Retour à Parole pour le dimanche Homélies 2010
Homélies 2011
Le Seigneur Jésus nous raconte, aujourd’hui, qu’un homme est parti en voyage. Rien de très sensationnel là-dedans.
Ce qui est surprenant et qui nous interroge c’est qu’il confie tous ses biens à ses serviteurs. Il faut le faire.
Confier tous ses biens à d’autres personnes demande beaucoup de confiance en ces personnes.
Nous le savons : confier tous ses biens en d’autres mains, c’est prendre des risques énormes. Beaucoup de nos concitoyens et de nos concitoyennes, ces dernières années, en le faisait, ont perdu tout leur avoir.
Le Seigneur Jésus, ce matin, nous parle de son Père qu’il veut nous faire connaître. Il nous parle de la confiance totale que son Père veut nous faire. Il nous parle de la confiance totale que Dieu le Père nous fait en remettant entre nos mains tous ses biens : l’amour, la tendresse, la nature, le pardon, etc.
Perdra-t-il tout? Ce n’est pas sa volonté.
Pour nous aider à bien gérer ses biens, à bien remplir notre mission, Dieu le Père nous donne son propre Fils, ce qu’il a de plus précieux, celui à qui il tient comme à la prunelle de ses yeux.
Jésus est avec nous comme la puissance même de Dieu le Père, comme son Esprit d’Amour pour nous permettre de vivre ici-bas comme des fils et des filles de Dieu, de vivre déjà dans la joie du Père.
La volonté de Dieu notre Père c’est que nous nous retrouvions tous et toutes un jour, ensemble avec Lui, avec Jésus et l’Esprit d’Amour pour nous entendre dire : entrez dans la joie de la vie éternelle.
Henri Nouwen nous raconte (Praying, mars-avril 1994) :
« Il y a quelques années, alors que je marchais le long d'une route, j'ai été happé par une voiture. Transporté d'urgence à l'hôpital, je m'y suis retrouvé attaché sur une table d'opération qui ressemblait à une croix, entouré d'une équipe médicale que je ne connaissais pas. Le médecin responsable de l'équipe me dit qu'elle n'était pas sûre que je passerais au travers de l'opération.
Je me sentais comme un enfant, entièrement dépendant des personnes qui m'entouraient. J'étais invité à m'abandonner dans la confiance. Et tout à coup j'ai été envahi par la certitude que, quoiqu'il arrive au cours de l'opération, j'allais vivre.
Je me sentais enveloppé par l'amour de Dieu, un amour qui est là avant notre naissance, qui sera là après notre mort et qui est notre vrai père et notre vraie mère.
Par la suite j'ai découvert que m'abandonner à cet amour m'ouvrait le chemin de la vraie liberté. »
Nous laisser envelopper de l’amour de Dieu qui nous aimait même avant notre naissance, nous abandonner à cet amour, donner toute notre confiance à Dieu notre Père, c’est un chemin de liberté, c’est un chemin vers nos frères et nos sœurs, un chemin d’amour et de tendresse pour nos frères et nos sœurs.
Vivants ainsi nous serons dans la joie déjà et pour toujours. Amen.
Jésus nous parle ce matin du royaume des cieux. Il nous dit : « Le royaume des cieux sera comparable à dix jeunes filles invités à des noces. »
Ces dix jeunes filles avaient apporté leur lampe. Il faut savoir que la noce avait lieu le soir et ce sont ces jeunes filles qui éclairaient de leur lampe le chemin qui conduisait les nouveaux époux jusqu’à la salle des noces.
Que les lampes éclairent étaient donc bien important.
Qu’est-il arrivé à l’époux, nous ne le savons pas. Ce que nous savons c’est qu’il est en retard et que son retard cause bien des problèmes aux cinq jeunes filles qui n’ont pas prévu une réserve d’huile.
Quand l’époux arrive c’est le branle-bas. On part dans la nuit pour la salle des noces. Pour le grand malheur des jeunes filles qui n’avaient pas prévu une réserve d’huile, voilà que la porte est fermée et que l’époux ne les reconnaît même pas.
Il est question dans cette Parole de la venue de Jésus et du royaume des cieux. Nous sommes tous et toutes invités à la noce, même ceux et celles qui ont été imprévoyantes ou imprévoyants. Ce qui nous est demandé c’est d’être vigilants, d’être sages, d’être des porteurs et des porteuses de lumière dans nos vies quotidiennes.
Un professeur termine son cours par la phrase rituelle: « Y a-t-il encore des questions ? »
Un étudiant lui demande: « Monsieur, quel est le sens de la vie ? »
Quelques-uns de ses camarades, sur le point de partir, se mettent à rire. Le professeur, d'un regard interrogateur, fixe longuement cet étudiant. « Est-ce une demande sérieuse? » Il comprend vite qu'elle l'est. « Je vais vous répondre. »
De la poche de son pantalon il sort son portefeuille, en retire un petit miroir rond, pas plus grand qu'une pièce de monnaie et dit:
« J'étais encore enfant, c'était durant la guerre. Un jour, je vis, sur le chemin, un miroir brisé. J'en gardai le fragment le plus grand que voici. Souvent, je m'amusais à diriger sa lumière réfléchie dans les coins sombres où le soleil ne brillait jamais: trous profonds, crevasses et autres cavités.
Devenu adulte je compris que ce morceau de miroir avait un sens particulier pour moi. Plus qu'un jeu d'enfant, c'était la métaphore de ce que je pouvais réaliser dans la vie.
Moi aussi, je suis le fragment d'un miroir que je ne connais pas dans sa totalité. Avec ce que je possède, je peux envoyer la lumière, la vérité, la compréhension, la bonté, la tendresse, dans les replis les plus secrets du cœur humain et changer ainsi quelque chose chez ceux que je côtoie. D'autres personnes en font peut-être tout autant. Voilà en quoi consiste pour moi le sens de la vie. »
Nous aussi, nous sommes le fragment d'un miroir que nous ne connaissons pas dans sa totalité. Avec ce que nous possédons, nous pouvons envoyer la lumière, la vérité, la compréhension, la bonté, la tendresse, dans les replis les plus secrets du cœur humain et changer ainsi quelque chose chez ceux que nous côtoyons.
« Portons la lumière, la vie jaillira ». C’est sagesse. Amen.
J'étais à
l'épicerie du coin en train d'acheter des pommes de terre nouvelles. J'ai
remarqué un petit garçon, d'ossature délicate, pauvrement vêtu mais
propre, regardant avec envie un panier de fèves vertes fraîchement
cueillies.
J'avais déjà payé pour mes pommes de terre, mais je me suis arrêté
aux fèves vertes. J'adore la soupe aux fèves et aux patates. Choisissant
des fèves, je ne pu m'empêcher d'entendre la conversation entre Monsieur
Miller (le propriétaire du magasin) et le pauvre garçon qui était à côté
de moi.
- Allo Barry, comment vas-tu aujourd'hui?
- Allo M. Miller. Ça va bien merci, j'étais juste en train d'admirer vos fèves. Elles ont l'air vraiment très bonnes.
- Elles sont bonnes Barry. Comment va ta mère?
- Bien. Elle n'arrête pas de prendre du mieux.
- Bien. Puis-je faire quelque chose pour toi?
- Non Monsieur, je
ne faisais qu'admirer ces fèves.
- Voudrais-tu en rapporter à la maison? demanda M. Miller.
- Non Monsieur, je n'ai rien pour les payer.
- Et bien, que pourrais-tu me donner en échange de quelques fèves?
- Tout ce que j'ai, c'est ma précieuse bille que voici.
- C'est une vraie? Laisse-moi la voir, dit M. Miller
- Voici, elle est de qualité.
- Oui, je peux voir ça. Hmmmm, la seule chose c'est qu'elle est bleue et j'en recherche une rouge vif. En as-tu une rouge comme ça chez toi?
- Pas rouge vif, mais presque...
- Tu sais quoi, ramènes ce sac de fèves avec toi à la maison et quand tu repasseras dans le coin, tu me montreras cette bille rouge, lui dit M. Miller.
- Bien sûr M. Miller. Merci.
Madame Miller, qui était debout juste à côté, est venue pour m'aider... Avec un sourire, elle a dit :
- Il y a 2
autres garçons comme lui dans notre quartier, les trois sont dans des
conditions vraiment précaires. Jim adore marchander avec eux pour des
fèves, des pommes, des tomates ou n'importe quoi d'autres. Lorsqu'ils
reviennent avec leurs billes rouges, et ils le font toujours, Jim décide
que finalement il ne veut plus de rouge et les renvoies chez-eux avec un
sac d'une autre marchandise en échange d'une bille verte ou une orange,
lorsqu'ils reviendront au magasin.
J'ai quitté le magasin avec un sourire au cœur,
impressionné par cet homme. Peu de temps après, je suis déménagé au
Colorado, mais je n'avais jamais oublié l'histoire de cet homme, les
garçons et leurs marchandages de billes.
Plusieurs années passèrent, chacune plus rapidement que les précédentes. Récemment j'ai eu l'occasion de visiter de vieux amis dans ce quartier de l'Idaho et pendant que j'y étais, ce M. Miller est décédé.
Il y avait les funérailles ce soir-là et, sachant que mes amis désiraient s'y rendre, je les ai accompagnés. À notre arrivée au salon, nous étions dans une ligne pour rencontrer les personnes éprouvées et leurs offrir nos sympathies.
Devant nous, dans la ligne, il y avait trois jeunes hommes. L'un d'eux était en uniforme d'armée et les deux autres hommes étaient bien coiffés, en habits noirs et chemises blanches... tous paraissant vraiment bien. Ils s'approchèrent de Madame Miller, qui était debout calme et souriante à côté du cercueil de son mari. Chacun des trois jeunes hommes lui fit une caresse, l'embrassa sur la joue, lui parla brièvement et s'approcha du cercueil.
Ses yeux bleus clairs rougis les suivirent et, un par un, chacun des jeunes hommes s'arrêta brièvement et mit sa main tout au-dessus de la main pâle et froide dans le cercueil. Chacun d'eux sortit maladroitement du salon, en essuyant leurs yeux.
C'était notre tour de rencontrer Mme Miller. Je lui ai dit qui j'étais et lui rappela l'histoire d'il y avait longtemps et ce qu'elle m'avait raconté concernant les marchandages de billes. Avec ses yeux brillants, elle prit ma main et me conduit au cercueil.
- Ces trois jeunes hommes qui viennent juste de quitter étaient les garçons dont je vous parlais. Ils viennent tout juste de me dire combien ils avaient apprécié la façon dont Jim les "marchandait". Maintenant, finalement,
puisque Jim ne pouvait plus changer d'idée concernant la couleur ou la grosseur de la bille... ils sont venus payer leur dette.
- Nous n'avons
jamais eu l'occasion de faire fortune dans ce monde, me confia t'elle.
Mais présentement, Jim se serait considéré comme l'homme le plus riche de
l'Idaho.
Avec tendresse, elle leva les doigts de son mari décédé. En dessous de sa
main se trouvaient trois billes d'un rouge éclatant.
Chacun et chacune de nous sommes en situation de pouvoir.
Le pouvoir c’est cette puissance, cette capacité d’agir pour une autre personne en vertu d’un mandat reçu ou accaparé. Il donne autorité sur la vie de l’autre, permet de prendre des décisions qui rendent l’autre heureux ou malheureux.
Au temps de Jésus, il y avait les scribes et les pharisiens qui avaient beaucoup de pouvoir sur la vie des gens. « Ils lient de pesants fardeaux et en chargent les épaules des gens », nous dit le Seigneur Jésus.
Encore ce matin, le Seigneur Jésus nous donne un enseignement de sagesse : « Le plus grand parmi vous sera votre serviteur, car vous êtes tous frères et sœurs. ».
Nous sommes tous des frères et des sœurs.
Si dans notre société, dans notre Église, dans notre famille, dans notre école, à notre travail, nous nous reconnaissions tous et toutes comme des frères et des sœurs, les pesants fardeaux des uns et des autres deviendraient moins lourds à porter, la vie serait meilleur, épanouissante.
Vivons l’expérience pour voir. Amen.
Nous assistons encore aujourd’hui à une controverse entre les pharisiens et le Seigneur Jésus. Les pharisiens ne cherchent qu’une chose : prendre Jésus en défaut. Jésus, de son côté, ne cherche qu’une chose lui aussi : nous enseigner, nous raconter qui il est, nous raconter qui est son Père.
Il y avait beaucoup de lois au temps des pharisiens, plus de 600. Alors les pharisiens demandent à Jésus : « Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement? »
La réponse de Jésus est magnifique : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, tu aimeras ton prochain comme toi-même. Tout dépend de ces deux commandements. »
Des lois, des observances et des obligations, il y en a beaucoup dans notre vie à tous et à toutes.
Nous avons connu très tôt, pour les plus vieux d’entre nous, le petit catéchisme, et puis après le Catéchisme de l’Église Catholique, toutes les encycliques, le Code de droit canonique, les décisions des conciles, etc.
Si nous faisions le relevé de toutes les lois qui existent présentement dans l’Église, nous serions probablement effarés.
Si nous ajoutons à toutes les lois de l’Église toutes celles du domaine civil, alors là c’est bien suffisant pour être totalement dépassé.
Comment placer de l’ordre dans toutes ces lois, toutes plus importantes les unes que les autres?
Il fait bon réentendre la parole de sagesse du Seigneur Jésus dans l’évangile de ce matin. « Tu aimeras », nous dit le Seigneur Jésus. Voilà, c’est la seule loi nécessaire.
Dans le « Tu aimeras », il y a une invitation à l’action, une action qui dure dans le temps.
Quand je recevais un jeune couple qui voulait faire baptiser son enfant, je leur demandais :
- Est-ce que vous l’aimez cet enfant-là? Qu’est-ce que vous êtes prêts à faire pour lui?
Bien sûr, ces jeunes parents me répondaient qu’ils aimaient beaucoup leur petit, à la folie même et qu’ils étaient prêts à donner leur vie pour lui.
Quand le Seigneur Jésus nous dit « Tu aimeras », il nous dit : « Tu donneras ta vie pour la personne que tu aimes. »
Voilà, c’est la seule loi nécessaire.
En 1987, un photographe journaliste a été envoyé en Équateur pour couvrir le tremblement de terre qui avait détruit une partie du pays. Au milieu des souffrances causées par cette catastrophe, il fut témoin d'une simple scène de compassion qui le remua profondément. Le photographe écrivit ceci:
«La file était longue mais avançait rapidement. Et dans cette file, à la toute fin, se tenait une petite fille d'environ 12 ans. Elle attendait patiemment, pendant que ceux qui étaient en avant, recevaient un peu de riz, une conserve et un petit fruit. Lentement, mais sûrement, elle avançait tout près du comptoir de distribution, plus près de la nourriture.
De temps en temps, elle jetait un coup d’œil vers la rue. Elle ne remarquait pas l'inquiétude croissante de ceux et celles qui distribuaient la nourriture. La nourriture se faisait de plus en plus rare. Leur anxiété était visible mais la petite fille ne s'en apercevait pas. Son attention semblait toujours être tournée vers ces trois figures sous les arbres de l'autre côté de la rue.
Au moment où elle put enfin recevoir sa nourriture, il ne restait qu'une seule banane. Les travailleurs étaient gênés de lui avouer que tout était déjà distribué. Elle ne semblait pourtant pas agressive ni amère de n'avoir qu'une seule banane. Avec précaution, elle prit le précieux cadeau et courut de l'autre côté de la rue où trois enfants l'attendaient, peut-être ses deux sœurs et son frère. Elle pela la banane et la divisa très soigneusement en trois parts égales. Elle plaça le précieux fruit dans les mains des trois enfants en disant: «une part pour toi, une part pour toi et une part pour toi. » Puis, elle s’assit.
À ce moment-là, je le jure, j’ai vu le visage de Dieu. (John Jackson, Indianopolis Star, de Connections, 1996)
« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, tu aimeras ton prochain comme toi-même. Tout dépend de ces deux commandements. »
« Tu aimeras ». Voilà le chemin pour que transparaisse sur notre visage, le visage de Dieu.
Amen.
Saint Paul est le premier qui a pris la plume pour nous raconter son expérience avec Jésus. Cela environ vingt ans après la mort et la résurrection de Jésus.
Par ailleurs, nous savons que saint Paul n’a jamais rencontré Jésus en personne. C’est donc qu’il a vécu toute une expérience intérieure de révélation, c’est donc que l’Esprit Saint a envahi cet homme pour le placer en présence de Jésus.
Saint Paul a tellement été touché par cette expérience de Jésus qu’il est devenu missionnaire, qu’il ne peut s’empêcher d’aller de par le monde de son temps pour raconter son expérience avec Jésus et fonder déjà des communautés.
« Nous le savons, raconte-t-il, frères et sœurs bien aimés de Dieu, vous avez été choisis par lui. Notre annonce de l’Évangile chez vous, ajoute-t-il, n’a pas été simple parole, mais puissance, action de l’Esprit Saint, certitude absolue.»
Ce matin, saint Paul s’adresse à chacun et chacune de nous pour nous redire sa conviction profonde : « Nous le savons, frères et sœurs bien-aimés de Dieu, vous avez été choisis par lui. »
Vous avez bien entendu?
Saint Paul nous dit que nous avons été choisis de Dieu. Choisir, c’est dire sa préférence. Nous pouvons donc dire, en d’autres mots, que nous sommes, tous et toutes, les préférés de Dieu lui-même.
Quelle affaire! Quelle chance! Dieu le Père a jeté son regard sur nous, tels que nous sommes, avec nos qualités et nos défauts. Et c’est l’annonce de l’Évangile, la Parole de Dieu, selon saint Paul, qui nous transforme, car elle n’est pas simple parole, elle est puissance, elle est action de l’Esprit Saint en nous.
L’Esprit Saint en nous, comme il l’a fait pour saint Paul, nous fait rencontrer Jésus, nous place en sa présence, nous fait découvrir Jésus, toute la bonté de Jésus, sa miséricorde, sa décision de nous sauver, de nous donner son amour, sa vie pour toujours.
L’Esprit Saint en nous, comme il l’a fait pour saint Paul, nous pousse à raconter cette présence bienveillante de Jésus en nous. Elle nous invite, toujours comme saint Paul, à être missionnaires, c’est-à-dire à annoncer, par toute notre vie, l’Évangile, la Parole de Dieu. Elle n’est pas une simple parole. Elle est une puissance, elle est action de l’Esprit Saint même, elle est une certitude absolue. Telle est notre foi.
L’Esprit Saint en nous nous invite à annoncer la Parole avec tout notre cœur, avec compassion, bienveillance, tendresse. C’est là la charité dont parle saint Paul.
Laissons l’Esprit Saint devenir en nous comme une certitude absolue, une espérance contre toute espérance, une espérance à toute épreuve à cause de l’Esprit Saint justement qui nous habite.
Une vieille histoire du Moyen Âge raconte que le jour de l’Ascension, Jésus s’élève devant ses Apôtres et disparaît à leurs regards. Ce qu’ils ne savent pas, c’est que ce jour-là, il croise l’archange Gabriel qui lui dit : « Ah! quelle joie de te voir! Mais qu’est-ce qui se passe sur la terre? C’est un peu bizarre, tout est noir, tout est dans la nuit, je vois juste quelques petites lumières là-bas. »
Jésus lui explique alors : « C’est la nuit sur la terre : c’est vrai. Mais compte bien les petites lumières : il y en a douze : c’est Marie, ma mère, et mes Apôtres, qui sont en train de prier au Cénacle. Et mon plan, une fois retourné chez mon Père, est d’envoyer de là-haut l’Esprit Saint. Alors, une fois que j’aurai envoyé l’Esprit Saint, tu verras : toute la terre va être embrasée. Les petites flammes qui sont là dans cette petite maison vont se répandre partout, et toute la terre ne sera qu’un grand feu. »
L’archange Gabriel, parce qu’il nous connaît bien – cela fait déjà quelques années qu’il nous suit -, tire une tête un peu sceptique… Et il demande à Jésus : « Qu’est-ce qui se passera si ton plan ne marche pas? » Alors Jésus répond : « Je n’ai pas d’autre plan. » (Pierre Trevet, Paraboles d’un curé de campagne, Éditions de l’Emmanuel, 2006, p. 43-44)
Jésus n’a pas d’autre plan. Son plan, c’est chacun et chacune de nous. L’Esprit qui nous habite est en nous une petite lumière. Laissons cette lumière transparaître en nous. Il y aura beaucoup de lumière. C’est là le plan de Dieu. Nous en sommes tous et toutes participants. C’est beau!
Quelle affaire que d’être choisi par Dieu! Amen.
Un soir que Joseph revenait de son travail dans les champs avec des vêtements sales et crottés, il entendit chanter et rire et il comprit qu'il y avait une fête dans les environs.
Dans le pays de Joseph, quand il y a une fête, tout le monde peut y participer.
Joseph poussa donc la porte de la maison et sourit de bonheur. Une bonne odeur de nourriture se dégageait de la cuisine. Mais il ne put aller plus loin: il était tellement mal habillé qu'on le chassa sans ménagement.
En colère, il courut jusqu'à sa maison, mit son plus beau manteau et revint à la fête. Cette fois, on l'accueillit, on l'installa confortablement et on posa devant lui à manger et à boire.
Joseph prit alors de la nourriture, du vin et commença à les verser sur son manteau. Et il disait : « Mange, mon manteau! Bois, mon manteau! »
L'homme assis à son côté lui dit: « Que fais-tu, malheureux? Es-tu devenu fou? »
« Non, l'ami, lui répondit Joseph. En vérité, moi je ne suis pas invité; c'est mon manteau qui est invité. »
Qui sont donc ces invités du roi qui célèbrent les noces de son fils dans le Royaume des cieux?
Saint Matthieu ne peut pas être plus clair. Le repas de noce est prêt. Il y aura une noce, c’est certain. Les premiers invités ont toutes les raisons du monde de ne pas s’y présenter. Le roi ne s’en laisse pas imposer. Il lance une autre invitation : cette fois à tous ceux et celles qui sont sur les routes, à tous ceux et celles qui se débattent avec la vie, les bons comme les méchants. Voilà que la salle de noce est remplie. Il y aura une noce c’est certain.
Et voilà le roi qui s’amène. J’imagine les gens se lever, peut-être applaudir pour exprimer leur reconnaissance, je ne sais trop. Le roi s’arrête devant quelqu’un pour lui dire : « Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce?
Ah! Il était donc nécessaire d’avoir un vêtement de noce. «De quoi, écrit le père Roger Poudrier, tous les êtres humains ont-ils absolument besoin pour entrer et demeurer au grand dîner? Ils ont tous besoins que le père les recouvre d’un manteau d’innocence, d’un vêtement de salut, qu’il les habille de sa miséricorde. (…) L’être humain qui se dirait parfait et prétendrait ne pas avoir besoin du pardon de Dieu serait jeté dans les ténèbres; mais un tel homme existe-t-il? Tout adulte sait fort bien qu’il n’est pas parfait et qu’il a besoin de pardon. (…) D’ailleurs c’est ce que l’Église nous demande de faire au début de chaque messe : « Reconnaissons que nous sommes pécheurs. » Quelle sagesse!» (Roger poudrier, Le Père sera tout en tous, MÉDIASPAUL. 2000, P. 33).
Le repas de noce est prêt. Il y aura une noce, c’est certain. Y serons-nous? Nous y sommes tous et toutes invités. Il y a une condition : reconnaître que nous ne sommes ni parfaits, ni parfaites, reconnaître que nous avons besoin d’être revêtus du manteau du pardon et de la miséricorde du Seigneur; reconnaître aussi que nous avons à nous pardonner les uns les autres, à nous revêtir mutuellement du manteau du pardon.
Le repas de noce est prêt. Il y aura une noce, c’est certain. L’eucharistie que nous célébrons ensemble en est une belle image. Amen.
Il n’y a pas bien longtemps que nous cultivons la vigne chez nous. Nous commençons à peine à produire des vins qui ont une certaine qualité.
Au temps des prophètes, les choses étaient bien différentes. Pour les gens, avoir une vigne était une vraie bénédiction de Dieu. Ils en prenaient soin, la protégeaient d’une clôture, y mettaient beaucoup de temps. Évidemment, ce sont les fruits qui les intéressaient, les raisins avec lesquels ils produisaient le bon vin qui donne de la joie.
La vigne était donc un bien précieux.
Le peuple est même venu à penser qu’il était la vigne de Dieu, le bien précieux de Dieu et que Dieu, comme il se doit, en attendait de bons fruits. Malheureusement, les fruits n’étaient pas toujours au rendez-vous.
Dans l’évangile d’aujourd’hui, nous avons comme la suite de l’histoire, de la révélation. Jésus nous la raconte comme une parabole.
Un homme avait une vigne, nous dit-il. C'était son bien le plus précieux. Alors qu’il partait en voyage, il la confia à des vignerons pour qu’ils en prennent soin. À son retour, comme c’était le temps des vendanges, il envoya ses serviteurs chercher la récolte. On leur refusa. Il envoya son propre fils. On le tua.
C’est une histoire terrible!
Que va-t-il maintenant arrivé?
Jésus nous fait découvrir la réponse en demandant aux chefs des prêtres et aux pharisiens qui sont là : « Quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons? » La réponse vient sans hésitation : « Ces misérables, il les fera périr misérablement. »
Voilà la solution des hommes de ce temps-là. Voilà, il me semble, ce que serait notre propre solution. Il y a eu faute, il doit y avoir punition. C’est justice.
Ce n’est pas la manière de voir et d’être de Dieu qui nous dit si souvent : « Vos pensées ne sont pas mes pensées. »
Écoutons ce que nous dit le Seigneur Jésus encore ce matin :
N'avez-vous jamais lu dans les Écritures :
La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre angulaire.
C'est là l'œuvre du Seigneur,
une merveille sous nos yeux !
Jésus nous révèle qu’il est la pierre, le roc qui soutient tout le peuple de Dieu, qu’il est lui-même la vigne, qu’il fait croître les fruits de sa vigne, qu’il fait advenir le Salut. Le Salut, c’est l’œuvre du Seigneur, une merveille sous nos yeux.
Le Seigneur Jésus sait bien que, nous les humains, nous sommes faillibles, que nous nous éloignons souvent du chemin qu’il nous propose de vivre dans les Écritures.
Je vous pose la question de Jésus ce matin :
« N’avez-vous jamais lu les Écritures? » Quelle bonne question! Avez-vous déjà lu les Écritures, l’évangile? Un évangile c’est tout court, quelques pages seulement. C’est là que le Seigneur nous propose l’aventure qu’il nous invite à vivre avec lui et que saint Paul nous raconte dans sa lettre aux Philippiens :
Mes frères et mes sœurs,
tout ce qui est vrai et noble,
tout ce qui est juste et pur,
tout ce qui est digne d'être aimé et honoré,
tout ce qui s'appelle vertu
et qui mérite des éloges,
tout cela, prenez-le à votre compte.
Ce que vous avez appris et reçu,
ce que vous avez vu et entendu de moi,
mettez-le en pratique.
Et le Dieu de la paix sera avec vous.
L’aventure que Jésus nous propose dans l’évangile, c’est une aventure d’amour, de vie, une aventure où sa Présence nous accompagne, nous est donnée constamment dans le pain et le vin de l’eucharistie, une aventure où lui-même aura le dernier mot, où il nous donnera son Salut, la paix pour toujours.
Faisons souvent la prière du psaume de ce matin :
Dieu de l'univers, reviens !
Du haut des cieux, regarde et vois :
visite cette vigne, protège-la,
celle qu'a plantée ta main puissante.
Jamais plus nous n'irons loin de toi :
fais-nous vivre et invoquer ton nom !
Dieu de l'univers, fais-nous revenir ;
que ton visage s'éclaire, et nous serons sauvés ! Amen.
« La conduite du Seigneur est étrange », nous dit ce matin le prophète Ézéchiel.
Oui, la conduite du Seigneur est étrange. Il nous dit des paroles qui, parfois, nous laissent stupéfaits, sans mot.
Voyez dans l'évangile d'aujourd'hui : « … les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu. »
Franchement, ça n'a quasiment pas de bon sens quand nous savons qui sont les publicains: des collecteurs d'impôts qui abusaient des citoyens, se constituaient des fortunes au dépends du peuple. Ce qui faisait qu'ils étaient méprisés, rejetés par leurs concitoyens.
Et que dire des prostituées…
Dans ce passage de l'évangile, Jésus s'adresse
« aux chefs des prêtres et aux anciens ». Ces gens étaient considérés comme l'élite du temps, les savants de la religion et de Dieu.
Ces gens-là n'avaient pas beaucoup le souci du monde ordinaire; ils imposaient toutes sortes de lois qui rendaient la vie difficile pour leurs concitoyens.
Ces gens-là étaient devenus si certains d'eux et de leur façon de concevoir la vie qu'il leur devenait difficile de développer le sens de l'autre, de se rendre jusqu'à leur cœur pour y laisser naître de la compassion pour l'autre, d'aimer tout simplement.
À cause de leur suffisance, de leur savoir, ils ne se remettaient plus en question. Ils n'étaient pas capables d'entendre Jean-Baptiste qui les invitait à la conversion alors que les publicains et les prostituées, eux, ouvraient leur cœur à la parole de Jean-Baptiste et devenaient ainsi capables de conversion.
« Un roi avait trois fils. Sentant sa mort approcher, il voulait qu’un des trois hérite de son royaume. Il ne souhaitait pas le diviser. Il proposa alors le marché suivant. Le royaume sera à celui qui sera capable de remplir complètement la grotte se trouvant au fond du jardin. Pour ce faire, je donne à chacun une pièce d’or, dit le roi.
Le premier fils qui était grand et fort décida d’acheter du bois et le coupa. Mais hélas, il ne remplit qu’une moitié de la grotte.
Le deuxième, plus fainéant, acheta des plumes mais il ne remplit la grotte qu’aux trois-quarts.
Quant au troisième, il n’avait pas beaucoup d’idées. Il avait cependant un grand cœur. En chemin vers le magasin, avec sa pièce d’or il acheta de la nourriture pour une famille qui avait faim, il paya un nouveau toit pour le logement d’une autre et fit mille et une autres choses. Arrivé au magasin, il ne lui resta qu’une toute petite piécette avec laquelle il acheta une bougie. Il revint vers la grotte, alluma la bougie et la lumière de la flamme emplit toute la pièce. C’est lui, grâce à l’élan de son cœur, qui hérita du royaume. »
Avoir le cœur ouvert pour ressembler à Jésus, pour cheminer avec ses frères et ses sœurs dans la justice, dans la miséricorde, c'est un chemin de salut. Amen.
Connaître Dieu, quel affaire! Qui ne cherche pas à connaître Dieu à sa façon, au fond?
Les gens, au temps de Jésus voulaient connaître Dieu eux aussi. Ce n’est pas pour rien qu’ils le suivent. Il semble qu’ils aient bien de la difficulté à comprendre qui est vraiment Dieu. Leur échange avec Jésus nous le montre bien. Leur manière de concevoir la justice ne concorde pas avec ce qu’en dit le Seigneur Jésus.
En ce qui nous concerne, en plus d’avoir l’évangile, de l’avoir entendu bien souvent à l’église, nous avons, pour beaucoup de nous, suivi de nombreux cours de catéchèse, entendu toutes sortes de discours concernant Jésus et Dieu, et pour nous aussi il est difficile d’accepter ce que nous raconte aujourd’hui Jésus dans l’évangile.
Jésus agrandit notre perspective qui souvent se limite à ce que nous voyons de notre humanité. Il nous parle du Royaume des cieux : « Le Royaume des cieux est comparable au maître d'un domaine qui sortit au petit jour afin d'embaucher des ouvriers pour sa vigne. »
En lisant la suite de la parabole, nous comprenons rapidement que notre monde est bien différent que le monde du Royaume des cieux, si je puis m’exprimer ainsi.
Notre monde est régi par des lois, par le syndicalisme, par des juges, chacun avec son histoire propre, ses opinions, sa culture, sa manière de voir l’égalité entre les humains.
Le Royaume des cieux, c’est le monde régi par Dieu. Depuis bien longtemps, les prophètes comme Isaïe ont tenté de nous le décrire, nous le faire percevoir : « … mes pensées ne sont pas vos pensées, et mes chemins ne sont pas vos chemins, déclare le Seigneur. Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus des vôtres, et mes pensées, au-dessus de vos pensées. »
Quand allons-nous entendre? Pour entendre, il nous faut écouter, écouter le Seigneur Jésus qui encore une fois nous raconte ce matin le monde de son Père.
Dans le monde de Dieu nous raconte Jésus, il n’y a pas d’inégalité, pas de pauvreté ni de richesse, pas de préséance, pas de titres, pas d’exclusion, pas de mérites, pas de premiers ni de derniers.
Le Royaume des cieux, le monde de Dieu, c’est un monde de gratuité, de pardon sans fin, d’égalité, de bonté, d’amour. Le mot est dit encore une fois : amour.
Le monde de Dieu, le Royaume des cieux, dont notre monde d’aujourd’hui fait parti évidemment, est un lieu d’amour où tout est don, grâce, bonté, miséricorde.
Dans le monde de Dieu, dans le royaume des cieux, tous et toutes sont dignes d’être aimés et d’aimer. C’est le désir de notre Dieu, c’est la volonté de notre Dieu, Père, Fils et Esprit. Amen.
Dans l’Évangile d’aujourd’hui, Jésus nous parle de son Père, Jésus nous parle de la grandeur, de la générosité, de la gratuité de Dieu son Père.
Un enfant faisait les commissions pour sa maman. Il s'y appliquait de tout son cœur. Pour le récompenser, le marchant descendit d'une étagère une grosse boîte de caramels, l'ouvrit et la présenta à l'enfant.
- Sers-toi, petit!
L'enfant prit un caramel, mais le marchand l'encouragea: « Prends tout ce que ta main peut contenir. »
Le gamin le regarda dans les yeux et dit: « Dans ce cas, prends-les toi-même pour moi!
- Et pourquoi?
- Parce que tu as la main plus grande!
Cet enfant-là avait compris une vérité que nous avons parfois bien de la difficulté à accepter : la main de Dieu est plus grande que la nôtre; la bonté de Dieu est plus grande que la nôtre; la gratuité de Dieu ne demande aucune condition; le pardon de Dieu n’a aucune limite.
Combien de fois dois-je pardonner, demande Pierre à Jésus.
C’est que Pierre a du vécu. Il a déjà pardonné. Il a de la difficulté à pardonner. Est-ce qu’il doit pardonner continuellement ? Il doit y avoir une limite au pardon.
« Tu dois toujours pardonner, lui répond le Seigneur Jésus, il n’y a pas de limite au pardon. »
Cela ne veut pas dire que nous devons tout accepter, laisser les autres nous insulter, nous abuser, nous violenter, nous voler.
Le pardon ne prend pas la place de la justice. La justice exige réparation, excuse et la volonté de ne pas recommencer. La justice cependant n’est pas vengeance comme beaucoup le souhaitent aujourd’hui.
Le pardon prend place après la faute et après la justice, si je puis m’exprimer ainsi.
Qu’est-ce que je peux faire avec l’offense qui m’a été faite? Me remémorer constamment cette offense, me faire mal constamment avec cette offense, m’isoler, désirer me venger, me tuer à petit feu. C’est un choix possible qui ne mène nulle part.
Il y a une sagesse chez Jésus : celle du pardon. Le pardon nous libère, nous ouvre sur la vie, nous donne la joie.
Le pardon libère aussi celui ou celle qui a commis l’offense, lui permet de retrouver sa vie, de refaire des liens, de vivre dans la joie.
« Tu dois toujours pardonner, nous enseigne le Seigneur Jésus. »
Voila une grande sagesse, un chemin de vie, une façon de ressembler à Dieu notre Père. Amen.
Un paroissien alla voir le pasteur de son village et lui dit: « Je quitte l'église... dimanche prochain je ne serai pas là! » Le pasteur lui répondit: « C'est votre choix! » Mais au cours de la semaine, il s’invita chez ce paroissien qui l'accueillit très bien. Ils s'installèrent devant le foyer et le paroissien lui expliqua de long en large quelles étaient ses raisons de quitter l’église.
Pendant la conversation, le pasteur se leva, défit ce qui restait de la bûche, sépara les tisons et continua d'écouter. Peu à peu, le feu allait s'éteindre. Il dit alors à son hôte: « Tu vois, quand on s'isole les uns des autres, c'est ce qui arrive ». Puis il rapprocha les tisons et la bûche s'enflamma à nouveau.
Le dimanche suivant, le paroissien en question était à l’église.
«Si ton frère a commis un péché, va lui parler seul à seul…», nous dit le Seigneur dans l’évangile d’aujourd’hui.
Ce n’est pas la démarche la plus facile à faire. De fait qu’est-ce qui est le plus facile? Se murer chez soi, s’isoler, se cacher sous son bon droit, construire une barrière, faire comme si de rien n’était arrivé alors que nous sommes blessés…
Une bonne façon de s’ouvrir à l’indifférence, à ne plus se sentir concerné…
Quand nous nous isolons les uns des autres, nous sommes comme le feu qui s’éteint. Le Seigneur Jésus nous invite à brasser la cendre, à souffler sur la cendre, pour que le feu reprenne, pour que nos amours, nos amitiés, notre vie ensemble se renouvellent.
Lorsque j’ai visité un jour la Californie dont les séquoias géants sont la principale attraction, raconte Lewis Timberlake, un guide nous a appris que les racines de ces colosses ne s’enfonçaient pas très profondément dans la terre.
« C’est impossible! Me suis-je exclamé. J’ai été élevé à la campagne et je sais que, sans racines profondes, un arbre ne résiste pas au vent.
- Pas les séquoias, répondit le guide. Ils poussent en groupes. Leurs racines s’entremêlent et quand les vents très forts soufflent, ils se retiennent les uns les autres.
Ceci m’a laissé pensif. Dans un sens, les gens sont comme les séquoias. Tous ceux qui possèdent des racines communes - familles, amis, cousins, camarades de travail, - s’aident à se tenir debout et à résister aux tempêtes de la vie.
C’est ce que le Seigneur Jésus nous invite à faire aujourd’hui : nous aider à tenir debout et à résister aux tempêtes de la vie. Seuls, nous risquons de ne pas y parvenir. Ensemble nous y arriverons.
«Je vous le dis : si deux d'entre vous sur la terre se mettent d'accord pour demander quelque chose, ils l'obtiendront de mon Père qui est aux cieux. Quand deux
ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d'eux. »
Nous avons une mission formidable à accomplir ensemble ici sur le lopin de terre que nous habitons : nous délier les uns les autres de tout ce qui nous empêche d’être frères, sœurs; nous lier les uns aux autres pour traverser toutes les tempêtes, pour devenir tous et toutes des hommes et des femmes debout, vivants, vivantes, amoureux, amoureuses. Amen.
«Tu es le Fils de Dieu», a répondu Pierre, dimanche dernier à la question de Jésus. Il lui en fallait de l’audace à Pierre pour se compromette de la sorte devant ses pairs. Qui de nous se permet cette audace aujourd’hui?
Et puis, la cerise sur le sundae, si vous me permettez : le Seigneur Jésus qui lui dit qu’il est heureux de connaître cette révélation.
Comment Pierre devait-il se sentir? Il ne devait pas porter à terre avec tout l’enthousiasme que nous lui connaissons. De plus, c’est sur lui que le Seigneur veut construire son Église. Un véritable moment de reconnaissance et de gloire!
Pierre n’est pas encore revenu de la déclaration de Jésus qu’il reçoit déjà un vrai morceau de béton sur la tête. Assez pour l’assommer.
Qu’est-ce que cette affaire de Jésus encore? «Il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des chefs des prêtres et des scribes, être tué, et le troisième jour ressusciter.»
Qu’est-ce que vous pensez que Pierre a retenu dans ce discours de Jésus? Être tué, mourir.
Évidemment, pour Pierre, c’est inacceptable, cela ne peut pas arriver à Jésus, le Fils de Dieu.
Et vlan! Il est dur le Seigneur Jésus parfois. «Tu es un Satan, un obstacle sur ma route Pierre, tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes.»
Il faut que le message soit important pour que Jésus serve une telle rebuffade à Pierre.
De fait, le message est important et difficile à comprendre. Ce n’est pas une affaire d’intelligence mais une affaire du cœur, une affaire de séduction comme nous le dit le prophète Jérémie. «Seigneur, tu as voulu me séduire, et je me suis laissé séduire; … il y avait en moi comme un feu dévorant, au plus profond de mon être. Je m'épuisais à le maîtriser, sans y réussir.»
Ce feu-là habitait aussi le cœur de Jésus, un feu dévorant qui l’appelait à risquer sa vie, à donner sa vie pour chacun et chacune de nous.
Fallait-il qu’il ait été séduit le Seigneur Jésus par l’amour de son Père, par l’amour de chacun et chacune de nous pour accepter de déposer sa vie, de mourir!
Jésus a saisi que dans ce geste de mourir, dans ce geste de remettre sa vie, il y avait-là un geste qui était source de vie à jamais pour ses frères et ses sœurs que nous sommes.
Quand Pierre saisit la dimension de ce que Jésus est en train de lui révéler, il est tout chamboulé, et c’est normal.
Cette révélation nous touche aussi. Nous serons tous et toutes, un jour, à la suite de Jésus, accompagnés par sa Présence et son amour, appelés à poser ce geste de remettre notre vie, de déposer notre vie entre les mains de Dieu notre Père.
C’est un geste difficile, un geste de pure foi, un geste qui donne la vie à celui qui le pose et à ses frères et à ses sœurs.
«Le Fils de l'homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père» pour apporter à chacun et chacune de nous la gloire de son Père, sa Présence vivifiante, transformante, sa vie. Amen.
Quelqu’un, un jour, dans votre vie, a-t-il osé vous demander : «Que penses-tu de moi? Comment me vois-tu? Qu’est-ce que tu dis de moi?»
Quelle question! Question embarrassante s’il en est une.
Pour répondre à cette question, il faut avoir une connaissance de la personne qui nous la pose.
Pour réponde en profondeur à cette question, il faut avoir une relation d’amitié ou d’intimité avec la personne qui nous la pose.
Sans cela, nous risquons d’escamoter la réponse, de nous en sortir avec le plus d’élégance possible, n’osant peut-être pas la vérité : «Je ne te connais pas suffisamment.»
Quand Jésus demande à ses amis qui il est, ils sont surpris par la question et ils évitent de répondre :
«Pour les uns, [tu es] Jean-Baptiste;
Pour d’autres, Élie;
Pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes.»
Jésus les pousse dans leur dernier retranchement : «Vous, que dites-vous? Pour vous, qui suis-je?»
C’est Pierre qui prend la parole. Il a vu Jésus guérir le lépreux, il a vu Jésus compatir à la peine de la veuve de Naïm, il a vu Jésus prendre soin de la femme adultère, il a entendu Jésus crier devant le tombeau de Lazare : «Viens dehors».
Pierre laisse parler son cœur : «Tu es le Messie, le fils du Dieu vivant!»
«Eh! que tu es chanceux Pierre! C’est mon Père qui a ouvert ton cœur, c’est mon Père qui a parlé à ton cœur. Avec toi, je bâtirai mon Église. La mort n’aura aucun pouvoir sur elle car je te donne toute ma puissance d’amour, toute ma puissance de vie pour que tu puisses lier mes frères et mes sœurs par l’amour et par la vie.»
Vous qui lisez ces lignes, vous qui êtes présents en cette église, que dites-vous de Jésus? qui est-il pour vous?
Un beau et bon jour, j’ai pris du temps qui m’était donné et j’ai vécu une fantaisie que j’aimerais partager…
Émerveillé, je regardais le ciel et dis :
«Toi, firmament tout bleu, que dis-tu de ton Créateur?»
Moi, me répondit le ciel, je te dis qu’il est INFINI;
Toi, soleil, que dis-tu de Lui?
Et l’astre de me répondre : « Il est LUMIÈRE ET VIE ; »
Toi, lune et, vous étoiles, que pouvez-vous me révéler de Dieu?
Qu’il est PRÉSENCE, même dans les jours les plus sombres;
Toi, nuage léger, peux-tu m’en dire quelque chose?
Il est ESPRIT, Celui que tu adores;
Brise légère, vent impétueux, dites-moi quelque chose de Celui à qui vous êtes soumis.
Nous te dirons qu’il est INSAISISSABLE mais qu’Il te caresse et qu’Il veut parler à ton Cœur.
Vous, tonnerre et éclairs, que dites-vous de Lui?
Sa TOUTE PUISSANCE, grondèrent-ils!
Un peu secoué, quittant les choses du ciel, je m’adressai tour à tour aux végétaux et animaux de la terre;
Voici ce qu’ils m’apprirent :
Il est BEAUTÉ, me dirent les fleurs!
MAJESTUEUX, me dit le cèdre;
SOURCE D’EAU VIVE, murmura le ruisseau;
Il est ton ROI, rugit le lion;
SAGESSE, me dit la chouette;
Il est toute BONTÉ, me dit tant bien que mal l’oiseau, un fruit à son bec.
Il est ÉTERNEL, cria au loin la montagne;
Il est ABRI, renchérit le rocher;
Il est le BON PASTEUR, bêla l’agneau.…
Puis, tout à coup, je m’aperçus que TOUTE la création criait, chacun à sa façon, une facette de leur PÈRE.
Un seul animal, très têtu, ne disait rien et ne bougeait pas. Moi, avec mon orgueil d’homme, je l’interpellai : « Eh! Toi, âne bête, n’as-tu rien à dire du CRÉATEUR?
L’Âne, tête baissée, de me répondre : « Un jour, je portai Sa Mère sur mon dos jusqu’au lieu où il se fit ENFANT pour toi; puis, du mieux que j’ai pu, je le réchauffai de mon amour et du souffle de mes naseaux. Quand il fut devenu homme, je Le portai en une ville où vous l’avez acclamé comme étant Celui qui vous sauverait.
Aujourd’hui, si je suis têtu, c’est pour protester de ce que vous lui avez fait sur cette croix. Et si je suis bête, c’est pour vous rappeler que parfois, Ô Homme, vous ne comprenez pas non plus!
Il ne s’agit pas de comprendre. Il s’agit simplement d’ouvrir son cœur à la manière de Pierre. Comme pour Pierre, Dieu le Père va parler à notre cœur, Dieu le Père va nous donner la puissance de son amour, de sa vie. La mort ne pourra rien contre nous. Amen.
La Parole.
J’ai connu une jeune enfant – cinq ou six ans – qui ne parlait pas. Vue par plusieurs médecins, tous la trouvaient normale. Et pourtant, elle était dans une grande solitude. Elle jouait seule. Elle ne répondait pas à la parole.
Je l’ai vue me regarder avec de grands yeux tristes. Elle portait comme un poids énorme sur ses épaules. Elle ne parlait pas.
Et puis, un jour, un médecin a trouvé. Elle a commencé à parler. Elle à commencé à advenir par la parole, elle a commencé à se créer une identité par la parole, à être, à exister. Elle avait une parole. Elle avait une place bien à elle.
Elle est devenue toute souriante, épanouie. Elle s’est faite des amis. Elle vit.
Dans l’évangile de ce matin, il y a d’abord une Cananéenne qui prend la parole. Elle ne fait pas partie du même peuple que Jésus. C’est une étrangère. Elle est audacieuse. Elle a une urgence et elle crie de toutes ses forces : « Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David! Ma fille est tourmentée par un démon. »
Et voilà, c’est terrible, il n’y a pas de réponse. La parole ne lui revient pas. Pire, c’est comme si Jésus levait le nez sur elle.
Ce sont les apôtres qui exigent de Jésus une réponse car la femme continue de les importuner.
Jésus prend la parole pour affirmer : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues d’Israël.» Quel rejet pour la Cananéenne!
Elle ne lâche pas. Elle se fait suppliante. Elle joue le tout pour le tout. Elle se jette devant lui : « Seigneur, viens à mon secours! »
Que faire d’autre?
La parole de Jésus n’est pas plus encourageante. Elle lui fait bien voir qu’elle est une étrangère : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants pour le donner aux petits chiens. »
« Je ne demande pas le pain complet, juste les miettes et ce sera suffisant pour guérir ma fille. Je te demande juste de lever les yeux sur moi, d’avoir une pensée pour ma fille. C’est seulement ce que je te demande. »
Jésus est tout chamboulé devant cette femme. Il naît à quelque chose de neuf devant cette femme. Par sa prise de parole, il découvre un peu plus son identité de Fils de Dieu, celui envoyé pour raconter l’amour de son Père. La situation d’étrangère perd son sens. Cette femme devient Quelqu’un, Quelqu’un à aimer. Jésus lui dit son amour. Il guérit sa fille.
Cette scène se passe dans la région de Tyr et de Sidon. Les amis de Jésus sont présents à cette scène. Ils ont sûrement beaucoup appris de cette rencontre entre Jésus et la Cananéenne.
Et nous ? Qu’en est-il de notre parole ? Notre parole est puissante, elle peut faire des miracles comme elle peut détruire une vie. Une parole d’amour nous créé, nous fait advenir, nous fait devenir Quelqu’un, un vivant, une vivante. Une parole d’amour bannit toute exclusion, toute excommunication. Une parole d’amour ressuscite. Une parole d’amour donne vie à jamais à la manière même de la Parole de Dieu.
Quelle puissance a notre parole! Amen.
Dernièrement, j’ai rencontré un monsieur que je n’avais pas vu depuis longtemps. Nous nous sommes échangé des nouvelles de l’un et de l’autre. Et nous avons parlé de religion, de Dieu et de justice.
C’est un homme droit que j’ai rencontré. Il est pour la justice. Il croit que Dieu est juste et que dans sa justice, il punira les fautes des humains. Pour lui, Dieu, pour être juste, doit être juste à la manière des humains : une faute; une punition.
J’ai eu beau lui raconter que la justice de Dieu, c’était sa miséricorde; que, pour chacun et chacune de nous, il s’agissait de faire notre possible, avec ce que nous sommes, avec nos expériences et que Dieu s’occuperait de l’impossible, qu’il sauverait tous les hommes et toutes les femmes. Il ne voulait pas le prendre. Nous en sommes restés là.
Élie, que nous rencontrons dans la Parole de Dieu de ce matin, avait lui aussi son idée sur Dieu. Il croyait qu’il fallait à tout prix imposer la présence de Dieu jusqu’à tuer les prophètes des autres dieux pour y arriver.
Le Seigneur Dieu va lui montrer qu’il n’est pas dans la violence, dans le meurtre.
Alors qu’il se cache dans une caverne, à la suite de son crime, « la parole du Seigneur lui fut adressée : "Sors dans la montagne et tiens-toi devant le Seigneur, car il va passer".
Et le Seigneur passe, non pas dans la violence de l’ouragan, non pas dans le tremblement de terre, non pas dans le feu; le Seigneur est dans le murmure d’une brise légère.
Quelle découverte pour Élie!
Le Seigneur est dans la brise légère, le Seigneur est dans la douceur. La douceur, c’est le comble de l’amour, c’est l’amour de surcroît; l’amour au-delà de l’amour.
Il ne s’agit pas de faiblesse, de naïveté, de mollesse, bien au contraire. La douceur exige une force sans pareille, une confiance en l’autre inébranlable; je dirais même une certitude que l’autre peut changer, peut se trouver, se lier, peut se relever grâce à la Présence de Dieu dans sa vie.
Voilà qui est notre Dieu : un Dieu de douceur, de confiance. C’est ce Dieu-là que nous découvrons encore avec Pierre.
Pierre admire Jésus. Pierre aime Jésus. Pierre veut être comme Jésus, faire comme Jésus. Quand il le voit marcher sur les eaux, il veut, lui aussi, marcher sur les eaux :
« Seigneur, ordonne-moi de venir vers toi sur l’eau. »
La réponse de Jésus est spontanée : « Viens! »
Que c’est beau! Quelle confiance Jésus place en Pierre! Jésus ne veut rien se réserver pour lui-même. Il veut tout partager. C’est pourquoi il dit à Pierre : « Viens marcher sur les eaux avec moi, tu le peux. »
Pierre se lance. Il n’avait pas compté avec le vent, qu’il pouvait faire face à une difficulté, à un obstacle. Il n’était pas en toute confiance. La peur a pris place en lui. Il a commencé à enfoncer.
« Aussitôt », nous dit la Parole de Dieu. C’est beau ça aussi! Jésus ne le laisse pas sombrer, se noyer. Jésus le poigne fermement : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté, pourquoi as-tu eu peur, pourquoi ne m’as-tu pas fait totalement confiance ? »
Pas de gros mots, pas de reproches; seulement la douceur de quelqu’un qui aime passionnément Pierre, qui lui fait toute confiance.
Quelle expérience pour Pierre! Comme il a dû être heureux Pierre d’avoir un tel ami, un tel sauveur!
C’est notre Dieu : un Dieu de douceur et de confiance, un Dieu qui ne désespère jamais de nous, un Dieu qui est toujours là pour nous empoigner, nous aider à faire surface, à nous relever, à vivre notre vie, à être heureux, heureuses.
Devenir, à notre tour, semblables à Jésus : des personnes de douceur et de confiance avec nos frères et nos sœurs.
Quelle belle aventure à vivre en notre vie avec la Présence de Dieu notre Père, avec Jésus et l’Esprit. Amen.
Il y a une émission de télévision que vous avez probablement regardée un jour: Les Anges de la Rénovation. C’est fou, cette émission là! C’est gros! Ça dépasse l’entendement et parfois le raisonnable!
On construit en quelques jours, pour des pauvres, des maisons d’un luxe et d’une grandeur inouïs.
En plus de donner totalement la maison, on y ajoute souvent un montant d’argent important et tout cela gratuitement.
J’ai pensé à cette émission quand j’ai lu les textes de la Parole de Dieu d’aujourd’hui.
« Même si vous n'avez pas d'argent,
venez acheter et consommer,
venez acheter du vin et du lait
sans argent et sans rien payer.
Pourquoi dépenser votre argent
pour ce qui ne nourrit pas?
Mangez de bonnes choses,
régalez-vous de viandes savoureuses.
Venez à moi !
Écoutez, et vous vivrez.
Je ferai avec vous une Alliance éternelle. »
C’est fou ça!
Je ne connais rien de semblable en notre monde.
Écoutez maintenant la parole de saint Paul :
« J'en ai la certitude :
ni la mort ni la vie,
ni les esprits ni les puissances,
ni le présent ni l'avenir,
ni les astres, ni les cieux, ni les abîmes,
ni aucune autre créature,
rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu
qui est en Jésus Christ notre Seigneur. »
C’est fou! C’est gros! Ça frise l’irraisonnable en notre monde. C’est bon!
Enfin la multiplication des pains. Cinq mille hommes sans compter les femmes et les enfants ont eu du pain. Et tout cela gratuitement. C’est fou! C’est gros! Ça frise l’irraisonnable en notre monde. C’est bon!
Toutes ces paroles nous parlent de notre Dieu. C’est un amoureux fou. Il sème la bonté, la miséricorde, le pardon à tout vent. C’est gratuit! C’est puissant de la puissance même de Dieu! Ça dépasse l’entendement et parfois ce qui nous apparaît raisonnable.
La Parole qui nourrit, qui fait vivre; le pardon qui nous renouvelle, nous fait constamment passer de la mort à la vie, nous ressuscite déjà; l’amour de Dieu sans condition, sa tendresse pour toujours, toutes ces réalités sont présentes dans l’eucharistie que nous vivons ensemble ce matin.
C’est gratuit! C’est puissant de la puissance même de Dieu! Ça dépasse l’entendement et parfois ce qui nous apparaît raisonnable. C’est bon! Amen.
« À Gabaon, nous raconte le premier livre des Rois, voilà que le Seigneur apparaît en songe à Salomon. « Demande ce que tu veux et je te le donnerai. »
Qui de nous n’aimerait pas faire un tel songe : « Demande ce que tu veux et je te le donnerai. »
« Une voiture neuve, quant à faire. Qu’on me fournisse gratuitement, et tant que j’en veux, le pétrole pour ma voiture jusqu’à la fin de mes jours. Je voudrais gagner 25 millions à la loto. Je voudrais la santé, c’est le plus grand des trésors. »
Vous savez ce que Salomon a répondu : « Donne à ton serviteur un cœur attentif pour qu’il sache gouverner ton peuple. »
L’abbé Jules Beaulac raconte qu’il a un ami Jean qui élève des dindes et des poulets de grain.
Il m'a téléphoné, (raconte-t-il):
«J e veux donner une grosse dinde à des pauvres.
J'ai pensé à toi pour la leur donner.»
Je suis allé chercher la dinde: trente-deux livres, un vrai monstre!
Jean y a ajouté trois beaux poulets de grain, dans la générosité de son cœur.
Puis je suis allé chez Léon, un boucher de mes amis, qui a scié la dinde en quatre, pour rien ... juste par pure bonté.
J'ai encore trouvé Antoinette qui m'a réservé une tablette dans sa chambre froide pour toute cette volaille.
(...) sept familles pauvres vont profiter de la charité de Jean, de Léon et d'Antoinette.
C'est cette bonté, qui se réveille si vite dans le cœur des gens, qui fait tant de bien au monde. (J. Beaulac, Des gens et des choses, p. 33)
Un cœur attentif aux autres. Voilà le grand trésor.
« Le Royaume des cieux est comparable
à un trésor caché dans un champ ;
l'homme qui l'a découvert le cache de nouveau.
Dans sa joie, il va vendre tout ce qu'il possède,
et il achète ce champ. »
Un cœur attentif aux autres. Voilà le Royaume des cieux au milieu de nous. Amen.
Quel monde que le nôtre!
Chaque jour, on nous annonce des avancées de la science, des opérations chirurgicales presque miraculeuses. Chaque jour nous sommes en contact avec des gestes de bonté, des gens qui mettent leur vie en danger pour sauver un frère, un ami. Chaque jour, nous voyons des gens qui bossent, qui donnent le meilleur d’eux-mêmes pour leurs enfants, pour prendre soin des malades, des handicapés.
Et puis, chaque jour aussi, en ouvrant le journal, il y a sous nos yeux, des récits de meurtres, de viols, de violences de toutes sortes, de guerre, de camps de réfugiés, de catastrophes naturelles qui tuent, qui provoquent des famines, de la misère, de la souffrance. Quel monde est le nôtre!
Un semeur est sorti pour semer. Il a été généreux. Il a répandu la semence partout. Il a semé du bon grain dans son champ. Pendant la nuit, son ennemi est venu et a semé de l’ivraie au milieu du bon grain et il est parti.
Toutes ces semences se sont mises à pousser en même temps. À peine sorties de terre, elles ont été détectées par les serviteurs qui veulent éradiquer l’ivraie pour laisser toute la place au bon grain.
Mais voilà que le Maître les en empêche : « Non, leur dit-il, de peur qu’en enlevant l’ivraie, vous n’arrachiez le blé en même temps. Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson. »
Eh, que nous voudrions que le mal n’existe pas! Que nous voudrions que tout aille bien, qu’il n’y ait pas de guerre, que l’amour soit éternel déjà sur cette terre, qu’il n’y ait ni maladie, ni mort!
Le Seigneur Jésus nous enseigne ce matin que ce n’est pas là la condition humaine. La condition humaine est faite de beauté et de laideur. En chacun et chacune de nous se mêlent le bon et le mauvais, la réussite et l’échec, l’amour et la haine. Tout cela fait partie de nous. Tout cela est nous.
Quelqu’un, à la télévision, discutait avec un animateur du génocide au Darfour – presque 300 000 morts. Il criait : « Si Dieu existe, il ne peut pas permettre cela, si c’est vrai qu’il est toute bonté. Dieu n’existe pas. »
Anthony De Mello, qui a écrit plusieurs livres de paraboles pour nous aider à comprendre des réalités importantes de nos vies, raconte :
Un homme vit dans la rue une petite fille qui grelottait dans sa robe légère, avec peu d'espoir de trouver un repas décent. Il se fâcha et dit à Dieu:
«Pourquoi permets-tu ça ? Pourquoi est-ce que tu ne fais rien ? »
Dieu répondit: « J'y ai certainement vu: je t'ai fait, toi. »
Dieu n’est pas présent dans nos vies pour tout régenter, pour tout régler. Il est dans nos vies par nous. Il nous a fait. Il nous a donné des mains, des pieds, un cœur. Il ne désespère pas de nous. Il nous donne du temps. Par la présence de son Esprit, il nous inspire des mots à dire pour aider les autres, des gestes à poser pour que vienne la paix, des pardons à donner pour toucher les cœurs.
Dieu est présent en nos vies par son Esprit d’amour. L’ivraie, le mal s’y incruste aussi. Au temps de la moisson, l’amour de Dieu triomphera. Mêlé au mal qui nous habite, la présence de Dieu grandit aussi. Rien ne
l’arrêtera. Tout le mal en nous sera comme enveloppé de l’amour de Dieu. L’amour de Dieu nous guérira, nous transformera totalement. Tout deviendra amour en nous.
Ne lâchons pas! Amen.
« Voici que le semeur est sorti pour semer », nous dit la Parole de Dieu d’aujourd’hui.
Ce n’est pas un semeur ordinaire que celui-là. Il aurait besoin d’un bon cours sur la façon de faire des semences.
Voyez-le : il en met partout, au bord du chemin, sur le sol pierreux, dans les ronces et enfin dans la bonne terre.
La Parole de Dieu de ce matin ne veut sûrement pas nous donner un cours sur la façon de réussir les semences.
C’est une parabole, c’est-à-dire, une histoire tirée de la vie quotidienne ou une histoire toute faite pour enseigner.
La parabole d’aujourd’hui nous parle d’un semeur bien spécial, un semeur généreux, qui ne regarde pas à la semence. Il en met partout.
Si nous lisons plus loin la parabole, nous comprenons que le semeur c’est le Seigneur notre Dieu en Jésus. Ce qu’il lance à tout vent
c’est la Parole de Dieu. Il le fait avec une conviction profonde que nous révèle le livre d’Isaïe :
« Ainsi parle le Seigneur :
La pluie et la neige qui descendent des cieux
n'y retournent pas sans avoir abreuvé la terre,
sans l'avoir fécondée et l'avoir fait germer,
pour donner la semence au semeur
et le pain à celui qui mange ;
ainsi ma parole, qui sort de ma bouche,
ne me reviendra pas sans résultat,
sans avoir fait ce que je veux,
sans avoir accompli sa mission. »
La Parole de Dieu va germer, la Parole de Dieu va pousser, la Parole de Dieu va donner son fruit car ainsi en a décidé notre Dieu. Rien ne pourra arrêter la Parole de Dieu de produire son fruit, d’accomplir sa mission.
Et quelle est la mission de la Parole de Dieu? Nous le découvrons dans les versets qui précèdent le texte d’Isaïe de ce matin :
« Cherchez Yahvé pendant qu'il se laisse trouver, invoquez-le pendant qu'il est proche.
Que le méchant abandonne sa voie et l'homme criminel ses pensées, qu'il revienne à Yahvé qui aura pitié de lui, à notre Dieu car il est riche en pardon.
Car vos pensées ne sont pas mes pensées, et mes voies ne sont pas vos voies, oracle de Yahvé. »
La Parole de Dieu c’est une parole de pardon, c’est là sa particularité. C’est une parole féconde. C’est une parole qui réussira. Le Seigneur notre Dieu réalisera un jour ce qu’il a entrepris : la réconciliation des humains avec lui et entre eux. « Dieu notre sauveur, veut que tous les êtres humains soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. » (I Tim 2,4).
Voilà. Il y a une certitude : la Parole de Dieu accomplira sa mission de pardon.
Trouvera-t-elle des oreilles prêtes à l’écouter? Trouvera-t-elle des cœurs pour la recueillir, la laisser germer, lui laisser produire des fruits de pardon, de vie?
À nous la réponse. Amen.
Il y a environ cent cinquante ans, une famille pauvre d'un petit village yougoslave décida d'émigrer aux États-Unis. Cette famille comprenait le père, la mère, un adolescent et quatre petites filles.
La semaine précédant le départ, les parents et les amis organisèrent une fête pour eux. Ils leur firent des cadeaux pratiques: plusieurs miches de pain et des meules de fromage.
La semaine suivante, la famille s'embarqua sur un bateau italien. Comme ils n'étaient jamais sortis de leur village, et comme peu de personnes à bord parlaient Yougoslave, ils se sentirent dépassés par ce qu'ils virent et entendirent.
C'était une froide journée d'hiver: la famille descendit immédiatement dans sa cabine de troisième classe en dessous du pont. Ils y demeurèrent, mangeant pain et fromage avec parcimonie pour les faire durer tout le voyage.
Le dernier jour du voyage le temps s'éclaircit et l'adolescent devenait impatient. Alors il demanda la permission à son père d'aller explorer le bateau.
Comme il n'était pas de retour au bout d'une heure, le père partit à sa recherche. Il le trouva dans une grande salle à manger, attablé et mangeant une assiette remplie de viande et de légumes: et même un dessert l'attendait.
Le père crut que son cœur allait arrêter de battre. Il s'imaginait en train de passer ses premiers jours en Amérique dans une prison. Car il ne pouvait absolument pas payer la nourriture que son fils avait commandée et qu'il était en train de manger.
Quand le garçon vit à quel point son père avait peur, il dit: « Ne t'inquiète pas, c'est gratuit. Pendant que nous jeûnions avec de maigres rations de pain et de fromage, tous les autres festoyaient ici. C'est compris dans le prix du billet. » (James Colaianni)
Notre vie est comme une longue traversée. Il y a les jours de soleil, des jours d’ombre, des jours d’orages et de tempêtes. Il peut même arriver que notre vie soit comme un naufrage.
Voilà que le Seigneur nous rejoint ce matin pour nous dire : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous procurerai le repos ». Il pourrait ajouter : « C’est gratuit. C’est compris dans le prix du billet. »
Nous sommes importants pour le Seigneur Jésus. Ce qu’il désire pour nous c’est que nous passions à travers notre vie sans trop de blessures. À la fin, il nous l’a promis, il sera là. Il nous reconnaîtra pour ses fils et ses filles. Il nous donnera tout son Amour. Il nous donnera sa Vie pour toujours. « C’est gratuit. C’est compris dans le prix du billet. »
Pendant la traversée de nos vies, il pourra nous arriver de croiser des gens qui ajouteront aux difficultés en mettant toutes sortes de conditions à l’amour de Dieu pour nous. Ils nous enverrons en enfer, à la perdition. Ne les écoutons pas car « tout a été confié par le Père à Jésus son Fils ».
Jésus a vaincu la mort à cause de l’amour qui l’habitait et il nous a donné son Esprit d’amour.
Avec lui, nous vaincrons nous aussi toutes les morts de notre vie ; avec lui, nous serons des disciples ; avec lui, nous ferons tout notre possible pour aimer nos frères et nos sœurs et nous les accompagnerons dans leur vie, et nous passerons de la mort à la vie avec eux. « C’est gratuit. C’est compris dans le prix du billet. »
«Je suis doux et humble de cœur, nous dit encore le Seigneur. Venez à moi, et moi, je vous procurerai le repos. »
Le repos, la confiance, l’espérance, c’est déjà pour nous dès maintenant. « C’est gratuit. C’est compris dans le prix du billet. »
« Père, Seigneur du ciel et de la terre,
je proclame ta louange », en cette eucharistie.
Merci pour ta Parole.
Merci pour ta présence dans nos vies.
Merci d’avoir fait de nous tes enfants bien-aimés.
Merci d’être notre Père. Amen.
Le Saint-Sacrement du corps et du Sang du Christ
Je n'oublierai jamais ce souvenir de mon enfance, surtout à cette époque-ci de l'année où enfin nous pouvons commencer à ouvrir les fenêtres de nos maisons.
Quand nous arrivions à la maison, après l'école, il y avait des jours où ça sentait bon le pain que maman avait cuit et que mon père avait pétri avant de partir pour son travail quotidien.
Cette senteur du bon pain chaud emplissait nos narines et nous courions à la table, et là, comme de vrais affamés, nous dégustions une bonne beurrée de pain frais, chaud. J'en ai encore l'eau à la bouche.
Encore aujourd'hui, quand j'entre dans une épicerie où l'on cuit le pain, cette odeur caractéristique me donne le goût d'acheter un bon pain chaud que j'ai toujours plaisir à déguster avec du beurre si possible dur.
Le pain a une grande place dans nos vies. Il fait partie de presque tous nos repas et de nos fêtes. Et quand justement c'est fête, souvent nous ajoutons le vin et nous levons nos verres, nous nous saluons créant ainsi une sorte d'unité, un moment d'amitié qui nous prépare bien à partager ensemble le repas.
Dans un repas, vous en avez sûrement fait l'expérience vous aussi, ce n'est pas seulement la nourriture que nous mangeons qui nous nourrit, c'est bien souvent encore plus la parole reçue ou la parole donnée, cet échange qui va parfois jusqu'à la confidence et qui, des jours et des semaines plus tard, nous fait vivre encore alors que la nourriture est digérée depuis fort longtemps.
Au temps de Jésus le pain se retrouvait aussi sur les tables et, dans les jours de fêtes, il y avait aussi le vin. Souvenons-nous des noces de Cana. Le pain et le vin étaient considérés comme les aliments indispensables à la vie.
Jésus qui est un homme de son temps, qui est aussi un grand pédagogue, qui sait partir des réalités de la vie quotidienne pour nous révéler des réalités beaucoup plus profondes dit aussi simplement que cela: «Moi, je suis le pain vivant...si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c'est ma chair, donné, pour que le monde ait la vie.»
Jésus nous connaît bien. Il sait que nous avons d'autres faims beaucoup plus profondes que la faim physique, cette faim d'amour par exemple, de tendresse, d'absolu, de durée, de vie pour toujours, de Dieu en nous. Il n'y a aucun aliment qui peut combler ces faims-là. Alors Jésus s'est donné à nous pour nous faire vivre de sa propre vie comme une nourriture que nous mangeons, comme une boisson que nous buvons.
La vraie nourriture est celle qui nous empêche de mourir. Il faut donc un pain qui soit de l'ordre de l'amour qui ne passera jamais. Jésus est descendu du ciel pour se donner lui-même et fabriquer ainsi en nous de l'éternité. «Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n'aurez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et voit mon sang a la vie éternelle.»
Venir à l'eucharistie c'est venir manger la vie, c'est-à-dire, c'est venir chercher le goût d'aimer ou de continuer à aimer et les forces nécessaires pour y arriver; venir à l'eucharistie c'est venir chercher le goût de la miséricorde, de la tendresse, du pardon, du partage, de la paix et les forces pour y arriver; venir à l'eucharistie c'est venir recevoir le gage que comme l'Esprit peut faire que ce pain et ce vin deviennent le corps et le sang du Christ, il peut faire aussi que nous devenions les fils et les filles de Dieu.
«Prenez et mangez» nous dit Jésus. Prenez ma vie et devenez comme moi, des vivants, des vivantes, fraternels, pour toujours. Amen.
Ce qui caractérise le plus un homme, une femme ou un jeune, ce n'est certainement pas ce qui apparaît à l'extérieur: son visage, son corps, sa manière de marcher, de parler. Ce qui caractérise le plus un homme, une femme, un jeune, c'est en général très caché, ça se retrouve au plus profond du cœur: c'est un grand amour, un goût immense de vivre, une volonté profonde de donner la vie, un grand désir de disponibilité, de don, de fidélité à soi-même et à la parole donnée, la volonté d'être quelqu'un.
Personne ne peut lire dans le cœur des autres. Il n'y a que chacun et chacune de nous qui pouvons dire, révéler aux autres ce qui se trouve caché en nous, notre véritable personne.
Dans cette fête de la Trinité que nous célébrons aujourd'hui, c'est l'expérience que Dieu nous fait vivre. Il nous dit, nous révèle sa vie intime, ce qui est caché au plus profond de son cœur, si je puis parler ainsi.
Le Seigneur descend dans la nuée et vient se placer près de Moïse. C'est le Seigneur qui vient près de Moïse et se place près de lui, car il faut être près de quelqu'un, il faut être capable de se faire proche de quelqu'un pour lui révéler ce que nous sommes. Ça prend un climat particulier d'amitié et de chaleur. «Je suis Yahvé, le Seigneur, le Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d'amour et de fidélité.»
Je suis tendre et miséricordieux, nous dit Dieu lui-même. Je suis plein d'amour et de fidélité. Je suis tendre et miséricordieux pour vous, je suis lent à me mettre en colère contre vous, je suis plein d'amour et de fidélité pour vous. Voilà Dieu pour nous. Et c'est parce qu'il voulait être ainsi pour nous qu'il nous a envoyé Jésus et qu'il a laissé chez-nous son Esprit.
«Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique: ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.»
Il y a une
réalité qui se dégage de ces textes: Dieu veut être présent à chacun et
chacune de nous parce qu'il nous aime, Dieu se veut présent près de chacun
et chacune de nous comme un Père, comme un Fils, comme un grand
Souffle d'amour.
Celui, celle qui croit à cette proximité de Dieu, à cet amour de Dieu Père, Fils et Esprit, qui s'y abandonne, celui-là, celle-là ne périra pas; celui-là, celle-là obtiendra la vie éternelle.
Celui, celle que se met à croire en cette possibilité d'amour en lui, en elle, celui, celle qui prend conscience qu’il est, qu'elle est immensément aimable pour Dieu, le Fils et l'Esprit et pour les autres, celui-là, celle-là ne périra pas; celui-là, celle-là obtiendra la vie éternelle.
«Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.» Croire à cette révélation de ce qu'est Dieu pour nous, c'est être déjà jugé.
Voilà la révélation merveilleuse de cette fête. Amen
Dernièrement, je rencontrais quelqu'un pour préparer le baptême de son enfant et nous parlions de nos croyances au Père, à Jésus-Christ. Quand il a été question de l'Esprit, cette personne a dit qu'elle ne le connaissait pas beaucoup, que c'était celui qui lui était le moins présent, celui qu'elle saisissait le moins.
Je pense que cette personne m'a dit, m'a fait voir la réalité de beaucoup d'autres personnes de notre communauté.
Qui est le Saint Esprit? Qu'est-ce qu'il vient faire dans nos vies?
Après la mort de Jésus, qu'est-ce qu'ils ont fait les amis de Jésus? Ils se sont verrouillés, ils se sont enfermés sur eux-mêmes, toute leur vie est bloquée par leur peur et leur deuil.
Et voilà nous dit l'évangile: "Jésus vint au milieu d'eux." La paix soit avec vous, leur dit-il et les voilà de nouveau remplis de joie. Et l'évangile ajoute alors une chose merveilleuse: "Il répandit sur eux son souffle."
Répandre son souffle sur quelqu'un c'est lui donner la vie. C'est ce qui se passe dans la respiration artificielle.
Il y a aussi une belle image du souffle guérisseur que nous connaissons tous et toutes: celle du souffle de la mère quand son petit enfant s'est fait mal, qu'il vient se jeter dans ses bras, verrouillé dans sa douleur, si je puis parler ainsi et sa maman qui souffle sur son bobo. Le souffle de sa mère est rafraîchissant, il le guérit. L'enfant arrête de pleurer car sa mère est là avec lui, elle lui dit son amour, sa présence, elle lui donne encore une fois la vie.
L'Esprit Saint c'est le souffle de Dieu, c'est la vie de Dieu qui se communique à nous, c'est la présence de Dieu qui nous rafraîchis, qui nous guéris. C'est comme un grand vent qui brise nos enclos, nos prisons, nos portes fermées, tout ce qui rapetisse les hommes et les femmes, tout ce qui nous tue à petit feu, pour faire éclater de nouveau en nous la vie, la vie qui est joie, la vie qui est paix, qui est tendresse, qui est amour, la vie qui devient communion avec les autres.
Quand Jésus se présente dans un lieu clos, verrouillé, quand Jésus voit nos horizons bouchées, quand Jésus nous voit bloqué dans nos difficultés, il répand sur nous son Souffle, son Esprit pour que la vie éclate de nouveau en nous, pour que nous retrouvions une force de vie qui nous permet de vaincre, de passer à travers, qui nous permet de retrouver la paix et de continuer à vivre.
Quand la dernière fois, avons-nous demandé à Dieu le Père et à son Fils Jésus de répandre sur nous son Souffle de vie, son Esprit? Je vous propose de le faire ensemble maintenant:
Esprit de Dieu, que ta lumière soit en nous!
Qu'elle nous arrache au pouvoir des ténèbres!
Esprit-Saint, tu enlèves notre faiblesse
et tu nous fais grandir en enfants du Père!
R/ Viens, Esprit de Dieu, viens en nos cœurs!
Esprit de Dieu, donne-nous l'allégement
quand les soucis sont trop lourds,
donne-nous la fraîcheur quand la vie nous dessèche,
donne-nous le courage quand l'échec nous accable,
donne-nous la consolation quand le deuil nous fait pleurer. R/
Esprit de Dieu, tu rends la beauté,
tu fais revenir dans la vérité!
Esprit de Dieu, en nous tu mets l'amour du Père!
En nous tu fais résonner la Parole du Fils! R/
Que l'Esprit-Saint souffle en nos vies, qu'il nous révèle l'amour du Père et nous entraîne sur les traces du Fils! Amen!
Est-ce que vous êtes des personnes d'espérance, vous autres? C'est quoi votre espérance? Où placez-vous votre espérance? C'est qui votre espérance?
Vous avez entendu saint Pierre. Il n’est pas n'importe qui. C’est celui que Jésus lui-même a choisi pour conduire son Église, pour être pasteur de son Église. Saint Pierre nous dit ce matin: «Vous devez toujours être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l'espérance qui est en vous...»
Qu'est-ce que l'espérance qui est en nous? Qu'est-ce qu'espérer? Le dictionnaire nous dit qu'espérer c'est compter sur quelqu'un, s'attendre à quelque chose, souhaiter, avoir confiance en quelqu'un.
Espérer c'est n'être jamais dans un cul-de-sac, c'est savoir et être sûr qu'il y a toujours une ouverture possible, un chemin possible, c'est savoir qu'il y a toujours quelque chose de meilleur à venir.
L'espérance c'est ce qui nous fait vivre, ce qui nous donne du courage pour poursuivre une expérience, ce qui nous fait durer dans une expérience.
L’espérance c'est comme une certitude à l'intérieur de soi qui nous dit, nous fait pressentir, nous fait voir qu'il va se passer quelque chose, qu'il va y avoir un changement, que ce que nous voulons va arriver.
Quelle est donc cette espérance qui est en nous les chrétiens et les chrétiennes? Quelle est donc cette espérance qui fait que nous ne sommes jamais dans un cul-de-sac? Quelle est donc cette espérance qui nous donne cette certitude qu'il y a toujours une ouverture possible, un recommencement possible, un pardon possible, un chemin qui mène quelque part? Quelle est donc cette espérance qui nous dit qu'il y a quelqu'un en avant de nous qui nous précède, qui nous appelle, qui nous donne la force et le courage de vivre de notre mieux nos expériences humaines, nos choix, le service de nos frères et de nos sœurs, malgré les lassitudes et les difficultés de toutes sortes?
Cette espérance c'est Jésus-Christ, ce Jésus qui nous dit aujourd'hui: «Si vous m'aimez, vous resterez fidèles à mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous; c'est l'Esprit de vérité.»
Quand Jésus nous dit qu'il nous donne un autre défenseur, ses paroles sous-entendent que nous en avons déjà un et c'est lui. Nous avons donc deux défenseurs: Jésus et l'Esprit.
Le défenseur c'est celui qui prend la part de, c'est celui qui vient en aide, c'est celui qui assiste, qui protège.
Jésus et l'Esprit sont ceux qui prennent notre part, qui nous défendent contre tout ce qui peut nous arriver de mauvais. Ils sont ceux qui nous assistent, qui nous viennent en aide, qui nous protègent.
Quand, par exemple, nous sommes mis en contact avec des Témoins de Jéhovah qui ont appris l'art de nous culpabiliser, faisons appel à Jésus et à l'Esprit; quand, par de petites phrases ironiques ou par des commentaires déplaisants, des personnes s'attaquent à nos croyances, nous disent que nous sommes des «drabes», des attardés ou tout autre chose, faisons appel à Jésus et à l'Esprit; quand vous avez peur de faire rire de vous parce que vous allez à l'église, faites appel à Jésus et à l'Esprit; quand votre foi est fortement mis en cause ou à l'épreuve ou que vous vivez des difficultés profondes, faites appel à Jésus et à l'Esprit. Ils sont nos défenseurs, ils demeurent auprès de nous, ils vivent en chacun et chacune de nous.
Nous sommes des personnes d'espérance car nous savons que nous pouvons toujours compter sur l'aide de Jésus et de l'Esprit, nous savons qu'ils sont près de nous, qu'ils nous habitent, qu'ils ont avec eux la puissance de Dieu même pour nous rendre capables de passer à travers nos vies, capables de discerner et de juger de la valeur de ce qui se passe autour de nous et dans ce monde, capables de dépasser nos peurs pour vivre la fraternité.
Ayons une conscience toujours plus vive de la présence de Jésus et de l'Esprit en nos vies. Ils sont nos défenseurs, nos assistants, ceux qui prennent notre part, ceux qui nous protègent.
Comment alors ne pas être des personnes pleines d'espérance? Amen.
«À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père». À l’heure où Jésus est face à l’essentiel de sa vie. À l’heure où Jésus sait que tout peut éclater, que tout peut arriver - son arrestation, sa passion, sa mort, sa résurrection -, il se tourne vers ses amis pour leur dire : «Ne soyez pas bouleversés.» Une autre traduction dit : «Que votre cœur ne se trouble pas.»
Dans les grands événements de votre vie, nous dit le Seigneur Jésus, devant des choix difficiles, devant des deuils pénibles, devant la maladie, devant votre mort, devant votre résurrection, que votre cœur ne se trouble pas car je suis là avec vous.
«Je suis la Vérité». Ce que je vous dis-là, c’est la vérité. Ce que je vous dis-là, c’est tout le projet que je veux pour chacun et chacune de vous, sans exception. Ce que je vous dis-là, c’est un projet d’amour, un projet bienveillant. «Je pars vous préparer une place. Je reviendrai vous prendre avec moi; et là où je suis, vous y serez aussi.» «Je suis la Vérité».
«Je suis le Chemin». Que votre cœur ne se trouble pas. «Croyez en moi». Le chemin du Seigneur, c’est le chemin de la foi, le chemin de l’abandon à sa Parole, de l’abandon à sa vérité.
Croire en Jésus c’est s’appuyer sur lui et cela c’est du solide, aussi solide que le roc. Croire en Jésus c’est aussi savoir s’appuyer sur Dieu le Père car, nous dit Jésus «je suis dans le Père et le Père est en moi.»
«Je suis le Chemin», je suis la route, je vous mène là où je suis, là où je vis, là où j’ai l’existence, là où est mon Père. Je vous mène vers mon Père.
Pensez-vous que je pars pour arriver seul chez mon Père? Non. Si je pars, c’est pour vous amener avec moi, c’est pour vous amener jusque vers mon Père, c’est pour vous présenter à mon Père : voici ton fils, voici ta fille.
«Je suis la Vie». Que votre cœur ne se trouble pas. «Croyez ce que je vous dis : je suis dans le Père, et le Père est en moi. Celui qui croit en moi accomplira les mêmes œuvres que moi».
Quelle est donc l’œuvre de Dieu notre Père? L’œuvre de Dieu c’est d’abord une œuvre de création, une œuvre d’appel à la vie. L’œuvre de Dieu, c’est aussi une œuvre de restauration, une œuvre de résurrection, une œuvre d’appel à la vie pour toujours et pour tous et toutes, et cela au-delà du temps, au-delà du mal, au-delà des manques de toutes sortes.
«Je suis la Vie». Rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu, de la vie de Dieu en Jésus, de la vie de Dieu en nos frères et en nos sœurs, nous dit saint Paul.
«Croyez en moi. Ce que je vous dis-là, c’est la vérité. Je suis votre Chemin. Je suis votre Vie. Que votre cœur ne se trouble pas. Amen.
Dans l’évangile d’aujourd’hui, saint Jean nous fait deux révélations des plus importantes pour notre vie.
Tous ses concitoyens connaissaient Dieu. Il était pour eux le Tout-Autre, comme un roi qui avait tout pouvoir sur eux et qu’ils craignaient. Il était le tout puissant, le Dieu trois fois Saint, le Dieu qu’ils ne se permettaient pas de regarder en face, avec lequel ils avaient appris à garder leur distance. Dieu leur était devenu presque inabordable à cause de leur façon de percevoir sa sainteté, sa grandeur.
En côtoyant Jésus, Jean a découvert une autre facette de Dieu qu’il veut nous faire connaître. Dieu est aussi, pour chacun et chacune de nous, comme le pasteur pour ses brebis. Dieu veut se faire proche, intime avec nous, aussi proche et intime que le pasteur avec ses brebis.
C’est toute une nouveauté pour le peuple, toute une révélation : Dieu qui s’approche de nous, Dieu qui nous guide, qui a souci de nous, qui nous aime, qui nous pardonne.
C’est tellement nouveau cette façon de connaître Dieu, que les gens, à qui Jésus s’adresse, ne comprennent rien de ce qu’il est en train de leur révéler.
C’est à ce moment-là, que Jésus nous donne une autre révélation : pour entrer en relation avec ce Dieu pasteur, nous dit-il, ce Dieu bon, proche, amoureux, il y a une porte et c’est lui la porte. C’est lui Jésus qui nous introduit, qui nous donne accès au Dieu pasteur. C’est lui Jésus qui est la voix du Dieu pasteur.
Dans le concert de toutes les voix, de toutes les paroles qui nous sollicitent de partout, le Seigneur Jésus nous invite à reconnaître sa voix, à ouvrir nos oreilles et notre cœur à sa Parole.
La Parole de Jésus parle de bonté, de beauté, d’accueil de la différence. La Parole de Jésus parle d’amour qui est don de notre propre vie pour que l’autre ait la vie. La Parole de Jésus parle de paix, de cette paix inébranlable que nous apporte la Présence du ressuscité en nous. La Parole de Jésus parle de pardon, du pardon qui remet debout, qui remet en marche vers un renouveau, vers un avenir, vers la vie. La Parole de Jésus parle d’un passage de la mort vers la vie à jamais.
Le Seigneur Jésus est catégorique : «Moi je suis la porte. Si quelqu’un passe par moi, il sera sauvé; il pourra aller et venir, et il trouvera un pâturage.»
«Il existe un tableau célèbre représentant Jésus dans un jardin sombre. De la main gauche il tient une lampe qui éclaire la scène. De sa main droite il frappe à une lourde porte.
Quand ce tableau fut présenté pour la première fois à une exposition, un visiteur fit remarquer au peintre un détail curieux: «Il y a une erreur dans votre tableau: la porte n'a pas de poignée.» «Ce n'est pas une erreur, répliqua le peintre, c'est la porte du cœur humain, et celle-ci ne s'ouvre que de l'intérieur.» (Bruno Ferrero, Graines de Sagesse)
Nous pourrions simplement ajouter: la poignée de la porte c’est notre liberté d’accueillir Jésus.
Accueillir le Seigneur Jésus dans notre vie, c’est prendre la bonne porte, c’est acccueillir son Salut, c’est devenir libre en notre vie, c’est trouver constamment une source de vie. Amen.
Les Actes des Apôtres, que nous avons lus aujourd’hui, nous présentent un Pierre que nous ne reconnaissons pas. Après s’être enfermé, caché avec ses amis, le voilà maintenant debout, le voilà qu’il ose prendre la parole.
«Il dit d’une voix forte, nous rapporte les Actes des Apôtres : « Habitants de la Judée, et vous tous qui séjournez à Jérusalem, (…) écoutez bien ce que je vais vous dire. Il s'agit de Jésus le Nazaréen. (…) Dieu l'a ressuscité en mettant fin aux douleurs de la mort, car il n'était pas possible qu'elle le retienne en son pouvoir. (…) Ce Jésus, Dieu l'a ressuscité; nous tous, nous en sommes témoins.»
C’est cette révélation-là que Jésus va aider les disciples qui marchent sur le chemin d’Emmaüs à réaliser, à percevoir. « Il leur expliqua, dans toute l'Écriture, ce qui le concernait».
Qu’est-ce qui a donc touché les disciples qui marchent sur la route d’Emmaüs? L’homme qui vient les rejoindre? Ils ne savent même pas qui il est. Ils ne le reconnaissent pas pour leur ami, celui à qui ils ont donné leur amitié, celui qu’ils ont fait leur guide et leur maître.
Qu’est-ce qui a touché les disciples d’Emmaüs d’abord? C’est la Parole de cet étranger sur leur route. « Notre cœur n'était-il pas brûlant en nous, tandis qu'il nous parlait sur la route, et qu'il nous faisait comprendre les Écritures ? »
La Parole de Jésus enflammait, brûlait au cœur de ses amis. La Parole de Jésus éclairait le chemin, la vie de ses amis. La Parole de Jésus traçait un chemin pour la vie de ses amis.
Pour nous aujourd’hui, cette Parole de Jésus serait-elle devenue sans âme, insipide, sans effet?
«Écoutez» nous dit saint Pierre. Ouvrez vos oreilles à la Parole de Jésus, ouvrez vos cœurs à la Parole de Jésus. Elle a la même puissance, la même force de révélation, la même efficacité pour produire en chacun et chacune de nous une vie féconde, une vie qui est lumière, une vie qui est rayonnement, une vie qui a du sens, une vie qui donne un air d’aller, une vie qui est amour, tendresse, paix et pardon.
«La Parole est remplie de la Vie, de la Lumière, de l’Amour de Dieu, écrit Simone Pacot (Ose la vie nouvelle, Cerf-Fides, 2003, p. 16). Elle crée, révèle, enseigne, agit. Elle est une réalité dynamique. Elle a autorité et puissance, elle s’adresse à tous les humains, elle a une portée universelle.»
Qu’est-ce qui a touché les disciples d’Emmaüs? L’homme qu’ils ont rencontré sur la route? Non. C’est l’homme qui est entré avec eux, qui s’est assis à la table avec eux. «Quand il fut à table avec eux, il prit le pain, dit la bénédiction, le rompit et le leur donna. Alors ils le reconnurent».
Reconnaître aujourd’hui le Seigneur Jésus à travers l’Eucharistie, là où il a choisi d’être pour nous, est sagesse. Une manière d’accueillir sa vie, sa puissance d’être; une manière d’accueillir son amour, sa puissance de transformation, de résurrection, sa force pour vaincre tout le mal de nos vies, pour nous débarrasser à jamais de la mort. Une manière de nous accueillir les uns les autres et de partager le meilleur de nous-mêmes.
Jésus ressuscité est encore au milieu de nous. Il l’est par sa Parole et par son Eucharistie. Amen.
Ils se sont eux-mêmes enfermés dans la maison. Ils ont peur. Ils savent bien que ceux qui ont tué Jésus ont le bras assez long pour les faire disparaître eux-aussi.
Ils ne sont pas fiers d’eux non plus. Ils ont abandonné leur ami. Où étaient-ils quand la foule criait : «Crucifie-le»? Qu’ont-ils fait pour le sauver, pour lui venir en aide? Jésus leur ami est mort. Ils sont comme dans un cul-de-sac. Ils sont malheureux.
Et puis, nous dit la Parole de Dieu : «Jésus vint, et il était là au milieu d’eux». Que c’est beau! Quel baume pour les amis de Jésus! Jésus est de nouveau là au milieu d’eux. Les portes fermées ne lui font pas obstacles. C’est ça la résurrection.
Ce n’est pas suffisant, Jésus a une Parole pour eux : «La paix soit avec vous.» C’est ça aussi la résurrection. La résurrection, c’est d’être en paix avec soi-même et avec les autres.
Le Jésus qui est là au milieu d’eux, - ils le voient bien -, portent les marques de sa vie, de son amour, de sa tendresse, de sa Parole, de ses souffrances, de sa nouvelle vie. C’est ça aussi un ressuscité. Tout de lui est ressuscité. Tout de lui est autre.
Jésus va les sortir de leur cul-de-sac, il les tourne vers un avenir, il les envoie : «De même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie.»
Et puis encore, Jésus souffle sur eux : «Recevez l’Esprit Saint. Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis; tout homme à qui vous retiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus». C’est aussi ça un ressuscité, c’est quelqu’un qui pardonne les péchés.
Jésus est ressuscité, il est vivant. Qu’est-ce que cela signifie pour nous aujourd’hui?
Cela signifie que Jésus est là au milieu de nous, qu’il a pour nous tous et toutes une parole de paix, qu’il nous donne son Souffle, son Esprit, qu’il nous envoie pour pardonner les péchés c’est-à-dire sortir nos frères et nos sœurs de leurs enfermements, de leur peur, de tout ce qui tue la vie en eux.
Avec Jésus ressuscité qui nous habite de son Souffle, de son Esprit, nous sommes envoyés, au milieu de nos frères et de nos sœurs, pour être là tout simplement, dans notre maison, dans notre école, notre village, pour être des personnes qui portent une parole de paix, des personnes qui insufflent la vie, l’amour, la tendresse, des personnes qui par leur pardon font reculer les chicanes, les peurs, les violences, tout ce qui divise.
De jeunes enfants, un jour, ont trouvé un petit oiseau tombé de son nid. Après l’avoir pris dans leurs mains, l’avoir flatté, l’un des jeunes, plus futé que les autres, se met à dire :
- Nous devrions aller chez le vieil homme du village. Je vais lui demander « sais-tu ce que j’ai dans mes mains? Il ne le saura pas, c’est sûr. Je vais lui demander ensuite : «est-ce que c’est mort ou vivant?» S’il me répond que c’est mort, j’ouvre mes mains et il verra bien que c’est vivant. S’il me répond que c’est vivant, je tord le cou de l’oiseau et ce sera mort.»
O.K. et les voilà partis.
- Sais-tu ce que j’ai dans mes mains, dit le jeune effronté au vieil homme?
Le vieil homme baisse la tête et garde un long silence et puis il dit :
- Tu ne connais pas la valeur de ce que tu as dans tes mains.
Ce n’était pas la réponse attendue. Les sourires commencent à devenir jaunes.
Le jeune continue quand même :
- Est-ce mort ou vivant?
Encore une fois, le vieil homme baisse la tête et observe un long silence. Quand il relève la tête, il dit :
- Il en sera ce que tu voudras.
Savons-nous ce que nous portons dans nos mains, dans nos cœurs?
Parce que nous sommes habités du Souffle de Jésus, de l’Esprit d’amour de Jésus; Jésus, par nous, vient et il est là au milieu de nous, chez nous.
Parce que nous sommes habités du Souffle de Jésus, de l’Esprit d’amour de Jésus, la Parole de paix de Jésus parvient chez nous, parvient à nos frères et à nos sœurs.
Parce que nous sommes habités du Souffle de Jésus, de l’Esprit d’amour de Jésus, les péchés sont pardonnés.
Parce que nous sommes habités du Souffle de Jésus, de l’Esprit d’amour de Jésus, la résurrection s’accomplit chez nous.
Connaissons-nous bien la valeur de Celui que nous portons en nos mains et dans notre cœur?
Il en sera ce que nous voudrons.
Amen.
Ils n’ont pas dû dormir longtemps cette nuit-là les amis de Jésus! Quelle peine, quelle douleur, quelle tristesse!
Ils n’en peuvent plus d’attendre que le jour vienne.
Au petit matin, alors qu’il fait encore sombre, nous dit la Parole de Dieu, Marie-Madeleine, celle que l’on a surnommée la pécheresse et qui est au fond de son cœur une grande amoureuse de Jésus, s’amène au tombeau pour embaumer Jésus.
Ce qu’elle voit? La pierre est roulée. Qui donc - c’est là sa pensée -, a osé profaner le tombeau de Jésus? Elle n’en revient pas. Cela n’a pas de sens. Elle court. Elle court à s’en fendre l’âme raconter à Pierre et à Jean : «On a enlevé le Seigneur de son tombeau».
Il ne manquait plus que cela. Ils partent à leur tour. Ils courent. Oui, la pierre qui fermait le tombeau est roulée, oui, le tombeau est ouvert. Ils ne trouvent que «le linceul, resté là, et le linge qui avait recouvert la tête de Jésus. »
C’est Jean qui va réagir le premier. Quand il entre dans le tombeau, qu’il voit les linges restés là, il a comme une illumination. Toute sa vie avec Jésus, toutes les paroles de Jésus prennent place dans sa tête et dans son cœur. «Il faut que le Fils de l’homme meurt et que trois jours après, il ressuscite. Je suis la résurrection et la vie, celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra.»
«C’est cela, se dit Jean : Jésus est ressuscité, Jésus s’est relevé de la mort, Jésus est vivant.» Quel revirement dans sa vie, quelle nouveauté, quelle joie!
Les amis de Jésus se rassemblent. Ils se racontent. C’est vrai que Jésus a dit qu’il reviendrait à la vie. Il l’a fait.
Et puis, il va y avoir la Pentecôte. Ils y retrouvent tout l’Esprit de Jésus. Ils sont réchauffés de son amour. Ils vont vivre de cet amour et raconter partout cet amour.
Un jour, un homme marchait le long d'un rivage, le matin de Pâques. Pendant sa marche, il a rencontré un vieux pêcheur. Les deux hommes ont parlé de choses et d'autres. Puis, au fil de la conversation, le sujet est tombé sur la fête de Pâques. L'homme fut impressionné de voir la grande foi du pêcheur.
«Comment savez-vous que Jésus est vraiment ressuscité?» lui a-t-il demandé.
Le vieux pêcheur lui a répondu: «Quand je suis au large, je ne vois pas le soleil se lever, mais je vois son reflet sur les maisons du rivage».
«C'est la même chose pour le Christ. Lui-même je ne l'ai jamais vu, mais je vois le reflet de sa Lumière sur le visage de mes frères et de mes sœurs et dans ma propre vie.»
(Anthony Castle, A Treasury of Quips, Quotes and Anecdotes, p. 571)
La Lumière de Jésus nous habite. Elle est sur notre visage. Elle est un reflet de l’amour qui nous habite les uns pour les autres, un reflet de la bonté que nous partageons, un reflet de l’accueil sans condition que nous nous offrons, un reflet rendu visible à travers notre tendresse, à travers nos paroles de réconfort, d’encouragement, de soutien.
Cette Lumière peut vaincre toutes nos noirceurs, toutes nos morts car c’est la Lumière de Jésus, de Jésus Christ, ressuscité, vivant à jamais en chacun et chacune de nous, nous promettant la vie à jamais. Alléluia. Amen. Alléluia.
S’il y a quelqu’un qui aurait pu éviter de mourir sur la croix, échapper aux gens qui voulaient le faire mourir, c’est bien Jésus.
Lui le Fils de Dieu, lui la toute Puissance de Dieu. Une pensée, un mouvement de sa volonté aurait suffi pour qu’il échappe à ses bourreaux.
D’ailleurs, une fois, alors qu’on voulait le jeter d’une falaise pour s’en débarrasser, il est simplement passé au milieu d’eux sans que personne n’ose le toucher, car son heure n’était pas venue.
Jésus n’est pas venu en notre monde pour éviter la mort. Il est venu pour nous raconter l’Amour sans borne, sans limites de son Père, un amour pour tous et toutes sans exception, sans exclusion.
Jésus est venu nous révéler l’Amour du Père pour nous, pour nos ennemis, pour les voleurs, les violeurs, ceux et celle qui exercent un pouvoir au détriment de la vie et du bonheur de leurs frères et de leurs sœurs, les malfaiteurs de tout acabit.
Le cœur de Dieu est un cœur d’amoureux. Rien ne lui résiste. Il transforme tout en amour et en vie. Il transforme même la mort en vie, même notre mort en vie.
Parce que Jésus s’est fait le porte parole de son Père, parce qu’il a aimé à la manière de son Père, il est devenu insupportable pour des personnes. Ces personnes ont utilisé le système de justice en place pour le faire mourir.
Sur sa croix, Jésus a laissé échapper une parole : «J’ai soif, c’est-à-dire, j’ai un grand désir que vous soyez comme moi : des amoureux, des amoureuses.»
L’amour, quelque soient ses épreuves, mène à la vie. On le voit bien, quand au grand matin, les femmes reviennent au tombeau : «Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant? Il n’est pas ici; il est revenu de la mort à la vie.»
Voilà la puissance de l’amour de Dieu notre Père pour nous. Voilà la puissance de l’amour de Jésus pour nous. Voilà la puissance de notre propre amour quand nous aimons à la manière de Jésus, jusqu’au don du meilleur de nous-mêmes, jusqu’au don de notre propre vie.
Nous allons venir vers cette croix. En nous y approchant, reprenons la parole de Jésus : «J’ai soif, j’ai le désir d’être comme toi Jésus : un grand amoureux, une grande amoureuse.» Amen.
Ce récit de la passion de Jésus englobe toute notre histoire, notre histoire humaine à chacun et chacune de nous et notre histoire sacrée marquée par la présence de l’Esprit d’Amour en nos vies.
Comme nous ressemblons à Pierre, Pierre qui se pense invincible, Pierre qui pense qu’il ne tombera jamais. «Cette nuit même, lui dit Jésus, avant que le coq chante, tu m’auras renié trois fois.»
Que de fois, comme Pierre, nous avons renié le Seigneur nous aussi!
Le Seigneur Jésus ne veut pas nous laisser dans nos reniements. Il nous aime et il nous le dit sur la croix. «Père, pardonne-leur : ils ne savent ce qu’ils font. Père, enlève leurs péchés. Père, ne les laisse pas dans la mort. Père, donne-leur ta vie. Père, réalise ta volonté de salut pour chacun de tes enfants.»
Devant le pardon que Jésus demande pour tous et toutes sans exception, devant l’abandon total de Jésus à l’amour de son Père, les gens qui sont là, au pied de la croix, n’ont qu’un cœur, qu’une parole qu’ils laissent s’échapper : «Vraiment celui-ci était Fils de Dieu, vraiment celui-ci est notre Messie, notre Sauveur. Vraiment celui-ci ne nous abandonnera jamais.»
Qu’est-ce qu’il y a en nos cœurs ce matin devant Jésus qui meurt sur la croix pour nous dire son amour, pour nous pardonner nos péchés, pour nous faire traverser toutes nos morts afin de nous donner la vie, sa vie?
«Oui, Seigneur, vraiment tu es pour nous Fils de Dieu, tu es notre Messie, notre Sauveur. Tu ne nous abandonneras jamais car tu nous aimes. Par ta présence en notre vie tu nous fais vivre.» Amen.
Cette Parole nous raconte qui est Jésus et son Père. Ils sont les maîtres de la vie, ils sont des êtres pour la vie.
Cette parole nous raconte tout l’amour que Jésus et Dieu le Père nous porte. Ils sont des amoureux de chacun et chacune de nous. Et comme tels, ils ne sont que don et pardon pour nous. Ils ne veulent qu’une chose pour nous : que nous soyons des vivants, des vivantes, dès maintenant en notre vie quotidienne, et pour toujours.
Ils se glorifient que nous soyons vivants, vivantes. «Je suis la résurrection et la vie, dit Jésus. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra.» Jésus, Dieu le Père et l’Esprit qui nous habitent nous veulent en vie. Ils nous donnent la vie.
Pour que cette immense révélation atteigne notre cœur, Jésus a appelé Lazare à sortir de son tombeau, lui qui était là depuis quatre jours déjà.
Quand Jésus crie à Lazare : «Viens dehors!», il lui crie de fait : «Sors de ce tombeau, réveille-toi», et sa parole a de l’effet, sa parole est efficace.
Voilà que Lazare se retrouve dehors, au milieu des gens qu’il aime.
«Je suis la résurrection et la vie. Celui qui crois en moi, même s’il meurt, vivra.»
Jésus alors va s’approcher de Marthe pour lui demander : «Crois-tu cela Marthe?»
Ce matin, Jésus s’approche de chacun et chacune de nous. Il nous demande : «Crois-tu à cela, toi, que je suis la résurrection et la vie. Crois-tu que je t’aime jusqu’à te donner tout ce que je suis : mon amour, ma vie, mon pardon? Crois-tu que je te veux vivant, vivante aujourd’hui et à jamais? Crois-tu que je puis te sortir de toutes tes morts?»
Puissions-nous répondre comme Marthe : «Oui, je le crois Seigneur. Oui, Seigneur, que ta Parole soit aussi efficace pour moi qu’elle l’a été pour Lazare! Fais-moi sortir du tombeau, fais-moi sortir de tout ce qui m’enferme dans la mort, fais-moi sortir de toutes mes morts, de tous mes péchés.»
La fin de ce passage d’évangile est très belle. Jésus ne veut pas tout faire seul. Il veut nous donner une place, une responsabilité dans le passage de la mort à la vie de chacun et chacune.
Quand Lazare sort du tombeau, il a les pieds et les mains attachés, il est tout empêtré dans le suaire.
«Déliez-le, dit Jésus aux gens qui sont là, et laissez-le aller, laissez-le vivre.»
«Déliez-vous les uns les autres, nous dit le Seigneur Jésus ce matin, pardonnez-vous les uns les autres, laissez-vous vivre, soyez bons, bonnes les uns pour les autres, prenez soin les uns des autres, libérez-vous les uns les autres. Ce n’est plus te temps de la mort. C’est le temps de la vie.» Amen.
Jésus et ses disciples croisent un aveugle de naissance qui se tenait aux abords du temple pour demander l’aumône.
«Pourquoi il y a des personnes qui naissent avec des handicaps? Est-ce une punition pour leurs parents, demandent les disciples à Jésus.»
«C’est pour que l’action de Dieu se manifeste en lui, répond Jésus.»
Et immédiatement, Jésus se met en action. Il va à la rencontre de l’aveugle, crache sur le sol, fait de la boue avec sa salive, l’applique sur les yeux de l’aveugle et lui dit : « Va te laver à la piscine.»
L’aveugle y va et il voit.
Le geste provoque beaucoup de réactions chez ceux qui connaissent l’aveugle. Ce n’est pas possible qu’un aveugle de naissance puisse voir. Nous n’avons jamais vu cela. Ce n’est pas lui. C’est un autre qui lui ressemble.
Les gens qui se croient responsables de la religion s’en mêlent eux aussi. Ils ne veulent pas voir de miracle dans leur entourage. Il vaut mieux tout nier. Ce n’est pas possible un miracle, surtout un miracle fait un jour de sabbat. Ils se donnent de la peine pour ne pas voir la nouveauté. Ils rencontrent l’aveugle, ils rencontrent ses parents qui se défilent de belle façon. Enfin, ils trouvent l’explication : cet homme Jésus est un pécheur et donc il ne peut pas faire de miracle.
« Je m’en fiche, moi, que cet homme Jésus soit un pécheur. Ce que je sais, c’est que j’étais aveugle et maintenant je vois.»
Les gens de la religion vont demeurer sur leur position, vont refuser l’action de Jésus et vont foutre dehors celui qui maintenant voit.
Jésus, qui a vu l’exclusion de celui qui maintenant voit, va venir de nouveau vers lui. Toute une rencontre : une rencontre intime, une rencontre au niveau du cœur, une rencontre pour se faire connaître, pour permettre à cet homme nouveau de le reconnaître.
- Crois-tu au fils de l’homme? lui dit-il.
- Qui est-il Seigneur pour que je croie en lui?
- Tu le vois, et c’est lui qui te parle.
- Je crois, Seigneur.
Elle est belle cette réponse! C’est la réponse de quelqu’un qui vient de faire une vraie rencontre, qui a maintenant une connaissance de Jésus, qui connaît la force et la puissance de Jésus, qui connaît la bonté de Jésus qui vient de lui donner la vue.
Les discussions pour lui n’ont plus aucun sens. Il a fait une rencontre. Il sait. Il sait ce que Jésus lui a donné et il est prêt à faire route avec lui, à laisser la lumière de Jésus l’illuminer.
Quelle est notre foi? Nous sommes-nous laissés approcher par Jésus? Avons-nous fait la rencontre de Jésus, une rencontre du cœur? Avons-nous pris contact avec sa Parole, sa bonté, son pardon?
Le temps du carême, un temps pour laisser l’action de Dieu se manifester en nous, un temps pour flâner avec la Parole de Dieu, un temps pour se placer sur la route de Jésus, un temps pour se laisser voir par Jésus, se laisser interroger par Jésus.
- Crois-tu au fils de l’homme? nous dit-il.
- Qui est-il Seigneur pour que je croie en lui?
- Tu le vois, je suis dans ta vie. Je suis celui qui te parle ce matin. Je suis celui qui est présent dans l’amour que tu reçois et que tu donnes.
Puisse notre réponse être aussi : «Je crois, Seigneur.»
Puisse notre vie être toute illuminée par cette réponse vécue avec notre cœur. Amen.
Un puits. Un homme fatigué, Jésus, y arrive. Et voilà qu’une femme aussi s’y amène, une samaritaine. Une femme qui n’a pas eu la vie facile à en croire l’évangile. Elle a eu cinq maris et celui qu’elle a maintenant n’est pas son mari. Des amours difficiles. Elle porte sur ses épaules le poids de sa vie.
On nous dirait qu’elle est fatiguée elle aussi et qu’elle a soif de dignité et d’amour et nous ne serions pas surpris.
«Donne-moi à boire», lui dit simplement Jésus, lui qui sait bien qu’il s’adresse à une samaritaine.
La Samaritaine qui elle aussi a reconnu que Jésus est Juif lui dit son étonnement : «Toi un Juif, tu me demandes à boire. T’es pas gêné. Tu as du front. Si tu ne le sais pas, j’ai ma dignité.»
« Si tu savais le don de Dieu, dit Jésus. Si tu savais ce que je peux t’apporter, ce que je peux te donner. Si tu savais qui je suis, c’est toi qui m’aurais demandé à boire et je t’aurais donné de l’eau vive.»
«Tu n’as rien pour puiser, lui dit la femme, avec quoi vas-tu me donner de ton eau vive?»
«Tu sais par expérience reprend le Seigneur Jésus que tu as beau boire de l’eau de ce puits et tu as toujours soif. L’eau que je te donnerai t’enlèvera la soif à jamais, elle sera en toi source jaillissante pour la vie éternelle.»
« Donne-moi de cette eau que je n’aie plus soif, donne-moi de cette eau qui désaltère à jamais, qui nourrit, qui guérit, qui donne sens à ma vie, qui donne la vie éternelle. J’ai soif.»
Oui, elle a soif cette femme. Elle va reconnaître en Jésus le Messie, quelqu’un capable, même s’il n’a rien pour puiser, de lui donner de l’eau vive, quelqu’un capable de l’aider, quelqu’un capable de combler ses besoins profonds, quelqu’un capable de donner sens à sa vie, quelqu’un capable de lui donner la vie éternelle.
Il est formidable ce Jésus : pas de jugement sur la vie de cette femme, pas de prise de position sur la querelle entre Juifs et Samaritains. Juste le don de sa présence, juste le don de son attention à ce que vit cette femme, juste la révélation de ce qu’il est vraiment : «Moi qui te parle, je suis le Messie», juste le don de son eau vive, juste le don de sa tendresse, juste le don de son amour.
« J'ai soif! » Pouvons-nous, mes amis, dire du plus profond de notre cœur : j’ai soif. J’ai besoin de ta Présence Seigneur Jésus, j’ai besoin de ta Parole, j’ai besoin de ta tendresse, de ton amour, j’ai besoin de ton eau vive, du sens que tu apportes pour ma vie, j’ai besoin de la vie éternelle? Amen.
Qu’est-ce qui s’est passé sur la montagne entre Jésus et ses amis? Parfois, nous souhaiterions que les gens de la Bible aient tous un cellulaire pour prendre des photos, pour enregistrer la voix.
Il s’est passé sur la montagne un peu ce qui se passe quand deux amoureux se découvrent : un sourire, un regard qui ne peut plus se détacher de l’autre, une parole qui bouleverse, une flamme qui naît en son cœur, une flamme qui vous chamboule, qui vous transporte, qui vous effraie peut-être, qui illumine vos yeux et tout votre visage, qui met en vous une force qui vous rend capables de traverser tous les obstacles.
Sur la montagne, Jésus amène trois de ses amis. Là, Jésus, à la fois lui-même et totalement différent, est tout transfiguré : son visage brille comme le soleil, ses vêtements sont blancs comme la lumière, une voix se fait entendre : «Celui-ci est mon fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour; écoutez-le!»
Ils sont tellement bien là, les amis de Jésus. Ils le voient comme ils ne l’ont jamais vu. Il est tellement lumineux, tellement beau. Eux-mêmes, il y a comme une nuée qui les enveloppe de cette lumière de Jésus, de cette beauté de Jésus. Ils sont tellement bien. Ils vivent une si grande plénitude, ils sont si comblés que Pierre ne peut s’empêcher de manifester les sentiments de tous : « Dressons des tentes, demeurons ici pour toujours.»
Et puis, leurs sentiments se bousculent : ils sont incapables de mesurer toute l’ampleur et toutes les conséquences de ce qu’ils viennent de vivre. Ils sont comme renversés de peur. «Relevez-vous et n’ayez pas peur, leur dit Jésus. Gardez pour vous, en votre cœur, ce que vous venez de vivre, gardez-le en votre mémoire pour toujours.»
Et puis, Jésus les ramène au bas de la montagne, à leur vie quotidienne, à la vie qui est la leur. Ils sont riches d’une expérience nouvelle, ils portent en leur cœur cette lumière de Jésus qui les a eux-mêmes illuminés, qui les a eux-mêmes transfigurés. Ils sont riches d’une parole qu’ils n’oublieront jamais et qui va marquer toute leur vie : «Celui-ci est mon fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour; écoutez-le».
Le temps du carême, un temps pour monter sur la montagne, un temps pour se retrouver avec soi-même, en face à face avec le Seigneur Jésus.
Le temps du carême, un temps pour laisser la lumière de Jésus illuminer toute notre vie, un temps pour laisser la bonté de Jésus chambouler notre cœur, un temps pour laisser la Parole de Jésus réchauffer notre cœur.
Le temps du carême, un temps pour ouvrir la Bible, un temps pour lire un évangile – par exemple celui de Matthieu – pour y redécouvrir Jésus, la lumière qui l’habite, la bonté qui se dégage de sa personne, la confiance qu’il apporte, la force de vie qu’il donne.
Et puis, vivre notre quotidien, notre vie réelle, avec la lumière de Jésus sur nos visages, avec la bonté de Jésus en nos cœurs, avec la Parole de vie de Jésus en notre bouche, avec toute la confiance que nous donne cette parole de Jésus : «Relevez-vous, constamment. Relevez-vous et n’ayez pas peur.»
Ainsi, nous serons transfigurés, notre maison, notre école, notre milieu de travail sera transfiguré. Nous porterons partout notre lumière, notre bonté, notre parole de vie. Amen.
Un jour de printemps, une dame avait acheté deux géraniums et les avait disposés sur le bord de la fenêtre de la cuisine. Chaque jour, elle les arrose, les caresse, leur parle amoureusement...
Cependant, un des deux grandit plus vite que l'autre. La différence se remarque rapidement ; d'ailleurs, il a aussi plus de fleurs...
Et le plus petit des deux s'inquiète, dans son coeur s'insinue le doute : s'il grandit moins vite, c'est qu'il est moins aimé...
Alors, pour rattraper son retard, il s'étire, il s'allonge tant qu'il peut... Mais à force de s'étirer, ses fleurs se dessèchent et tombent, ses tiges deviennent jaunes... Finalement, même ses racines sèchent... et il meurt. Il ne savait pas qu'il était en fait un magnifique géranium nain et que l'autre était un géranium grimpant. Il n'avait pas su s'accepter, et surtout il n'avait pas su comprendre qu'il était autant - sinon plus - aimé que son voisin... (Pierre Trevet, Paraboles d’un curé de campagne, Éditions de l’Emmanuel, 2006, p. 82 - His. 1306)
«Après son baptême, nous dit la Parole de Dieu, Jésus fut conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le démon.»
Au baptême de Jésus, nous nous en souvenons, une parole lui avait été dite de la part de Dieu son Père : «Tu es mon fils bien-aimé, en toi j’ai mis tout mon amour.» Une parole qui allait orienter toute la vie de Jésus. Une parole qui donnait à Jésus tout le sens de sa vie.
Et puis, nous voilà au désert. Voilà Jésus et le démon face à face. «Si tu es le Fils de Dieu», lui dit ce dernier. Es-tu sûr d’être le Fils de Dieu? prouve-le toi et prouve-le nous, dérobe-toi à ta condition humaine, à ta mission, oublie qui tu es vraiment.
Jésus va demeurer fidèle à ce qu’il est : le Fils bien-aimé de Dieu son Père. Jésus va demeurer fidèle à l’amour de son Père. Jésus va assumer complètement sa mission : nous raconter tout l’amour que Dieu le Père nous porte. Il va le faire par toute sa vie, jusqu’au don de sa vie.
Nous sommes entrés en carême. Une bonne occasion pour nous rendre au désert, pour prendre un bon moment de solitude avec nous-mêmes, pour nous demander : «Qu’est devenu mon baptême? Me suis-je laissé aimer par Dieu le Père? Ai-je accueilli l’amour inconditionnel du Père en mon cœur? Suis-je devenu un amoureux, une amoureuse de mes frères et de mes sœurs? Suis-je capable de me laisser aimer par mes frères et mes sœurs?»
Redécouvrir que je suis profondément aimé, redécouvrir toutes les forces d’amour qui habitent mon cœur, vouloir en vivre, c’est prendre le chemin de Pâques, le chemin de la résurrection, le chemin de la vie. Amen.
Un homme avait décidé qu'il ne croyait plus en Dieu. Il rencontre un croyant à l'allure calme et sereine. Dans le but de le provoquer, le prétendu athée lui lance les propos suivants: «Ton Dieu est une pure invention de l'esprit. Toute ma vie, j'ai demandé à Dieu d'exaucer mes demandes; qu'il m'aide à réaliser mes rêves, mes ambitions. Jamais il ne m'a donné ce que je lui ai demandé. J'ai eu plein de malchances dans la vie. Ma compagnie a fait faillite. Ma femme m'a laissé. Mes enfants ne me parlent plus. Je suis atteint d'un cancer incurable. Je fais de l'angoisse, de l'hypertension, je ne dors plus et j'en passe...! Si tu vivais ce que je vis, tu ne serais pas si calme et tu cesserais de croire, toi aussi...»
Et l'autre de répondre: «Savez-vous, mon cher monsieur, que je vis les mêmes choses que vous et peut-être pire. J'ai même un fils qui s'est tué dans un accident d'automobile. J'aurais toutes les raisons du monde d'abandonner ma foi. Pourquoi je crois? C'est simple: au lieu de demander à Dieu ce que je désire, je lui demande ce que Lui désire pour moi. Ce que j'ai découvert, c'est que Dieu veut que sa paix soit en moi, malgré toutes les épreuves que je vis. Depuis que je lui demande ce qu'il veut pour moi, une paix étrange m'a envahi et c'est de là que vient le calme dont vous parlez.»
«Il ne suffit pas de me dire : "Seigneur, Seigneur!" pour entrer dans le Royaume des cieux; mais il faut faire la volonté de mon Père qui est aux cieux.»
Quel est donc la volonté du Père? La volonté du Père nous est révélée très clairement par saint Paul dans sa première lettre à Timothée (2,4) : «Dieu notre Sauveur veut que tous les hommes et toutes les femmes soient sauvés et arrivent à connaître la vérité.»
La vérité, c’est que Dieu le Père, en Jésus, nous aime et qu’il veut combler tous les hommes et toutes les femmes de son amour.
La vérité c’est que Jésus est venu en notre monde et qu’il a donné sa vie pour nous dire son amour sans faille.
La vérité c’est que le Seigneur Jésus nous invite à aimer nos frères et nos sœurs à sa manière, à vivre à sa manière.
Les belles paroles ne suffisent pas. Il nous faut vivre en fils et en filles de Dieu. Il nous faut poser des gestes d’accueil, de partage, de compassion jusqu’au don du meilleur de nous-mêmes, jusqu’au don de notre vie.
«Tout homme qui écoute ce que je vous dis là et le met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a bâti sa maison sur le roc.
La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, la tempête a soufflé et s’est abattue sur cette maison ;
la maison ne s’est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc.» Amen.
«Le père observait son petit garçon qui cherchait à déplacer un vase de fleurs très lourd. Le cher petit se fatiguait, haletait et grommelait, mais ne réussit pas à bouger le vase d’un seul millimètre.
- As-tu vraiment utilisé toutes tes forces? lui demanda le père.
- Oui, répondit l’enfant.
- Non! reprit le père, car tu n’as pas demandé mon aide!» (Bruno Ferrero, Quand fleurit le désert, Éditions du Signe, 1997, p.24)
Il y a des moments, dans nos vies, où tout nous réussit : notre travail, nos amours, nos enfants. Et puis, il y a des moments où nous nous retrouvons comme le petit garçon de l’histoire : nous nous retrouvons fatigués, haletants, en colère contre Dieu, car rien ne va plus comme nous le désirons. Notre vie a perdu son sens. Nous faisons peut-être même face à notre mort.
Dans l’évangile d’aujourd’hui, à plusieurs reprises, le Seigneur Jésus nous dit : «Ne vous faite donc pas tant de souci.»
Notre réaction peut être : «C’est bien facile à dire quand tu n’as pas les deux pieds dans les difficultés.»
C’est bien vrai. La vie parfois est une véritable angoisse.
Et, si nous osions faire appel à la présence de Dieu notre Père qui nous habite par son Esprit, qui est un Esprit d’amour, de force, de connaissance, comme dans l’histoire du début.
« Votre Père céleste sait ce dont vous avez besoin. Cherchez d'abord son Royaume et sa justice, et tout vous sera donné par-dessus le marché. Ne vous faites pas tant de souci pour demain: demain se souciera de lui-même; à chaque jour suffit sa peine.»
Quand tout va bien, ce sont des paroles faciles à entendre. Quand tout va mal, nous sommes portés à nous fermer à de telles paroles. C’est là notre erreur. Ces paroles nous disent une présence bienveillante dans notre vie. Ces paroles nous racontent tout le souci que Dieu le Père a pour chacun et chacune de nous. «Est-ce qu'une femme peut oublier son petit enfant, ne pas chérir le fils, la fille de ses entrailles ? Même si elle pouvait l'oublier, moi, je ne t'oublierai pas, nous dit le Seigneur par le prophète Isaïe. Et puis dans l’évangile, le Seigneur nous dit : «Regardez les oiseaux du ciel ; ils ne font ni semailles ni moisson, ils ne font pas de réserves dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux? »
«Je ne vous abandonne pas, dit Dieu le Père. Je suis avec vous. Je vous aime comme mes propres enfants. Continuez à garder votre cœur ouvert, à chercher le Royaume.»
Oserons-nous nous abandonner au Seigneur. Oserons-nous nous en remettre aux mains du Seigneur. C’est une expérience de foi qui mène à la vie.
«Un athée tomba d'une falaise. Tandis qu'il dégringolait, il saisit la branche d'un arbrisseau et resta suspendu entre le ciel, là-haut, et les rochers, en bas, à mille pieds de distance, sachant qu'il ne serait pas capable de tenir très longtemps.
Il eut alors une idée: «Dieu!» cria-t-il de toutes ses forces.
Silence! Personne ne répondit.
«Dieu! cria-t-il de nouveau: si tu existes, sauve-moi et je promets que je vais croire en toi et enseigner aux autres à croire.»
Silence encore! Puis, il faillit bien lâcher la branche, lorsque, à sa stupéfaction, il entendit une puissante voix résonner d'une paroi à l'autre du canyon: «C'est ce qu'ils disent tous, quand ils sont en difficulté.»
«Non, Dieu, non! s'écria-t-il, maintenant un peu plus confiant: je ne suis pas comme les autres. Eh quoi! j'ai déjà commencé à croire, vous ne le voyez pas? puisque j'ai moi-même entendu votre voix. Maintenant, tout ce que vous avez à faire, c'est de me sortir de là et je proclamerai votre nom jusqu'aux extrémités de la terre.»
«Très bien, dit la voix: je vais te tirer de là. Lâche cette branche.»
«Lâcher la branche? cria l'homme en détresse: me prenez-vous pour un fou?» (Anthony de Mello, Dieu est là dehors, Bellarmin, 1990)
Lâcher la branche. Oser nous abandonner au Seigneur. Oser nous en remettre aux mains du Seigneur. C’est une expérience de foi qui mène à la vie. Amen.
La Parole de Dieu d’aujourd’hui ne peut pas être plus claire. Elle est comme une épée tranchante.
«Soyez saints, nous dit le livre du Lévitique, car moi le Seigneur votre Dieu, je suis saint.»
Et puis, Jésus dans l’évangile en remet : «Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait.»
Qui est saint? Qui est parfait? La sainteté, la perfection c’est un chemin à prendre et à reprendre tout au long de notre vie.
On raconte que saint François-Xavier pendant sa méditation se posait la question: mais finalement, la sainteté, qu'est-ce que c'est? Comment devenir un saint?
Et voilà qu'il a une sorte de vision: il voit Dieu au sommet d'une très haute montagne. Et Dieu lui dit:
- Monte jusqu'à moi et tu sauras ce qu'est la sainteté.
Il est solide, François-Xavier, et un peu fanfaron:
- S'il faut grimper dur, j'y vais, dit-il.
Au bout d'une heure, il tombe. Mais comme il est courageux, il se relève et il repart. Deux fois encore il tombe et il est si loin du sommet! Il dit au Seigneur:
- J'ai compris. La sainteté, ce n'est pas pour moi.
Le Bon Dieu rit comme il sait rire.
- Mon pauvre ami, tu n'as rien compris! La sainteté, ce n'est pas d'arriver jusqu'ici, c'est tomber et se relever, tomber et se relever. (A. Sève, 365 matins)
Tomber et se relever et j’ajouterais ne jamais lâcher. Car, il ne faut pas l’oublier, si le Seigneur Jésus nous demande d’être saints, saintes, parfaits, parfaites c’est qu’il sait que nous sommes capables d’y arriver, c’est qu’il va nous accompagner pour que nous y arrivions.
Christophe est dans l’église de son village avec sa grand-maman, elle lui fait découvrir les vitraux de l’église.
- Tiens regarde celui-ci, tu reconnais le personnage ?
- Non, c’est qui ?
- C’est saint François d’Assise
Et grand-maman raconte un peu sa vie.
Puis elle en propose un autre :
- Celle-ci tu la reconnais ?
- Non, répond une fois encore Christophe.
- C’est sainte Thérèse, et grand-maman raconte un peu de son histoire.
La visite continue puis sa grand-maman demande à Christophe s'il a compris ce que c’est qu’un saint, après avoir passé une heure à les découvrir au travers des vitraux.
- Oui, répond Christophe en montrant un des vitraux, ça c’est facile : un saint c’est quelqu’un qui laisse passer la lumière.
L’enjeu c’est qu’à travers notre quotidien, notre rencontre des autres, nous laissions passer à travers nous la lumière de l’évangile, l’amour de l’évangile, la douceur de l’évangile.
C’est long devenir transparent de l’amour de Jésus, d’apprendre à aimer à la manière de Jésus. Ça ne se fait pas sans douleur, sans mal, sans peine, sans recommencement. C’est un long apprentissage. Il nous faut accepter de tomber et de nous relever, de nous pardonner et de pardonner aux autres.
Il y avait un jeune homme qui voulait devenir un saint. Après avoir beaucoup réfléchi, il pensa que la meilleure façon d'y arriver était d'entrer dans un monastère et d'y mener de son mieux la vie des autres moines.
Et dans les années qui suivirent, il s'appliqua généreusement à tout ce que la vie monastique exigeait de lui.
Mais comme les années passaient, il finit par se dire qu'il ne changeait pas beaucoup. En un mot, il n'avait pas du tout l'impression d'être un saint. Il commença à rêver d'une vision: si Jésus lui apparaissait, cela le rassurerait et lui indiquerait qu'il était sur la bonne voie. Il se mit donc à prier pour avoir une vision.
Un bon matin, alors qu'il était découragé et n'avait même pas le goût d'aller prier l'office avec les autres, tout à coup, dans sa cellule, la vision! Jésus est là, lui sourit, l'enveloppe de lumière, de paix et d'amour. Il se jette à genoux, rempli du plus grand bonheur!
Mais voici que sonne la cloche de la porte du monastère et il se souvient que c'est son tour de répondre aux gens qui viennent chercher vêtements, aumônes, médicaments. Et alors il se sent déchiré: va-t-il laisser la vision pour aller répondre à ceux qui ont besoin? Et s'il n'y va pas, qui va s'occuper d'eux?
Finalement il décide d'aller répondre à la porte. Rapidement il distribue des pains, des aumônes, des remèdes et revient à sa cellule. Et qu'est-ce qu'il voit? La vision est encore là et Jésus lui dit: «Tu as bien fait d'aller répondre à ceux qui avaient besoin. Si tu ne l'avais pas fait, je serais parti avec eux!» (Histoire du Moyen Âge)
Vous faites bien de prendre soin de vos proches, de toutes les personnes qui sont là sur votre chemin, qui frappent à votre porte. Vous faites bien de les écouter, de les secourir, de les aider, de les aimer, de leur donner le meilleur de vous-mêmes. C’est avec eux, avec elles que se tient le Seigneur Jésus. C’est avec eux, avec elles que vous serez saints, saintes, parfaits, parfaites. Amen.
Dans une réserve indienne, un des anciens de la communauté s'était chargé des jeunes en difficulté. Il les écoutait, les conseillait, leur racontait des légendes tirées de leur patrimoine, et tentait de leur enseigner un mode de vie conforme à leur tradition.
Après un certain temps, s'il lui semblait avoir touché l’adolescent, il allait à la salle de séjour et décrochait un bâton en forme d'Y suspendu à un crochet.
Une des branches du bâton était peinte en rouge, l’autre en noir. Il saisissait le bâton par le manche et tournait la fourche vers le garçon.
« Il y a deux routes dans la vie, disait‑il, la rouge et la noire. La rouge est celle de l’entraide et du souci des autres; la noire, celle de l’égoïsme et de la haine. La route rouge conduit à la vie et à la lumière. La route noire conduit à la mort et aux ténèbres. Tu dois choisir. »
Et il ne retirait pas le bâton tant que l’adolescent n'avait pas saisi l'une des deux branches.
La plupart des jeunes choisissaient la branche rouge.
« Bien, leur disait‑il, maintenant, rappelez‑vous ceci. Cette fourche est comme un carrefour: plus vous avancez dans une direction, plus vous vous éloignez de celle dont vous vous êtes détournés. Alors, partez et prenez le bon chemin. » (Kent Nerburn, Fais de moi un instrument de paix, Bellarmin, p.28)
«Partez et prenez le bon chemin», c’est aussi ce que la Parole de Dieu nous dit en ce dimanche.
Voyez le prophète Ben Sirac le Sage. Quel nom en passant! On le lit très peu souvent dans la liturgie du dimanche. Quel message il a cependant!
«Il dépend de ton choix, nous dit-il, de rester fidèle. Le Seigneur a mis devant toi l'eau et le feu: étends la main vers ce que tu préfères. La vie et la mort sont proposées aux hommes, l'une ou l'autre leur est donnée selon leur choix.»
Quelle liberté est la nôtre! Quel pouvoir nous avons : celui de choisir la vie ou de choisir la mort. Quelle chance cela est pour nous!
La liberté c’est un don de la magnificence, de la grandeur de Dieu, c’est une sagesse qui nous est donnée pour nous permettre de choisir la vie, car c’est le choix de la vie qui peut nous rendre heureux, heureuses.
Jésus nous parle lui aussi de la sagesse qu’il nous propose, de la sagesse qui nous conduit à la vie. Il le fait de façon bien concrète, avec des exemples de son temps.
«Tu ne tueras pas ton frère, nous dit-il. Il y a tellement de façon du tuer l’autre, de le diminuer, de l’éteindre. Tu éviteras toute colère avec l’autre. La colère n’est jamais gagnante nous dit le Seigneur, elle n’est jamais porteuse de vie.»
«Tu ne commettras pas d’adultère. Il y a tellement de façons de manquer de respect à l’amour des autres, de vouloir accaparer l’autre, posséder l’autre, d’en faire son bien propre. C’est sagesse nous dit le Seigneur de laisser l’autre respirer, s’épanouir, grandir, aimer.»
«Que toute parole qui sort de ta bouche, nous dit encore le Seigneur soit une parole qui dit la vérité, une parole qui fait grandir l’autre, qui le révèle à lui-même, qui dit son importance, sa valeur.»
C’est sagesse, nous dit le Seigneur, de nous
comporter ainsi. Ce sont des comportements qui nous donnent la vie. Ce
sont des comportements qui nous font heureux, heureuses. Ce sont des
comportements qui nous rendent libres. Amen.
Il arrive que des personnes disent devant nous : «Qu’est-ce que ça me donne d’être baptisé? Qu’est-ce que ça me donne d’être pratiquant, pratiquante, d’aller à l’église?
La question que nous pose la Parole de Dieu de ce matin est toute autre : «Qu’est-ce que Dieu attend de nous?»
La réponse est courte et précise : «Vous êtes le sel de la terre. Vous êtes la lumière du monde. Vous êtes ceux et celles qui donnez de la saveur à la vie, vous êtes ceux et celles qui éclairez tout de votre lumière.»
Quelle belle mission! Une mission importante, une mission qui est une chance pour chacun et chacune de nous.
Que fait le sel? Que fait la lumière? Ils sont comme des révélateurs, si je puis dire. Ils nous font découvrir et aimer la saveur d’un mets ou la beauté qu’il y a là tout autour de nous.
Vous êtes le sel de la terre. Vous êtes la saveur de la terre, ceux et celles qui donnent saveur à la vie, qui donnent le goût de vivre, qui donnent sens à la vie, qui rendent la vie agréable, vivable.
Vous êtes la lumière du monde. Vous êtes ceux et celles qui éclairez le monde, qui dissipez la noirceur tout autour de vous, qui faites voir la beauté en vous et autour de vous, partout où vous passez.
Vous êtes ceux et celles qui font apparaître partout le dessein bienveillant, le choix qu’a fait le Seigneur Dieu notre Père de faire advenir son Royaume d’amour, de justice et de paix pour notre terre, en notre monde, en chacune de nos vies.
Concrètement, qu’est-ce que cela veut dire apporter de la saveur, être lumière ici à Saint-Alexandre, dans votre maison, votre famille, votre école, votre lieu de loisirs ou de travail?
Isaïe nous le dit :
«Partage ton pain
avec celui qui a faim,
recueille chez toi le malheureux sans abri,
couvre celui que tu verras sans vêtement,
ne te dérobe pas à ton semblable.»
«Ne te dérobe pas à ton semblable. Sois attentif, sois attentive à ce que vivent ceux et celles qui sont là près de toi, ceux et celles que tu croises sur le chemin de ta vie. Prends soin d’eux, prends soin d’elles. Secours-les. Libère-les en leur accordant ton pardon, rassure-les devant leurs difficultés, encourage-les à savourer la saveur et la beauté de la vie, adoucis autant qu’il t’est possible leurs épreuves.
Vivre ainsi est exigeant. C’est pourquoi Dieu le Père ne nous a pas laissés seuls. Il nous accompagne tout au cours de notre vie par son Esprit qui nous habite. C’est un esprit d’amour, un esprit de force, un esprit de clairvoyance, de lucidité, de sagesse.
L’Esprit qui est l’amour du Père et de Jésus nous habite. Il nous fait sel, il nous fait lumière pour que nous devenions capables de faire arriver chez nous le grand projet de Dieu le Père : la paix, le bonheur, la joie de vivre, le salut pour tous et toutes sans exception, son projet de Royaume où l’amour est partout.
«Alors, nous dit toujours Isaïe, ta lumière jaillira comme l'aurore.»
Nous sommes appelés à tant de beauté. Amen.
La Folie décida d'inviter ses amis pour prendre un café chez elle. Tous les invités y allèrent. Après le café la Folie proposa :
- On joue à cache-cache?
- Cache-cache ? C'est quoi, ça ? demanda la Curiosité.
- Cache-cache est un jeu. Je compte jusqu'à cent et vous vous cachez. Quand j'ai fini de compter je cherche, et le premier que je trouve sera le prochain à compter.
Tous acceptèrent, sauf la Peur et la Paresse.
- 1, 2, 3,... la Folie commença à compter.
L'Empressement se cacha le premier, n'importe où.
La Timidité, timide comme toujours, se cacha dans une touffe d'arbre.
La Joie courut au milieu du jardin.
La Tristesse commença à pleurer, car elle ne trouvait pas d'endroit approprié pour se cacher.
L'Envie accompagna le Triomphe et se cacha près de lui derrière un rocher.
La Folie continuait de compter tandis que ses amis se cachaient.
Le Désespoir était désespéré en voyant que la Folie était déjà à soixante-neuf.
- CENT ! cria la Folie. Je vais commencer à chercher...
La première à être trouvée fut la Curiosité, car elle n'avait pu s'empêcher de sortir de sa cachette pour voir qui serait le premier découvert.
En regardant sur le côté, la Folie vit le Doute au-dessus d'une clôture ne sachant pas de quel côté il serait mieux caché.
Et ainsi de suite, elle découvrit la Joie, la Tristesse, la Timidité....
Quand ils étaient tous réunis, la Curiosité demanda :
- Où est l'Amour ?
Personne ne l'avait vu.
La Folie commença à le chercher. Elle chercha au-dessus d'une montagne, dans les rivières, au pied des rochers. Mais elle ne trouvait pas l'Amour.
Cherchant de tous côtés, la Folie vit un rosier, pris un bout de bois et commença à chercher parmi les branches, lorsque soudain elle entendit un cri. C'était l'Amour, qui criait parce qu'une épine lui avait crevé un oeil.
La Folie ne savait pas quoi faire. Elle s'excusa, implora l'Amour pour avoir son pardon et alla jusqu'à lui promettre de le suivre pour toujours.
L'Amour accepta les excuses.
Aujourd'hui, l'Amour est aveugle et la Folie l'accompagne toujours.
Et si Jésus avait pour nous un amour aveugle, et si Jésus nous aimait à la folie.
Regardons-le aller ce matin.
Jésus est entouré de gens. Il monte sur une colline. Il s’assoit. Il regarde cette foule qu’il voit presque tous les jours.
Cette foule est faite de gens simples, ordinaires, qui font de leur mieux pour vivre, pour être heureux.
Cette foule est faite aussi de gens pauvres qui n’ont pas toujours le nécessaire pour se nourrir, de gens qui vivent toutes sortes de difficultés, parfois malades, parfois en deuil, parfois sans amour, parfois rejetés.
Jésus prend le temps de s’asseoir. Il les enseigne, il prend soin de tous ces gens.
« Quel que soit ce que vous vivez, leur dit-il, que vous soyez dans la joie ou dans la peine, gardez toujours votre cœur ouvert, penchez toujours du côté de l’amour, de la vie, de la douceur, de la miséricorde, du pardon, de la vérité, de la justice. Vous serez heureux, heureuses. Vous serez dans l’amour de Dieu. Vous serez dans le Royaume.»
Ce message, Jésus nous le donne ce matin. Ce faisant, il veut prendre soin de chacun et de chacune de nous.
Emportons ce message aujourd’hui et gardons-le en nos cœurs pour le rappeler à notre mémoire quand nous en aurons besoin. Il est comme un grand secret, une grande invitation, un grand projet : «Gardez toujours votre cœur ouvert quoi qu’il arrive, nous dit Jésus. Que vous soyez dans la joie ou dans la peine, penchez toujours du côté de l’amour, de la vie, de la douceur, de la miséricorde, du pardon, de la vérité, de la justice. Vous serez heureux, heureuses. Vous serez dans l’amour de Dieu, dans le cœur de Dieu. Vous serez dans le Royaume.» Amen.
Après l’arrestation de Jean-Baptiste, voilà que Jésus se met en marche. Son baptême lui a donné l’élan nécessaire. Il se sait aimer de son Père, tout rempli de l’amour de son Père.
Il ne veut qu’une chose : faire connaître son Père, faire connaître l’amour qui habite son cœur et qu’il a mission de répandre, de donner à tous ses frères et à toutes ses sœurs, sans exception.
Alors il quitte sa maison et il vient en Galilée sur le bord du lac. Il se met à proclamer : «Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche.»
«Le Royaume des cieux est tout proche, proclame Jésus. Il est tout près de vous. La lumière qui vient vaincre toutes les ténèbres, toutes les noirceurs de vos vies, toutes vos difficultés, toutes vos maladies, toutes vos morts, est tout près de vous, elle est au milieu de vous. Convertissez-vous. Ouvrez vos yeux. Regardez.»
Il aurait pu ajouter : « Je suis cette lumière envoyée par Dieu au milieu de vous, pour vous. Accueillez-moi comme la lumière de vos vies. C’est cela que ça veut dire aussi «convertissez-vous».
Et puis il va se mettre à agir comme celui qui a mission de faire advenir le Royaume des cieux, la lumière, partout en notre monde.
Il va aller vers des pêcheurs qui sont en train d’exercer leur métier sur le bord du lac, deux frères, Simon et André : « Venez derrière moi, leur dit-il, et je vous ferai pêcheurs d’hommes». Et puis un peu plus loin, il fait la même offre à deux autres frères Jacques et Jean.
Ces hommes-là, quand ils ont regardé Jésus, ont été comme subjugué par lui. Ils ont perçu que Jésus était quelqu’un de bien spécial. Quelque chose de bien particulier se dégageait de sa personne. Ils ont perçu qu’il portait en lui comme un mystère qu’ils ont voulu découvrir. Ils ont été si attiré par lui qu’ils ont laissé là leur filet pour partir à l’aventure avec lui. Et ça été l’aventure de leur vie.
Le Seigneur Jésus s’amène vers nous ce matin. Il est habité de tout l’amour de son Père, il porte en lui une lumière qu’il veut nous donner pour nous faire vivre.
Le Seigneur Jésus s’adresse à nous ce matin, à chacun de nous sans exception : « Venez derrière moi, avec moi, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. Venez avec moi pour que je vous fasse connaître tout l’amour qui m’habite, toute la lumière que j’apporte afin que le Royaume des cieux vous habite, que vous puissiez aller vers vos frères et vos sœurs, porter à votre tour, l’amour et la lumière devenus vôtre.
À cause de chacun et de chacune de vous, le Royaume de Dieu, ce lieu d’amour et de lumière, sera tout proche, présent à Saint-Alexandre, présent à vos familles, dans vos maisons, dans vos vies.
Quelle mission formidable est la nôtre à la suite de Jésus! Quel sens à donner à notre vie! Quelle belle façon de laisser notre trace! Quel bel héritage à laisser à nos frères et nos sœurs!
Quelle belle aventure : nous laisser d’abord imprégner de l’amour de Jésus, de sa lumière pour être à notre tour tout amour et toute lumière. Amen.
«J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et demeurer sur lui.
Oui, j’ai vu, et je rends ce témoignage : c’est lui le Fils de Dieu.»
L’expérience du baptême de Jésus n’a pas été importante seulement pour lui. Elle a été aussi toute une révélation pour Jean-Baptiste.
Il était là Jean-Baptiste au Jourdain. Nous voyons bien qu’il a tout vu et tout entendu. Il découvre un Jésus tout autre que celui qu’il connaissait.
Celui qu’il connaissait, c’était son cousin qu’il croisait sûrement dans les rencontres familiales, les noces, etc.
Et voilà que Jean-Baptiste nous dit : «Je ne le connaissais pas vraiment. Il est bien plus que mon cousin. Il est le Fils de Dieu, le Messie, l’envoyé tant attendu depuis si longtemps. C’est lui. J’ai vu l’Esprit descendre et demeurer sur lui. Je vous le dis : il est le Fils de Dieu.»
Jean-Baptiste en rajoute : «Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde.»
Jean-Baptiste nous précise la mission de Jésus, la raison pour laquelle il est là au milieu de nous : «Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde.»
Jésus est l’Agneau de Dieu, Jésus est l’Amour de Dieu, Jésus est le Don de Dieu.
En lui réside l’amour et la volonté de Dieu. En lui réside le projet bienveillant de Dieu pour tous les hommes et toutes les femmes. En lui réside le choix de Dieu de sauver, de libérer tous les hommes et toutes les femmes. En lui réside le pouvoir et la force de Dieu même pour réaliser au milieu de nous et avec nous le Royaume de Dieu.
Jésus est au milieu de nous pour enlever les péchés de tous et de toutes. Il est avec nous pour que nous arrivions avec lui à enlever le péché de nos vies pour y mettre l’amour, le pardon et la paix.
Jésus est au milieu de nous et avec nous pour que nous soyons des personnes pétillantes de vie maintenant et à jamais.
«Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde». Ces paroles nous serons redites tout à l’heure avant que nous nous approchions pour recevoir l’eucharistie, la Vie de Jésus, l’Amour de Jésus.
Recevons ces paroles comme une véritable révélation, une certitude que Jésus est là au milieu de nous, qu’il nous libère de nos péchés, qu’il nous donne sa Vie, son Amour pour que nous soyons vivants, vivantes, que nous transportions partout la vie, l’amour. Amen.
Nous avons laissé Jésus, dimanche dernier, dans les bras de ses parents.
Le Jésus de l’évangile d’aujourd’hui est bien changé. C’est un adulte. Il a environ trente ans. Il est devenu le charpentier de son village, quelqu’un qui a un bon métier et qui est en relation avec beaucoup de monde.
«Arrivant de Galilée, nous dit la Parole d’aujourd’hui, Jésus paraît sur les bords du Jourdain, et il vient à Jean pour se faire baptiser par lui.
Dès que Jésus fut baptisé, il sortit de l’eau; voici que les cieux s’ouvrirent, et il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et des cieux, une voix disait : «Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en lui j’ai mis tout mon amour.»
Voici que les cieux s’ouvrirent. Une façon de nous dire : voici que le cœur du Père s’ouvre tout entier pour dire à Jésus : «Toi tu es mon Fils. Je t’aime. Je te donne tout mon amour.»
Des paroles qui font quelqu’un, qui le construisent, qui donnent de la sécurité, qui lancent dans l’aventure de la vie.
À la suite de cette expérience, Jésus va se percevoir comme le Fils de Dieu même, comme portant en son cœur tout l’amour de son Père. Il va se percevoir comme le serviteur dont parle le prophète Isaïe dans la première lecture, comme l’élu, comme le choisi pour apporter sur la terre le jugement de Dieu.
Ce jugement-là ne se fera pas à travers les cris, il n’écrasera pas le roseau froissé; il n’éteindra pas la mèche qui faiblit. Ce jugement-là fera paraître tous les hommes et toutes les femmes dans la lumière de Dieu. Ce jugement-là transformera tous les hommes et toutes les femmes dans l’amour de Dieu et tous les hommes et toutes les femmes deviendront la joie de Dieu.
Voilà le projet de Dieu notre Père. Voilà la mission que Jésus reçoit de son Père et qui va orienter toute sa vie, donner sens à toute sa vie.
Au jour de notre baptême, le cœur de Dieu notre Père s’est ouvert tout entier pour nous dire à chacun et chacune de nous : «Toi, tu es mon Fils bien-aimé; toi tu es ma Fille bien-aimée. Je t’aime. Je te donne tout mon amour.»
Vous êtes-vous déjà perçus comme le Fils, la Fille bien aimé de Dieu le Père? Avez-vous une conscience vive de tout l’amour qui habite votre cœur, un amour si fort qu’il vaincra toute mort? Avez-vous conscience de la lumière qui vous habite?
Dans la célébration du baptême, il y a un moment émouvant. Le parrain ou la marraine va allumer le cierge de baptême de l’enfant nouvellement baptisé au cierge pascal qui signifie, dans l’Église, Jésus-Christ ressuscité qui est lumière du monde.
Alors l’enfant est remis entre les bras de ses parents. «Par son baptême, dit le prêtre, cet enfant est devenu lumière à la manière de Jésus. Nous vous le confions pour que tout au cours de sa vie il soit lumière.
Être lumière pour soi et pour les autres. Laisser notre lumière là où nous passons. Plus : éclairer tout sur notre passage. Quelle belle mission pour nous les baptisés! Quel sens pour notre vie!
Une belle façon d’être dans la joie et de faire la joie de Dieu notre Père. Amen.
«Où est le roi des Juifs qui vient de naître? s’informent les mages. Nous avons vu se lever son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui.»
Les mages pensaient trouver un roi, quelqu’un d’important. Ils n’ont trouvé qu’un enfant, sa mère et son père.
Et cependant, ils ont su accueillir cet enfant comme une bonne nouvelle, comme quelqu’un qui avait une mission toute particulière : être le berger de Dieu pour son peuple, être le Messie de Dieu, le Sauveur de Dieu pour chaque humain sans exception.
Où est aujourd’hui le Seigneur Jésus, Dieu sauveur qui vient de naître?
Le célèbre compositeur allemand, Félix Mendelssohn s'est un jour rendu dans un petit village dans le but d'y toucher l'orgue de l'église. Il avait entendu dire que cet instrument avait un son d'une grande qualité.
En arrivant sur la place de l'église une mélodie attira son attention. Il entra donc pour se glisser silencieusement dans le dernier banc.
Après un certain temps Mendelssohn se rendit au jubé et posant la main sur l'épaule de l'organiste, il dit: «Excusez-moi, Monsieur, me laisseriez-vous jouer seulement quelques minutes?»
Le vieil homme, levant les yeux, répondit sèchement: «Non. Je ne peux pas, il n'y a que moi qui touche cet orgue, personne d'autre».
Mendelssohn est demeuré là encore un moment à écouter, et, une fois de plus demanda à l'organiste: «S'il vous plaît, seulement quelques minutes, je n'endommagerai pas l'orgue». Mais l'organiste ne voulait rien entendre.
Enfin devant l'insistance du visiteur et de guerre lasse, le vieil organiste lui céda la place.
Mendelssohn commença à jouer, cinq minutes, dix minutes, quinze, vingt, une heure s'est ainsi écoulée. L'organiste se tenait là, écoutant religieusement, pendant que des larmes coulaient sur son visage.
Mendelssohn s'arrêta embarrassé d'avoir joué si longtemps. Le vieil homme, se penchant pour serrer la main du visiteur, reconnut le grand compositeur. «Hélas, j'ai failli laisser passer la chance d'entendre le Maître lui-même», répétait-il en lui secouant le bras avec enthousiasme. (Connections, avril 1996)
Les mages n’ont pas laissé passer la chance de reconnaître en cet enfant de la crèche, leur Sauveur, leur Messie.
Ne laissons pas passer la chance de reconnaître dans cet enfant de la crèche le Seigneur Jésus. Il est au milieu de nous. Il est présent en chacun et chacune de nous.
Accueillons-nous les uns les autres comme si nous étions les uns pour les autres, Jésus, l’enfant de la crèche. Et comme les mages l’ont fait pour Jésus, offrons à nos frères et à nos sœurs nos trésors, l’amour en nos cœurs qui s’exprime par une main tendue, un sourire qui réconforte, un pardon qui relève, une parole qui illumine leur vie. Amen.
«Mon Dieu, bénissez la nouvelle année:
Rendez heureux nos parents, nos amis;
Elle est tout à vous, et nous est donnée
Pour mériter le Paradis.»
Un vieux chant. Une belle prière.
«Mon Dieu, bénissez la nouvelle année:
Rendez heureux nos parents, nos amis»
Que sera cette nouvelle année? Bien des livres sont déjà publiés pour nous le révéler. Nous savons bien que nous ne pouvons pas nous y fier.
Nous espérons et nous nous le souhaitons : que cette année soit bonne pour chacun et chacune, que nous demeurions en santé, que nous ayons les biens nécessaires pour vivre, que nos amours, nos amitiés perdurent et nous gardent bien vivants, bien vivantes.
Oui, nous nous le souhaitons de tout cœur.
Peut-être avons-nous fait des prévisions, des projets pour la nouvelle année. C’est bien normal et même souhaitable.
Oui, du fond du cœur, nous souhaitons que tous ces projets se réalisent et nous fassent grandir.
Et cependant, il y a tellement de choses qui nous échappent concernant cette nouvelle année, tellement de réalités inconnues, tellement d’événements inattendus qui nous obligeront à des ajustements peut-être importants de notre part.
Il est bon de confier cette nouvelle année au Seigneur et de le prier :
«Seigneur, bénis-nous, c’est-à-dire, fais-nous don de toute ta générosité, de tes merveilles d’amour et de vie.
Tourne vers nous ton visage. Donne-nous ta paix. Prends nous en ta grâce et fais de nous tes fils et tes filles.»
«Elle est tout à nous, cette nouvelle année et nous est donnée pour mériter le Paradis.»
Un élève avait demandé à son professeur : « Monsieur, quel est le sens de la vie ? »
De la poche de son pantalon le professeur sort son portefeuille, en retire un petit miroir rond, pas plus grand qu'une pièce de monnaie et dit: « J'étais encore enfant, c'était durant la guerre. Un jour, je vis, sur le chemin, un miroir brisé. J'en gardai le fragment le plus grand que voici. Souvent, je m'amusais à diriger sa lumière réfléchie dans les coins sombres où le soleil ne brillait jamais: trous profonds, crevasses et autres cavités.
Devenu adulte je compris que ce morceau de miroir avait un sens particulier pour moi. Plus qu'un jeu d'enfant, c'était l’image de ce que je pouvais réaliser dans la vie.
Moi aussi, je suis le fragment d'un miroir que je ne connais pas dans sa totalité. Avec ce que je possède, je peux envoyer la lumière, la vérité, la compréhension, la bonté, la tendresse, dans les replis les plus secrets du cœur humain. Voilà en quoi consiste pour moi le sens de la vie. »
Je vous souhaite pour cette année d’être des personnes de cœur, des personnes de lumière, des personnes de vérité, des personnes de compassion, de bonté, de tendresse et de pardon.
Je vous souhaite d’être comme ce fragment de miroir qui réfléchit dans le cœur des autres la bonté, la lumière, la compassion, le pardon.
Alors la nouvelle année sera merveilleuse malgré tout ce qui peut nous arriver. Amen.
Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph A 2010
J’ai trouvé un jonc sur le trottoir. Il est tout simple : sans diamant ni ornement. Si je voulais le vendre, je pourrais en tirer que peu de sous. Il est sans valeur.
De fait, je ne l’ai pas trouvé sur le trottoir. C’est ma mère qui me l’a donné quelques jours avant sa mort. C’est le jonc qu’elle avait offert à mon père à l’occasion de leur mariage.
Vous comprenez alors qu’il est précieux pour moi car il me rappelle, non, il est le signe de l’amour qui existait entre mon père et ma mère, amour qui m’a donné la vie, amour qui m’a donné une famille. (Denis Lepage).
Il est question dans l’évangile d’aujourd’hui de la famille de Joseph, Marie et Jésus. Je ne pense pas que quelqu’un ici puisse envier ce que cette famille a eu à vivre.
Imaginez. En pleine nuit, départ pour un pays étranger, l’Égypte, parce que le roi Hérode veut faire mourir leur bébé. Rien que cela.
«Joseph se leva, dit la Parole de ce dimanche, dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère, et se retira en Égypte, où il resta jusqu’à la mort d’Hérode.»
Tout cela pour dire que dans la vie des hommes et des femmes, quelle que soit l’époque, il n’y a rien de facile. Nos familles n’y échappent pas non plus aujourd’hui.
Elles changent nos familles. Elles prennent toutes sortes de formes. Elles demandent souvent une grande force d’adaptation, beaucoup de tolérance au changement, une grande force d’amour pour des familles reconstituées de 4, 5 ou 6 enfants.
Avoir une famille c’est toujours aussi nécessaire pour les enfants et pour les parents.
Il me semble que nous avons, dans la lettre que saint Paul nous adresse ce matin, une clé, pour que nos familles, quelle qu’en soit la forme, demeurent un lieu de bonheur et d’épanouissement pour tous et toutes.
«Revêtez votre cœur de tendresse, nous dit Paul, de bonté, d’humilité, de douceur, de patience. Supportez-vous mutuellement, et pardonnez si vous avez des reproches à vous faire. Par-dessus tout cela, qu’il y ait l’amour.»
Je ne suis pas en train de vous parler d’utopie, de facilité ou d’une réalité impossible. Je suis en train de vous parler de responsabilité concernant la famille de chacun et chacune.
Si nous voulons que notre famille soit un lieu de bonheur et d’épanouissement, nous sommes condamnés à l’amour, à la tendresse et au pardon. Il n’y a pas d’autre chemin.
C’est un chemin difficile, exigeant, un chemin qui est bon à la fin, un chemin qui donne ses fruits d’unité et de paix, un chemin qui nous grandit, qui fait de chacun et chacune des personnes vivantes, capables de faire vivre, capables de donner la vie.
Je vous souhaite de prendre ce chemin de la tendresse, de l’amour et du pardon pour votre famille. Amen.
C’est Noël. Je ne sais pas comment cette fête résonne en vous cette année. Pour toutes sortes de raisons, votre Noël peut être difficile, triste, voir même douloureux. Si c’est votre cas, je souhaite qu’une douce lumière et une parole de tendresse vous rejoignent et réchauffent votre cœur.
Je connais une grand-maman qui, depuis la naissance de son petit fils, est folle à lier. Elle n’en finit plus de s’étonner devant ce petit enfant et de s’émerveiller devant son sourire, ses gazouillis, ses yeux pleins de lumière. Chaque mouvement de cet enfant l’émerveille. Elle l’embrasse. Elle le sert sur son cœur.
J’imagine que ce fut la même chose pour Marie et Joseph quand Jésus est venu au monde. Étonnés sûrement par la vie nouvelle, émerveillés par cet enfant qu’ils ont pris soin d’emmailloter et de coucher dans une mangeoire.
À la suite de la maladie de votre curé, je me suis retrouvé chez vous, un bon dimanche, seul, à l’arrière de l’église.
J’ai été étonné, puis émerveillé par vos beaux sourires, par le nombre de personnes qui sont venues vers moi pour me dire merci d’être là pour la célébration, par la propreté de votre église, par toutes ces personnes qui étaient là pour les différents services.
J’ai été étonné par votre foi et émerveillé par le nombre de personnes qui venaient la célébrer le dimanche à l’église.
J’ai été émerveillé par la beauté du chant de votre chorale, par la jeunesse et le dynamisme de Doris, d’Annie et les autres musiciennes.
Et puis, j’ai rencontré les dames qui accompagnent vos enfants dans les parcours catéchétiques. J’ai été émerveillé par leur foi et tout le temps qu’elles donnent à ces enfants.
J’ai été étonné aussi par ces enfants que j’ai rencontrés, émerveillé par leur facilité presque naturelle d’exprimer leur foi. «Je t’aime beaucoup Jésus», disait une jeune fille devant ses compagnons et ses compagnes.
J’ai été étonné par ces jeunes couples que j’ai rencontrés pour préparer le baptême de leurs enfants, émerveillé par tout ce qu’ils font et sont prêts à faire pour le bonheur de ces enfants.
J’ai été étonné par ces deux religieuses qui
habitent chez vous, émerveillé par tout ce qu’elles font, par leur souci des plus pauvres.
En prenant conscience de tout le travail pastoral qu’il y a à faire chez vous, j’ai été émerveillé par votre curé qui, à son âge, avec tout ce travail, est encore là pour vous accompagner dans votre cheminement de foi.
À l’occasion de cette fête de Noël, je veux vous inviter à vous laisser étonner, puis émerveiller par les personnes qui vivent avec vous et tout autour de vous.
Je veux vous inviter à aller vers votre compagnon, votre compagne pour lui dire ce qui vous émerveille en lui, en elle, et puis vous faire un gros câlin. Ce sera Noël pour vous.
Je veux vous inviter à aller vers chacun de vos enfants pour leur dire ce qui vous émerveille en eux et leur faire un gros câlin. Ce sera Noël pour vous.
Je veux vous inviter à aller vers votre papa, votre maman pour dire à l’un et à l’autre ce qui vous émerveille en lui, en elle et leur faire un gros câlin. Ce sera Noël pour vous.
Ainsi ce sera Noël pour tous et toutes. Je vous le souhaite beau ce Noël, plein d’amour et de tendresse. Amen.
L’évangile d’aujourd’hui nous parle d’abord d’un projet humain, d’un projet amoureux. «Marie, la mère de Jésus, avait été accordée en mariage à Joseph».
Voilà deux jeunes amoureux : Marie et Joseph. Ils sont fiancés. Comme le veut la coutume de leur temps, puisqu’ils sont très jeunes, ils doivent demeurer dans leur famille respective, encore quelques temps, avant de faire vie commune.
Or voilà que Joseph apprend que Marie est enceinte. Qu’est-ce que cela? Il n’en revient pas. Comment Marie a-t-elle pu lui faire cela?
Il a toute une décision à prendre car la loi prévoyait ces cas-là. Quand une jeune femme devenait enceinte alors qu’elle demeurait encore chez ses parents, son fiancé devait la dénoncer au Grand prêtre et elle était passible de la lapidation et de la mort.
Quel dilemme pour Joseph, lui qui aime Marie! Qu’est ce que Marie a vécu?
L’évangile d’aujourd’hui nous parle aussi d’un projet qui nous dépasse et qui dépasse Marie et Joseph : c’est le projet de Dieu, la volonté de Dieu de sauver tous les hommes et toutes les femmes, la volonté de Dieu de se faire tout
proche des hommes et des femmes, de prendre visage humain, vie humaine.
Ce projet de Dieu, cette volonté de Dieu que l’ange va révéler à Joseph dans un rêve, c’est une façon de nous dire que Dieu, par son Esprit, est intervenu dans la vie de Joseph pour lui révéler, lui faire connaître son projet de salut.
Jamais Joseph n’aurait pu imaginer que Marie devienne enceinte avant qu’ils aient habité ensemble. Jamais Joseph n’aurait pu imaginer cette intervention de Dieu dans sa vie.
Joseph accepte de s’ajuster à sa nouvelle situation. Il décide de vivre son amour avec Marie. Il accueille Jésus pour son enfant. Il pose un geste de père en nommant son enfant du nom de Jésus comme l’ange le lui avait demandé.
Quelle confiance en Marie et en leur amour! Quelle confiance en la présence de Dieu dans sa vie! C’est sûrement à cause de cette confiance que l’évangile le nomme juste.
Cette confiance de Joseph va nous donner Jésus celui qui nous sauve de nos péchés.
«Être sauvé de ses péchés, commente la théologienne Marie Noël Thabut, c’est tout simplement savoir que Dieu est avec nous, ne plus jamais douter qu’il est avec nous et «vivre en sa présence».
Être sauvé de nos péchés c’est mettre toute notre confiance en Dieu notre Père, en sa présence de salut en nos vies en Jésus et en son Esprit qui nous habite.
Accueillir la présence de Dieu en nos vies c’est accueillir le salut, c’est accueillir Noël. Amen.
Que fait Jean-Baptiste au désert? Pourquoi y vit-il dans la plus grande simplicité? Pourquoi prêche-t-il? Pourquoi baptise-t-il?
Il y a chez Jean-Baptiste comme une urgence. C’est comme s’il avait découvert que le Messie attendu depuis si longtemps serait là très prochainement.
Au désert, Jean-Baptiste attire les foules. Par ce qu’il raconte et ce qu’il fait, il dérange, il devient suspect pour l’autorité en place. Il est arrêté.
Même en prison, Jean-Baptiste est à l’affût. Il continue à entendre parler de Jésus, de ses faits et gestes. Ce Jésus qui l’a tant bouleversé quand il l’a baptisé à son corps défendant. La question ne fait que tourner et tourner dans sa tête : «Est-ce que ce serait lui, enfin, le Messie?»
Jean-Baptiste veut en avoir le cœur net. Il envoie des messagers à Jésus : «Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre?»
«Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez, dit Jésus. Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds
entendent, les morts ressuscitent, et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres.»
Une façon de dire que oui, il est le Messie. Une façon de dire que oui il est l’envoyé de Dieu le Père pour sauver son peuple, pour sauver tous les hommes et toutes les femmes. Une façon de dire que oui, il est l’envoyé dont parlait le prophète Isaïe. Une façon de dire qu’il est la revanche de Dieu.
Dieu prend sa revanche sur le mal, sur la maladie, sur la mort. Il vient pour libérer tous les humains sans exception, pour les relever de la mort, pour les sauver. Il vient pour illuminer les visages de tous et de toutes, pour faire disparaître la douleur et la plainte, pour faire resplendir la joie.
«Es-tu celui qui doit venir, Jésus, ou devons-nous en attendre un autre?» Es-tu vraiment présent au milieu de nous, Jésus?
Nous avons tant besoin encore d’un Sauveur, d’un Messie pour nous sortir de nos détresses, de nos maladies du corps et de l’âme, de nos morts.
Nous recevons la même réponse que celle donnée à Jean :
« Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres.»
Une façon de nous dire que la revanche de Dieu passe par nos mains. La victoire de Dieu sur la maladie, la souffrance, le mal sous toutes ses formes, la mort, passe par nos mains.
Une façon de nous dire que la lumière sur les visages de nos frères et de nos sœurs passe par nos mains. Une façon de nous dire que la joie sur les visages de nos frères et de nos sœurs passe par nos mains.
Une façon de nous dire que Noël, la venue de notre Sauveur, notre Libérateur, Dieu au milieu de nous, vainqueur de tout mal et de la mort, passe par nos mains. Amen.
Voilà un mois que notre maison avait été bombardée, raconte Ludmilla Chiriaeff. Mon père, qui s'inquiétait que nos amis puissent nous croire disparus, me demanda d'y retourner afin d'inscrire sur une des pierres éparses ou sur toute autre ruine pouvant servir de tableau, notre nom et la façon de dénicher notre nouvel abri temporaire, ce coin d'infirmerie dans le sous-sol d'un théâtre.
Je me mis en route. Des relents de soufre et de phosphore filtraient hors de chaque déchirure du ventre de Berlin. Je marchais un peu à l'aveuglette. Je pensais à la «sans-patrie» que j'avais toujours été et à la «sans-domicile» que j'étais devenue.
Même si toutes les ruines se ressemblent, je reconnus d'instinct ce qui restait de notre demeure; ce fer difforme à mes pieds ne pouvait être que ce qui avait été notre grand balcon.
Perdue dans mes pensées, je crus soudain avoir la berlue. Une petite chose, tout au fond du cratère, se faisait chatouiller par un rayon de soleil; une petite chose qui allait bientôt fleurir; une petite chose qui fièrement relevait la tête et faisait un grand pied de nez à l'adversité: entre deux morceaux de métal tordu, la vie sortait des ruines par l'entremise d'une patate qui, en germant, avait donné naissance à ce qui m'apparut être la plus belle de toutes les plantes vertes du monde.
Et penchée au bord de cette sorte de gouffre, je me souviens d'avoir murmuré. .. Merci!... J'avais compris que la vie ne s'arrête jamais...
Ludmilla Chiriaeff, Comme un cri du cœur II, éditions l’Essentiel, Montréal, 1995, p.21-22.
Si Isaïe prend la parole, - c’est une caractéristique chez les prophètes -, c’est que ça ne va pas bien dans son patelin. Les gens de cette époque vivent dans l’insécurité et l’angoisse d’un envahisseur venant d’ailleurs. Ils ont perdu l’espérance. Les promesses de changement, de salut annoncé au nom de Yahvé ne se réalisent pas.
C’est pourquoi Isaïe élève la voix. « Un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines.
Oui, quelqu’un vient. Sur lui reposera l’esprit du Seigneur. Il vient avec la sagesse, la force, le discernement et la puissance de Dieu même.
Quand il sera parmi nous, notre vie sera toute changée. Ce sera l’harmonie, l’unité partout sur la terre. Le mal aura complètement disparu. Le projet de bonheur voulu par le Seigneur sera complètement réalisé.»
Au temps de Jean-Baptiste, le pays est occupé par les Romains. Les pauvres, les veuves, les enfants, les malades sont comptés pour rien. L’espérance est à son plus bas.
« Convertissez-vous, crie au désert Jean-Baptiste. Retournez-vous vers le Seigneur votre Dieu. Il vient avec la force même de Dieu. Il vient avec l’Esprit-Saint pour vous donner l’Amour de Dieu, pour ré-animer tout ce qui est beau en vous. Il vient avec le feu pour détruire tout le mal en vous.»
Noël s’approche. Dieu a déjà réalisé sa promesse en nous envoyant son Fils Jésus. Le rêve d’harmonie et de bonheur de Dieu va se réaliser.
À nous de relever nos manches, pour que notre monde devienne de plus en plus un monde d’harmonie, un monde d’accueil du plus pauvre, de la personne handicapée, du malade, de l’enfant mal nourri, de l’itinérant qui a froid dans la rue.
À nous de rendre Jésus présent dans notre milieu de vie, à nous de faire arriver le beau rêve de Jésus, d’apporter par nos geste et nos paroles de l’espoir partout. Amen.
Ces derniers temps, nous avons tous et toutes été touchés par ces révélation de corruptions, de malversations, de copinages avec le crime organisé, d’influences de toutes sortes, d’enveloppes brunes ou blanches.
Des voix se sont élevées : «Ça n’a pas de bon sens. Les gouvernements ne font pas leur travail, etc. etc.»
C’est vrai qu’il faut que ça change. C’est vrai aussi que c’est bien facile et peu engageant – cela fait peut-être notre affaire - de placer toutes les responsabilités sur les épaules de la classe politique.
La classe politique a sûrement sa part de responsabilités.
Et chacun et chacune de nous dans tout cela? Qui de nous, un jour, à l’achat d’un bien, ne s’est-il pas entendu dire : «Si tu me paies en argent, il n’y aura pas de facture et pas de taxes.»
Qu’avons-nous fait?
Aujourd’hui, dans la liturgie, la voix du prophète Isaïe se fait entendre pour nous annoncer le projet de Dieu notre Père sur notre monde, le projet de Dieu sur nos vies.
« Il arrivera dans l’avenir», nous dit-il. Il
arrivera : c’est une certitude. Il arrivera que des peuples entiers se
mettront en marche à la suite d’un envoyé de Dieu, son
Fils Jésus. Cet envoyé apporte la paix. Imaginez : avec les épées, et les
lances de guerre, on va faire des charrues. Façon de dire qu’il y aura la
paix, la justice partout.
«C’est le moment, dit saint Paul, l’heure est venue de sortir de votre sommeil».
C’est le temps de la vigilance, c’est le temps de prendre une conscience nouvelle que notre monde est ce que nous le faisons ensemble.
C’est chacun et chacune de nous qui allons instaurer ici dans notre village, la paix, l’honnêteté, le partage, le respect de l’autre et de la vie en société, le pardon, la tendresse, l’amour.
Le temps de l’Avent est là. Il nous parle de la présence de Dieu au milieu de nous en Jésus que nous célébrerons dans cette grande fête de Noël.
Déjà le défilé du Père Noël a eu lieu en certains endroits. Plusieurs commerces et des rues sont décorés de lumières multicolores.
Toutes ces lumières nous parlent. Elles nous disent que nous allons célébrer Noël, que nous allons célébrer la présence de Jésus qui nous apporte la lumière.
Toutes ces lumières nous lancent à chacun et chacune de nous une invitation : celle d’être lumières nous aussi, lumières qui veillent, qui éveillent, lumières qui éclairent, lumières qui construisent la paix.
Une parole qui dit à l’autre, à un proche, à un voisin toute sa beauté, toute sa valeur, toute sa compétence et son importance, est une belle façon d’être lumières.
Un geste de partage, un geste de bonté, un geste d’accueil, voilà d’autres façons d’être lumières tout autour de nous.
Illuminer notre monde, notre village, notre communauté, notre famille par notre propre lumière, quel beau projet à vivre avec le Seigneur notre Dieu!
Quel beau Noël à préparer!
Oui, c’est le temps de la vigilance! Amen.