-fille, April, âgée de sept ans, regarde faire son grand-père avec attention.
- Vraiment, grand-papa, tu t'en viens vivre avec nous, lui dit-elle.
- Bien oui, lui répondit-il, une fois que j'aurai vendu ma petite maison.
Puis, comme s'il réfléchissait pour lui-même: «C'est une terrible décision à prendre: je dois me débarrasser de tellement de choses!»
Puis, se tournant vers April:
- Quand tu auras mon âge, April, tu devras, toi aussi, jeter une foule de choses inutiles ou qui ne te paraîtront plus importantes. Maintenant, je dois choisir ce dont j'ai besoin et le considérer comme un trésor!
Et saisissant April dans ses bras:
- Tu es un de ces trésors!
Sœur Teresa eut un jour un rêve. Elle annonça à ses supérieures: « J’ai trois sous et Dieu m’a dit en songe de bâtir un orphelinat. »
« Sœur Teresa, la reprirent gentiment ses supérieures, on ne peut pas bâtir un orphelinat avec trois sous. Avec trois sous, on ne peut rien faire. »
« Je sais, dit-elle en souriant, mais avec Dieu et trois sous, tout m’est possible! »
Robert A. Schuller, Enrichissez votre vie, Un monde différent , Saint-Hubert, 1985, p.151
La façade du bureau du chômage est toute en briques. De la rue on ne voit jamais ce qui se passe à l’intérieur. L’édifice voisin est une boulangerie avec une grande baie vitrée. Tous les jours tous ceux qui passent peuvent voir le boulanger faire ce que tous les boulangers ont coutume de faire.
Récemment le boulanger a commencé à faire des choses que les boulangers n’ont pas l’habitude de faire. Il fait des sandwiches à l’heure du midi et les donne aux gens qui attendent dans les files de chômeurs. Il ne veut pas prendre d’argent.
Ça devient une nouvelle. Alors les gens de la télévision arrivent avec une mini caméra pour obtenir la primeur. Ils interviewent le boulanger qui se tient devant sa boutique, semblable à un roulé géant à la gelée.
« Pourquoi faites-vous cela? »
« Quand j’avais vingt ans, j’ai eu faim pendant une semaine. Puis un homme que je n’oublierai jamais m’a ouvert sa maison. »
La boulanger s’arrête. Il n’ajoute rien. Il sourit simplement comme s’il avait déjà tout expliqué.
John Shea, An Experience Named Spirit, p. 243
Un homme marchait le long d'un rivage, le matin de Pâques. Pendant sa marche, il a rencontré un vieux pêcheur. Les deux hommes ont parlé de choses et d'autres. Puis, au fil de la conversation, le sujet est tombé sur la fête de Pâques. L'homme fut impressionné de voir la grande foi du pêcheur.
«Comment savez-vous que Jésus est vraiment ressuscité?» lui a-t-il demandé.
Le vieux pêcheur lui a répondu: «Quand je suis au large, je ne vois pas le soleil se lever, mais je vois son reflet sur les maisons du rivage».
«C'est la même chose pour le Christ. Lui-même je ne l'ai jamais vu, mais je vois le reflet de sa Lumière sur le visage de mes frères et de mes soeurs et dans ma propre vie.»
Anthony Castle, A Treasury of Quips, Quotes and Anecdotes, p. 571
Jean Vanier raconte comment un jeune handicapé de l'Arche a été une source de libération pour de nombreuses personnes.
«Antonio est arrivé dans notre communauté de Trosly à l'âge de vingt ans, après avoir passé plusieurs années dans un hôpital.
Il ne pouvait ni marcher ni utiliser ses mains; il ne parlait pas; il avait besoin d'un masque à oxygène pour mieux respirer. Il était très faible et très fragile, mais il avait un sourire et des yeux d'une grande beauté.
Il n'y avait en lui aucune colère, aucune tristesse, aucune ombre. Ce qui ne veut pas dire qu'il ne se fâchait jamais, surtout lorsque l'eau de son bain était trop chaude ou trop froide, ou que les assistants l'oubliaient! Mais il avait accepté ses limites et ses handicaps, il s'acceptait tel qu'il était.
Il ne pouvait pas être généreux, donner ou faire des choses pour les autres; il avait trop de besoins lui-même. Mais il aimait avec un amour particulier, l'amour-confiance. Quand on est généreux, on donne des choses. Mais quand on aime avec confiance, on se donne, on donne son coeur; on appelle l'autre à la communion.
Antonio a touché et réveillé le coeur de plusieurs assistants qui sont venus vivre avec lui. Il leur a enseigné la voie du coeur. Ces assistants me disaient souvent: "Antonio a changé ma vie. Il m'a fait sortir d'une société de compétition, où il faut être fort et agressif, pour me faire entrer dans un monde de tendresse et de réciprocité, où chacun, fort et faible, peut être et exercer ses dons".»
Jean Vanier, Accueillir notre humanité, Éditions Bellarmin, 1999, p. 106
Un jeune garçon livrait chaque jour le journal dans son voisinage et comptait parmi ses « clientes » une dame âgée d'une grande douceur qui l'accueillait chaque matin avec le sourire.
Un après-midi il se rendit jouer avec un ami en arrière de la maison de cette dame. Le jeu était inoffensif: ils tiraient des petits cailloux sur le toit pour les voir rebondir et évaluer la distance où ces cailloux allaient atterrir. Mais voici qu'un caillou plus rond et plus lisse lui glissa de la main et alla casser un carreau. Les deux garçons déguerpirent à toute allure, espérant que la dame ne saurait jamais que c'étaient eux qui étaient là.
Le lendemain matin, le garçon alla livrer le journal à la dame mais il était malheureux et n'osait pas la regarder dans les yeux. Elle avait toujours le même sourire.
Le garçon réfléchit et décida d'économiser ce qu'il gagnait pour réparer son erreur. Il estima qu'il en coûterait 7 $ pour remplacer le carreau. Et quand il eut cette somme, il la mit dans une enveloppe et un soir où il faisait spécialement noir, il la glissa dans la boîte aux lettres de la dame.
Le lendemain, lorsqu'il remit le journal à la dame, celle-ci lui dit avec un sourire: «J'ai quelque chose pour toi». Et elle lui donna un sac.
En l'ouvrant, il découvrit qu'elle y avait mis des galettes maison, toutes fraîches. Il en mangea quelques-unes pour s'apercevoir qu'il y avait autre chose dans le sac: une enveloppe. Il l'ouvrit, trouva la somme de 7 $ et ce mot: «Je suis fière de toi!».
Bouillon de poulet pour l'âme
Tony Williams était un prêtre qui avait été missionnaire de nombreuses années en Tanzanie. Un homme que tout le monde aimait, plein de bonté et d'humour.
Un jour les médecins découvrirent qu'il avait développé un cancer. Grâce à une opération, il put reprendre son travail après quelques mois de convalescence. Puis, après quelques années, la maladie reprit et il sut que c'était une question de temps.
De retour dans sa communauté, il demanda un jour à voir son supérieur pour lui raconter l'expérience suivante:
- J'étais ici, malade, et essayant de prier. Je regardais le crucifix et tout à coup les yeux m'ont semblé lumineux. Je me suis trouvé comme entraîné dans une scène de la Passion, au moment où les soldats enfonçaient les clous dans les mains de Jésus...
Vous pouvez imaginer le choc que j'ai eu quand j'ai vu que le visage d'un des soldats était le mien! Et j'ai demandé au Seigneur:
- Est-ce que ma vie a été si terrible? Il me semblait que j'avais fait une vie assez bonne. Est-ce possible que mes péchés t'aient crucifié? »
Et le Christ s'est tourné vers moi avec un beau sourire et il m'a dit:
- Tony, quels que soient tes péchés, ils sont pardonnés. Je te donne ma paix. »
William J. Bausch
Un jour, dans un parc situé tout près d'un terrain de jeu, une femme s'assit sur un banc où un homme se trouvait déjà. «C'est mon garçon là-bas », dit-elle, indiquant un jeune garçon sur la glissoire qui portait un pull rouge.
« Il a l'air d'un gentil petit gars », dit l'homme. « C'est mon garçon sur la balançoire, avec le pull bleu ». Puis, après avoir jeté un coup d'œil à sa montre, il appela son garçon. « Ne devions-nous pas partir, Todd? »
Todd supplia: «Encore cinq minutes, papa, s'il te plaît? Seulement cinq minutes... » « L’homme acquiesça et Todd continua à se balancer à cœur joie.
Le temps s'écoula et le père se leva pour appeler son garçon. « N'est-ce pas le temps d'y aller maintenant? » De nouveau Todd demanda: « Cinq minutes de plus, papa, seulement cinq minutes de plus ». L’homme sourit et acquiesça.
« Oh la la, vous êtes vraiment un père patient », dit la femme.
L’homme sourit et dit: « L’année dernière, Tommy, mon aîné, se promenait à vélo tout près d'ici et il a été tué par un chauffeur ivre. Je n'avais jamais passé beaucoup de temps avec Tommy et maintenant, je donnerais n'importe quoi pour être encore cinq minutes avec lui. J'ai juré de ne pas refaire la même erreur avec Todd. Il pense qu'il a cinq minutes de plus pour se balancer. La vérité est que j'ai cinq minutes de plus pour le regarder jouer ».
Le moine et la pierre précieuse.
Un moine qui voyageait beaucoup trouva un jour une pierre précieuse et la conserva.
Plus tard il rencontra un voyageur et quand le moine ouvrit son sac pour partager ses provisions avec lui, le voyageur vit le joyau et demanda au moine de le lui donner. Le moine le lui donna bien volontiers.
Le voyageur repartit, transporté de joie par ce cadeau inespéré qui allait lui assurer la sécurité et la prospérité pour le reste de sa vie.
Mais quelques jours plus tard, il se mit à la recherche du moine, le trouva, lui remit la pierre précieuse et le supplia en ces mots: « Maintenant, donnez-moi quelque chose de plus précieux que ce joyau inestimable: donnez-moi ce qui vous a permis de me le donner! »
Un homme riche perdit sa femme alors que leur fils unique était encore tout jeune. Il engagea une femme pour prendre soin de la maison et s'occuper de son fils. Le garçon mourut tragiquement à l'âge de vingt ans. Le vieil homme n'avait aucune famille et mourut lui-même de chagrin quelques années plus tard.
Il n'avait pas d'héritier pour son immense fortune, du moins on n'en trouva point. Il n'avait pas non plus de testament. Sa propriété passa donc à l'État et il y eut un jour un encan pour disposer des effets de la maison.
La vieille dame qui y avait travaillé était présente: non qu'elle pût acheter quoi que ce soit mais parce que son chagrin était trop grand pour s'éloigner des lieux. Il y avait une seule chose qui l'intéressait: la photo du fils. Elle l'avait aimé comme s'il eût été son propre fils. Personne ne voulant de la photo, elle put l'acheter pour quelques sous.
Elle l'apporta à la maison et tenta de la retirer de son cadre et c'est alors qu'elle trouva des papiers importants. Elle alla les montrer à un homme de loi.
L'avocat la regarda et éclata de rire. Le vieil homme laissait tous ses biens à la personne qui aimerait assez son fils pour acheter la photo.
Jack Mc Ardle
Il y avait une fois, en quelque lieu du monde, deux époux dont l'amour n'avait cessé de grandir au creux de leur chaumière, depuis le jour de leur mariage. Ils étaient très pauvres et chacun d'eux savait que l'autre portait en son cœur un désir inassouvi; lui avait une montre en or pour laquelle il ambitionnait secrètement d'acquérir un jour une chaîne du même métal précieux. Elle avait de grands et beaux cheveux, et rêvait d'un peigne de nacre pour les serrer sur sa nuque.
Avec les années qui passaient, lui en était venu à penser au peigne plus qu'à la chaîne de montre, cependant qu'elle oubliait la nacre en cherchant comment acheter la chaîne rutilante. Depuis longtemps ils n'en parlaient plus, mais leur esprit secrètement nourrissait le projet impossible.
Au matin de leurs noces d'or, le mari eut la stupeur de voir son épouse avancer vers lui les cheveux coupés!
« Qu'as-tu fait, mon amie? »
Elle ouvrit alors ses mains dans lesquelles brillait la chaîne d'or: « Je les ai vendus pour acheter la chaîne qui accompagnerait ta montre.
- Ma pauvre amie, s'écria-t-il en ouvrant ses propres mains dans lesquelles resplendissait la nacre, j'ai vendu la montre pour t'acheter le peigne! »
Et de tomber dans les bras l'un de l'autre, dépouillés de tout, riches de leur seul amour...
En 1987, un photographe journaliste a été envoyé en Équateur pour couvrir le tremblement de terre qui avait détruit une partie du pays. Au milieu des souffrances causées par cette catastrophe, il fut témoin d'une simple scène de compassion qui le remua profondément. Le photographe écrivit ceci:
«La file était longue mais avançait rapidement. Et dans cette file, à la toute fin, se tenait une petite fille d'environ 12 ans. Elle attendait patiemment, pendant que ceux qui étaient en avant, recevaient un peu de riz, une conserve et un petit fruit. Lentement, mais sûrement, elle avançait tout près du comptoir de distribution, plus près de la nourriture.
De temps en temps, elle jetait un coup d’œil vers la rue. Elle ne remarquait pas l'inquiétude croissante de ceux et celles qui distribuaient la nourriture. La nourriture se faisait de plus en plus rare. Leur anxiété était visible mais la petite fille ne s'en apercevait pas. Son attention semblait toujours être tournée vers ces trois figures sous les arbres de l'autre côté de la rue.
Au moment où elle put enfin recevoir sa nourriture, il ne restait qu'une seule banane. Les travailleurs étaient gênés de lui avouer que tout était déjà distribué. Elle ne semblait pourtant pas agressive ni amère de n'avoir qu'une seule banane. Avec précaution, elle prit le précieux cadeau et courut de l'autre côté de la rue où trois enfants l'attendaient, peut-être ses deux sœurs et son frère. Elle pela la banane et la divisa très soigneusement en trois parts égales. Elle plaça le précieux fruit dans les mains des trois enfants en disant: «une part pour toi, une part pour toi et une part pour toi. » Puis, elle s’assit.
À ce moment là, je le jure, j’ai vu le visage de Dieu.
John Jackson, Indianapolis Star, Connections, 1996
Il y a de cela 17 ans, nous étions trois prêtres à laisser Bentiu, une petite ville située dans le sud du Soudan. Sans aucun au revoir. Nous sommes partis escortés par des soldats rebelles qui avaient attaqué la ville, l'avaient laissée en flammes et fait plusieurs prisonniers, dont nous faisions partie.
Bentiu était et continue à être un point chaud dans la guerre civile qui oppose le nord arabe musulman et le sud africain chrétien. On ne trouve pas d'endroit plus stratégique que Bentiu depuis que des champs pétroliers ont été découverts à 100 kilomètres de la ville.
Le gouvernement du Soudan veut à tout prix assurer la sécurité de ses nouvelles exploitations pétrolières dans la région, qui servent à financer son budget militaire. L'armée rebelle du sud est tout aussi décidée à couper le flux du pétrole vers le nord. La bataille décisive de la « Guerre sainte », la Jihad, pourrait se jouer ici dans les champs de pétrole de Bentiu.
Un vieil homme de l'ethnie Nuer me disait :
« Le pétrole est un cadeau du démon pour nous entre-tuer! ». Mais au milieu de tout ce désordre, de ces souffrances et de ces morts, la Parole de Dieu a fait son chemin, s'est enracinée pour croître rapidement et se répandre dans toute cette région et même la Jihad ne peut l'en empêcher.