Épiphanie du Seigneur B 2012
Toute une expérience que celle des mages! Ces gens venus d’ailleurs à la suite de la découverte d’un signe dans le ciel qu’ils nomment une étoile, un signe si important qu’ils partent, qu’ils acceptent de s’ouvrir à la nouveauté.
Quelle expérience ont-ils vraiment vécu? Je ne saurais le dire. Ils ont cru que ce signe annonçait la naissance d’un grand roi. C’était si important qu’ils sont partis pour un pays étranger.
« Où est le roi des Juifs qui vient de naître? » demandent-ils ici et là. Une question qui les amène jusque chez le roi Hérode.
L’étoile, le signe qu’ils avaient reconnu chez eux se manifeste à nouveau et voilà qu’il les conduit jusqu’à un
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Sante Marie, Mère de Dieu B 2012
Elle est belle cette image de Jésus qui s’amène à la synagogue, le lieu de prière des Juifs. C’est le jour du sabbat, le jour par excellence qui veut célébrer le Dieu qui a libéré son peuple. Alors que Jésus enseigne, un homme qu’on dit tourmenté d’un « esprit mauvais », se met à crier : « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth? » Quelle bonne question! Oui, que nous veux-tu, Jésus de Nazareth? Que fais-tu là dans la synagogue? De quoi te mêles-tu avec tes enseignements? De qui tiens-tu ton autorité? Pourquoi viens-tu tout chambarder? Veux-tu notre malheur, notre perdition? Que veux-tu? Jésus va répondre, justement avec autorité, à la question de l’homme et à nos propres questions. « Sors de cet homme », dit Jésus, en s’adressant à « l’esprit mauvais. » Il y a une autorité, une force et une puissance dans la Parole de Jésus. C’est une Parole efficace. C’est une Parole qui sauve. Quand Jésus parle, sa Parole est bonté, pardon, miséricorde, salut. « L’esprit mauvais » sort de l’homme. Cet homme redevient un homme libre, capable de continuer sa vie. Les gens qui ont assisté à la scène n’en reviennent pas : « Qu’est-ce que cela? Qu’est-ce qui arrive au milieu de nous? Qu’est-ce que ce Jésus qui non seulement se permet de commander « aux esprits mauvais » mais qui a la capacité de se faire obéir par ces mêmes « esprits mauvais»? « Qu’est-ce que cela veut dire? »
Oui, qu’est-ce que cela veut dire?
Cela veut dire qu’il y a au milieu de nous un homme Jésus, que cet homme est l’envoyé du Père, le Messie. Il est Emmanuel, Dieu avec nous. Il vient, à sa manière, nous dire que Dieu est avec nous pour détruire le mal sous toutes ses formes, pour nous donner sa vie, même si parfois se retrouve en nous un « esprit mauvais ». Cela veut dire que rien ne peut résister à la force et à la puissance de vie de Jésus. Il veut nous sauver de tous nos malheurs, nous donner son Royaume d’amour et cela à tous et toutes sans exception. Et c’est gratuit. Je ne sais pas si la Présence de Jésus dans votre synagogue, dans votre vie vous intéresse. Il y a une façon de dire oui à cette Présence. C’est de vivre à la manière de Jésus, c’est d’avoir une parole à la manière de Jésus, c’est de faire disparaître le plus possible de nos vies le mal qui nous habite, c’est de libérer nos frères et nos sœurs du mal qui les habite. Quel changement dans notre monde! Quelle transformation tout autour de nous et en nous! Voyez : le pardon qui surgit de partout, la tendresse qui surgit de partout, la compassion qui surgit de partout, la vie qui surgit de partout, le bonheur qui prend place partout. Que c’est bon! Voilà le Règne de Dieu au milieu de nous et en nous. Amen. Le soleil se levait sur Assise. Ses rayons frappaient le sommet de la colline et illuminaient les ruines de l'ancienne forteresse féodale, au-dessus de la ville. À mi-côte, dans le petit jardin du couvent de Saint-Damien, François, malade, couché dans une cabane de roseaux, participait à la naissance du jour. Après les affres de la nuit, il se sentait mieux et goûtait une paix profonde. Ses yeux lui laissaient un peu de répit. Et cette lumière du petit matin était si douce, si belle. Les noirs cyprès d'alentour se doraient à leurs cimes et se remplissaient de chants d'oiseaux. Le ciel était pur et les fleurs du jardin embaumaient. C'était un matin merveilleux. François se sentait léger comme une aile. Mais le secret de sa joie était au plus profond de lui-même. Il était dans les paroles que le Seigneur lui avait fait entendre cette nuit, tandis qu'il gémissait sous le poids des souffrances, l'âme au bord du découragement. «Réjouis-toi, lui avait-il dit, et sois dans l'allégresse au milieu de tes infirmités et tribulations: dès maintenant vis en paix comme si tu partageais déjà mon Royaume!» C'étaient des paroles enivrantes. Une promesse de bonheur. Une invitation à la Joie. François avait envie de chanter. (Éloi Leclerc, François d'Assise, DDB) Avez-vous envie de chanter comme François? Peut-être pas. Peut-être êtes-vous atteint profondément par ce qui arrive en notre monde : la collusion, le vol pratiqué subtilement et qui affecte tous les citoyens, les compagnies qui ne respectent pas leurs engagements envers leurs employés, les salaires faramineux que de grands responsables dans la société se votent pour eux-mêmes, l’impuissance que nous vivons devant des décisions qui nous affectent journellement, décisions prises on ne sait pas trop par qui et où. Nous subissons constamment dans ce monde qui est le nôtre. La plupart des citoyens s’appauvrissent dans ce monde qui est le nôtre. Je ne sais pas si vos oreilles et votre cœur sont ouverts au message de l’évangile d’aujourd’hui. C’est Jésus, encore lui, qui a toute une parole pour nous : « Les temps sont accomplis, le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle. » Le Seigneur Jésus n’est pas en train de nous dire comme nous l’entendons si souvent aujourd’hui : « Nous sommes arrivés à la fin du monde. » Non, il nous dit que le Règne de Dieu est tellement proche de nous qu’il est là au milieu de nous et en nous. Le Règne de Dieu, c’est le parti pris de Dieu en Jésus son Fils pour nous. Le Règne de Dieu c’est la bienveillance de Dieu même pour chacun et chacune de nous sans exception. Le Règne de Dieu c’est l’amour de Dieu même qui s’est approché de chacun et chacune, qui habite même en nous. Cet amour est pardon, miséricorde, promesse de vie pour tous et toutes à jamais. La seule condition qui nous est demandé c’est d’y croire, d’ouvrir nos cœurs à cette parole, à cette Bonne Nouvelle : Dieu est avec nous. Qu’est-ce que cela vient changer aux problèmes de notre monde me direz-vous? Peut-être pas grand-chose, peut-être beaucoup, cela dépend. Si dans notre cœur nous avons cette certitude d’être aimé de Dieu, que jamais il ne nous abandonnera, tout peut être changé en nous, tout peut être nouveau en nous. Et si comme ses disciples, qui, à son appel, se sont mis à sa suite, nous nous mettons à la suite de Jésus c’est-à-dire, nous nous mettons à aimer nos frères et nos sœurs à la manière de Jésus, à pardonner, à avoir beaucoup de compassion pour nos frères et nos sœurs, nous changerons, nous deviendrons meilleurs, nos frères et nos sœurs changerons, deviendrons meilleurs. La Présence de Dieu en Jésus au milieu de nous peut tout changer si nous y croyons. Il est là. Il veille sur nous. Son Règne est là au milieu de nous. Lorsque l’enfant commence son adolescence, dans la tribu des indiens cherokees, son père l’emmène dans la forêt, lui place un bandeau sur les yeux et s’en va, le laissant seul. Il a l’obligation de rester assis sur un tronc d’arbre toute la nuit, et ne doit pas retirer le bandeau jusqu’à ce que les premiers rayons du soleil brillent de nouveau, le lendemain matin. Il ne peut demander l’aide de personne. Une fois qu’il aura survécu à cette nuit, il sera un homme. Il ne peut pas communiquer avec les autres jeunes gens au sujet de cette expérience, car chacun d’eux doit entrer dans l’adolescence de la même manière. L’enfant est naturellement terrorisé; il entend toutes sortes de bruits: des bêtes sauvages qui rôdent alentour, des loups qui hurlent, peut-être même quelqu’être humain qui lui voudrait du mal. Il écoute le vent souffler dans les branches et les plantes crisser, et il doit rester stoïquement assis sur le tronc d’arbre, sans retirer son bandeau. Car ceci est pour lui la seule façon de devenir un homme. Finalement, après cette horrible nuit, apparaît le soleil, et il peut alors retirer son bandeau. C’est alors qu’il découvre son père, assis à côté de lui. Son père, qui n’est pas parti ; qui a veillé toute la nuit en silence, assis sur le même tronc, pour le protéger du danger et, bien entendu, sans que l’enfant le sache. De la même manière nous, nous ne sommes jamais seuls. Même si nous ne pouvons pas Le voir au milieu des obscurités de la vie, notre Père Céleste est à nos côtés, veillant sur nous, assis sur un tronc. Quand surviennent les problèmes et l’obscurité, la seule chose que nous ayons à faire est d’avoir confiance en Lui. Un jour apparaîtra l’aurore et nous Le verrons à côté de nous, tel qu’Il est. Amen. Le regard. Ils sont importants les regards dans l’évangile d’aujourd’hui.
Il y a d’abord Jean-Baptiste qui pose son regard sur Jésus. Ce n’est pas un regard en passant. C’est un regard pénétrant, ouvert à la découverte, à l’admiration. À travers son regard, Jean-Baptiste découvre qui est Jésus. Il ne manque pas de le dire sur-le-champ à ses deux amis : « Lui, Jésus, c’est l’Agneau de Dieu, c’est l’envoyé du Père, c’est le Messie, notre Sauveur. »
Les deux disciples de Jean-Baptiste se mettent à suivre Jésus. Ils veulent en connaître plus sur Jésus. « Que cherchez-vous? » leur dit celui-ci.
Les disciples ne s’attendaient pas à une telle question et ne savent que répondre. « Où habites-tu? »
« Venez et vous verrez. » Toute une invitation que leur fait Jésus.
Ils sont allés, ils ont regardé, ils ont vu. Et les voilà partis, forts de leur découverte. Ils cherchent quelqu’un à qui se raconter. Ils trouvent Simon : « Nous avons trouvé le Messie, le Christ, celui que nous attendons depuis si longtemps, celui qui doit nous apporter le Salut, celui qui est notre Sauveur. »
Nous n’avons pas la réaction de Simon car ses amis l’amènent jusqu’à Jésus. « Jésus posa son regard sur lui… » continue l’évangile.
Avons-nous encore le temps de regarder les personnes et les choses qui nous entourent? Avons-nous encore le temps, par notre regard sur les personnes et les choses, de découvrir la beauté, la bonté qui s’expriment à travers ces personnes et ces choses?
Nous laissons-nous émouvoir par le regard que nous portons sur les personnes et les choses qui nous entourent?
Il y a tant de personnes là sur notre chemin aujourd’hui, tant de choses; tant de personnes et de choses que renferment leur mystère.
Il s’agit, à la manière de Jean-Baptiste, de ses disciples et de Jésus, de nous arrêter, de prendre le temps, de regarder, de dépasser le superficiel, ce qui apparaît, de poser notre regard sur les personnes qui sont là tout près de nous, sur les choses qui sont devenues banales.
Il y a tant de beauté, tant de bonté, tant de tendresse, tant d’amour, là, sur notre chemin, tant de belles réalités à aller raconter à nos amis : « Aujourd’hui, sur ma route, j’ai vu la bonté, la beauté, la tendresse, l’amour…».
Si nous étions beaucoup à le faire, la Vie surgirait de plus en plus au milieu de nous. Nous vivrions du Royaume de Dieu. Amen.
Toute une expérience que celle des mages! Ces gens venus d’ailleurs à la suite de la découverte d’un signe dans le ciel qu’ils nomment une étoile, un signe si important qu’ils partent, qu’ils acceptent de s’ouvrir à la nouveauté. Quelle expérience ont-ils vraiment vécu? Je ne saurais le dire. Ils ont cru que ce signe annonçait la naissance d’un grand roi. C’était si important qu’ils sont partis pour un pays étranger. « Où est le roi des Juifs qui vient de naître? » demandent-ils ici et là. Une question qui les amène jusque chez le roi Hérode. L’étoile, le signe qu’ils avaient reconnu chez eux se manifeste à nouveau et voilà qu’il les conduit jusqu’à un enfant. « Ils virent l’enfant avec Marie sa mère. » Cette rencontre avec l’enfant est si émouvante, si chamboulante qu’ils tombent à genoux, se prosternent. Ils tombent sous le charme de cet enfant. Ils lui donnent tout ce qu’ils ont : de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Je ne sais pas, si un jour, dans votre vie, il vous est arrivé comme une étoile, comme un signe, un appel, si fort que vous avez accepté de quitter votre quiétude, vos habitudes pour partir à l’aventure, à la recherche d’une Présence qui vous faisait signe. Je ne sais pas, si un jour, dans votre vie, vous vous êtes posés la question : où est le Seigneur, le Dieu de ma vie? Je ne sais pas, si un jour, dans votre vie, vous avez eu la chance de faire la rencontre de l’enfant avec Marie sa mère. Comme les mages, êtes-vous tombés sous le charme de cet enfant, l’avez-vous accueilli comme votre roi, comme celui qui est Emmanuel, Dieu avec vous, pour vous, Dieu présent à votre vie pour votre salut, pour vous donner son Amour, sa Vie à jamais? Et puis, lui avez-vous ouvert votre cœur pour lui donner tout votre amour, tout le meilleur de vous? Un pauvre homme qui vivait dans le gémissement et qui mendiait de porte en porte, aperçu un jour un chariot d'or qui entrait dans le village, et sur ce chariot un roi souriant et splendide. Le pauvre se dit aussitôt: « C'en est fini de ma souffrance, c'en est fini de ma vie démunie. Ce roi au visage doré n'est venu jusqu'ici que pour moi, je le sens. Il va me couvrir des miettes de sa richesse et je vivrai calme désormais. » Comme s'il était venu, en effet, pour voir le pauvre homme, le roi fit arrêter le chariot à sa hauteur. Le mendiant, qui s'était prosterné sur la terre, se releva et regarda le roi, convaincu que l'heure de sa fortune était enfin là. Alors, avec soudaineté, le roi tendit une main vers le pauvre et lui dit: - Qu'as-tu à me donner? Le pauvre, très étonné et très désappointé, ne sut que dire. Est-ce un jeu, se demandait-il, que le roi me propose? Se moque-t-il de moi? Est-ce quelque peine nouvelle? Puis, voyant le sourire persistant du roi, son regard lumineux et sa main tendue, il puisa dans sa besace qui contenait quelques poignées de riz. Il y prit un grain de riz et le tendit au roi qui le remercia et partit aussitôt, tiré par des chevaux étonnamment rapides. À la fin du jour, en vidant sa besace, le pauvre y trouva un grain d'or. Il se mit à pleurer, en disant: - Que ne lui ai-je donné tout mon riz! Nous sommes invités à ouvrir totalement notre cœur au Seigneur Jésus, l’Emmanuel, Dieu avec nous et pour nous. Alors, elle sera pour nous la prophétie d’Isaïe : « Elle est venue, ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. Regarde : l’obscurité recouvre la terre, les ténèbres couvrent les peuples; mais sur toi se lève le Seigneur, et sa gloire brille sur toi. » Manière de dire que Dieu lui-même est avec nous et qu’il nous donne sa lumière qui brise toutes les ténèbres de nos vies, même notre mort. Amen.
Saine Marie, Mère de Dieu B 2012 C’est beau cette image que nous présente l’évangile d’aujourd’hui! Marie, une toute jeune maman, qui regarde son nouveau-né, qui contemple son nouveau-né, qui se remémore les derniers événements de sa vie : l’annonce qu’elle sera mère, sa grossesse, sa visite à Élizabeth qui est aussi enceinte, son voyage pour faire inscrire la famille sur les registres de l’État, sa délivrance et puis la visite des bergers. Son fils est là. « Il sera grand, lui a-t-on dit. Il sera Fils du Dieu Très-Haut, il sera Emmanuel, Dieu avec nous, Dieu au milieu de nous, Dieu pour nous. » Elle devait bien se demander Marie : « Se peut-il qu’un si petit enfant soit Dieu, soit le Messie attendu depuis si longtemps, le Sauveur du monde? » « Marie retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. » Marie réfléchit longuement à tous ces événements, les examine profondément, les grave dans sa mémoire. Une partie de la promesse qui lui a été faite est déjà réalisée. Son enfant est là. Pourquoi douterait-elle de l’accomplissement de toute la promesse? Oui, son enfant est le Fils de Dieu, oui, son enfant est le Sauveur du monde. Nous venons de vivre Noël. « Il est né le divin enfant » avons-nous peut-être chanté? Du folklore pour nous? une vieille histoire qui ne nous parle plus? peut-être une histoire qu’il ne faut plus croire parce que trop dérangeante? voyons : un enfant qui est Dieu, qui peut par sa Présence chambarder toute notre vie? Ce ne serait pas la première fois qu’un enfant chamboule toute une vie. Si, comme Marie, nous prenions le temps de refaire dans notre cœur l’histoire de notre rencontre avec Jésus. Si nous prenions le temps d’y réfléchir longuement. Si nous ouvrions notre cœur à la parole de Paul dans sa lettre aux Galates que nous lisons dans la liturgie d’aujourd’hui : Dieu a envoyé son Fils ; il est né d’une femme, pour faire de nous des fils. Et voici la preuve que vous êtes des fils : envoyé par Dieu, l'Esprit de son Fils est dans nos cœurs,
et il crie vers le
Père en l'appelant « Abba ! ». et comme fils, tu es héritier par la grâce de Dieu.
Avec Marie, nous sommes invités à réfléchir longuement, à méditer dans nos cœurs cette parole, cette bonne nouvelle. Par Jésus, nous sommes devenus fils et filles de Dieu même, nous sommes devenus par don, par grâce, je dirais par bénédiction, héritiers, héritières de Dieu le Père, héritiers, héritières de son amour pour toujours, héritiers, héritières de son pardon : aucune faute ne peut lui résister, héritiers, héritières de sa vie à jamais. Puissions-nous, à la suite de notre réflexion, garder le Seigneur Jésus bien présent dans notre mémoire pour qu’il soit pour nous source de toutes bénédictions, source de bienfaits, de tendresse, de paix, de vie. Amen. « Ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple : aujourd’hui vous est né un Sauveur. » Je ne sais pas comment vous recevez ces paroles. Je ne sais pas ce que vous vivez en ce moment : êtes-vous dans la joie? dans la peine? malades? avez-vous le cœur à la fête? êtes-vous disposés à entendre et à accueillir en vos cœurs ces vieilles paroles qui nous viennent d’il y a bien longtemps? Je me souviens d’un Noël. J’étais alors curé de Saint-Pacôme. Je devais aller à un CHSLD, une maison de soins de longue durée, pour présider la célébration avec toutes les personnes malades de cette institution et leurs familles qui se déplaçaient nombreuses à cette occasion. Je me demandais bien quel message je pourrais leur raconter. Comment Noël, pour ces personnes gravement malades et pour leurs familles, pouvait-il être une belle fête, une fête de joie, une fête de naissance? Comment les rejoindre et leur apporter la Bonne Nouvelle de la présence de l’enfant Jésus, ce nouveau-né porteur de Salut? Pour la première fois de ma vie, je suis parti sans papier et ne sachant pas que dire. J’étais stressé. Quand je suis arrivé, la chapelle était pleine. Chacun, chacune avait mis ses plus beaux atours. J’étais en train de mettre mon aube quand une petite fille de sept ou huit ans est arrivée dans l’embrasure de la porte. Elle cherchait quelqu’un des yeux. Et puis, elle a trouvé son grand-papa dans sa chaise roulante. Elle est partie à la fine épouvante, s’est jetée dans les bras de son grand-papa. Ils se sont enlacés, serrés très fort. Des larmes de joie coulaient sur les joues du grand-papa. J’avais trouvé mon homélie. J’ai raconté aux gens ce que je venais de vivre. La difficulté à trouver un message adapté à leur vie et cette petite fille qui venait de sauter dans les bras de son grand-papa. Je leur ai dit : « C’est ça Noël. » Noël, c’est la fête où les enfants, les jeunes, les adultes, à la manière de Dieu et de Jésus, s’avancent les uns vers les autres et s’ouvrent les bras, se tendent les bras, se manifestent leur tendresse, leur amour totalement, gratuitement. Noël, c’est la fête de Dieu qui, par Jésus, se fait humain pour nous apporter tout son amour, toute sa tendresse pour nous aider à vivre nos propres vies humaines faites de très belles choses, bien sûr et aussi de routine, de banalité, du quotidien, des drames et des rêves que comporte toute vie, sans exclure la mort à laquelle nul n’échappe, pas même l’enfant de la crèche. Noël, c’est Dieu le Père qui, par Jésus, revient faire alliance avec nous pour nous sauver. Noël, c’est un moment pour renouveler nos alliances, nos amitiés, nos amours. Noël, c’est le temps de faire un pas vers l’autre, c’est le temps de reconnaître ce que l’on doit à l’autre, c’est le temps de la main tendue pour une renaissance, pour recommencer quelque chose de neuf. Noël, c’est le début d’une page nouvelle, d’une histoire nouvelle qui peut être notre propre histoire. Comme autrefois l’ange l’annonçait aux bergers, il nous le redit ce soir : « Voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple : aujourd’hui vous est né un Sauveur. » Aujourd’hui, Dieu le Père, par Jésus, est venu jusqu’à nous. Aujourd’hui, Dieu le Père, par Jésus, est venu vivre avec nous, non pas pour vivre notre vie à notre place, mais pour nous aider à passer à travers nos vies. Mes amis, c’est Noël ! Allons les uns vers les autres, tendons-nous les bras, embrassons-nous, pardonnons-nous, mangeons, festoyons, oublions pour un moment nos malheurs, nos faiblesses et celles des autres, oublions pour un moment nos difficultés, faisons la fête car Dieu est avec nous, pour nous, pour notre Salut. Amen. Chez nous, la religion n’a plus la place d’honneur. On s’en méfie même. Les pratiquants et les pratiquantes sont souvent ridiculisés. Il fait bien de déclarer, surtout à la télévision, que l’on n’a pas la foi, laissant entendre que la foi c’est pour les minus. C’est comme si avoir la foi était une maladie qu’il faut éviter à tout prix, sinon tu meurs. Les humains se croient souvent Dieu. En tout cas, ils croient pouvoir se passer de Dieu. Et pourtant! Dieu, de son côté ne s’en offusque pas. Il aime les hommes et les femmes. Sa volonté c’est qu’ils soient heureux, qu’ils obtiennent enfin le bonheur. « Je te donnerai des jours tranquilles en te délivrant de tous tes ennemis », disait le prophète Samuel, de la part de Dieu, il y a bien longtemps. Dieu agit pour le bonheur des hommes et des femmes, il veut même vivre au milieu d’eux pour se faire tout proche. C’est ce dont nous parle la grande fresque de l’évangile d’aujourd’hui. Une histoire toute banale racontée à la manière des gens de l’époque de l’évangéliste Luc. Une histoire qui diffère totalement de nos propres histoires, une histoire que nous pouvons peut-être encore accepter de raconter aux enfants, pas plus. Et pourtant! Dans cette histoire, il y a la présence de Dieu, c’est là ma foi. J’y crois. Cela fait toute la différence. Cette histoire devient belle, merveilleuse, pleine de sens, me réjouit au plus profond de mon être. Dieu intervient dans la vie d’une femme, Marie et cette femme croit à ce qu’il lui est dit : « Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut; (…) il règnera pour toujours (…) et son règne n’auras pas de fin. » Marie croit. Elle fait confiance. Elle répond en toute simplicité : « Voici la servante du Seigneur; que tout se passe pour moi selon ta parole. » « Que tout se passe pour moi selon ta parole. » Que je sois mère, bien sûr, dit Marie. Que le Fils de Dieu, Emmanuel, Dieu avec nous vienne au monde, vienne en ce monde. Je crois que Dieu est avec nous, qu’il est présent en notre monde, qu’il est présent par son Esprit en moi. Je crois qu’il est pour moi une source de bonheur, une force qui m’aide à lui ressembler, à donner la vie par mes gestes et mes paroles. Les paroles adressées à Marie sont pour tous et toutes : le Seigneur est avec toi, tu es comblé de grâce. Sois sans crainte, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter. Je crois que Jésus vit en moi et qu’il m’invite à le laisser naître en moi d’abord et à l’enfanter pour mes frères et mes sœurs, en devenant don de vie, partage, amour, miséricorde, paix, pardon, amitié. Avec le Seigneur Dieu présent au milieu de nous, notre monde peut changer, le bonheur peut arriver pour chacun et chacune. À nous de le faire advenir tout autour de nous chaque jour. J’y crois. Amen. Jean-Baptiste nous dit qu’il est la voix qui crie à travers le désert. Qu’est-ce que crie Jean-Baptiste? Il crie une Bonne Nouvelle : il crie que quelqu’un vient, quelqu’un de grand, de bon. Cette personne vient apporter le bonheur à tous les hommes et à toutes les femmes sans exception. Quand je tends l’oreille au monde d’aujourd’hui, je constate que le message de Jean-Baptiste n’a pas été entendu. Les cris fusent encore de toutes parts. Ils viennent de ces femmes violentées, battues; ils viennent de ces enfants secoués jusqu’au bris de leur cerveau; ils viennent de ces amitiés, de ces amours perdus; ils viennent des personnes qui perdent leur travail, à qui on demande d’accepter des baisses de salaire alors que les compagnies s’enrichissent; ils viennent de tous ces jeunes intimidés à l’école; ils viennent de ceux et celles qui intimident les autres; ils viennent de tous ceux et celles qui se font voler leurs économies; ils viennent des pauvres, des malades, des personnes âgées qui parfois sont traitées comme si elle n’étaient rien. Ces cris viennent des personnes vulnérables. Avons-nous encore des oreilles pour entendre ces cris. Laissons-nous ces cris se rendre jusqu’à notre cœur. Agissons-nous? Une Bonne Nouvelle pour ce temps de Noël serait que nous prenions tous et toutes la parole, pas pour faire de grands discours, simplement pour dire des paroles de tous les jours : tu es fine, fin; tu es belle, beau; c’est beau ce que tu fais-là; tu es importante, important; je t’aime. Si tous et toutes ensemble nous parlions de cette façon-là, peut-être que nos paroles deviendraient un grand cri, un cri si fort qu’il embraserait notre famille, notre école, notre milieu de vie, un cri si fort qu’il ferait s’atténuer les autres cris et souhaitons-le, les ferait disparaître. C’est une utopie que vous proposez-la, me direz-vous. C’est l’utopie de Noël. C’est une utopie que nous pouvons changer en réalité, si nous le voulons. Il était une fois, il y a fort longtemps, une petite Étoile qui venait de tomber du ciel s’égarant en plein champ sur la planète terre. Elle était splendide cette petite étoile, étincelant de mille feux, elle scintillait pour tout le monde. Mais elle était bien seule, elle ne voyait jamais personne. Pourtant, comment ne pas être vite repérée quand on scintille de la sorte. À ce moment là, un méchant loup qui rodait dans les environs, cherchant à se mettre quelque chose sous la dent, aperçut l’étoile. En un éclair, il était sur elle, cherchant à la dévorer. Elle était effrayée. Ne pouvant la croquer – car, on ne mange pas une étoile! – le méchant loup entreprit de l’enterrer. Comme seule défense, l’étoile ne peut que briller plus fort afin d’aveugler le loup. Mais bientôt, elle sent qu’elle étouffe, elle se sent perdue et son éclat diminue, diminue!… Survient une pauvre femme, tout occupée à ramasser des branches mortes pour chauffer sa maison. Le loup, surpris, s’enfuit à toutes jambes laissant la petite étoile à moitié morte. La femme doucement s’approche… De ces mains délicates, elle écarte la terre qui écrase la malheureuse étoile. Peu à peu, reprenant espoir, l'étoile se remit à vivre, et bientôt, elle brille de tous ses feux. - Oh, se dit la femme, je vais l’emporter dans ma maison, elle éclairera mon mari quand il reviendra du travail! Abandonnant ses branches mortes, la femme recueille la petite étoile dans ses deux mains ouvertes en forme de coupe… et, toute joyeuse, regagne sa maison. Arrivée chez elle, elle dépose sa précieuse découverte sur un socle près de la porte. - Qu’est-ce que cette chose brillante? demande l’homme. Et la femme lui raconte la merveilleuse aventure qu’elle vient de vivre. - Elle nous est précieuse, cette étoile, dit l’homme, gardons-la pour nous. - Non, dit la femme, mettons la dehors, elle éclairera tous ceux qui passeront près de notre maison! Et plus l’homme disait : « Gardons-la pour nous », plus la clarté de l’étoile diminuait, diminuait, diminuait… Plus la femme disait : « Mettons-la dehors, elle éclairera les passants », plus l’étoile brillait. L’homme prépare une place sur le rebord extérieur de la fenêtre, et y dépose le brillant trésor… Depuis ce jour, la petite étoile n’a pas quitté sa fenêtre… et sa clarté est de plus en plus vive. (Contes et récits pour Noël, Éditions Ouvrière, Paris, 1995, p. 19). Pourquoi ne pas être cette étoile pour soi et pour les autres? Amen.
Une voix proclame : Voici votre Dieu. Voici le Seigneur Dieu : il vient avec puissance et son bras est victorieux.
Comme un berger, il conduit son troupeau; son bras rassemble les agneaux, il les porte sur son cœur, et il prend soin des brebis qui allaitent leurs petits. La parole. La force de la parole. Croyons-nous encore à la Parole qui nous est venue et qui nous vient encore chaque dimanche, de Dieu. La voix que nous entendons nous la proclamer est bien humaine. Mais la parole, elle, est bien la Parole de Dieu lui-même pour nous aujourd’hui. Qu’est-ce qu’elle nous dit cette Parole. Elle nous dit que l’heure de Dieu est arrivée, que cette Parole est à entendre dans toute sa force et dans toute sa vérité. Voici votre Dieu. Voici le Seigneur Dieu : il vient avec puissance et son bras est victorieux.
Comme un berger, il conduit son troupeau; son bras rassemble les agneaux, il les porte sur son cœur, et il prend soin des brebis qui allaitent leurs petits. Dieu vient nous dit sa Parole. Dieu vient avec toute sa puissance et il est victorieux. Sa venue est pour aujourd’hui et sa victoire est d’aujourd’hui aussi. Avec lui, tous nos chemins tortueux deviennent des chemins de lumière, avec lui tout est pardon, miséricorde, vie retrouvée. Cette parole nous dit : « Tu es mon fils, tu es ma fille; tu resurgis d’entre les morts; le pire en-bas peut être chemin; tu as place, éternellement; en toi demeure cet insaisissable don que rien ni personne ne détruira, pas même toi; vivre est possible; tu es aimé; tu peux aimer; le désir du désir de vivre et d’aimer suffit déjà; te voici parmi les vivants; tu es grand à la mesure de ta bassesse, ton humiliation, ta douleur; tu reviens de si loin, à toi le grand chemin, à toi la vérité encore inconnue; vois ce qui t’es possible et fais-le : aujourd’hui commence ton commencement; jamais trop tard, jamais trop peu; il n’y a pas d’homme (ni de femme) condamné. (Maurice Bellet, La chose la plus étrange, Desclée de Brouwer, p. 79). Aujourd’hui commence ton commencement; vois ce qui t’es possible et fais-le. Ainsi, prépare la place au Seigneur. Ainsi, accueille le Seigneur. Ainsi, prépare la route au Seigneur : aime comme il t'es possible. Dieu vient, il est au milieu de nous et il nous aime. Toute une Bonne Nouvelle à accueillir en nos vies et à proclamer par toute notre vie. Un mot doux à dire, une main tendue, un regard de tendresse, un pardon. Une parole ou un geste comme une lumière qui s’adresse au cœur et qui fait le Seigneur Dieu présent, agissant, aimant au milieu de nous. Voici votre Dieu. Voici le Seigneur Dieu : il vient avec puissance et son bras est victorieux.
Comme un berger, il conduit son troupeau; son bras rassemble les agneaux, il les porte sur son cœur, et il prend soin des brebis qui allaitent leurs petits. Amen. Adalbert, le vieil ermite du village était un homme très pieux. Tous les jours, à son réveil matinal, il faisait sa prière et allait assister à la première messe du matin. Avec ferveur il priait: «Seigneur, je viens te rendre visite chez toi, sans que j'aie manqué un seul jour. Matin et soir, je fais mes prières. Ne peux-tu pas venir chez-moi?» Attentif à cette prière quotidienne, Dieu lui répondit enfin: «Demain je viendrai!» Quelle joie pour Adalbert! Il se met à laver à grande eau toute la maison. Il accroche des ballons multicolores à la porte et dépose des fleurs aux fenêtres. Sur les tables se trouvent des plateaux de fruits, de sucre à la crème et des petits gâteaux sucrés. Tout est prêt pour recevoir Dieu. Adalbert se tient debout pour l'accueillir. Assez tôt, dans l'avant-midi, un petit garçon passe par là et aperçoit par la fenêtre ouverte les plateaux sur la table. Il s'approche: «Grand-père, tu as beaucoup de beaux fruits là-dedans; ne peux-tu pas m'en donner un?» Furieux de l'audace du gamin, Adalbert réplique: «Veux-tu filer, moucheron! Comment oses-tu demander ce qui est préparé pour Dieu?» Et le petit garçon, effrayé, s'enfuit. La cloche de l'angélus a sonné. Adalbert pense: «Dieu viendra bientôt, attendons-le». Fatigué, il s'assoit sur le banc. Un mendiant arrive et lui demande l'aumône. Adalbert le chasse vertement. Puis il lave soigneusement la place souillée par les pieds du mendiant. Et le temps passe ... Dieu n'est toujours pas au rendez-vous. Le soir vient. Adalbert tout triste attend encore la visite promise. Un pèlerin se présente au coucher du soleil: «Permets-moi de me reposer sur le banc et d'y dormir cette nuit». «Jamais de la vie! C'est le siège réservé à Dieu!» La nuit est tombée. Dieu n'a pas tenu sa promesse, pense Adalbert. Quel chagrin! Le lendemain, à sa prière du matin, le dévot fond en larmes: «Seigneur, tu n'es pas venu chez moi comme tu me l'avais promis! Pourquoi?» Une voix lui dit alors: «Je suis venu trois fois, et trois fois tu m'as chassé ...» (Inspiré d'un conte indien paru dans «Le Brigand») « Je le dis à tous : Veillez! », nous dit le Seigneur Jésus ce matin. « Regardez autour de vous, ouvrez grand vos yeux, je suis là, j’habite au milieu de vous. » C’est vrai que le Seigneur Jésus n’est pas facile à voir. D’autant plus qu’il est au milieu de nous par personne interposée. Et puis, nous sommes tellement occupés. Surtout en cette période où nous avons comme un nouveau fardeau sur les épaules qui vient encore gruger notre temps : les fêtes de bureau pour Noël, les cadeaux à acheter, les préparatifs pour recevoir. Un dur moment à passer que ce temps des fêtes! Nous restera-t-il du temps pour nous retourner vers le Seigneur Jésus? Nous restera-t-il du temps pour tourner notre pensée et notre cœur vers le Seigneur Jésus? Surtout, prendrons-nous le temps de regarder en profondeur toutes les personnes qui vivent autour de nous? Le Seigneur Jésus est là et il veut nous y rencontrer. Il veut nous apporter sa Présence, son Salut. Dieu, fais-nous découvrir ton visage à travers les visages de nos frères et de nos sœurs, et nous serons sauvés. Ce sera, enfin, ton heure.
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