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Commémoration des fidèles défunts A 2008 Saint Pierre et Saint Paul A 2008
Le père Bernard Bro raconte son premier baptême, qui dit-il, lui est resté très fortement en mémoire. Du côté maternel, le grand-père n'était pas baptisé. Du côté paternel le grand-père était parfois traversé par des doutes. La mère de la petite fille, responsable fervente d'une cellule du Parti communiste, n'était pas baptisée. Le père était un rêveur, il ne pratiquait plus depuis longtemps. Restait la grand-mère maternelle: chrétienne, totalement généreuse jusqu'au fond du coeur. Le curé hésitait à accepter le baptême de cette petite fille. Il y avait de quoi. Je lui ai dit: «Je parie sur la grand-mère, elle transmettra l'essentiel». Au début du baptême, j'ai proposé un pacte. Chacun ne répondait que si cela lui paraissait vrai. À la première question: «Croyez-vous en Dieu Père et Créateur?», tout le monde a répondu: «Oui ». À la deuxième question: «Croyez-vous en son Fils Jésus-Christ envoyé pour nous sauver?», seules la marraine et la grand-mère ont répondu. À la troisième question: «Croyez-vous en l'Esprit de Dieu qui nous habite pour nous conduire et nous vivifier?», seule la grand-mère a répondu ... Mais à la fin de la cérémonie, tout le monde pleurait ... sauf la baptisée. Vingt-huit ans après, la baptisée (et ensuite sa soeur) sont devenues d'étonnantes chrétiennes, à leur tour contagieuses... Et pourtant tout aurait dû nous pousser à refuser le baptême.1 Nous voyons, dans l’évangile d’aujourd’hui, un homme qui part en voyage et qui parie sur ses serviteurs. Il leur confie ses biens, tous ses biens. Faut-il qu’il ait confiance en ses serviteurs! Il faut être grand pour avoir une telle confiance. Il faut connaître ses serviteurs. D’autant qu’il ne les abandonne pas à eux-mêmes. Il leur laisse des talents : cinq à l’un, deux à l’autre et enfin un au dernier. Un talent, à cette époque était une somme importante, très importante même. La parabole nous dit ce que les serviteurs ont fait. Les deux premiers se sont mis à la tâche. Ils ont fait fructifier les biens de leur maître. Quant au troisième, pris par la peur, enfermé dans ses préjugés concernant son maître, il cache son talent, il l’enfoui dans la terre, jusqu’au retour de son maître. Je parie sur vous, nous dit le Seigneur Jésus ce matin. Je parie sur vous, à la manière du prêtre de l’histoire du début. Je parie sur vous pour que là où vous êtes, vous soyez comme la grand-mère, une femme de transmission, une femme qui laisse transparaître la vie, la bonté, la proximité; une femme capable d’accueil, une femme qui donne sa tendresse, qui ouvre ses bras. Je vous fais confiance, nous dit le Seigneur. Je vous sais capables. D’autant plus que je vous donne, que je vous confie tous mes biens. Je me confie à vous totalement. Je parie sur vous. Quel projet pour chacun et chacune de nous! Habités par l’Esprit d’amour de Jésus et du Père, allons sur notre route à la manière de la grand-mère de l’histoire. Laissons transparaître l’amour qui nous habite, ouvrons les bras aux personnes qui sont là sur notre chemin, marchons ensemble, racontons l’espérance et la vie. Ainsi nous sommes vivants, vivantes. Amen. ___________________ 1. Bernard Bro, Surpris par la certitude IV, «La naissance éternelle»
Dédicace de la basilique du Latran A 2008 Jack Canfield raconte qu’à l'automne de 1988, les organisateurs d'un congrès à HongKong l’avaient invités, avec sa femme Georgia, à y donner une conférence sur l'estime de soi (…). En arrivant à Bangkok, dit-il, nous avons décidé de faire la visite touristique de nombreux temples bouddhiques de la ville. (…) Mais de tous ces temples, il y en a un qui a laissé dans notre esprit et dans notre coeur une impression indélébile. On l'appelle le Temple du Bouddha d'or. Le temple lui-même est très petit, il ne fait probablement pas plus que 10 mètres sur 10. Mais dès qu'on y entre, on est stupéfié à la vue d'un bouddha d'or massif mesurant plus de trois mètres. Il pèse plus de 2 000 kilos et on estime sa valeur à 196 000 000. $! C'est tout un spectacle - ce bouddha d'or massif qui vous en impose par sa hauteur en même temps qu'il jette sur vous un sourire plein de bonté et de bienveillance. Tout en s'acquittant de mes devoirs de touriste (photographier la statue sous tous ses angles en poussant des oh! et des ah! d'admiration), je me suis approché d'une vitrine où était exposé un morceau d'argile épais d'environ 20 centimètres et large de 30. À coté de la vitrine, un texte dactylographié retraçait l'histoire de cette magnifique oeuvre d'art. En 1957, un groupe de moines s'était vu confier la tâche de transporter un bouddha d'argile de leur temple à un autre site. Leur monastère devait être déplacé pour permettre la construction d'une autoroute traversant Bangkok. Quand on entreprit de soulever l'idole géante à l'aide d'une grue, son poids était tellement grand que la statue commença à craquer. De plus, il se mit à pleuvoir. Le moine supérieur, qui s'inquiétait des dommages que la pluie pourrait causer au bouddha sacré, décida de remettre la statue par terre et de la couvrir d'une large bâche pour la protéger. Plus tard ce soir là, le moine supérieur alla vérifier l'état du bouddha. Il alluma une lampe de poche et dirigea le faisceau sous la bâche pour voir si le bouddha était resté sec. Quand le faisceau atteint l'endroit où la statue avait craqué, il vit un petit éclair jaillir sous l'argile et cela lui sembla étrange. En regardant de plus près ce trait de lumière, il lui vint à l'esprit que l'argile cachait peut-être quelque chose. Il alla chercher un ciseau et un marteau au monastère et se mit à fendre l'argile. Au fur et à mesure que tombaient les tessons d'argile, le petit trait de lumière devenait de plus en plus brillant. Plusieurs heures de travail passèrent avant que le moine ne se trouve face à face avec l'extraordinaire bouddha d'or massif. Les historiens croient que plusieurs siècles avant la découverte du moine supérieur, tandis que l'armée birmane s'apprêtait à envahir la Thaïlande (qu'on appelait alors le Siam), les moines Siamois, conscients de l'imminence de l'attaque, couvrirent leur précieux bouddha d'une couche d'argile afin que leur trésor ne soit pas pillé par les Birmans. Malheureusement, il semble que les Birmans aient massacré tous les moines, et le secret bien gardé du bouddha d'or massif perdura jusqu'à ce jour fatidique de 1957. Canfield, Jack (1997) Un premier bol de bouillon de poulet pour l'âme. Montréal: Sciences et culture. Pages 75 à 77. Nous voyons bien, par cette histoire, que ce n’est pas le temple qui est important, ce n’est même pas le bouddha d’argile malgré ses dimensions imposantes. Ce qui est important c’est ce qu’il y a caché sous la carapace du bouddha d’argile. Ce qui est important est souvent caché. Saint Paul nous le révèle ce matin : « Vous êtes le temple de Dieu, nous dit-il, l’esprit de Dieu habite en vous. » L’esprit de Dieu habite en vous. L’esprit de Dieu est caché en vous. L’amour de Dieu habite en vous. La force de Dieu habite en vous. La vie de Dieu habite en vous. Dieu est en vous. Quelle affaire et quelles possibilités! Devenir des personnes qui aiment de plus en plus, des personnes qui accueillent, des personnes qui réconfortent, des personnes qui accompagnent les autres dans leur cheminement, des personnes qui pardonnent, des personnes qui ouvrent les autres sur la vie, des personnes qui ont une parole d’espérance, quelle chance et quelle belle responsabilité! « N’oubliez pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l’esprit de Dieu habite en vous. Le temple de Dieu est sacré, et ce temple, c’est vous. » Et le psaume de cette célébration vient mettre la cerise sur le sundae comme nous disons. Il chante : « Vous êtes la demeure de Dieu parmi les hommes. » Ici et maintenant, vivons, tendons la main à notre frère, à notre sœur qui est là tout près, laissons tomber les barrières, les oppositions de toutes sortes qui brisent nos amitié, allons au-delà de l’argile de nos fragilités pour laisser transparaître la lumière de la présence de Dieu dans nos vies, faisons naître l’espérance sur tous les visages, aimons, car « l’heure vient et c’est maintenant ». Amen.
Commémoration des fidèles défunts A 2008 Il y avait jadis un roi très riche qui vivait dans un immense palais. Mais ce palais avait quelque chose d’unique. Il était situé sur une haute montagne et ses murs extérieurs étaient couverts de portes si nombreuses que nul ne les avait jamais comptées. Devant chaque porte, le roi avait fait placer un trésor fabuleux. Tous ceux qui avaient le courage d’escalader la montagne pouvaient y puiser à leur guise et, séduits par d’aussi extraordinaires richesses, aucun d’eux n’éprouvait plus le besoin de franchir la porte afin d’aller plus loin… Plus loin pourtant, tout au bout des galeries intérieures et des salles immenses, plus loin, tout au fond du palais, se tenait le Roi… et il attendait prêt à recevoir ceux d’entre ses sujets qui penseraient, non pas au trésor, mais à lui-même… Cette histoire raconte, à sa manière, notre passage sur la terre. Nous sommes à la recherche du meilleur, de ce qui peut faire notre bonheur. Nous sommes à la recherche de l’amour. Nous cherchons à vaincre la solitude, la mort. Nous faisons constamment des expériences, des essaies. Il y en a qui nous donnent la vie. D’autres nous tuent à petit feu. Nous devons constamment choisir. Nous devons constamment « rester en tenue de service, et garder nos lampes allumées. » Dans notre vie de tous les jours, nous sommes appelées à être des personnes de lumière, des personnes qui éclairent les situations, les choix pour que surgisse la vie. Sur la route de notre vie, nous croisons d’innombrables trésors, ou ce qui peut nous apparaître comme des trésors, comme des biens à posséder à tout prix. Le Seigneur Jésus nous invite ce matin à veiller pour ne pas nous tromper dans la recherche de notre trésor, dans la recherche de ce qui peut nous donner la vie. Le Seigneur Jésus nous invite à la sagesse. Oui, il est bien de puiser abondamment aux trésors qui sont là sur notre route et qui nous aident à vivre. Il est nécessaire aussi, comme nous le raconte l’histoire, de dépasser ces trésors pour rencontrer le trésor par excellence, l’amour de Dieu qui habite nos cœurs. Il est nécessaire de nous tourner vers Dieu, d’aller à sa rencontre à travers nos frères et nos sœurs. L’amour du Seigneur pour nous est un amour étonnant. Qui aurait pu y penser? Qui aurait pu seulement imaginer notre Dieu prendre la tenue de service, nous faire passer à table et nous servir chacun, chacune notre tour? » Voilà ce que nous promet l’amour de Dieu. Le Seigneur notre Dieu a déjà commencé à réaliser sa promesse quand, chaque dimanche, il nous invite à sa table eucharistique pour nous donner tout son amour, pour nous donner sa vie, pour nous donner sa force pour faire nos choix, pour nous donner sa lumière. Le Seigneur notre Dieu accomplira totalement sa promesse à l’heure où nous n’y penserons pas, quand il viendra. Au jour de sa visite, nous « resplendirons, nous étincellerons » de son amour et nous serons dans sa vie pour toujours. Oui, « le Seigneur est ma lumière et mon salut; de qui aurais-je crainte? Le Seigneur est le rempart de ma vie; devant qui tremblerais-je? J’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur, tous les jours de ma vie. » Amen.
Dans un petit village d'Espagne, un homme, Jorge, avait eu une sérieuse prise de bec avec son fils Paco. Le lendemain, Jorge réalisa que Paco avait quitté la maison, il s'était enfui. Pris de remords et de chagrin Jorge comprit dans son coeur que son fils était plus important que tout autre chose. Il voulait retrouver son fils et renouer la relation. Il se rendit en ville et sur le mur d'un magasin, au centre de la Place, il posa un poster où était écrit en grosses lettres: «Paco, reviens à la maison, je t'aime. Je reviendrai ici demain matin.» Le lendemain Jorge se rendit devant le magasin, il trouva là sept jeunes hommes appelés Paco qui s'étaient eux aussi enfuis de la maison. Ils répondaient tous à cet appel d'amour espérant que c'était leur père qui les invitait à la maison les bras ouverts. (Alan Cohen) C’est une belle histoire. Elle dit un besoin profond qui nous habite tous et toutes : celui d’être aimé et d’aimer. La Parole de Jésus d’aujourd’hui ne fait que nous rappeler une réalité qui nous est essentielle : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le grand, le premier commandement. Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Et puis, il ajoute. Nous dirions dans nos mots d’aujourd’hui : « Tout, dans notre vie, dépend de ces deux commandements. » Et c’est vrai. Nous le savons. Tout dans notre vie dépend de l’amour qui nous habite. Tout dans notre vie dépend de la façon dont nous laissons les choses, nos frères et nos sœurs, l’Autre le Seigneur Jésus nous habiter. Dans notre vie de tous les jours où nous sommes en contact avec le monde par internet, où nos moments de loisir passent par la télévision et les jeux de toutes sortes, il y a risque de nous laisser envahir, de nous enfermer dans un isolement qui ferme la porte aux autres, qui nous coupe de relations épanouissantes. Alors la solitude nous envahit, la tristesse nous tue à petit feu. Il y a tant de solitude en notre monde, chez les plus jeunes comme chez les plus vieux. Seul l’amour peut nous faire sortir de nos solitudes. Des jeunes, justement pour les aider à sortir de leur solitude et retrouver leur joie de vivre, participaient à un camp. Ce jour-là le lac était d’un calme inouï. Ils contemplaient une libellule qui virevoltait sur le lac. Tout à coup, un de ses ailes toucha à l’eau. Elle allait se noyer. Elle se débattait de son mieux. Les jeunes qui devenaient de plus en plus conscients du drame qui se déroulait sous leurs yeux criaient : « Lâche pas, lâche pas. », et ils tentaient de la rejoindre avec des bouts de bois, en vain. Ils décidèrent alors d’avancer dans le lac en se donnant la main jusqu’à ce qu’un jeune puisse recueillir la libellule et la passer de main à main à ses compagnons et compagnes, la ramenant en lieu sur, là où elle pu faire sécher ses ailes et repartir. « Tu aimeras, dit le Seigneur, tu aimeras de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. » Oui, il nous arrive de nous mouiller les ailes, oui il nous arrive de nous tromper, oui il nous arrive de briser nos amours. « Tu aimeras, nous dit le Seigneur. Ne lâche pas. Recommence. Sors de ta solitude. Ose ouvrir tes mains. Ose accueillir. Ose donner. Ose recevoir. Ose vivre. Aime. » Amen.
Giacomo Puccini a composé plusieurs des plus grands opéras au nombre desquels figurent La Bohême, Tosca et Madame Butterfly. En 1922, alors qu'il commençait ce que plusieurs considèrent son chef d'oeuvre, Turandot, il fut atteint du cancer. Toute son énergie fut mise à terminer son opéra mais la maladie a gagné. Peu avant sa mort, il avait demandé à ses élèves de compléter son oeuvre s'il devait mourir avant de l'avoir terminée. En 1924, après sa mort, les élèves de Puccini ont rassemblé toutes ses notes et manuscrits, les ont étudiés en détail et ont entrepris de terminer le travail. En 1926, la première mondiale de Turandot était présentée à La Scala de Milan. Le plus célèbre des élèves de Puccini, Arturo Toscanini dirigeait. L'opéra se déroulait de façon magnifique jusqu'au dernier mouvement composé par Puccini. À cet endroit, le maestro déposa sa baguette et se tourna vers l'audience: «Ici se termine l'oeuvre du maître avant sa mort» dit-il. Il y eut un long silence, pas un bruit. Alors, Toscanini, les larmes aux yeux, annonça: «Mais ses disciples ont fini son oeuvre». Puis, il reprit sa baguette et l'opéra se termina sous un tonnerre d'applaudissements. Turandot se retrouve dans les annales parmi les plus grands opéras. (Extrait de 150 More stories for Preachers and Teachers) C’est aujourd’hui la « Journée missionnaire mondiale », une journée qui nous rappelle que nous sommes tous et toutes en mission, que nous sommes ceux et celles dont le Seigneur Jésus a besoin pour continuer son œuvre, c’est-à-dire, que nous sommes ceux et celles qui sont ici à l’Isle-aux-Grues pour raconter la manière d’être de Jésus, l’importance qu’il donnait à la personne, surtout aux pauvres et aux enfants, sa façon de donner une parole qui déjà faisait passer les gens qui l’entendaient de la mort à la vie. Quelle belle mission à vivre ensemble! Une mission difficile aussi car elle oblige à prendre position. Nous le voyons bien dans l’évangile de ce matin. Des pharisiens se sont concertés pour se donner une raison d’éliminer Jésus. Il est devenu embarrassant, justement à cause de sa manière d’être, de sa parole, de ses prises de position pour les mal pris, concernant la religion. La question est traître. Quelque soit la réponse de Jésus, il sera dans le pétrin. Voyez : « Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à l’empereur. » C’est une question d’actualité : payer ou pas ses impôts, payer ou pas les taxes. Personne, parmi nous, aime payer des impôts et des taxes même si chacun et chacune de nous voulons aussi les meilleurs services possibles de l’État. « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu », dit Jésus. C’est clair. Nous avons à prendre position. Nous devons payer nos impôts, les taxes. Si tous et toutes travaillent au noir, fraudent, agissent à la manière de certains grands banquiers comme nous venons de le voir, c’est toute notre société qui est en danger, ce sont des gens qui perdent leurs économies. Toute notre société s’appauvrie et bien sûr les plus pauvres. Nous ne sommes pas obligés d’être d’accord avec toutes les décisions des gouvernements. C’est pour cela qu’il y a la politique et les élections. « Rendez à Dieu ce qui est à Dieu. » Il nous faut prendre position là aussi. Nous ne vivons pas seulement d’argent et de biens. Nous vivons aussi d’une Présence, une Présence qui nous habite, une Présence qui est un Esprit d’Amour, une Présence qui est appelée à animer toute notre vie, une Présence qui est une Force pour nous permettre de prendre parti pour les plus faibles, les enfants, pour le respect inconditionnel des personnes, pour la compassion, pour la paix à construire entre nous. Notre mission est belle et difficile. Anthony De Mello écrit ceci :1 «J'étais sourd comme un pot. Je voyais les gens se tenir debout et tournoyer de toutes les manières: ils appelaient ça de la danse. Ça me paraissait absurde. Mais un jour j'entendis la musique - et ce jour là, je compris. Que la danse était belle!» Même si le monde dans lequel nous vivons peut nous apparaître sourd au message de Jésus, il a besoin de notre musique. Il a besoin du chant de l’amour, de la tendresse, de l’espérance. Il a besoin du chant du pardon, de la miséricorde, de la paix. Nous sommes appelés à être cette musique. Un jour, des gens tout autour de nous comprendront. Ils entendront notre musique. Nous aurons participé à la Mission. Amen. ________________ 1. Comme un chant d'oiseau, p. 143
Au cours d’un colloque entre responsables croyants, quelqu’un avait parlé longuement des problèmes qu’il avait et de ses déceptions avec ses frères et sœurs dans la foi. Un autre poursuivit : « Je vois que le collègue qui vient de parler demeure dans la rue des Plaintes. J’y ai moi-même habité quelque temps, et jamais je ne m’y suis bien porté. L’air était malsain, la maison était malsaine, l’eau était malsaine, les oiseaux n’y chantaient jamais, et moi-même, j’étais triste et de mauvaise humeur… Mais j’ai déménagé, je suis allé habiter rue de la Reconnaissance et depuis lors, je me porte bien, ma famille aussi. L’air y est pur, l’eau y est pure, la maison est saine et exposée au soleil, les oiseaux chantent, et je suis heureux du matin au soir. Eh bien! Si j’ai un conseil à donner à notre frère, c’est de déménager lui aussi. Il y a beaucoup de maisons à louer dans la rue de la Reconnaissance, et s’il veut y venir, je suis sûr qu’il y sera transformé, et je serai moi-même très heureux de l’avoir comme voisin. » Aujourd’hui, je vous invite à aller faire un tour sur la rue de la Reconnaissance, de vous y promener, d’ouvrir grands vos yeux et vos cœurs. Je vous invite à passer de nouveau devant la maison de votre enfance, à vous y arrêter pour saluer vos parents, peut-être vos grands-parents, à vous rappeler votre enfance, votre adolescence avec vos frères et sœurs, les repas de famille, les grands moments de fêtes. Je vous invite à passer de nouveau devant la maison où vous avez vécu votre premier amour, l’événement toujours extraordinaire et nouveau de l’arrivée de chacun de vos enfants, les rêves élaborés pour eux. Je vous invite à sortir dehors, de jour, de nuit. Partout où votre regard porte, laissez-vous envahir par la beauté du soleil qui se lève, qui se couche, qui éclaire de façon toujours nouvelle les Laurentides, vous permettant de découvrir constamment le contour des montagnes et tout l’arc-en-ciel des couleurs. Et puis, voyez les hirondelles si nombreuses au printemps, les grands voiliers des oies des neiges qui s’élèvent dans le soleil, qui chantent constamment. Laissez aussi votre regard porter plus loin et voyez les champs prêts pour la récolte. Refaites aussi vos chemins de deuils, de pardons, car la vie est aussi faite de séparations, de difficultés, de peines, de travail. Sur votre chemin, arrêtez-vous à l’église. Là vous êtes venus tant de fois pour nourrir votre foi et vivre de grands événements de vos vies : un baptême, un mariage, un deuil. Regardez la croix. Elle parle. Elle vous parle. Elle raconte tout l’amour que Dieu le Père vous porte en Jésus. Entendez encore cette Parole, laissez-là pénétrer vos cœurs : « Regardez les oiseaux du ciel: ils ne font ni semailles ni moisson, ils ne font pas de réserves dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux, hommes et femmes de peu de foi?
Observez comment poussent les lis des champs: ils ne travaillent pas, ils ne filent pas. Si Dieu habille ainsi l'herbe des champs, qui est là aujourd'hui, et qui demain sera jetée au feu, ne fera-t-il pas bien davantage pour vous, hommes et femmes de peu de foi?
Ne vous faites donc pas tant de souci; votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez d'abord son Royaume et sa justice. »
Elles sont belles ces paroles. C’est l’Amour de Dieu qui nous parle. À l’invitation de saint Paul, « vivons dans l’action de grâce, soyons reconnaissants. Que la Parole du Christ habite en nous. Chantons à Dieu en nos cœurs notre reconnaissance. « Car le Seigneur a répandu ses largesses. Il a fait pour nous des merveilles. Il est au milieu de nous. Il est le Seigneur notre Dieu. » Forts de cette présence amoureuse de Dieu le Père en Jésus dans nos vies, sortons de l’église et allons vivre nos vies dans l’espérance et la reconnaissance. Amen. L’histoire racontée dans la Parole de Dieu de ce matin commence par un beau geste de gratuité, de générosité. Un propriétaire d’un domaine plante une vigne, en prend soin, l’entoure d’une clôture pour la protéger. Comme il devait partir en voyage, il la donne à des vignerons pour qu’ils s’en occupent. Quand arrive le moment de la récolte, nous apprenons de quel bois se chauffe les vignerons. Ils veulent garder toute la récolte pour eux. Pas question de reconnaître leur maître et donateur. Ils se voient les seuls propriétaires. Ils ne veulent qu’une seule loi, la leur. Ils vont jusqu’à s’en prendre physiquement à des frères et des sœurs venus pour ramener une part de la récolte à leur maître. « Finalement, nous dit la Parole de Dieu, il leur envoya son fils, en se disant : ils respecteront mon fils. » Mais non. S’accaparer des fruits de la vigne n’était pas suffisant. Ils voulaient la vigne juste pour eux. Ils ont tué le fils. Le Seigneur notre Dieu, dans sa grande bonté, dans sa grande générosité, gratuitement, nous a donné sa Vigne, nous a donné son Église, nous a donné son Fils, nous a donné des frères et des sœurs à aimer, avec qui partager. Le Seigneur notre Dieu nous a donné le vin de l’eucharistie, source de vie nouvelle pour chacun et chacune, force de résurrection, possibilité de toujours recommencer, de passer constamment de la mort à la vie. Le Seigneur notre Dieu nous a fait dépositaire des fruits de sa Vigne, de son Église. Personne ne peut agir comme s’il était le propriétaire de la Vigne, de l’Église. Personne ne peut mettre des conditions à l’amour de Dieu, à la gratuité de Dieu, à la miséricorde de Dieu. Le Seigneur Jésus est la pierre angulaire nous dit encore la Parole. Le Seigneur Jésus est la dernière pierre placée qui tient tout l’édifice. Voilà la merveille de Dieu pour sa Vigne, pour son Église, pour chacun et chacune de nous sans exception. L’amour de Dieu triomphera en chacun et chacune de nous. Cyrille Collard, jeune auteur et cinéaste - il a réalisé Les nuits fauves - est mort du sida le 5 mars 1993. Une de ses amies, Françoise Verny, a eu l'idée d'inviter un prêtre, Tony Anatrella, qui avait rencontré Cyrille pendant sa maladie, à célébrer une messe. Elle y a invité parents et amis. À l'heure dite, l'église se remplit rapidement. Le célébrant évoque ses rencontres avec le disparu et lit deux textes admirables: l'épître de saint Jean sur l'amour et l'Évangile de la résurrection de Lazare. Au moment de la communion, des jeunes, très nombreux, s’avancent vers l'autel, alors qu'ils ne se sont pas approchés de la Table sainte depuis des années. Quelqu'un demandera ensuite à l'un d'entre eux depuis combien de temps il ne s'est pas confessé. Le garçon hausse les épaules et répond simplement: «J'ai eu envie de communier pour être avec lui». (Françoise Verny, Dieu n'a pas fait la mort, Grasset, 1994, p. 63-65)
« La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire. C’est là l’œuvre du Seigneur, une merveille sous nos yeux. » Amen.
Annie Dillard raconte : une veille de Noël où il faisait très froid, j'étais encore debout, exceptionnellement, parce que nous étions sortis souper à l'extérieur, mes parents, ma petite soeur et moi et nous revenions à la maison toute chaude pour continuer la veillée de Noël. Nos bas pendaient au-dessus du foyer et, à côté, il y avait une table spéciale avec des pâtisseries et des liqueurs douces. J'enlevai mon beau manteau d'hiver et mes bas et j'étais debout sur une bouche d'air à réchauffer mes semelles de souliers et mes jambes. Il y eut un mouvement à la porte d'entrée. Elle s'entr'ouvrit et laissa entrer le vent froid autour de moi. Tout le monde m'appelait: « Regarde qui est là ! Regarde qui est là ! » Je regardai. C'était le Père Noël que je ne voulais surtout pas rencontrer! C'était comme une immense apparition dans la porte: le Père Noël me cherchait des yeux. La voix de ma mère vibrait d'émotion: « Regarde qui est là ! ». Je courus en haut. Comme toute personne sensée, j'avais peur du Père Noël, pensant que c'était Dieu. J'avais perdu toute politesse et toutes manières: je réagissais comme je pouvais. Je savais distinguer le bien du mal mais j'avais à peine commencé à adopter ma propre façon d'agir, et plutôt par crainte, pas encore par amour. Et le Père Noël était un vieil homme, que nous n'avions jamais vu mais qui nous voyait toujours. Il savait si nous avions été bons ou méchants et j'avais été méchante. . . Ma mère m'appelait avec insistance et enthousiasme. Je ne voulais pas descendre. Mon père m'encourageait, ma petite soeur hurlait. Je ne voulais pas descendre. Mais je pouvais me pencher sur la rampe de l'escalier et voir. Le Père Noël était debout dans l'entrée, l'obscurité sur ses épaules, laissant entrer tout le froid de la nuit. Le Père Noël se tenait dans l'entrée comme un géant puissant qui sonnait une cloche et qui disait: « Joyeux Noël! Joyeux Noël! » Je ne suis jamais descendue. Je ne sais pas qui a mangé les pâtisseries... Maintenant que ça fait bien des années, je sais que ce Père Noël était en réalité mademoiselle White, déguisée en Père Noël, qui vivait en face de chez nous. J'avais confondu dams ma tête les personnages du Père Noël, de Dieu et de Mlle White, en faisant une trinité terrible et vulnérable. C'est moi qui avais tout mélangé et j'avais déçu tout le monde. Mlle White, Dieu. Je regrette de m'être enfuie. Je m'enfuis encore aujourd'hui... Je me sauve encore de cette réalité, de cet amour auquel on ne peut pas réellement échapper car tout ce que vous offriez, c'était de l'amour, et moi, je n'éprouvais que de la crainte... C'est ainsi qu'en Israël, un jour, l'amour est venu à nous avec un visage humain et s'est tenu à la porte d'entrée, entre deux mondes, et nous avons tous eu peur... Cette histoire raconte, à sa façon, le même message que celui de l’évangile d’aujourd’hui. Nous sommes comme des enfants ambivalents, nous dit la Parole de Dieu. Nous sommes comme des enfants qui ont de la difficulté à faire des choix. Nous sommes comme des enfants qui remettent en question leur décision. Nous sommes comme des enfants qui disent oui et ne font pas, des enfants qui disent non et qui font. Vous reconnaissez-vous? Comme à la manière de l’histoire, il nous arrive d’être tout mélangé concernant Dieu, il nous arrive de garder des peurs concernant Dieu. Nous concevons Dieu à la manière humaine. Nous donnons à Dieu des attributs calqués sur notre façon humaine de percevoir les réalités. Par exemple, la justice pour nous fait la plupart du temps référence à la punition. Pour Dieu sa justice c’est sa miséricorde. En Dieu, il n’y a que l’amour de ses enfants. Nous avons toute une conversion à faire : accueillir Dieu dans notre vie comme il est : tout Amour; laisser tomber la crainte; nous abandonner à l’Amour de Dieu; croire que jamais il ne nous abandonnera. Et faire de notre mieux pour aimer à sa façon. Chaque dimanche, en cette eucharistie, l’amour de Dieu en Jésus nous est offert sans condition. Accueillons-le, vivons-en. Amen.
Une petite fille dit à sa mère: - Maman, j'ai envie de dessiner Dieu. Sa mère lui dit: - Prends tes crayons de couleurs, du papier et dessine.
La petite fille s'installe à la table et réfléchit à ce qu'elle va faire. Elle revient trouver sa mère et demande: - Maman, est-ce qu'il est grand, Dieu? - Oui, ma fille, Dieu est grand, lui dit la mère.
La petite fille revient s'asseoir, prend un crayon et s'arrête encore. Elle revient trouver sa mère: - Maman, Dieu, est-ce qu'il est beau? - Oui, lui dit sa mère, Dieu est très beau.
La petite fille revient à table, réfléchit encore devant son papier et revient trouver sa mère: - Maman, j'ai décidé de ne pas dessiner Dieu, j'ai trop peur de l'abîmer. (Lise Lachance, Prions en Église, 2 juin 1996).
Quelle sagesse chez cette petite fille! Elle a bien raison. Qui peut se permettre de dessiner Dieu, de rendre sur une toile tout ce qu’est Dieu?
D’autant plus que le passage du prophète Isaïe choisit pour la célébration d’aujourd’hui nous dit : « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et mes chemins ne sont pas vos chemins, déclare le Seigneur. Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus des vôtres, et mes pensées, au-dessus de vos pensées. »
Le Seigneur notre Dieu nous dit qu’il est tout différent de nous.
Nous le voyons bien dans l’évangile d’aujourd’hui.
Accepteriez-vous cela vous autres, un employeur qui paierait ses employés le même salaire quelque soit le nombre d’heures travaillées? Non, vous n’accepteriez pas une telle façon de faire. L’employeur le saurait rapidement. Les journaux s’empareraient de l’affaire
Justement, le Seigneur n’est pas un employeur comme ceux que nous connaissons dans notre monde. Dans son Royaume, car c’est de cela dont il s’agit, les choses ne se passent pas comme ici-bas. Pour le Seigneur notre Dieu, il n’est pas question de compter des heures, d’additionner des mérites.
Notre Dieu est la gratuité même, il est toute grâce, il donne tout. Il est don, pardon, miséricorde pour tous et toutes sans exception quelque soit nos expériences de vie car nous sommes ses fils et ses filles bien-aimés,
Il est temps de nous convertir, de nous tourner vers le Seigneur, de l’accueillir en nos vies comme il est : tout amour, don total.
Il est temps de nous convertir, d’accepter que nous ne pouvons pas mériter notre Salut, d’accueillir l’amour de Dieu pour nous.
Ce que nous avons à faire : imiter le Seigneur de notre mieux, placer de la gratuité dans notre vie, aimer nos frères et nos sœurs sans condition, pardonner, créer de l’harmonie tout autour de nous. Amen.
Il était une fois un célèbre funambule. Son habileté était telle que jamais il n'était tombé de son fil d'acier. Dans sa jeunesse, il avait appris à marcher sur ce fil, d'abord à quelques centimètres du sol puis graduellement, on l'avait élevé jusqu'à la hauteur requise pour qu'il puisse donner son premier spectacle. Tous étaient unanimes. Sa dextérité et son sens de l'équilibre étaient remarquables. Personne n'avait souvenance de l'avoir vu tomber. Un jour, le cirque éprouva de sérieuses difficultés financières. On proposa au funambule d'élever le fil et d'augmenter la distance afin d'attirer plus de gens. Les travailleurs du cirque avaient placé toute leur confiance en leur unique funambule, déjà assurés d'obtenir un succès monstre. Se retournant vers ses camarades de travail, le funambule leur demanda: «Êtes-vous certains que je réussirai?» Et la foule de répondre: «Nous avons confiance en toi et nous sommes absolument certains que tu réussiras». Et de fait, il réussit cet exploit. Tous les jours, il attira de nombreuses foules, rapportant ainsi de bonnes recettes au cirque. Tout le monde profitait de son talent. Après une année de succès, le directeur voulut faire prendre de l'expansion au cirque et proposa au funambule un événement publicitaire afin d'attirer plus de monde. Il lui proposa d'installer un câble d'acier d'un bout à l'autre d'une chute très élevée et d'inviter toute la région à cet exploit sans précédent. Tous les membres du cirque réitérèrent leur confiance au funambule; ce dernier n'hésita pas et accepta de relever le défi. Fin prêt pour ce périlleux voyage au-dessus de la chute, il demanda encore une fois à tous s'ils étaient sincères quand ils soutenaient avoir une foi sans bornes en lui. Tous sans exception lui crièrent leur confiance. Il partit donc et, comme tout le monde s'y attendait, il réussit aisément ce tour de force. C'est alors que le funambule prit solennellement la parole et dit: - Votre confiance en moi est très grande. - Certainement, de dire un des membres du cirque avec lequel tous étaient d'accord. - Eh bien! je vais vous proposer un exploit encore plus extraordinaire! - Bonne idée, dis-le-nous et nous accepterons tout de suite tes exigences tellement notre confiance en toi est illimitée. - Je vous propose de retourner avec une brouette sur ce câble d'acier et de faire le voyage aller et retour. Comme votre confiance en mes capacités est illimitée, je demande à l'un d'entre vous de monter dans ma brouette pour faire ce voyage. Personne ne voulut monter. Et vous? Vous verriez-vous personnellement avec le funambule, sur ce câble d’acier, tendu d’un bout à l’autre d’une chute très élevée, vous même assis dans la brouette? À moins que vous soyez casse-cou, ou adepte de sport extrême, c’est de la pure folie surtout si vous ne connaissez pas le funambule, si vous ne l’avez jamais rencontré. Si vous connaissez le funambule, si vous avez appris à son contact à faire confiance à sa parole, si vous avez appris à regarder vos faiblesses, vos peurs avec ses yeux, si vous avez appris à écouter l’autre à sa manière, si l’autre vous apparaît comme un proche, si votre cœur, à son contact, est devenu plein de compassion, alors là il n’est plus question de folie. Il est question de rencontre, il est question d’abandon, il est question de confiance inébranlable, il est question de la rencontre de deux amours. « Dieu a envoyé son Fils dans le monde non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé ». Dans sa brouette, j’embarque. Amen. Quelqu’un raconte le procès d’un jeune homme accusé du meurtre d’une jeune fille qu’il avait remarquée sur la rue. Il ne la connaissait même pas. Elle ne lui avait rien fait: son seul crime était d’être jeune et vivante et de s’être trouvée à la mauvaise place au mauvais moment. Le procureur a décrit en détail les effroyables éléments du meurtre. L’horreur était à peine soutenable. La plupart des gens dans la salle détournaient les yeux. Tout au long du procès cependant, le père de la victime demeura impassible, suivant les témoignages et les débats, observant le garçon. L’accusé fut reconnu coupable; le père annonça alors qu’il le visiterait en prison afin d’en venir à le connaître. Les gens étaient consternés. Pourquoi? C’était incompréhensible. Le père restait inflexible. « Ce garçon et moi sommes à jamais liés, déclara-t-il. Nous avons besoin de nous connaître. Je ne sais pas si je pourrai lui pardonner. Mais peut-être qu’en arrivant à le connaître j’arriverai à ne pas le haïr. C’est une question de guérison et de réconciliation. » (Kent Nerburn, Fais de moi un instrument de ta paix, Bellarmin, 2001, p.40) Dans un monastère, un moine commit une faute grave. Les Anciens du monastère se réunirent et prièrent le Supérieur général qui habitait dans un autre monastère de venir juger le moine fautif. Lui, cependant, refusa de venir. Les moines insistèrent. Alors il se leva et se mit en route, emportant un vieux panier percé qu’il remplit de sable et traîna derrière lui. Les Anciens vinrent à sa rencontre et lui demandèrent : « Qu’est que cela, Père? » Le vieillard répondit : « Mes péchés s’écoulent derrière moi et je ne les vois pas; or aujourd’hui je viens juger les péchés d’un autre! » En l’entendant, ils ne dirent rien au frère fautif et lui pardonnèrent. (Adaptation de Contes et récits pour la Toussaint, Éditions Ouvrières, Paris, 1995, p, 78) Une jeune famille avait déménagé dans une nouvelle ville. Le premier jour d'école, le jeune garçon de sept ans, Christopher, fut confronté avec la brute de l'école avec qui il entra malencontreusement en collision en descendant de l'autobus. Il allait en payer le prix. Dès ce moment, il se faisait bousculer, était obligé de porter les livres du garçon etc., etc. La perspective d'aller à l'école devenait chaque jour plus horrifiante pour le jeune Christopher. Bien sûr la maman était outragée. Elle était décidée à en découdre avec la petite brute, ses parents, son professeur et le principal de l'école. Mais Christopher protesta en disant: «J'aimerais mieux essayer de trouver un moyen de m'arranger avec lui puisque nous sommes dans la même école pour un bon bout de temps. » Il fallut quelques jours à la maman pour se ressaisir et accepter le point de vue de Christopher. Son instinct maternel lui dictant plutôt d'intervenir rapidement. Mais elle admit la justesse du point de vue de son fils. Elle adopta donc une nouvelle attitude ne cherchant plus tant à combattre le feu par le feu, si on peut dire, mais d'aider son fils à trouver le moyen de changer la relation belliqueuse qu'il avait avec ce garçon. Une rencontre avec le principal eut lieu, mais non plus pour en découdre avec l'enfant et ses parents, mais pour trouver une solution qui serait vivable pour son fils et aidante pour l'enfant qui terrorisait ses camarades. On en vint à la conclusion que cet enfant avait un grand besoin d'attention. On établit donc un programme visant à l'aider à s'affirmer sans violence et même à se sentir responsable des plus jeunes de l'école dont Christopher. Ça n'a pas marché tout de suite, il a fallu essayer encore et encore. Il n'y a pas eu de miracle, mais l'amour est patient et à la fin il a triomphé. Je vous ai raconté ces histoires parce que la Parole de Dieu pour nous aujourd’hui n’est pas facile. « Si ton frère a commis un péché, va lui parler seul à seul et montre-lui sa faute ». C’est une démarche très difficile. Souvent, aujourd’hui, à la sortie d’un procès pour un acte plus ou moins sordide, les parents et les proches de la victime ne sont pas satisfaits de la punition imposée. « Quatre ou cinq ans de prison, vingt ans de prison , pour un tel crime, disent-ils, ce n’est pas assez». Évidemment ces gens crient leur souffrance, le mal qui leur a été fait. Ils crient haut et fort que quatre, cinq ou vingt ans de prison ne peut pas guérir leur mal, ne peut pas faire que le crime n’ait pas eu lieu. Ils ne réalisent pas, à ce moment-là, que trente ans, cent ans de prison ne pourra pas les guérir non plus. C’est que le mal nous rejoint à l’intérieur de nous, nous habite et que la guérison ne peut venir aussi que de l’intérieur de nous. La guérison ne peut venir que de l’amour que nous portons au fond de nos cœurs. Cet amour qui nous amène à réfléchir sur notre propre vie, sur nos propres erreurs, sur nos propres étourderies, parfois sur notre méchanceté. Souvenez-vous de ce vieux moine de l’histoire qui sait qu’il a beaucoup péché dans sa vie et qui refuse de juger son frère. La guérison ne peut venir que de l’amour que nous portons au fond de nos cœurs, cet amour qui nous amène à regarder l’autre comme un frère, une sœur. La guérison ne peut venir que de l’amour que nous portons au fond de nos cœurs, cet amour qui nous amène, un jour, au pardon. Quand nous y arrivons, la guérison est possible. Je ne parle pas ici de facilité. Je parle d’amour. « Aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur. » Amen. Une personne m'a raconté son expérience. «Depuis ma jeunesse, m’a-t-elle dit, je suis une chercheuse, une chercheuse de trésors. J'ai beaucoup lu; j'ai vu beaucoup de films; j'ai beaucoup voyagé; je n'ai rien ménagé pour trouver. Des gens autour de moi disaient que j'étais une chercheuse de nuages; d'autres disaient que je dépensais toute mon énergie et tout mon argent pour ne récolter que du vent; d'autres m'encourageaient à ne pas lâcher et m'affirmaient que j'arriverais bien un jour à trouver ce que je cherchais. Avec le temps, je me fatiguais et j'étais sur le point de tout lâcher, quand un jour, j'entendis une voix, une voix qui m'attirait. Elle était belle cette voix, mélodieuse. C'était comme si je la connaissais depuis toujours et que je l'entendais pour la première fois. C'était comme si cette voix m'appelait, m'invitait à un avenir... Comme je me sentais bien! J'ai répondu à l'invitation. J'avais trouvé.» (Denis Lepage, Le Soleil gagne toujours sur l’hiver, p. 67) Voilà quelqu’un qui a été attiré par une voix toute intérieure, par un appel. Voilà quelqu’un qui a été charmé, séduit, disons-le, quelqu’un qui vit une expérience profonde, une rencontre. Et le voilà décidé à faire confiance, à s’abandonner, à partir. Il y a là une ressemblance avec l’expérience de Jérémie décrite dans la Parole de Dieu de ce matin. C’est toute une expérience que celle de Jérémie! Il a vécu en un temps de décadence, de laisser aller, d’abandon du Seigneur. Il prend la parole pour mettre en garde ses concitoyens. Les gens ne veulent pas l’entendre. Ils s’attaquent même physiquement à lui. Jérémie veut tout lâcher. « À longueur de journée, dit-il, la parole du Seigneur attire sur moi l’injure et la moquerie. Je ne penserai plus à lui, je ne parlerai plus en son nom. » Mais Jérémie ne peut pas ne plus penser au Seigneur, Jérémie ne peut pas ne plus parler au nom du Seigneur, car il y a en lui, c’est toujours lui qui le dit, « comme un feu au plus profond de son être. » « Seigneur, tu as voulu me séduire, et je me suis laissé séduire », voilà toute l’expérience de Jérémie. Jérémie est séduit, charmé par un appel intérieur, par sa rencontre personnelle avec le Seigneur, par sa Parole. Il met toute sa confiance en lui. Il a trouvé son chemin même si ce chemin est bien souvent difficile. Et nous mes amis? Avons-nous, un jour, été séduit par la rencontre de Jésus? Nous sommes-nous laissé attirer, disons-le, charmer par sa manière d’être, de faire, par l’histoire de sa vie, par sa Parole? Lui avons-nous fait suffisamment confiance pour partir vivre notre vie à sa manière? « Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. » Une manière de dire : « Si tu veux me suivre, aime; donne; pardonne; construit la paix, tend la main; ait un grand respect pour les autres et ton environnement. » Êtes-vous attirés, charmés par cette façon de vivre? Moi je le suis. Je le souhaite : qu’il y ait au plus profond de nous « comme un feu dévorant », une présence de l’Esprit pour que nous soyons toujours plus à la suite de Jésus. Amen.
Un responsable de pastorale, Jean, était en train de préparer une retraite pour des jeunes et avait de la difficulté à rassembler ses idées. C'était autour de deux heures du matin (!) et il s'est dit: «C'est une pause qu'il me faut». Il est allé au restaurant du coin prendre un café. Pendant qu'il était là, au comptoir, trois gars sont entrés, qui avaient l'air de vrais «bums», et l'un deux a dit aux autres, en passant: «Demain, c'est ma fête.» Un des gars a dit: «Et puis après?» Ils ont pris un café et sont partis. Après leur départ, Jean a dit au serveur: «Est-ce que ces gars-là viennent ici régulièrement?» «Ils viennent ici toutes les nuits autour de deux heures», lui a répondu le serveur, «ils ont une petite "job" de gardiens à l'usine.» Alors Jean a dit au serveur: «J'ai entendu un des gars dire que c'était sa fête. Qu'en penses-tu? Il va être ici, demain, à deux heures. Organisons-lui une fête!» «Pourquoi pas?» dit le serveur. Alors Jean est allé chercher quelques décorations, il a invité quelques jeunes qui faisaient la retraite, il a fait faire un gros gâteau de fête, et ensemble, ils ont passé le mot. Autour des deux heures du matin, le lendemain, les trois «bums» sont entrés au restaurant et, surprise, la place était pleine de monde. Et ils ont chanté «Heureux anniversaire!» à Rob (c'était son nom). Et Rob était si ému, quand ils lui ont présenté le gâteau d'anniversaire que, pour un bon moment, il ne pouvait même pas parler. Quand il a retrouvé la parole, il a demandé s'il pouvait apporter le gâteau à la maison au lieu de le manger là; il voulait l'apporter pour le regarder: personne ne lui avait jamais offert un gâteau, de toute sa vie! Après le party, il y eut une conversation intéressante. Le serveur était appuyé sur le comptoir. Il a regardé Jean et lui a dit: «Je gage que vous appartenez à une église». Et Jean, comme il avait appris à la manière de Jésus, a répondu: «J'appartiens à une église qui organise des "party" pour les "bums" à deux heures du matin.» Le serveur l'a regardé et lui a dit: «Si je pouvais trouver une telle église, je demanderais tout de suite, ce matin, d'en faire partie! » Telling Stones, Compelling Stories, Twenty-Third Publications, 1991 Notre Église est beaucoup critiquée. Souvent avec raison. Notre Église est de plus en plus abandonnée. Les gens n’y retrouvent plus le message que Jésus nous a laissé. Les gens n’ont plus d’oreilles pour la Parole de tendresse, de pardon, de paix, d’amour que Jésus nous a laissée. À chacun et chacune de nous, le Seigneur Jésus redit ce matin : « Que dites vous de moi par vos paroles, par votre vie? Sommes-nous des gens qui ouvront l’accès à une Présence qui est accueil, tendresse, miséricorde, pardon, paix, amour? Que cette Église serait attirante! Amen.
Randy Pausch, dans son livre Le dernier discours (Michel Lafon, 2008, p. 213-214) écrit juste avant sa mort, raconte que, lors d’une visite à Disney World avec son père et son fils de quatre ans, ils attendaient le monorail. « Mon fils rêvait de s'asseoir à l'avant du train avec le chauffeur, raconte-t-il. Mon père en mourait d'envie lui aussi. - Il est bien dommage qu'ils ne laissent pas les gens simples comme nous s'asseoir là, dit-il.
Je répondis - C'est à voir, papa. Quand j'étais concepteur, j'ai appris un truc pour se faufiler à l'avant. Tu veux que j'essaye ? Il acquiesça avec enthousiasme. Je me dirigeai donc vers l'aimable vendeur de billets du monorail. - Excusez-moi, lui dis-je. Pourrions-nous, tous les trois, nous asseoir en tête du train ? - Bien sûr, monsieur, répondit-il. Il ouvrit la barrière et nous laissa prendre place à côté du chauffeur. Ce fut la seule fois de ma vie où je vis mon père complètement abasourdi. - Je t’ai dit qu’il y avait un truc, lui murmurai-je au moment où le monorail démarrait. Je ne t'ai pas dit que c’était un truc compliqué. Parfois, il suffit de demander. Il suffit de demander. Nous le voyons dans la Parole de Dieu d’aujourd’hui. Cette femme, cette Cananéenne, donc une étrangère et une païenne, a une immense passion dans son cœur : l’amour pour sa fille qui est malade. C’est parce qu’elle aime éperdument sa fille qu’elle a l’audace de se pointer dans un pays voisin, souvent hostile. C’est à cause de l’amour qui inonde son cœur pour sa petite malade qu’elle a l’audace de s’adresser à un homme, ce qui n’était pas bien vu en son monde. C’est à cause de son amour et de son audace qu’elle est capable d’accepter la réprimande de Jésus : « Je ne suis pas là pour les étrangers, mais pour les gens de mon peuple. » Cette femme-là sait ce qu’elle veut. Sa fille est ce qu’elle a de plus précieux. Elle ne lâche pas : « Aie pitié de moi, Seigneur, viens à mon secours. » Elle va même affronter Jésus sur son propre terrain. Quand il lui dit « qu’il n’est pas bien de prendre le pain des enfants pour le donner aux petits chiens », avec grande humilité elle lui répond : « Les petits chiens mangent les graines qui tombent de la table de leur maître. » En d’autres mots, elle lui dit : « Donne-moi peu si tu veux, mais donne-moi ce que tu peux me donner. » Grâce à l’audace de cette femme puisée dans l’amour qu’elle porte à sa fille, voilà que Jésus change son fusil d’épaule. Jésus accepte d’aider cette étrangère. Jésus perçoit qu’il est là aussi pour aider les étrangers, tous les humains. Jésus est tout en admiration. « Que ta foi est grande, que tout se passe pour toi comme tu le veux. » « À l’heure même, nous dit la Parole, sa fille fut guérie. » « Je t’ai dit qu’il y avait un truc. Parfois, il suffit de demander », avec audace, avec toute la passion de notre cœur. Amen. Dans les montagnes lointaines du nord de la Grèce vivait un moine qui, toute sa vie, avait rêvé de faire un pèlerinage au Saint-Sépulcre pour trouver Dieu. Il voulait en faire le tour trois fois, s'agenouiller, prier, et revenir chez lui tout à fait renouvelé. Avec les années, il avait économisé, quêté dans les villages environnants et finalement, vers la fin de sa vie, il avait suffisamment d'argent pour entreprendre le voyage à Jérusalem. Il ouvrit les portes du monastère et, bâton en main, entreprit avec beaucoup d'espoir le grand voyage. Mais à peine avait-il quitté le cloître qu'il rencontra un homme en guenilles, triste, penché vers le sol, cueillant des herbes. - Où allez-vous, mon Père? demanda l'homme. - Au Saint-Sépulcre, mon frère. Par la grâce de Dieu, je vais en faire le tour trois fois, je vais m'agenouiller, prier, et je vais revenir transformé.» - Combien d'argent avez-vous pour ça, mon Père? - Trente livres», répondit le moine. - J'ai une femme et des enfants qui ont faim. Donnez-moi l'argent, faites le tour de moi trois fois, priez à genoux et retournez à votre monastère.
Le moine réfléchit un moment, grattant la terre avec son bâton, puis prit les trente livres dans son sac, donna le tout au mendiant, fit le tour de lui trois fois, s'agenouilla pour prier et retourna à son monastère. Il revint chez lui transformé, ayant reconnu que le mendiant était le Christ lui-même, non pas en un endroit éloigné et merveilleux, mais tout près de la porte du monastère, mystérieusement tout proche. (Nikos Kazantzakis) Ce n’est pas d’aujourd’hui que les hommes et les femmes cherchent Dieu. Dieu existe-t-il? Nous est-il possible de le trouver, de nous tenir près de lui? Il y a bien longtemps, le prophète Élie cherchait la présence de Dieu. Un jour qu’il fuyait la reine Jézabel qui voulait le faire mourir, - justement parce que la reine et lui ne s’entendaient pas sur le vrai Dieu -, voilà qu’Élie se retrouve caché dans une caverne. Il croyait que Dieu se trouvait dans l’ouragan, dans la tempête, dans la foudre, le tonnerre, les tremblements de terre, le feu destructeur. Dans sa caverne, Élie entend la voix du Seigneur : « Sors dans la montagne et tiens-toi devant le Seigneur, car il va passer. » Élie est obligé de changer ses idées sur la présence de Dieu. Il trouve Dieu dans la brise légère, dans la douceur. Quelle affaire! Il es est de même des proches amis de Jésus. Ils cherchent quelqu’un, un dieu qui va libérer leur pays de la présence des romains. Ils sont là dans la barque. Il fait nuit. Le vent s’est levé et la barque est secouée par les vagues. Ils ont peur. Et puis voilà. Ils croient voir venir un fantôme. Ils crient de peur. Jésus leur parle : « Confiance! c’est moi; n’ayez pas peur! » Alors Pierre de dire : « Si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur l’eau. » « Viens », dit Jésus. Quelle assurance a ce Jésus, quelle confiance en ce qu’il est, quelle sérénité, quelle puissance! On connaît la suite. Pierre qui enfonce dans l’eau parce qu’il a peur et Jésus qui l’empoigne : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté? » Comme nous ressemblons à Pierre! Nous laissons souvent diriger nos vies par la peur. Et il y a tant de personnes et d’institutions qui utilisent la peur pour nous asservir. Dieu n’est pas présent dans les désastres naturels. Dieu ne veut pas nous punir. Dieu n’est pas présent dans la peur, dans la mort. Dieu est présent dans la confiance, dans la vie. Dieu est présent dans la douceur. Dieu est présent dans sa Parole : « Confiance! C’est moi; n’ayez pas peur! » Dieu est présent dans la main qu’il tend vers nous pour nous sauver. Croyez-vous cela? Oui Seigneur, nous croyons. « Vraiment, tu es le Fils de Dieu! » Amen. Il y a une émission de télévision que vous avez probablement regardée un jour: Les Anges de la Rénovation. C’est fou, cette émission là! C’est gros! Ça dépasse l’entendement et parfois le raisonnable! On construit en quelques jours, pour des pauvres, des maisons d’un luxe et d’une grandeur inouïs. En plus de donner totalement la maison, on y ajoute souvent un montant d’argent important et tout cela gratuitement. J’ai pensé à cette émission quand j’ai lu les textes de la Parole de Dieu d’aujourd’hui. « Même si vous n'avez pas d'argent, venez acheter et consommer, venez acheter du vin et du lait sans argent et sans rien payer. Pourquoi dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas?
Mangez de bonnes choses, régalez-vous de viandes savoureuses.
Venez à moi ! Écoutez, et vous vivrez. Je ferai avec vous une Alliance éternelle. »
C’est fou ça! Je ne connais rien de semblable en notre monde. Écoutez maintenant la parole de saint Paul : « J'en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les esprits ni les puissances, ni le présent ni l'avenir, ni les astres, ni les cieux, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu qui est en Jésus Christ notre Seigneur. »
C’est fou! C’est gros! Ça frise l’irraisonnable en notre monde. C’est bon! Enfin la multiplication des pains. Cinq mille hommes sans compter les femmes et les enfants ont eu du pain. Et tout cela gratuitement. C’est fou! C’est gros! Ça frise l’irraisonnable en notre monde. C’est bon! Toutes ces paroles nous parlent de notre Dieu. C’est un amoureux fou. Il sème la bonté, la miséricorde, le pardon à tout vent. C’est gratuit! C’est puissant de la puissance même de Dieu! Ça dépasse l’entendement et parfois ce qui nous apparaît raisonnable. La Parole qui nourrit, qui fait vivre; le pardon qui nous renouvelle, nous fait constamment passer de la mort à la vie, nous ressuscite déjà; l’amour de Dieu sans condition, sa tendresse pour toujours, toutes ces réalités sont présentes dans l’eucharistie que nous vivons ensemble ce matin. C’est gratuit! C’est puissant de la puissance même de Dieu! Ça dépasse l’entendement et parfois ce qui nous apparaît raisonnable. C’est bon! Amen.
« À Gabaon, nous raconte le premier livre des Rois, voilà que le Seigneur apparaît en songe à Salomon. « Demande ce que tu veux et je te le donnerai. » Qui de nous n’aimerait pas faire un tel songe : « Demande ce que tu veux et je te le donnerai. » « Une voiture neuve, quant à faire. Qu’on me fournisse gratuitement, et tant que j’en veux, le pétrole pour ma voiture jusqu’à la fin de mes jours. Je voudrais gagner 25 millions à la loto. Je voudrais la santé, c’est le plus grand des trésors. » Vous savez ce que Salomon a répondu : « Donne à ton serviteur un cœur attentif pour qu’il sache gouverner ton peuple. » L’abbé Jules Beaulac raconte qu’il a un ami Jean qui élève des dindes et des poulets de grain. Il m'a téléphoné, (raconte-t-il): «J e veux donner une grosse dinde à des pauvres. J'ai pensé à toi pour la leur donner.» Je suis allé chercher la dinde: trente-deux livres, un vrai monstre! Jean y a ajouté trois beaux poulets de grain, dans la générosité de son cœur. Puis je suis allé chez Léon, un boucher de mes amis, qui a scié la dinde en quatre, pour rien ... juste par pure bonté. J'ai encore trouvé Antoinette qui m'a réservé une tablette dans sa chambre froide pour toute cette volaille.
(...) sept familles pauvres vont profiter de la charité de Jean, de Léon et d'Antoinette. |