Retour à Parole pour le dimanche Homélies 2008
Homélies 2007
Dimanche 34 C 2007 (Christ Roi)
Le Christ, Roi de l’univers C 2007
Il y avait une fois un roi très bon. Il était fatigué de vivre dans son palais parce qu'il n'arrivait pas à connaître les gens de son peuple.
Un bon jour, il dit à ses conseillers: « Vous allez administrer le Royaume et moi, je vais m'en aller à l’Isle-aux-Grues, et là, inconnu de toutes et de tous, je vivrai au milieu des gens de mon peuple, travaillant comme eux. Le soir, je réunirai quelques voisins. Un jour, ils comprendront qui je suis. »
Ses conseillers lui dirent: « Tu sais bien que ça n'a pas de bon sens, que ferons-nous sans roi? Et même si quelques voisins apprennent un jour qui tu es, que fais-tu des milliers et milliers d'autres qui ne te connaîtront jamais. »
Le roi répondit: « J'apprendrai à mes voisins à en faire autant, chacun avec trois, quatre ou dix selon ses possibilités. Si chaque voisin communique ainsi un peu de son bonheur à ses proches, tout mon royaume sera transformé. Notre mot d'ordre sera: « Fais-le, ça se fera. »
Mes amis, en ce jour, nous fêtons la fête du Christ-Roi. C'est un curieux de roi que nous avons. Voyez-le sur la croix. Il n’a pas l’allure d’un roi. Dans notre façon de penser, un roi c'est quelqu'un de puissant, qui règle les problèmes, qui fait la guerre. Que peux faire pour nous ce roi sur la croix?
Et bien, justement, ce roi sur la croix peut tout faire pour nous: nous écouter, nous donner son pardon, renouveler à jamais son alliance avec nous, en d’autres mots, nous donner la vie pour toujours.
Voyez ce malfaiteur en croix lui aussi, tout à côté de Jésus. Il est dans la vérité, dans l’essentiel. Il a découvert qui est vraiment Jésus, un roi, un messie capable de délivrer son cœur, de libérer son cœur, capable de lui donner ce qu’il recherche depuis toujours, la vie d’amour pleine, sans fin. « Jésus, souviens-toi de moi », va-t-il dire. La réponse de Jésus vient sans hésitation, avec puissance: « Aujourd'hui même tu seras dans le paradis. »
Voilà le roi que nous avons. Ce n'est pas un roi ordinaire. C'est un roi puissant, un roi de Parole, un roi non pas pour nous imposer des impôts, mais un roi qui veut tout nous donner, qui veut même se donner complètement à chacune et chacun de nous, et c'est ce qu'il fait dans cette eucharistie.
Quand nous allons participer à l'eucharistie, quand nous allons à la messe, nous allons pour demander au Seigneur: « Seigneur Jésus souviens-toi de moi, souviens-toi de nous. » La réponse du Seigneur Jésus c'est de se donner totalement à nous avec sa force et sa puissance; la réponse du Seigneur Jésus c'est de faire passer sa vie en nous, renouveler sa vie en nous, sa vie qui est une source de vie éternelle.
Voilà notre roi. Il est celui qui veut se donner complètement à nous. Il est celui qui nous invite à nous donner complètement à nos frères et soeurs. Amen.
« … des jours viendront où tout sera détruit », nous dit l’évangile d’aujourd’hui. C’est un message que nous entendons régulièrement. Nous pourrons peut-être le lire dans le journal d’aujourd’hui ou au téléjournal de ce soir.
On nous annonce constamment de grands malheurs : des inondations, des tsunamis, des animaux qui vont disparaître, le climat qui va nous apporter toutes les catastrophes, et puis, peut-être notre propre disparition, nous les humains.
Dans l’évangile de ce jour, il y a plus que ce message : « … des jours viendront où tout sera détruit ».
Il y a un autre message : « Pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. » c’est-à-dire, vous êtes importants, importantes aux yeux de Dieu. Dieu s’occupe de vous. Dieu prend soin de vous. « C’est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie. »
« Ne lâchez pas », voilà le vrai message de l’évangile de ce jour, « ne vous laissez pas effrayer, le jour du Seigneur vient, le Seigneur ne nous a pas oubliés. »
Dans notre monde, nous mettons en doute la présence de Dieu, nous accusons Dieu d’être responsable de tout les malheurs, nous ne pardonnons pas à Dieu qu’il y ait des pauvres, des famines qui tuent tant de personnes, des enfant qu’on obligent à faire la guerre, des enfants abusés de toutes les façons.
C’est sur ce monde que le prophète Malachie nous réaffirme ce matin :
« Voici que vient le jour du Seigneur,
brûlant comme une fournaise.
Tous les arrogants, tous ceux qui commettent l’impiété,
seront de la paille.
Mais pour vous qui craignez mon Nom,
le Soleil de justice se lèvera;
il apportera la guérison dans son rayonnement.
Oui, le jour du Seigneur vient. Il sera jour de jugement. Il sera jour de miséricorde. Il sera jour de purification.
Tout ce qui en nous est mort, désespoir, haine, vengeance, barrières de toutes sortes, silence qui tue, refus de rencontre, de pardon, tout cela sera brûlé et deviendra de la paille, tout cela fondra comme neige au soleil, tout cela sera purifié, transformé dans la miséricorde et l’amour de Dieu notre Père.
Tout ce qui en nous est vie, espérance, gestes d’accueil, rencontre sans condition, pardon, tout ce qui en nous fait la paix, tout ce qui est partage, tout cela sera illuminé par le Soleil du justice qui est Dieu notre Père.
Alors le jour du Seigneur qui vient n’est pas un jour de peur, de destruction, c’est un jour de purification, de miséricorde où, rencontrant l’amour de Dieu, nous deviendrons vraiment ses fils et ses filles, tout cela parce que le Seigneur notre Dieu nous aime. Amen.
Jeanne était allé voir son amie Marie Lou à l’hôpital.
- Ils disent que je suis en phase terminale, dit celle-ci. Ils ont même arrêté la chimiothérapie. Tout a échoué.
- Mary Lou, reprend son amie, si je comprends bien ce qu’ils veulent dire, le mot n’est pas terminale, mais transitoire. Tu ne vas pas mourir; tu vas passer par une transition.
- Mais, tout semble si sombre, insiste Marie Lou.
Jeanne a pris les mains de Marie Lou dans les siennes et lui a dit :
- Si tout devait échouer, prépare-toi à rencontrer Dieu, car c’est alors qu’il intervient. Il est toujours présent. Il ne connaît pas l’échec. Ce n’est pas une fin pour toi; c’est un commencement.
Marie Lou a souri, a fait une pression sur ma main et a dit:
- Ça fait du bien.
Robert A. Schuller, Enrichissez votre vie, Un monde différent ltée, Saint-Hubert, 1985, p.44
Ça fait du bien d’entendre cette histoire, ça fait du bien aussi d’entendre la Parole de Dieu pour nous aujourd’hui.
Saint Paul d’abord nous dit: « Le Seigneur, lui, est fidèle, écrit-il; il vous affermira et vous protègera du Mal. »
Et puis nous avons le répons du psaume: « Le jour viendra, Seigneur, où je m’éveillerai en ta présence. »
Enfin Jésus lui même nous parle de son Père qui est aussi notre Père : « Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. »
Oui, ces paroles nous font du bien. Êtes-vous d’accord avec moi?
Ce n'est pas d'aujourd'hui que la question de ce qui se passe après la mort interroge. Au temps de Jésus aussi la question posait problème. Dans l'évangile d'aujourd'hui, ce sont les Sadducéens qui posent la question à leur manière.
Jésus va répondre simplement que la vie de la résurrection n'a rien à voir, n'a rien de commun avec la vie que nous connaissons ici-bas; cette vie est tout autre. Nous n'aurons plus besoin de mari ou d’épouse, nous nous aimerons tous et toutes à la manière de Dieu. Finis la compétition, la jalousie, le paraître, le besoin d'une autre personne. Nous serons tous et toutes dans l'amour de Dieu, tous et toutes pleins d'amour les uns pour les autres, comblés d'amour les uns par les autres. Il ne nous manquera rien, nous n'aurons plus besoin de rien. Nous serons des vivants, des vivantes qui n'auront plus peur de perdre leur vie, qui n'auront plus peur de la maladie ou de la mort, car tout cela aura été vaincu.
Oui, ça fait du bien d’entendre ces paroles.
Une religieuse, avant de mourir, nous a laissé ces paroles qui nous font aussi du bien.
Ce qui se passera de l'autre côté,
quand tout pour moi
aura basculé dans l'éternité,
je ne le sais pas.
Je crois, je crois seulement
qu'un Amour m'attend.
Je sais pourtant qu'alors il me faudra faire,
pauvre et sans poids,
le bilan de moi.
Mais ne pensez pas que je désespère.
Je crois, je crois tellement
qu'un Amour m'attend.
Quand je meurs, ne pleurez pas;
c'est un Amour qui me prend.
Si j'ai peur - et pourquoi pas?-
rappelez-moi simplement
qu'un Amour m'attend.
Il va m'ouvrir tout entière
à sa joie, à sa lumière.
Oui, Père, je viens à toi dans le vent,
dont on ne sait ni d'où il vient, ni où il va,
vers ton Amour, ton Amour qui m'attend.
Oui, c’est un Amour qui nous attend.
Oui, ces paroles nous font du bien.
Amen.
Thomas a un cancer. Il lui reste quelques semaines à vivre. Quand on lui a enlevé la bosse à l’aine, il a commencé sérieusement à chercher Dieu.
- Je me suis mis à frapper comme un fou aux portes de bronze du paradis. Puis je me suis dit que je me fichais de tout et que j’allais consacrer le reste de ma vie à quelque chose de plus important. Rien n’est plus triste que de vivre sans aimer. Aussi j’ai commencé par le plus dur : aborder mon père. Il était en train de lire le journal.
- Papa, j’aurais quelque chose à te dire.
- Très bien, je t’écoute.
- Je t’aime, papa, et je voulais simplement que tu le saches.
Eh bien, mon père a fait deux choses que je ne l’ai jamais vu faire : il s’est mis à pleurer et il m’a pris dans ses bras. Nous avons parlé ensemble toute la nuit.
Quant à Dieu, je ne l’ai plus cherché. C’est lui qui m’a trouvé et il est apparu à un moment où je ne le cherchais plus.
C’est ce qui est arrivé à Zachée. Jésus le trouve là, caché dans son arbre. Zachée, lui qui se reprochait sa façon de vivre, voulait voir Jésus, peut-être l’entendre. Il avait un besoin de changement dans son cœur, un besoin de rencontre libératrice.
Et voilà Jésus qui s’arrête. « Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer chez toi. »
Vous savez ce qui s’est passé. Zachée a accueilli Jésus chez lui, dans sa maison et là il a vécu une expérience qui l’a marqué. Il a reconnu en Jésus la présence de Dieu, une présence aimante, compatissante, une présence qui pardonne, une présence qui invite à l’amour sans condition, une présence qui donne vie.
Zachée est tout transformé. Il veut se reprendre. Il veut devenir comme Jésus. Il veut réparer les torts qu’il a fait.
« … le salut est arrivé pour cette maison, dit Jésus. … le fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. »
Comme nous avons besoin nous aussi parfois de rencontrer le Seigneur Jésus à la manière de Zachée! Comme nous avons besoin de rencontrer dans notre vie la présence de Dieu en Jésus.
Le Dieu Père de Jésus qui est aussi notre Père est un Dieu qui a pitié de tous les humains comme nous le révèle le livre de la Sagesse. C’est un Dieu qui aime tous les être humains, tout ce qui existe. C’est un Dieu qui pardonne, un Dieu qui nous garde dans la vie, cette vie qu’il aime tant et qu’il veut nous donner en plaçant constamment en nous son souffle impérissable.
À la manière de Zachée, nous pouvons rencontrer Dieu en Jésus en cette eucharistie. Nous pouvons lui ouvrir nos cœurs. Nous pouvons le rencontrer comme notre sauveur. C’est cela être sauvé.
Et comme Zachée aussi, nous pouvons ouvrir nos cœurs à nos frères et nos sœurs et devenir pour eux comme Jésus : des personnes bonnes, compatissantes, faisant la paix, donnant la vie.
« … le salut est arrivé pour cette maison, nous dit le Seigneur Jésus encore ce matin. … le fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. »
Amen.
Mon ami et moi apercevions un aveugle qui, tout seul, était assis à l’ombre du temple.
« Regarde, dit mon ami, voilà l’homme le plus sage de notre pays. » Sur ce, je quittai mon ami pour m’approcher de l’aveugle et le saluer.
Nous causions un moment et je lui dis: « Excuse ma demande, mais depuis combien de temps es-tu aveugle? »
« Depuis ma naissance », répondit-il.
« Et quel chemin du savoir as-tu parcouru? », lui demandai-je.
« Je suis astronome », fut la réponse. Puis l’aveugle posa la main sur sa poitrine en ajoutant: « Voilà où se trouvent tous les soleils et les lunes et les étoiles que j’observe. » Khalil Gibran
Vous dire que ce qui nous fait importants nous les humains, c’est ce qu’il y a dans notre cœur, c’est vous dire l’essentiel. C’est là que se situe notre vrai visage, c’est là que se situe notre vérité.
Jésus nous dit ce matin une parabole. Il nous raconte un fait qu’il arrange pour nous enseigner. « Il y a des gens, nous dit-il, qui se pensent si fins, d’une qualité si grande qu’ils en viennent à mépriser les autres. »
Le Seigneur Jésus nous invite à la vérité de notre cœur, à la sincérité de notre cœur. C’est le chemin de la vie, c’est le chemin du bonheur.
Nous reconnaître tels que nous sommes avec les richesses de nos vies et nos pauvretés; savoir aussi reconnaître les richesses des autres et leurs pauvretés et être capables de nous retourner vers le Seigneur pour le remercier des nos richesses et le prier de nous aider à dépasser nos pauvretés, il y a là pour nous une source de vie.
Un jour, un jeune homme vint chez un ermite et lui dit:
- Je suis déçu de mon église et je cherche une communauté parfaite.
Alors le vieillard le conduisit vers sa vieille chapelle et lui dit:
- Que vois-tu sur ces vieux murs?
- De la mousse et de mauvaises herbes, répondit le jeune homme surpris.
- Tu vois, continua l’ermite, Dieu habite pourtant cet endroit. Il en est ainsi de l’Église. Elle ne peut être ni parfaite ni pure, car elle est faite d’humains. Toi aussi tu es un humain, et même si tu découvres la communauté parfaite, elle ne le sera plus dès l’instant où tu y entreras.
Retourner à la vérité de son cœur, rejoindre l’autre dans la vérité de son cœur, voilà un chemin de bonheur, un chemin de vie. Amen.
Un homme venait de se convertir à la foi chrétienne. Il rencontra un de ses amis qui était incroyant. La conversation s'engagea de la façon suivante:
- Comme ça, tu t'es converti au Christ?
- Oui.
- Alors tu dois connaître bien des choses à son sujet. Dis-moi, où est-il né?
- Je ne le sais pas.
- Quel âge avait-il quand il est mort?
- Je ne sais pas.
- Combien de sermons a-t-il prêchés?
- Je ne sais pas.
- Tu sais vraiment peu de choses pour un homme qui prétend s'être converti au Christ!
- Tu as raison. J'ai honte de ne pas en savoir davantage à son sujet. Mais il y a une chose que je sais : il y a trois ans, j'abusais de l'alcool, j'étais criblé de dettes, ma famille était en train de se briser, ma femme et mes enfants craignaient mon retour à la maison, chaque soir.
Aujourd'hui je suis sobre, nos dettes sont payées, nous sommes bien ensemble. Tout cela, c'est le Christ qui l'a fait. Au moins je sais cela de lui! (Anthony de Mello)
Que savez-vous du Seigneur Jésus? Pourriez-vous nous raconter ce que le Seigneur Jésus a fait pour vous?
Moïse lui sait bien ce que le Seigneur a fait pour lui. La première lecture de ce matin nous le montre le bâton à la main. Vous savez, c’est le bâton que le Seigneur Dieu lui avait demandé d’utiliser pour frapper la Mer Rouge et ouvrir un chemin au peuple qui fuyait les Égyptiens. Ainsi le peuple fut sauvé.
Moïse a été marqué par cet événement. Il a confiance en la force de la présence de Dieu dans sa vie, il a confiance que Dieu encore une fois va délivrer le peuple de l’armée ennemi et c’est pourquoi il se tient là sur la montagne le bâton à la main.
Moïse a appris la confiance au Seigneur son Dieu. Il n’a pas été déçu. Il n’a pas été trompé. Il peut réciter le psaume :
Le secours me viendra du Seigneur
qui a fait le ciel et la terre.
Le seigneur, se tient près de toi.
Non, il ne dort pas, ne sommeille pas,
le gardien d’Israël.
Le Seigneur te gardera de tout mal,
il gardera toute ta vie.
Le Seigneur te gardera, au départ et au retour,
maintenant et à jamais.
Voilà la conviction de Moïse.
Il n’y a pas tellement de chose à savoir de Dieu. Simplement qu’il est notre Père, que nous sommes ses enfants, qu’il nous aime, que jamais il ne nous abandonnera.
Oui, le secours nous vient du Seigneur. Il ne dort pas, il ne sommeille pas. Il se tient près de nous. Il nous garde du mal. Il nous garde la vie maintenant et à jamais.
Voilà ma foi. Amen.
Connaissez-vous toute l’histoire de Naaman? Dans la première lecture de ce matin, une partie de son histoire nous est racontée.
Naaman est un chef d’armée important. Il est en pleine force de l’âge. Il est un habile guerrier. Il a remporté d’éclatantes victoires.
Voilà qu’il se découvre lépreux. Il a eu beau consulter tous les savants de son pays, ils ne peuvent rien pour lui. Son corps va se déformer par la maladie. Même ses proches le fuiront car la maladie est très contagieuse. Il va mourir dans de grandes souffrances.
Chanceux Naaman, car il y a dans sa maison une jeune esclave, ramenée d’une razzia au pays d’Israël. Elle apprend, à la femme de Naaman, qu’il y a, dans son pays, un prophète qui pourrait guérir son maître.
Naaman part pour le pays voisin pour aller rencontrer le prophète. Il part avec de nombreux cadeaux pour remercier le prophète et avec une lettre de son propre roi comme passeport.
Le voilà au pays d’Israël et rien ne se passe comme il l’avait prévu.
Le contact avec le roi du pays est difficile. Il ne voit pas le prophète. À sa place, un serviteur lui ordonne d’aller se baigner sept fois dans le Jourdain.
Naaman est frustré. Il fait une colère. « Me baigner dans ce fleuve minable alors qu’il y en a de superbes chez moi… » Il retourne chez lui, dépité, avec tous ses cadeaux.
C’est à ce moment-là qu’une faible voix se fait entendre, celle de l’un de ses nombreux serviteurs : « Mon maître, si le prophète t’avait demandé quelque chose de difficile, tu l’aurais fait. Il te demande quelque chose de simple, de facile, pourquoi ne le fais-tu pas? »
Naaman va se baigner sept fois dans le fleuve. Il est aussitôt guéri. Il devra cependant revenir chez lui avec ses cadeaux, car le prophète les refuse. Sa guérison est gratuite.
Comme nous ressemblons parfois à Naaman!
Nous avons des blessures laissées par la vie ou par nos propres actions. Il nous arrive d’élever des barrières entre nous. Nous avons besoin de guérison. Nous avons besoin de refaire alliance avec le Seigneur et avec nos frères et sœurs.
Le Seigneur Jésus nous dit : « Prenez, mangez le pain de la vie; prenez, buvez le sang de la Nouvelle Alliance répandu pour le salut du monde. »
L’eucharistie c’est la présence du Père, du Fils et de l’Esprit pour nous, une présence guérissante, une force de vie à laquelle rien ne peut résister. Si le Seigneur nous demandait quelque chose de difficile pour être guéris, sauvés, nous le ferions. Il nous demande quelque chose de facile : de vivre l’eucharistie.
Avoir la certitude que Dieu, - Père, Fils et Esprit -, nous habite par l’eucharistie; avoir la certitude que Dieu, - Père, Fils et Esprit - nous donne son amour par l’eucharistie; avoir la certitude que nous sommes sauvés, guéris à jamais par l’eucharistie, voilà l’essentiel de notre foi.
« Va, nous dit le Seigneur Jésus encore ce matin, ta foi en l’eucharistie te sauve et c’est gratuit. »
Amen.
À la fin de sa vie, au moment où lentement ses forces l’abandonnaient, que de plus en plus elle devait faire des deuils, d’envisager sa mort, ma mère me disait : « Mon petit gars (j’avais 60 ans au moins) je pense que je n’ai pas la foi. »
Elle exprimait la difficulté à faire face à ce qui venait dans sa vie, cette impossibilité à envisager sa mort toute seule. Elle criait cette prière : « Augmente ma foi, Seigneur Jésus. »
Quand les apôtres se sont vus placés devant la responsabilité d’aller partout dans le monde raconter leur vie avec Jésus, la résurrection de Jésus, ils se sont sentis dépassés, incapables de remplir cette mission. Ils se sont tournés vers Jésus, le seul qui pouvait les aider : « Augmente en nous la foi! »
« La foi, si vous en aviez gros comme une graine de moutarde, vous diriez au grand arbre que voici : Déracine-toi et va te planter dans la mer; il vous obéirait. »
Si vous aviez juste un peu de foi, nous dit Jésus, vous pourriez faire des choses inattendues, impossibles à croire, des choses qui pourraient changer la vie et le monde dans lequel vous vivez. Vous pourriez faire advenir la paix, faire disparaître la pauvreté, donner à tous et à toutes une vie heureuse. Vous pourriez faire disparaître à jamais la violence, faire advenir la joie de vivre pour tous et toutes.
Une belle utopie me direz-vous. C’est impossible. En dehors des capacités humaines. Nous ne sommes même pas capables de faire advenir la paix dans notre petit village, comment pourrions-nous la faire advenir dans le monde entier. Impossible. Utopie.
Vous avez raison : impossible de faire advenir la paix tout seul, impossible de faire advenir ceci ou cela tout seul. Ensemble cependant et surtout avec la force de l’Esprit du Seigneur qui nous habite nous pouvons tout faire.
Je me souviens, dans une paroisse où j’ai été curé, un samedi soir, une ferme avait brûlée. Le travail de plusieurs générations parti en fumée. Les gens étaient atterrés. Une perte complète. Impossible pour la famille de reconstruire.
À la fin de la soirée, quelqu’un a dit : « Nous allons faire une quête et une corvée. Nous allons rebâtir la grange. » Ils ont rebâti la grange et redonné le goût de vivre à cette famille.
Oui, avec l’Esprit qui nous habite, en se plaçant au service de ses frères et de ses sœurs, en faisant chacun et chacune ce que nous pouvons faire, nous pouvons transporter des montagnes.
Je l’ai vu tant de fois. Amen.
Mon ami ouvrit le tiroir de la commode de son épouse et en sortit un petit paquet enveloppé de soie : « Ceci, dit-il, n'est pas un simple paquet, c'est de la lingerie. »
Il jeta le papier et observa la soie et la dentelle :
« J'ai acheté ceci la première fois que nous sommes allés à New York, il y a 8 ou 9 ans, mais elle ne l'a jamais utilisé. Elle voulait le conserver pour une occasion spéciale. Et bien, je crois que c'est le bon moment justement. »
Il s'approcha du lit et rajouta ce paquet à d'autres choses que les pompes funèbres emmèneraient.
Sa femme venait de mourir. En se tournant vers moi, il me dit : « Ne gardes rien pour une occasion spéciale. Chaque jour que tu vis est une occasion spéciale! »
Je pense toujours à ces paroles, elles ont changé ma vie.
La Parole de Dieu d’aujourd’hui nous parle de deux personnages : un riche et un pauvre.
Le riche vit dans le luxe et il fait bombance. Il se suffit totalement à lui-même. Il a si peu besoin des autres qu’il vit dans une indifférence complète à ce qui se passe tout autour de lui.
Le pauvre lui a tous les besoins. Il est totalement dépendant. Il a besoin que l’on partage avec lui, qu’on l’écoute, qu’on l’accueille, qu’on lui donne le petit coup de pouce qui le sortirait de sa misère et lui permettrait de prendre en main sa vie pour devenir autonome, un homme debout, un homme heureux qui pourrait à son tour aider ses frères et ses sœurs.
Et puis la parabole de ce matin nous fait assister à tout un virement de situation. Dans le Royaume des cieux, voilà que le riche est malheureux et le pauvre heureux.
Le riche n’est pas devenu malheureux dans le Royaume des cieux parce qu’il était riche, non, simplement parce qu’il était devenu indifférent à son frère qui avait besoin de lui, parce qu’il avait perdu son cœur, parce qu’il avait tout gardé pour lui, qu’il n’avait pas fait de chaque jour de sa vie une occasion spéciale, une occasion de partage et de bonté.
Le pauvre n’est pas devenu heureux dans le Royaume des cieux parce qu’il était pauvre, non, simplement parce qu’il avait des besoins, que son cœur était ouvert et Dieu le Père l’a comblé de ses bienfaits pour que chaque jour de sa vie soit une occasion spéciale, qu’il puisse partager son bonheur avec les autres.
Chaque jour que nous vivons est-il une occasion spéciale de partage, d’ouverture à l’autre, de pardon, de bonté?
Chaque jour que nous vivons est-il une occasion spéciale d’accueil de la présence de Dieu dans nos vies, cette présence bienveillante qui nous invite à être bienveillants nous aussi avec nos frères et nos sœurs?
Que ces paroles changent nos vies.
Amen.
Il est question dans l'évangile d'aujourd'hui d'un gérant qui s'est fait prendre pour sa mauvaise administration et qui est renvoyé. Avant de partir, il fait venir ceux et celles qui doivent de l'argent à son maître et il diminue leur dette espérant ainsi pouvoir compter sur eux pour obtenir d'autres faveurs plus tard.
Et le Seigneur nous dit: « Regardez bien cet homme-là! Voyez comme il agit avec efficacité et débrouillardise! »
J'imagine que, si le Seigneur revenait chez nous aujourd'hui, il nous inviterait encore à regarder les gens habiles autour de nous, ceux et celles qui ont inventé et qui inventent constamment des moyens pour s'enrichir au dépend des autres, au dépend de toute la communauté. Il nous parlerait de l'habileté, de l'imagination, de l'astuce, de l'efficacité avec lesquelles agissent ceux et celles qui s'enrichissent de la drogue, de la pornographie; il nous parlerait de ceux et celles qui ont inventé le travail à temps partiel, lequel garde les salaires bas, empêche la sécurité nécessaire pour faire des projets surtout pour les jeunes; il nous parlerait de l'habileté de ceux et celles qui font de grands profits et qui trafiquent les lois pour ne payer aucun impôt.
Le Seigneur Jésus ne souhaite qu'une chose: que tous et toutes nous ayons autant d'habileté, d'astuce que ces gens-là afin qu'arrive ici le Royaume de Dieu. Le Royaume de Dieu c'est un lieu de justice, d'équité, de possibilités, pour tous et toutes, de gagner son pain décemment, la possibilité d'avoir une place dans cette société et de compter pour quelqu'un, la possibilité pour les jeunes d'avoir un travail qui leur permet de faire des projets et d'entrevoir un avenir.
Nous sommes ici les gérants des biens de Dieu: la vie, la terre, nos possessions, l'argent, le pardon, la foi.
Que faisons-nous de la vie? Sommes-nous de ceux et celles qui font tout pour qu'elle grandisse, s'épanouisse?
Que faisons-nous de la terre? Avons-nous ce souci de faire de notre coin de terre un espace salubre, propre, où la vie, nos vies peuvent s'épanouir?
Que faisons-nous de nos avoirs, de notre argent? Avons-nous cette conscience que nous sommes les gérants de Dieu qui nous invite au partage, au service de nos frères et sœurs?
Que faisons-nous du pardon? Avons-nous oublié que c'est la réalité qui permet tous les recommencements?
Que faisons-nous de la foi? Avons-nous le souci, l'habileté pour la transmettre aux plus jeunes?
Le Seigneur nous invite à être riches pour que notre vie soit bonne, pour que la vie des autres soit bonne aussi grâce à notre partage.
Le Seigneur Jésus nous invite à être habiles pour trouver des solutions pour que tous et toutes aient un travail décent pour assurer leur subsistance, que tous et toutes soient reconnus dans leur dignité, qu’ils puissent s’épanouir, goûter la joie de vivre.
Soyons riches, habiles, avec le souci des autres, c'est ce que le Seigneur Jésus veut.
Soyons riches, habiles, avec le souci des autres, c'est le règne de la paix et de l’amour que le Seigneur Jésus nous propose.
Amen.
Il était une fois un homme nommé Georges Thomas, pasteur dans une petite église de la Nouvelle-Angleterre. Un dimanche de Pâques, il arriva à l’église, apportant une vieille cage rouillée pour les oiseaux qu’il déposa sur la tribune.
Le pasteur se mit à parler.
J’étais en train de marcher en ville, hier, quand j’ai vu un petit garçon venant vers moi, balançant cette cage d’oiseau. Dans le fond de la cage, il y avait trois petits oiseaux sauvages, tremblants à cause du froid qu’il faisait dehors.
J’arrêtai le jeune garçon et lui demandai :
- Qu’est-ce que tu as là, petit?
- Juste quelques vieux oiseaux, répondit-il.
- Qu’est-ce que tu en feras? lui ai-je demandé?
- Je vais les amener à la maison et m’amuser avec eux. Je vais les taquiner en leur enlevant des plumes afin qu’ils se battent. Je vais avoir beaucoup de plaisir, répondit le garçon.
- Mais tu seras bien fatigué de ces oiseaux un jour ou l’autre. Que feras-tu?
- Oh, j’ai quelques chats, dit le jeune garçon, et ils aiment bien les oiseaux. Je les leur donnerai.
Le pasteur resta silencieux quelques moments.
- Combien veux-tu pour ces oiseaux, petit?
- Quoi? Mais pourquoi les voulez-vous, monsieur? Ce ne sont que de vieux oiseaux. Ils ne chantent pas. Ils ne sont même pas beaux.
- Combien? lui redemanda-t-il.
Le jeune garçon testa le pasteur afin de savoir s’il était fou en lui demandant 10 dollars.
Le pasteur chercha dans sa poche et en sortit un billet de 10 dollars. Il le plaça dans la main du jeune garçon, qui partit très rapidement.
Le pasteur ramassa la cage et la porta doucement à l’extrémité d’une ruelle où il y avait un arbre et un peu d’herbe. Posant la cage sur le sol, il ouvrit la porte et donna quelques petits coups sur la cage pour persuader les oiseaux de sortir dehors afin qu’ils soient libres.
« Voici une parole sûre, et qui mérite d’être accueillie sans réserve, nous dit saint Paul ce matin, le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs. »
Ce ne peut pas être plus clair. Le Christ est venu en ce monde pour sauver les pécheurs, pour nous libérer de nos cages où nous nous enfermons trop souvent, où nous sommes prisonniers de nos faiblesses, de nos péchés.
« Réjouissez-vous avec moi, nous dit le Seigneur Jésus pour sa part, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue!
Il y a de la joie chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit. Il fallait bien festoyer et se réjouir; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie; il était perdu, et il est retrouvé! »
Un homme tomba dans un trou et était incapable d'en sortir.
Un ami passa près du trou, vit l'homme et lui dit: «Pauvre toi! Si tu avais écouté mes conseils, tu ne serais jamais tombé dans ce trou.» Et il continua sa route.
Un autre homme arriva, à son tour, près du trou, aperçut l'homme et lui dit: «Pauvre toi! Si tu pouvais monter jusqu'ici, je pourrais t'aider». Et il continua sa route.
Ensuite, Jésus arriva près du trou. Il vit l'homme, il sauta dans le trou, mit l'homme sur ses épaules et le sortit hors du trou. (Jack McArdle)
En cette eucharistie, laissons le Seigneur Jésus nous approcher, lassons-le nous prendre sur ses épaules, abandonnons entre ses mains nos faiblesses, nos péchés, laissons-le nous redonner vie, laissons la joie de Jésus nous envahir car nous étions morts et il nous a ramenés à la vie.
Oui, rendons grâce au Seigneur notre Dieu!
Amen.
Après avoir entendu le texte de l'Évangile que je viens de vous lire, y a-t-il encore quelqu'un qui veut suivre Jésus?
« Si quelqu'un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple. Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher derrière moi ne peut pas être mon disciple... De même, celui d'entre vous qui ne renonce pas à tous ses biens, ne peut pas être mon disciple. »
Ce n'est pas de tout repos que de vouloir suivre Jésus. C'est une folle aventure, disons-le, pleine d'inattendus, de questionnements, de recherches, de noirceurs et de lumière. C'est une folle aventure qui fait appel à l'engagement complet de la personne. C'est bien loin du cadre précis où je sais ce que j'ai à faire: fais cela et tout est correct. C'est bien loin des principes: applique le principe et tout est réglé.
Ce n'est pas que je suis en train de vous dire que nous n'avons pas besoin de principes ou de lois. Je suis simplement en train de vous dire que l'amour est plus grand que tous les principes, que la personne passe avant tous les principes et toutes les lois.
Je fais appel à l'expérience de ceux et celles qui vivent ou ont vécu un grand amour. Votre expérience amoureuse s'est-elle déroulée telle que vous l'aviez rêvée? Sûrement que non. Vous avez vécu toutes sortes de choses auxquelles vous n'aviez jamais pensé. Vous avez dû vous ajuster, faire peut-être des choix déchirants, peut-être vous opposer à vos parents, vos familles, des amis pour vivre ce que vous aviez choisi de vivre.
Suivre Jésus c'est une folle aventure, une aventure pour la vie, qui exige , comme l'amour, beaucoup de patience et de temps.
Suivre Jésus, marcher à sa suite, ça veut dire prendre ses yeux pour regarder le monde et ceux et celles qui vivent près de nous; ça veut dire prendre à notre compte ses paroles pour avoir nous-mêmes une parole qui pardonne, qui libère, qui donne sens à la vie, qui donne la vie; ça veut dire prendre ses oreilles pour écouter avec nos cœurs; ça veut dire prendre ses mains pour donner le meilleur de nous-mêmes, pour accueillir sans condition; ça veut dire prendre ses pieds pour marcher vers les autres; ça veut dire prendre son cœur pour aimer jusqu'à la folie, jusqu'au don de sa propre vie.
Suivre Jésus fait appel au dépassement de nous-mêmes, à l’importance donnée à l'être plutôt qu'à l'avoir, au souci des autres, à la construction de notre propre bonheur et à celui des autres, à la joie de vivre.
Marcherons-nous à la suite de Jésus? La question est essentielle car il y va de l'orientation de toute notre vie.
Le Seigneur nous invite, comme des gens sages, à nous asseoir. À chacun et à chacune de nous, il pose la question: « Veux-tu marcher à ma suite? »
Nous prenons un instant pour y répondre. Amen.
Un garçon de deuxième année du primaire était assis à son pupitre, en classe. Soudain, il s’aperçoit qu’il s’est échappé et qu’il a fait pipi dans son pantalon.
Il n’arrivait pas à comprendre comment ça avait pu lui arriver. Il était tellement embarrassé qu’il aurait voulu mourir. Ça ne lui était jamais arrivé, il n’arrivait pas à le croire. Quand les copains allaient s’en apercevoir, ils n’en finiraient plus de se moquer de lui et sûrement que les filles de la classe ne voudraient plus jamais lui parler.
« S’il te plaît », demanda-t-il au Seigneur, « je suis dans le trouble, j’ai besoin de ton aide tout de suite. »
Comme il finissait sa prière, une copine de classe, Susie, s’avançait avec le bol du poisson rouge plein d’eau. Tout à coup elle l’échappa et l’eau éclaboussa le garçon tellement qu’il était tout trempé. Le garçon fit semblant d’être en colère, mais en lui-même il remerciait Jésus. Maintenant, au lieu d’être l’objet de dérision, il était entouré de la sympathie de ses compagnons et compagnes.
Le professeur l’accompagna au vestiaire, lui prêta un vêtement de gymnastique pour qu’il puisse mettre son linge à sécher pendant que les autres enfants de la classe essuyaient les dégâts.
Quant à Susie, elle était devenue l’objet de mépris de la classe. Elle eut beau s’approcher pour aider à ramasser le dégât, on ne voulait pas la tolérer à cause de sa gaucherie.
Et la journée s’est ainsi passée; beaucoup de sympathie pour le pauvre garçon, mais de la dérision à l’endroit de Susie.
Après l’école, les deux attendaient l’autobus. Susie se tenait seule, à l’écart. Le garçon alla la trouver et lui dit très discrètement : « Tu l’as fait exprès, n’est-ce pas? » Susie reprit simplement et tout aussi discrètement : « J’avais déjà mouillé mes culottes une fois, moi aussi! »
C’est une belle histoire.
C’est ce que le Seigneur nous invite à vivre aujourd’hui : « Ayez le souci des autres, laissez de la place aux autres », nous dit ce matin le Seigneur Jésus.
C’est ce que Susie a fait pour son compagnon. Il lui aurait été si facile de prendre le parti des rieurs, de se moquer, de profiter de la situation. Elle a pris le parti de la compassion. Comme elle devait être heureuse du geste qu’elle avait posé.
Nous sommes dans un monde de compétition et d’argent. Tout est bon parfois pour avoir une place, pour avoir la place que nous imaginons mériter : jusqu’à écraser l’autre de toutes les manières comme s’il n’existait pas.
Le Seigneur Jésus nous invite à travailler pour avoir une bonne place, une belle place, une place qui nous épanouit.
Le Seigneur Jésus nous invite à avoir le souci des autres, à avoir le souci qu’il y ait de la place aussi pour les autres, une place où ils peuvent s’épanouir.
C’est ce qu’il a fait le Seigneur Jésus par ce repas de l’eucharistie que nous célébrons en ce moment et auquel il invite tout le monde sans exception à prendre place.
Le Seigneur veut y refaire constamment Alliance avec tous et toutes, il veut nous y donner constamment son Amour, sa Vie.
Qui peut se permettre d’exclure quelqu’un de l’eucharistie, quand saint Paul crie : « … aucune créature. Rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est en Jésus Christ notre Seigneur. »
C’est pourquoi, nous sommes invités à venir à l’eucharistie le cœur tout grand ouvert à nos frères et à nos sœurs, avec le souci de leur donner de la place.
En vivant ainsi « tu seras heureux, heureuse », nous dit encore le Seigneur.
Que vous soyez heureux, heureuses, voilà mon plus grand souhait.
Amen.
Sur une route, il y avait une maison avec une grande affiche: « Ici, entrée du Paradis ». Un peu plus loin sur la même route, il y avait une autre maison avec aussi une grande affiche: « Ici, conférence sur le Paradis ». Dans la maison avec l'affiche « Ici, entrée du Paradis » personne n'entrait. Dans l'autre maison avec l'affiche « Ici, conférence sur le Paradis » il y avait à l'entrée une file d'attente monstre.
Le paradis? Nous étions à peine hauts comme trois pommes que déjà nous en avions entendu parler. Je suppose que vous tous et vous toutes voulez aller au paradis. Bien sûr, tout le monde veut aller au paradis et personne n'est pressé d'y entrer.
C'est une vieille histoire. Au temps de Jésus aussi la question se posait. Plusieurs fois dans l'évangile, il en est question. Les gens de l'époque croyaient que faire partie du peuple Juif, du peuple choisi par Dieu, donnait un droit d’entrée automatique au Paradis, au Salut.
Un jour que Jésus enseignait, il y avait dans la foule une personne audacieuse qui s'est dite: « Je vais en avoir le cœur net, je vais lui demander ». Aussitôt dit, aussitôt fait : « Seigneur, n'y aura-t-il que peu de gens à être sauvés? »
Le Seigneur ne répond jamais à ce genre de question. Qu'est-ce que ça nous donnerait de savoir s'il y aura peu ou beaucoup de personnes sauvées? Bien sûr, s'il y en a beaucoup, nous avons plus de chance d'y être.
La réponse du Seigneur nous force à la réflexion : « Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite ».
Entrer par la porte étroite, c’est d’abord avoir un cœur grand comme le monde pour accueillir le Salut comme un don de Dieu.
Entrer par la porte étroite, c’est accueillir le Salut comme une réalité qui nous vient d’ailleurs, une réalité en dehors de nos possibilités et de nos moyens, une réalité qui ne se marchande pas ni ne s’achète comme nous sommes habitués à le faire à notre manière humaine.
Entrer par la porte étroite, c’est avoir un cœur grand comme le monde pour accueillir l’amour de Dieu, la Vie à jamais.
Entrer par la porte étroite, c’est avoir une conscience forte que le Salut, l’Amour de Dieu nous dépasse infiniment, et que cependant, grâce au don de Dieu, son Amour passe à travers chacun et chacune de nous, si je puis dire, pour se rendre à nos frères et nos sœurs.
Entrer par la porte étroite, c’est être témoins du Salut, de l’Amour de Dieu en nous pour devenir témoins pour nos frères et nos sœurs.
L’ouverture à l’Amour, à la suite de Jésus, ouvre toutes les portes.
Amen.
Qu’est-ce qui vous fait vivre, vous autres? Qu’est-ce qui enflamme votre vie?
Y a-t-il quelqu’un, dans votre vie, qui vous met le feu dans les yeux et pour lequel vous êtes prêts, prêtes à remuer ciel et terre pour que cette personne soit heureuse, qu’elle s’épanouisse, qu’elle grandisse, qu’elle soit pleine de vie?
Le Jésus de l'évangile d'aujourd'hui est un homme qui porte en son coeur une cause fantastique. Il l'a découverte au contact intime qu'il vit avec son Père. Il a découvert que ce qu'il y a de meilleur pour lui c'est l'amour de son Père; il a découvert que ce qu'il y a de meilleur pour lui c'est d'aimer son Père. C'est avec un enthousiasme débordant, c'est avec le feu au coeur qu'il va vivre. Toute sa vie sera inspirée par l'amour du Père à partager, à donner.
« Je suis venu apporter un feu sur la terre,
et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé! »
Quand la femme adultère va être amenée devant lui, il va aimer cette femme de l'amour du Père, il va prendre parti pour elle devant les docteurs de la Loi. Il va utiliser la Loi pour leur dire : « S’il y a quelqu’un ici qui n’a jamais rien fait contre la Loi, qu’il lance la première pierre. »
Quel moment intense dans la vie de cette femme! quel moment de libération pour cette femme et ceux qui voulaient la lapider! quelle chance de recommencement pour tous et toutes! quelle rencontre avec l'amour!
Quand, un jour de sabbat, Jésus va se présenter dans le temple et qu'il va y rencontrer un homme paralysé, encore une fois, il ne se laissera pas arrêter et il va agir en faveur de cet homme. C'est très symbolique: l'homme est paralysé, il est bloqué, il n'est plus capable de vivre comme un homme.
Alors Jésus, parce qu'il aime cet homme de l'amour de son Père va lui dire: « Prend ton grabat, marche, reprend ta vie normale, sois un homme et va dans ta maison, va vivre dans ton village, dans ta famille. »
Quelle rencontre pour cet homme! quel changement dans sa vie et dans la vie des siens! quelle rencontre avec l'amour!
Un autre jour de sabbat, Jésus rencontre un aveugle de naissance. Il crache à terre, fait de la boue avec sa salive, en enduit les yeux de l'aveugle - il n'y a rien de trop beau - et lui dit: « Va te laver à la piscine. »
Quelle journée pour cette homme: il voit. Il n'y a rien de plus beau que de voir. Il a le feu de la reconnaissance dans les yeux cet homme là. Il raconte à qui veut l'entendre que c'est Jésus qui l'a guéri.
Si le Seigneur Jésus revenait parmi nous aujourd'hui, il nous regarderait avec un feu dans les yeux, le feu de l'amour du Père qu'il veut nous donner.
Avec ce feu dans les yeux il regarderait les sidatiques, les « accotés », les gais, les BS. comme nous disons trop souvent avec mépris parfois ou pour expliquer de façon simpliste tous les malheurs du monde. Avec ce feu dans les yeux il regarderait chacun et chacune de nous avec ce qu’est notre vie.
Il dirait à tous et toutes sans exception : « Ne vous enfermez pas dans la solitude de vos différences et de vos différents. C’est normal qu’il y ait des différences et des différents entre vous. Attachez-vous à ce qui vous fait vivre, à ce qui vous donne la vie. Aimez-vous et laissez-vous aimer. Vivez et construisez ensemble votre bonheur et votre joie de vivre. »
Jésus n'a pas besoin de revenir au milieu de nous. Il y est déjà. Il est là en nous et nous sommes ses envoyés, ceux et celles qui ont dans le coeur et dans les yeux un feu immense, celui de l'amour du Père et de Jésus pour leurs frères et soeurs.
« Je suis venu apporter un feu sur la terre,
et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé! »
Amen.
Un missionnaire en Afrique était en train de traduire l'Évangile selon Jean dans la langue du pays. Il rencontrait beaucoup de problèmes à trouver le mot le plus juste qui correspondrait au texte français. Par exemple, comment traduire le mot «croire»? Un jour il consulta un homme du pays qui lui dit que «croire» devrait être traduit par «écouter avec le cœur». (Jack McArdle)
Ce matin, nous sommes réunis avec Mélanie, Sébastien et leur famille pour le baptême de Jacob.
Si Jacob est ici c’est que Mélanie et Sébastien se sont écoutés avec le cœur. Ils ont eu foi en leur amour. Ils sont partis ensemble faisant confiance en la promesse de s’aimer, de tout faire pour que leur amour dure toujours.
Toute la liturgie d’aujourd’hui nous parle de foi, de rencontres entre des hommes et des femmes et Dieu.
La liturgie d’aujourd’hui nous parle de la promesse de Dieu de nous donner son Royaume, de nous aimer toujours, de nous donner la vie pour toujours.
Toute la liturgie d’aujourd’hui nous invite à écouter la Parole de Dieu, de l’écouter avec notre cœur, d’y croire comme l’ont fait des croyants et des croyantes qui nous ont précédés dans la foi : Abraham, Sara, leur fils Isaac et Jacob, le fils d’Isaac. Tous ont écouté leur Dieu avec leur cœur jusqu’à découvrir que Dieu leur donnerait la vie pour toujours.
Jacob que vous nous avez amené Mélanie et Sébastien a reçu de vous le plus beau des cadeaux, celui de la vie. Ce matin, il recevra, en son baptême, la promesse des promesses, celle de vivre pour toujours en Dieu notre Père qui sera aussi son Père.
Un homme marchait le long d'un rivage, le matin de Pâques. Pendant sa marche, il a rencontré un vieux pêcheur. Les deux hommes ont parlé de choses et d'autres. Puis, au fil de la conversation, le sujet est tombé sur la fête de Pâques. L'homme fut impressionné de voir la grande foi du pêcheur.
«Comment savez-vous que Jésus est vraiment ressuscité?» lui a-t-il demandé.
Le vieux pêcheur lui a répondu: «Quand je suis au large, je ne vois pas le soleil se lever, mais je vois son reflet sur les maisons du rivage».
«C'est la même chose pour le Christ. Lui-même je ne l'ai jamais vu, mais je vois le reflet de sa Lumière sur le visage de mes frères et de mes sœurs et dans ma propre vie.» (Anthony Castle, A Treasury of Quips, Quotes and Anecdotes, p. 571)
Écouter la Parole de Dieu avec le cœur nous transforme, place sur nos visages une belle lumière, fait de nous des personnes qui savent qu’elles sont appelées à aimer sans condition, toujours.
Écouter la Parole de Dieu avec notre cœur nous rends capables de partager cette lumière qui nous habite avec nos frères et nos sœurs.
Criez de joie pour le Seigneur.
Heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu.
Dieu veille sur ceux qui mettent leur espoir en son amour.
Que ton amour, Seigneur, soit sur nous,
comme notre espoir est en toi.
Amen.
Qui n’a pas rêvé d’avoir son petit coin de terre, sa maison, son jardin?
Je me suis acheté un coin de terre, un vrai paradis à Rivière-Ouelle, juste en face du grand fleuve, un coin de toute beauté. J’y ai construit une petite maison pleine de charme, toute remplie de lumière. J’y ai ajouté des fleurs un peu partout, un jardin d’eau. J’ai fait des sentiers dans le sous-bois.
Mon chez-moi a pris beaucoup d’importance.
Un jour, je me suis demandé : quand je ne serai plus capable de vivre ici ou si je meurs jeune, qui va habiter chez-moi, que va-t-on faire avec tout ce que j’ai construit? Peut-être allait-on jeter tout cela à terre pour faire du nouveau, du neuf, jugeant que tout ce pourquoi j’avais mis tant de moi-même, de temps et d’énergie ne valait pas grand chose.
J’ai découvert que j’étais très attaché à ce coin de terre et que ce n’était pas l’essentiel de la vie.
« Vanités des vanités », nous dit la Parole de Dieu de ce matin.
Il est bien d’avoir un beau coin de terre. Il est bien de construire, de faire de la beauté et cependant ce n’est pas l’essentiel de notre vie.
Nos possessions sont comme de l’eau qui nous coule entre les doigts. Nos possessions sont éphémères. Nos possessions sont provisoires. Nos possessions sont passagères.
Qu’un feu survienne, et voilà il n’y a plus rien. Qu’une maladie survienne et voilà toutes nos possessions n’ont plus aucune importance.
Il y a dans le psaume de ce jour une belle prière adressée au Seigneur notre Dieu :
« Apprends-nous la vraie mesure de nos jours :
que nos cœurs pénètrent la sagesse. »
Notre vie est courte, nous le disons souvent. Notre temps passe. Nos possessions, nos richesses, nos pouvoirs vont nous échapper aussi. En prendre conscience n’ est que lucidité.
Quelle est donc la vraie sagesse?
La vraie sagesse c’est que tout appartient à Dieu, tout nous a été donné par Dieu.
La sagesse commence à pénétrer en nous quand nous reconnaissons que tout nous est donné par Dieu à commencer par notre vie qui est le cadeau des cadeaux.
La sagesse pénètre en nous quand nous vivons dans la joie pour tout ce que nous avons reçu.
La sagesse pénètre en nous quand nous devenons généreux, généreuses avec nos frères et nos sœurs, partageant à tout vent ce que nous avons et ce que nous sommes.
La sagesse pénètre en nous quand nous devenons capables de nous abandonner dans les mains du Seigneur notre Dieu, comme un enfant dans les bras de son père ou de sa mère.
C’est sagesse de nous rassasier de l’amour de Dieu pour le donner à ceux et celles qui nous entourent.
C’est sagesse de vivre dans la joie et la reconnaissance. Amen.
Un jour, sans avertissement, une jeune femme est entrée dans mon bureau. Elle était en crise : elle criait, pleurait, blasphémait : « Maudit Dieu, qu’elle criait, ça ne comprend rien, ça sert à rien. Est-ce qu’il existe seulement? S’il existe, il est sourd comme un pot. Ça fait des années et des années que je lui demande et il ne se passe jamais rien. Je suis tannée… si vous saviez comme je suis tannée! »
Elle s’adoucissait. Je lui ai offert à s’asseoir. Elle a repris son souffle. Elle m’a raconté que depuis plusieurs années, leur couple voulait un enfant.
Ils ont tout essayé, tout ce que propose la médecine et plus encore. Ils ont espéré, se sont découragés, ils ont prié. Rien, rien. Depuis quelque temps ce désir en elle s’était estompé. Et voilà qu’aujourd’hui, descendant en automobile la côte face à l’église, tout était remonté en elle. Elle avait décidé de lui dire à Dieu sa façon de pensée.
Elle était calme maintenant. Tout en jasant avec elle, elle me dit à plusieurs reprises que, si elle n’avait pas été exaucé, c’était peut-être parce qu’elle ne savait pas prier.
Je lui ai dit que je venais d’entendre la plus belle prière que j’aie entendue de ma vie, que sa prière ressemblait à la prière des grands priants de l’Église qui nous a été conservé dans les Psaumes. Elle ne me croyait pas. J’ai pris la Bible et lui ai montré.
« Je m’épuise à crier, ma gorge brûle. » (Ps 69)
« Jusques à quand, Yahvé, m’oublieras-tu? jusqu’à la fin? jusques à quand me vas-tu cacher ta face? jusques à quand mettrai-je en mon âme la révolte, en mon cœur le chagrin, de jour et de nuit? (Ps 13)
Et puis :
« Décharge sur Yahvé ton fardeau, et lui te soutiendra, il ne peut laisser à jamais chanceler le juste. » (Ps 55)
« Tends l’oreille, Yahvé, réponds-moi, pauvre et malheureux que je suis; garde mon âme, car je suis ton ami, sauve ton serviteur qui se fie en toi. » (Ps 86)
« Qu’est-ce que ça va me donner tout cela? » me dit-elle.
« Des mots, je lui ai répondu, des mots pour crier ta peine, ton désespoir, ta colère et aussi ton espérance. »
Elle est partie calmée.
Je l’ai revue bien des années plus tard, avec deux grands enfants, toute radieuse et son mari aussi.
Elle m’a expliqué. Plusieurs mois après notre rencontre, il y avait eu, dans sa famille, un accident terrible : son frère et sa belle-sœur sont morts dans un accident d’automobile. Ils avaient deux enfants : quatre ans et un an.
Un deuil immense à vivre pour toute la famille. Qu’allaient devenir ces deux jeunes enfants? qui les prendraient en charge? Il y eut Conseil de famille et les yeux se sont tournés vers eux. L’acceptation n’a pas été facile. Aujourd’hui, ils sont heureux d’avoir ouvert leur cœur à ces deux enfants. (Denis Lepage)
Il est beaucoup question de la prière dans la Parole de Dieu de ce dimanche.
D’abord, Abraham qui n’en finit pas de supplier le Seigneur. Et le Seigneur qui est tout amour et qui ne peut qu’acquiescer à sa prière.
Et puis, dans le psaume, la prière de louange d’un priant qui a été exaucé:
« De tout mon cœur, Seigneur, je te rends grâce :
tu as entendu les paroles de ma bouche. »
L’évangile aussi nous raconte que les amis de Jésus le voient prier. Ils trouvent cela beau de voir Jésus prier. « Seigneur, apprends-nous à prier » est justement leur prière.
Et Jésus de leur dire : « Quand vous priez, dites : Père ». Tout de suite, Jésus situe la prière dans une relation filiale, de tendresse, d’amour.
Un jour, je préparais un jeune garçon de sept ans au baptême. Après lui avoir raconté l’histoire de Jésus, son amour pour nous, sa promesse de ne jamais nous abandonner dans la mort, je lui ai demandé : « Pries-tu, toi? »
« Je ne sais pas ce que c’est », m’a-t-il dit.
Je lui ai dit: « Veux-tu que je te l’apprenne? »
Il m’a répondu: « Oui »
Alors je lui ai dit: « Prier c’est parler avec Jésus dans ton cœur, c’est lui raconter ta vie, tout ce qui va bien et tout ce qui ne va pas. Prier c’est dire merci à Jésus pour les belles choses présentes dans ta vie, c’est lui demander tout ce dont tu as besoin pour être heureux, pour toi et pour les autres. »
À mesure que je lui parlais, je voyais ses yeux s’agrandir, son visage s’illuminer, la joie naître sur son visage, la présence de Jésus sur son visage. Il était beau.
Il avait sur son visage une lumière qui éclatait de la présence de l’Esprit qui l’habitait déjà.
Se réalisait déjà en lui la promesse que Dieu le Père a fait et fait encore aujourd’hui, de donner son Esprit, à tout ceux et celles qui prient. Amen.
Deux amis se retrouvèrent après une longue séparation. L’un était devenu très riche et l’autre était pauvre.
Ils mangèrent ensemble et se rappelèrent des souvenirs de leur jeunesse.
Le pauvre finit par s’endormir. Avant de le quitter, son ami, glissa dans son sac un gros diamant d’une valeur inestimable. Le pauvre ne sachant rien de cela, ne trouva pas le diamant et continua à vivre comme d’habitude.
Un an plus tard, les circonstances permirent aux deux amis de se rencontrer à nouveau. « Alors, dit le riche à son ami toujours pauvre, tu n’as pas trouvé le trésor que j’avais placé dans ton sac? »
Se pourrait-il que nous aussi nous ayons un trésor et que ce trésor ne change rien à notre vie? Ce serait trop de valeur.
C’est ce que le Seigneur Jésus veut nous rappeler aujourd’hui quand il va visiter deux de ses amies, Marthe et Marie.
C’est une femme formidable que Marthe. Elle fait tout pour bien accueillir Jésus chez elle. Elle trouve sa sœur bien chanceuse d’être assise avec Jésus, buvant ses paroles, goûtant ses paroles. Marthe aurait bien voulu être à la place de Marie. Il fallait qu’il y ait un grand appel en elle, un grand désir d’être proche de Jésus pour qu’elle dise au Seigneur : « Dis donc à ma sœur de venir m’aider, - sous entendu – pour que je puisse moi aussi aller m’asseoir avec toi ».
Jésus a tout compris ce que veut dire Marthe : « Tu as raison, va-t-il lui dire, Marie a choisi la meilleure part. »
La meilleure part c’est de se faire proche de Jésus, d’écouter sa parole.
Notre trésor, notre chance c’est de pouvoir nous approcher de Jésus, de pouvoir écouter sa Parole, laisser sa Parole pénétrer en nous, nous laisser comme imbiber de cette Parole, la laisser nous nourrir, la laisser nous donner vie, la laisser illuminer toute notre vie pour devenir, comme Jésus, des personnes de lumière, des personnes vivantes qui transportent partout la lumière, l’espérance et la vie.
Mgr François-Xavier Nguyen, évêque vietnamien qui a été 20 ans en prison raconte qu’il avait réussi à apporter en prison un petit Nouveau Testament. Il l’avait divisé en feuillet qu’il avait donné aux autres prisonniers.
Pendant le jour ils apprenaient par cœur une partie du texte et le soir, chacun à son tour, récitait le texte qu’il avait appris dans la journée.
Tous étaient unanimes pour dire que cette Parole avait été leur force pour vivre toutes leurs années de prison.
Chaque dimanche, nous sommes en contact avec ce trésor de la Parole de Dieu. Si nous lui donnons de la place, la Parole de Dieu peut habiter totalement notre cœur. Elle peut nous aider à vivre nos vies. Elle peut même changer complètement nos vies.
Amen.
Un docteur de la loi, quelqu’un qui est au fait de la religion, qui en sait tout, vient poser une « colle » à Jésus : « Maître, que dois-je faire pour entrer dans la vie éternelle? On doit dire que c’est une question intéressante. Elle m’intéresse en tout cas. Vous, est-ce qu’elle vous intéresse?
Jésus lui dit : « Qu’est ce qui est écrit dans la loi? »
« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu et ton prochain », répondit-il.
« Très bien », dit Jésus.
« C’est qui mon prochain? continue le docteur espérant que Jésus va lui donner une liste comme : ton père, ta mère, tes enfants, ton voisin etc.
Jésus ne lui fait pas de liste, il lui raconte plutôt une histoire.
Un homme a été tabassé par des bandits. Ils l’ont frappé. Ils l’ont volé. Ils l’ont abandonné sur le bord de la route presque mort.
Un lévite et un prêtre, deux personnes attachées au temple, passent par là, passent leur chemin. Ils ne s’arrêtent pas car avoir un contact avec le sang du blessé les rendrait impurs et les empêcherait de faire leur service au temple. Belle excuse. C’est leur propre situation qui leur importe, pas le blessé sur la route.
Et puis, un samaritain, un ennemi depuis toujours des Juifs, passe par là à son tour. Il s’arrête, prends soin du blessé, l’amène pour le faire soigner, paie même toutes les dépenses. Il n’a qu’une pensée : que va-t-il arriver à cet homme s’il reste là, seul, sur la route?
« Qui a été le prochain du blessé du bord de la route? » demande Jésus.
« Celui qui a fait preuve de bonté pour lui », répond le docteur de la loi.
Le prochain, c’est celui dont nous nous approchons, celui pour qui nous sommes bons.
Nous avons la réponse à la question : « Que dois-je faire pour entrer dans la vie éternelle? » La vie éternelle c’est s’approcher des autres et être bons pour eux.
Un jeune garçon avait appris qu’il avait une leucémie. Il ne s’en sortirait pas.
Sa mère jasait beaucoup avec lui pour lui aider à assumer cette réalité. Un jour, en parlant ainsi, le jeune garçon apprit à sa mère qu’il avait rêvé d’être pompier et il avait de la peine de ne pas pouvoir réaliser le rêve de sa vie.