Avent 3 C 2009

 

 

Table

Homélies 2008 (année A)      Homélies 2009 (année B)

Homélies 2010 (année C)

 

Ascension C 2010

Assomption de Marie C 2010

Avent 1 C 2009

Avent 2 C 2009

Avent 3 C 2009

Avent 4 C 2009

Baptême du Seigneur C 2010

Carême 1 C 2010

Carême 2 C 2010

Carême 3 C 2010

Carême 4 C 2010

Carême 5 C 2010

Dimanche 2 C 2010

Dimanche 3 C 2010

Dimanche 4 C 2010

Dimanche 5 C 2010

Dimanche 6 C 2010

Dimanche 11 C 2010

Dimanche 12 C 2010

Dimanche 13 C 2010

Dimanche 14 C 2010

Dimanche 15 C 2010

Dimanche 16 C 2010

Dimanche 17 C 2010

Dimanche 18 C 2010

Dimanche 19 C 2010

Dimanche 21 C 2010

Dimanche 22 C 2010

Épiphanie du Seigneur C 2010

Jour de l'An 2010

La Sainte Famille C 2009

Le Saint-Sacrement

Noël C 2009

Pâques 2 C 2010

Pâques 3 C 2010

Pâques 4 C 2010

Pâques 5 C 2010

Pâques 6 C 2010

Pentecôte C 2010

Rameaux C 2010

Sainte Trinité C 2010

Veillée pascale C 2010

 

 

Dimanche 22 C 2010

Le père Denis Gagnon (Prions en Église, 26 novembre 1995) raconte qu’une femme multipliait les arguments afin de le convaincre d'abandonner la foi catholique pour rejoindre les rangs de sa secte. Avec beaucoup de conviction.

Soudain, la femme se lève. Elle pointe du doigt le crucifix et lui dit:

- Comment osez-vous adorer un homme que vous laissez suspendu à une croix? Vous dites qu'il est ressuscité et vous restez rivé sur sa souffrance et sa mort! 

- Oui, madame, répond le père Gagnon, je reste rivé sur la souffrance et la mort de cet homme! Parce que dans cet être faible et fragile, je reconnais la manière de Dieu. Dieu vient toujours sous des allures de pauvre. Il n'a rien à vendre,  il n'a rien à offrir pour se faire valoir. Il aime gratuitement; il veut être aimé pour rien!

Dieu nous aime gratuitement. C’est difficile à accueillir cette réalité dans un monde où il n’y a rien pour rien, rien ou presque de gratuit.

«Qu’est-ce que je vous dois?» Une question que nous posons si souvent et presque chaque jour. Tout se paie dans notre société. À tel point que le gratuit devient suspect.

Nous sommes plus confortables quand nous payons, quand nous ne devons rien à personne, quand nous pouvons tout gagner par nos propres forces, quand nous pouvons gagner des mérites pour assurer notre salut.

Dieu nous aime gratuitement. Dieu est don. Langage difficile à entendre aujourd’hui. Et pourtant, par choix, par décision de sa volonté, Dieu notre Père a envoyé son fils Jésus pour être, au milieu de nous et pour nous, sa Parole même.

Cette Parole nous raconte que chacun et chacune de nous, sommes devenus les fils, les filles bien-aimés de Dieu notre Père. Et comme tels ajoutera saint Paul, nous sommes les héritiers de Dieu le Père. Tout ce qui est à lui est à nous : son amour, sa vie pour toujours. Tout cela est don, tout cela est grâce, tout cela est gratuit.

Jésus a souvent accepté de partager le repas avec les gens qui l’invitaient. Toujours, il a saisi l’occasion qui lui était offerte pour  donner une parole qui fait vivre.

Aujourd’hui, il propose de donner de la place dans nos vies à la gratuité. Manière pour nous d’accueillir la gratuité de Dieu dans nos propres vies.

«Dans la vie de tous les jours, nous dit Jésus, arrange-toi pour que les autres n’aient rien à te rendre, arrange-toi pour que les autres n’aient pas d’obligation envers toi.

Dans la vie de tous les jours, nous dit encore le Seigneur Jésus, sois don, don de ton temps, de ton écoute, de ton argent, du meilleur de toi-même; sois don de ta parole, une parole qui relève, qui donne des ailes, qui donne la vie.»

Alors tu seras libre à la manière de Dieu, tu seras heureux, heureuse, tu ressembleras à Dieu ton Père. Amen

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Dimanche 21 C 2010

Une bonne question dans l’évangile de ce matin, une question des plus importantes. «Seigneur, n’y aura-t-il que peu de gens à être sauvés?»

Jésus répond : «Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite.»

Il y a donc une porte. C’est une bonne nouvelle. Il y a donc un passage pour le salut. C’est une bonne nouvelle.

Une porte étroite, un passage étroit, cependant. «Efforcez-vous d’y entrer», nous dit le Seigneur. Voilà, la consigne est donnée et elle est claire.

Qu’est-ce qui pourrait nous empêcher de passer par cette porte étroite et d’être sauvés? C’est de croire que nous pouvons passer cette porte par nos seuls moyens.

«Je suis la Porte», nous a dit Jésus et c’est avec l’aide de Jésus que nous arriverons à passer cette porte étroite. Et cette aide ne nous manque pas.

Voyez la première lecture tirée du prophète Isaïe :

Parole du Seigneur,

Je viens rassembler les hommes

de toute nation et de toute langue.

Ils viendront et ils verront ma gloire :

«Je viens rassembler tous les hommes et toutes les femmes, nous dit le Seigneur, et ils verront ma gloire.»

La gloire de Dieu, c’est sa présence partout, en tout et pour tous et toutes sans aucune exception. Pour Dieu notre Père, sa gloire c’est de rendre présent ce qu’il est : sa bonté, son amour, son pardon, sa paix. La gloire de Dieu c’est la réussite, le salut du monde et de chaque vivant, de chaque vivante.

La gloire de Dieu arrivera. La gloire de Dieu, sa présence en nos vies en Jésus, en sa Parole, en ses sacrements, va nous faire passer par la porte étroite si nous le voulons.

Qu’est-ce qui pourrait nous empêcher de passer par cette porte étroite et d’être sauvés? C’est de croire que nous pouvons passer cette porte sans nous soucier de nos frères et de nos sœurs.

Imaginez un incendie. Cinq cent personnes dans

une salle de danse. Il est impérieux de sortir rapidement. Juste une porte étroite pour toute sortie.

Si les gens n’ont aucun souci de l’autre, se mettent à se bousculer, à jouer du coude pour sortir les premiers, il y a risque de bloquer complètement la porte et qu’il s’en suive beaucoup de morts.

Imaginez la même situation. Cette fois, cependant, les gens ont souci des uns et des autres, se respectent, se sentent responsables des uns et des autres, s’entraident, protègent, aident, encouragent un enfant, une vieille femme, une personne handicapée. Une bonne chance que tous et toutes soient sauvés.

Avec Dieu notre Père, présent en nos vies en Jésus, par sa Parole, par ses sacrements et en particulier l’eucharistie, avec le soutien de nos frères et nos sœurs, aucune porte si étroite soit-elle ne pourra nous résister.

Louez le Seigneur, tous les peuples,

Fêtez-le, tous les pays !

Son amour envers nous s’est montré le plus fort;

Éternelle est la fidélité du Seigneur! Amen.

 

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Assomption de Marie C 2010

Un vieil homme analphabète priait avec tant de ferveur, toutes les nuits, que le riche chef d'une grande caravane décida de le rencontrer.

«Pourquoi pries-tu avec une telle foi? Comment sais-tu que Dieu existe, alors que tu ne sais même pas lire?

- Si, seigneur, je sais lire. Je lis tout ce qu'écrit le Grand Père Céleste.

- Comment cela? »

L'humble serviteur s'expliqua:

«Quand vous recevez une lettre d'un absent, comment reconnaissez-vous celui qui l'a écrite?

- Par l'écriture, répondit le chef de la caravane.

- Quand vous recevez un bijou, comment savez-vous qui l'a fabriqué?

- Par la marque de l'orfèvre.

- Quand vous avez entendu des pas d'animaux autour de la tente, comment savez-vous si c'était un mouton, un cheval ou un bœuf?

- Par les traces », répondit le chef, surpris par ce questionnaire.

Le vieux croyant l’invita à sortir de la tente et lui montra le ciel.

« Seigneur, ces choses écrites là-haut, cela n’a pas pu être dessiné ou écrit par des mains humaines. » (Paulo Coelho, Comme le fleuve qui coule, Flammarion, 2006, p. 195)

Il y a beaucoup de réalités, en nos vies, qui n’ont pas été écrites par des mains humaines. Il en est de même dans la vie de Marie que nous célébrons ce matin.

C’est beau, c’est touchant, cette rencontre d’Élizabeth et de Marie, rapportée aujourd’hui dans l’Évangile.

Ces deux femmes sont parentes. Elles connaissent leur histoire respective.

La venue de son enfant pour Élizabeth est une grâce. Elle l’a attendu si longtemps. Elle a essuyé les remarques désobligeantes de son entourage, car elle prenait de l’âge et n’avait pas d’enfant. Sûrement qu’elle s’est tournée vers son Seigneur, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob.

Elle se retrouve enceinte et elle est toute heureuse.

Pour Marie, c’est différent. C’est une toute jeune femme qui n’a pas encore habité avec son fiancé, son amoureux. Elle a accepté l’aventure que lui propose le Seigneur Dieu d’être la mère de Jésus son Fils, son envoyé, Celui qui vient raconter l’amour du Père pour tous et toutes sans exception, Celui qui vient nous porter une grande et bonne nouvelle : «Vous ne demeurerez pas dans la mort, l’amour de mon Père va vous donner la vie à jamais.»

Marie accepte d’embarquer dans cette aventure même si elle ne sait pas totalement où cet engagement la mènera. C’est qu’elle a en son cœur une grande espérance, comme une certitude : Dieu sera avec elle.

Elle en a la conviction dans son étreinte avec sa cousine. Élizabeth sent son enfant tressaillir en elle et elle ne peut pas se contenir : «Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni.»

Devant une telle expérience de Dieu dans sa vie, Marie est incapable de se contenir elle aussi : «Mon âme exalte le Seigneur. Il s’est penché sur son humble servante. Le Puissant fit pour moi des merveilles; Saint est son nom!»

Le Puissant, Dieu le Père ne manquera pas à Marie de toute sa vie, même dans les moments les plus difficiles comme le rejet et la mort de son fils chéri.

Le Puissant, Dieu le Père va réaliser en Marie ce qu’il a fait en son Fils Jésus. Il a détruit les puissances du mal, il a détruit la mort à jamais.

Cette fête de Marie nous parle à nous aussi. Elle nous raconte qu’il y a des réalités dans nos vies qui ne relèvent pas de mains humaines, mais bien de la Présence amoureuse de Dieu notre Père, pour qui nous sommes les enfants bien-aimés.

Avec Marie, notre vie est une marche pas toujours facile à la suite de Jésus. Si nous n’en connaissons pas tous les détours, toutes les difficultés, tous les bonheurs encore, nous savons que la Présence de Dieu nous habite par son Esprit d’amour. Nous savons que cet Esprit d’amour est une force vive capable de détruire tout le mal en nous, capable de briser toutes les morts en nous, capable de nous donner la vie à jamais.

Puissions-nous, comme Marie, embarquer dans l’aventure de la vie en toute confiance et reconnaissance :

«Mon âme exalte le Seigneur.

Il s’est penché sur chacun et chacune de nous.

Le Puissant fait pour nous des merveilles;

Saint est son nom». Amen.

 

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Dimanche 19 C 2010

Il y a dans l’évangile de ce matin une parole choc, une parole tellement réaliste et vraie : «Là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur.»

Qu’est-ce qu’il y a dans votre cœur? Voilà, c’est votre trésor, c’est ce qu’il y a de plus important pour vous, c’est ce qui donne du sens à votre vie, c’est ce pour lequel, au jour le jour, vous acceptez de donner votre vie.

Quand j’étais petit, des gens parfois disaient à l’un ou l’autre des onze enfants de la famille : «Tu es beau, tu es belle».

Chaque fois, car c’était important pour elle, maman reprenait quand nous nous retrouvions seuls avec elle : «Ce n’est pas la beauté du corps qui est le plus important. Le plus important, c’est la beauté du cœur.»

Maman connaissait bien l’évangile.

«Faites-vous une bourse qui ne s’use pas, continue l’évangile de ce matin, un trésor inépuisable dans les cieux, là où le voleur n’approche pas, où la mite ne ronge pas.»

C’est vrai qu’il y a des aspects de nos vies qui sont intouchables, que personne ne peut nous voler, qui ont valeur d’éternité.

Qu’est-ce qu’il y a, mes amis, dans votre cœur? Qu’est-ce qui est important pour vous?

Votre vie justement à vivre profondément et jusqu’au bout?

L’amour de votre conjoint, de votre conjointe, de vos enfants, de vos petits enfants?

L’amour de vos parents?

L’amour à donner et à recevoir?

La tendresse, la compassion, le pardon, la paix?

La présence des autres sans exclusion qui vous rend capables d’accueillir même la différence?

Le partage avec les autres de ce que vous avez et du meilleur de vous-mêmes?

Une parole qui rend les autres meilleurs, qui les stimule, les grandit, leur donne la vie?

Des paroles et des gestes qui font de l’autre un frère, une sœur?

La présence de Dieu en Jésus qui illumine votre vie, vous montre un chemin, vous conforte dans l’espérance? La présence de Dieu en Jésus qui place en vous un germe de vie inaltérable, source toujours renouvelée et renouvelable?

Si votre cœur est rempli de toutes ces réalités, vous avez un grand trésor.

«Soyez sans crainte, vous dit alors Jésus ce matin, car votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume, c’est-à-dire, Dieu votre Père a trouvé bon de vous donner ce qu’il a de meilleur, son amour, sa vie, son alliance à jamais.

Par sa Présence et son action en votre vie, Dieu le Père va vous donner  de vous retrouver avec lui un jour, heureux, heureuses, frères, sœurs, pleinement vivants, pleinement vivantes à jamais.

 

«Dieu veille sur ceux et celles qui mettent

leur espoir en son amour.

Que ton amour, Seigneur, soit sur nous

Comme notre espoir est en toi!»  Amen.

 

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Dimanche 18 C 2010

La découverte du vaccin contre la poliomyélite par Jonas Salk, en 1950, marque indéniablement un grand tournant dans l'histoire.

À l'époque, on lui demanda s'il envisageait de protéger sa découverte par un brevet. Ce faisant, il serait devenu l'un des hommes les plus riches du monde.

 

Il a répondu: «Je ne peux pas plus breveter ce vaccin que le soleil, car ni l'un ni l'autre ne m'appartiennent. » (Élizabeth Kübler-Ross et David Kessler, Leçons de vie, JC Lattès, 2003, p.238)

 

Malheureusement, il en va bien autrement aujourd’hui. Il y a de grandes compagnies qui tentent par tous les moyens de breveté les grains de semence, le blé par exemple,  dans le seul but de s’enrichir.

 

Qui est pauvre? Qui est riche?

Êtes-vous pauvre? Êtes-vous riche?

 

L’évangile de ce matin, nous parle,  en son début, d’un problème d’héritage. Un homme, probablement exaspéré, crie du milieu de la foule : «Jésus, dis à mon frère de me donner ma part d’héritage.»

 

Jésus se refuse à prendre parti. Il n’a pas l’autorité pour le faire non plus.

 

Il en profite cependant pour nous enseigner. «La vie d’une personne ne dépend pas de ses richesses.» Ou si vous aimez mieux : « La réussite de la vie d’une personne ne dépend pas de ses richesses.»

 

De quoi dépend-t-elle alors?

Nous avons eu une réponse dans l’émission de télévision de dimanche dernier : On prend toujours un train pour la vie.

 

Josélito Michaud interviewait l’humoriste Pierre Légaré. Celui-ci racontait que le travail avait pris presque toute la place dans sa vie. «Je travaillais comme un malade», disait-il. Et puis est venu un cancer qui a tout fait basculer, qui l’a fait réfléchir sur le sens à donner à sa vie.

«On s’aimait avant, ma femme et mes enfants, disait-il. On s’est mis à s’aimer cent fois plus. On se parlait avant. On s’est mis à se parler cent fois mieux.»

 

Et puis, dans la même émission, il y avait Martin Lajeunesse le fils de Jean Lajeunesse et de Jeannette Bertrand que les plus vieux de nous ont vu dans l’émission Quelle Famille.

 

Martin Lajeunesse est aujourd’hui un homme d’affaire prospère.

 

Il n’en a pas toujours été ainsi. À la suite d’une mauvaise décision, racontait-il, il avait tout perdu ce qu’il avait.

- Qu’est-ce qui vous a sauvé Martin, lui a demandé Josélito Michaud?

- Le regard d’amour que des gens ont posé sur moi, a été sa réponse.

 

Qu’est-ce qui fait qu’une vie soit riche, réussie? Qu’est-ce qui fait que notre vie soit riche, réussie?

 

Le regard d’amour que nous posons sur nous, le regard d’amour que nous posons sur les autres, le regard d’amour que les autres posent sur nous.

 

Le temps que nous prenons à nous aimer. «Se mettre à s’aimer cent fois plus. Se mettre à se parler cent fois mieux», comme disait Pierre Légaré.

 

Qu’est-ce qui va rendre heureux ces deux jumeaux que je vais baptiser dans un instant?

 

Le regard d’amour que tous et toutes nous allons poser sur eux.

Le regard d’amour que Dieu notre Père pose sur chacun d’eux. Amen

 

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Dimanche 17 C 2010

C’est beau ce passage de l’évangile. Les amis de Jésus le voient en prière. Ça fait quelques fois qu’ils le voient ainsi. Ils le voient tout tourné vers son Père. Il est si beau. Ils voudraient être comme lui.

Un de ses disciples ose lui demander : «Seigneur, apprends-nous à prier».

«Quand vous priez, répond Jésus, dites : Père, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne.

Quand vous priez, répond Jésus, dites : Père, prends soin de nous, prends soin de notre nourriture, de nos égarements; donne-nous de prendre soin de nos frères et de nos sœurs, de leur nourriture, de leurs égarements et fait que le malheur sous toutes ses formes s’éloigne de nous à jamais.»

Prier ainsi c’est laisser Dieu notre Père pénétrer en notre cœur, c’est laisser beaucoup de place à Dieu notre Père en notre vie, laisser l’amour du Père illuminer notre vie, laisser le pardon du Père transformer notre vie, laisser la vie du Père vivre en nous.

Prier ainsi c’est laisser pénétrer en nous la présence de nos frères et de nos sœurs, c’est garder bien présent à notre vie le souci de nos frères et de nos sœurs, c’est vouloir leur pardonner, c’est vouloir tout faire pour leur bonheur.

Un jour, j’ai posé la question à un jeune de troisième année:

« Est-ce que tu pries, toi? » 

« Je ne sais pas ce que c’est », m’a-t-il dit. 

Je lui ai dit: « Veux-tu que je te l’apprenne? » 

Il m’a répondu: « Oui »

Alors je lui ai dit: « Prier c’est parler avec Jésus dans ton cœur, c’est lui raconter ta vie, tout ce qui va bien et tout ce qui ne va pas.  Prier c’est dire merci à Jésus pour les belles choses présentes dans ta vie, c’est lui demander tout ce dont tu as besoin pour être heureux, pour toi et pour les autres. Prier c’est écouter Jésus qui parle à ton cœur »

À mesure que je lui parlais, je voyais ses yeux s’agrandir, son visage s’illuminer, la joie naître sur son visage, la présence de Jésus sur son visage.  Il était beau.

Prier illumine notre visage de la présence de Dieu, fait naître en nos cœurs la paix, la fraternité, éloigne le malheur sous toutes ses formes, nous rend beaux et belles.

À l’émission de télévision « Viens voir les comédiens » du deux octobre 2004, l’animateur René Homier-Roy recevait Mme Françoise Faucher, comédienne bien connue et fort appréciée chez nous.

Comme c’est l’habitude à cette émission, des personnes de l’assistance posent des questions à l’invitée.  Une dame a demandé à Mme Faucher : « Quelle prière faites-vous avant d’entrer en scène? »

Sa réponse a été : « Mon Dieu, faites que je sois un instrument de lumière. »

Prier c’est devenir peu à peu des instruments de lumière. Amen.

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Dimanche 16 C 2010

L’évangile de ce matin nous fait voir Jésus qui s’arrête pour aller visiter Marthe et Marie. Ils se connaissent bien. Ce sont des amis. Nous le voyons bien par leurs façons de faire.

Chez Marthe et Marie, on sait accueillir et recevoir la visite.

Marthe ne perd pas un moment et se met à la tâche pour préparer le repas tandis que Marie s’assoie avec Jésus pour ne pas le laisser seul.

Jésus est un homme de conversation agréable. Ce qu’il dit finit toujours par trouver le cœur et faire du bien. Ce n’est pas trop de dire que Marie est suspendue à ses lèvres.

Marthe, Marie et Jésus sont tellement proches ceux-là que Marthe se permet de taquiner Jésus. «Ça ne te fait rien, lui dit-elle, d’accaparer totalement ma sœur tandis que moi je prépare le repas?»

Jésus va lui répondre, taquin lui aussi : « Tu fais beaucoup de choses Marthe. Marie, elle, a choisit la meilleure, celle qui est nécessaire, elle m’a choisi.»

Dans ce court échange, Jésus nous enseigne : il est important, quand nous accueillons

 quelqu’un chez nous, que la maison soit accueillante; il est important de partager un bon repas. Il est plus important encore de mettre le paquet, si je puis parler ainsi, pour accueillir la personne qui vient, pour la mettre à l’aise, lui donner de la place, lui faire comprendre qu’elle est importante, l’écouter.

Marie Noël Thabut qui commente cet évangile, écrit : «En définitive, c’est toujours Dieu qui nous comble et non l’inverse! Ne pourrait-on pas traduire : " Marthe, Marthe, tu t’inquiètes pour faire des choses pour moi… la meilleure part, c’est de m’accueillir; c’est moi qui vais faire des choses pour toi…".

Laisser le Seigneur Jésus faire des choses pour nous, nous donner le meilleur de lui-même, voilà l’invitation de cette Parole de Dieu pour nous aujourd’hui.

Sara et Abraham l’ont fait, nous l’avons vu dans la première lecture. Ils ont pu accueillir l’enfant qu’ils désiraient tant depuis si longtemps et qui a fait la joie de leur vie.

Le passage, la visite du Seigneur Jésus dans notre vie sera toujours une source, une parole qui surgit, qui nous arrive, de part et d’autre, pour nous donner la vie.

Nous faisons beaucoup de choses. Nous prions, nous aidons nos frères et nos sœurs, nous partageons ce que nous avons et ce que nous sommes, nous nous impliquons dans l’Église et dans notre communauté.

Il est important et essentiel aussi d’accueillir le Seigneur Jésus dans sa Parole, dans son eucharistie. Il veut faire des choses pour nous. Il veut nous donner le meilleur de lui-même : sa vie, son amour à travers tout ce que nous vivons.

Une vieille parole pour terminer, une vieille parole qui vient des temps anciens : «L’homme ne vit pas seulement de pain, mais il vit de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur.» (Dt 8, 3) Une vielle parole que Jésus a reprise a son compte. Amen.

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Dimanche 15 C 2010

 

L’évangile d’aujourd’hui nous aurions pu le lire dans le journal de ce matin.

Sur une route peu achalandée, hier soir, au détour d’une courbe, alors qu’il ne pouvait les apercevoir, un homme a été attaqué par des voleurs.

Ils lui ont volé tout ce qu’il avait : son argent, ses papiers, sa voiture.

Ils l’ont battu et abandonné, comme mort, sur le bord du chemin.

Blessé, souffrant, incapable de se lever, de marcher, l’homme s’est mis à crier de toute la force de sa voix pour appeler du secours. Rien. Pas de réponse. Le silence.

Il s’est mis aussi à crier vers le Seigneur : «Je suis mal pris, viens à mon secours, Seigneur».

Une voiture est passée, puis une autre. Une éternité. Toujours seul sur le bord du chemin.

Et puis, enfin, un bon samaritain, note le journal. Il a vu le blessé sur le bord du chemin, s’est arrêté, a appelé du secours avec son cellulaire, est demeuré près de lui, lui parlant, l’encourageant jusqu’à ce que l’ambulance arrive.

À sa sortie de l’hôpital, note toujours le journal, notre homme s’est mis à la recherche de son bon samaritain pour le remercier de vive voix.

Nous ne savons pas, le journal n’en parle pas, si à sa sortie de l’hôpital cet homme s’est souvenu de la prière qu’il avait faite au Seigneur Jésus : «Je suis mal pris, viens à mon secours, Seigneur».

Peut-être que oui, peut-être a-t-il reconnu que le Seigneur est venu à son secours à travers ce bon samaritain qui s’est arrêté et qui a pris soin de lui.

Cette histoire raconte qui est notre prochain : le frère, la sœur qui est là, qui a besoin d’un geste, d’une parole, d’une attention, d’une oreille attentive.

Cette histoire raconte qui nous faisons notre prochain.

Cette histoire raconte comment nous expérimentons Dieu dans nos vies à travers nos frères et nos sœurs.

Cette histoire nous raconte comment Dieu se manifeste à nous, comment il nous donne sa miséricorde, comment il se fait proche de nous, comment il est avec nous.

Aujourd’hui encore, il y a mille et une façons pour nous de nous approcher de nos frères et de nos sœurs.

Il y a tant de personnes qui  crient au secours, qui ont besoin que quelqu’un s’arrête, que quelqu’un prenne le temps de les écouter, de leur dire une parole d’encouragement, de les aider.

Devenir le prochain des uns et des autres c’est une affaire de cœur. Il suffit de s’arrêter, de s’approcher, de se laisser émouvoir.

S’approcher de l’autre, en faire notre prochain, lui donne la vie, le sauve, lui donne le Seigneur.

S’approcher de l’autre, en faire notre prochain, est un geste qui fait jaillir en nous la vie, qui nous donne le Seigneur, nous fait vivre, nous sauve.  Amen.

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Dimanche 14 C 2010

Jean Vanier raconte que lors d’un voyage à Calcutta, on lui a présenté une femme excessivement pauvre. J’'ai été bouleversé, raconte-t-il,  par le regard de cette femme qui était si belle. Elle m'a touché les pieds, (geste que l'on pose envers quelqu'un à qui l'on veut manifester le respect). Je n'ai jamais vu visage aussi paisible et rayonnant, il y avait toute l'humilité et tout l'amour du monde dans son regard.

Elle avait l'expression de quelqu'un qui est en contact profond avec Dieu. Pourtant elle n'avait rien, absolument rien.  Il y avait en elle une telle paix que cela ne pouvait venir que de Dieu et j'en ai été stimulé pour aller plus loin. (Une retraite de Jean Vanier, Prêtre et pasteur, sept.‑oct.1980)

Jésus envoie 72 disciples pour aller préparer sa venue dans les villages et les localités où il doit passer lui-même.

«Allez ! leur dit-il. Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. N’emportez ni argent, ni sacs, ni sandales, et ne vous attardez pas en salutations sur la route. Dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : «Paix à cette maison.»

Jésus envoie ses disciples porter la paix.

La paix c’est évidemment l’absence de guerre et de chicane. La paix décrit l’état de l’homme ou de la femme qui vit en harmonie avec la nature, avec lui-même ou elle-même et avec les autres.

La paix dit encore la sécurité, la confiance mutuelle, le bon voisinage, la bénédiction, la vie bonne.

Jésus, non seulement il envoie porter la paix, il la donne constamment.

«La paix soit avec vous», dit-il. C’est comme sa manière de faire don de tous ses dons, c’est comme une manière de dire : « Mon amour soit avec vous, mon pardon soit avec vous, mon salut soit avec vous, tout ce que je suis soit avec vous».

Jésus a plusieurs fois dit aussi : «Va en paix». Cela voulait dire : «Tes péchés sont pardonnés, retrouve l’espérance, relève-toi, regarde ta vie avec un œil neuf, retrouve une vie bonne, heureuse.»

Jésus disait encore : «C’est la paix que je vous laisse, c’est ma paix que je vous donne. Ne soyez pas inquiets. Ne soyez pas effrayés. J’ai vaincu le monde». Ce qui veut dire : «J’ai vaincu le mal, le péché. Je vous donne ma vie pour toujours.»

Au début de chaque eucharistie nous recevons ce cadeau de la paix de Dieu. «Que Dieu notre Père et Jésus Christ notre Seigneur vous donnent la grâce et la paix.»

À l’échange de la paix, nous pouvons toujours aller les uns vers les autres nous porter la paix de Dieu qui nous habite, nous porter l’amour de Dieu qui nous habite, nous porter la tendresse de Dieu qui nous habite, nous porter le pardon de Dieu qui nous habite,  nous donner la paix de Dieu qui nous habite.

À la toute fin de l’eucharistie, nous recevrons cette invitation d’allez, de partir porter la paix de Dieu à tous nos frères et à toutes nos sœurs que nous rencontrerons.

Ainsi arrivera chez nous et pour nous la paix de Dieu.  Amen.

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Dimanche 13 C 2010

Il y avait une fois un architecte, fraîchement sorti de l’université. On le chargea de la construction d’une villa, dans un endroit merveilleux, entre une rivière et une forêt.

Bientôt il ouvrit un chantier. L’endroit en fut complètement gâté : terrassement, chemins boueux, flaques d’eau sale, sacs éventrés, bruit continuel. Il y eut même des accidents de travail.

Le propriétaire porta plainte contre l’architecte :

« Voilà cet homme, qui a étudié pendant des années comment faire du beau, et qui ne trouve rien de mieux  que de détruire et de polluer le merveilleux terrain que je lui ai confié. »

L’architecte lui, invoquait l’avenir, la villa achevée, les chemins nettoyés… Il invitait le propriétaire à regarder le plan, à bien lire son plan, à imaginer l’œuvre terminée.

Pour le propriétaire, il n’y avait qu’une solution : faire confiance à l’architecte, vivre l’expérience du chantier jusqu’au bout!

 

L’évangile d’aujourd’hui nous présente Jésus qui prend « avec courage la route de Jérusalem.»

 

C’est que Jésus approche d’un drame, de son drame personnel, et il le sait bien. Il sait que sa manière d’être et son message bouleversent, dérangent totalement les gens qui représentent l’ordre et la religion de l’époque. Il sait que ces gens vont le sacrifier.

 

Jésus n’a plus de temps devant lui. Il ne peut plus accepter les hésitations, les faux-fuyants, les atermoiements de la part de ses disciples.

 

On refuse de le recevoir dans un village.

- Allons ailleurs, dans un autre village, dit-il.

 

Sur sa route, un homme lui dit :

- Je te suivrai partout où tu iras.

- Je n’ai même pas un endroit où aller lui répond Jésus.

 

À un autre il dit :

- Suis-moi, ne regarde pas en arrière.

Enfin, à un autre qui lui dit :

- Je te suivrai quand toutes mes autres affaires seront réglées.

- Ce n’est plus le temps de regarder en arrière, il faut regarder le Royaume de Dieu, répond Jésus, il faut regarder la venue de ce Royaume d’amour, d’harmonie, de pardon et de paix pour tous et toutes sans exception. C’est le temps de réaliser le plan.»

 

Il peut arriver, comme le propriétaire du terrain de l’histoire du début, que nous soyons déçus de la mise en place du Royaume que Jésus nous a annoncé, peut-être déçus de ceux qui ont une mission particulière pour la venue de ce royaume.

 

Nous aimerions que ce Royaume arrive sans heurts, sans difficultés, sans faiblesse.

 

Il semble bien que le plan de Jésus n’est pas celui-là. Imaginez, il veut que nous soyons partie prenante dans la réalisation de son Royaume. Cela évidemment avec toutes les faiblesses et les difficultés qui sont en chacun et chacune de nous.

 

Nous y arriverons avec notre architecte le Seigneur Jésus. Oui, il y aura des ratés, oui il y aura du mal, de la souffrance, des pleurs, des deuils.

 

Nous y arriverons car le Seigneur est avec nous et en nous. Tous nos gestes de tendresse, tous nos gestes d’accueil, tous nos pardons sont en train de réaliser, au jour le jour, le Royaume voulu par Dieu au milieu de nous, en notre temps.

 

En fin de semaine dernière, j’ai vécu, avec une famille amie, un grand deuil. J’ai vu le Royaume de Dieu au milieu de nous.

 

C’était beau ces gens si nombreux, venus de partout, qui nous prenaient dans leurs bras sans condition, qui nous embrassaient, qui nous disaient leur tendresse, leur soutien.

Voilà le Royaume qui prend place au milieu de nous.

 

Ne perdons pas courage. Le Royaume annoncé par Jésus sera là pleinement réalisé un jour. Vivons l’expérience du chantier jusqu’au bout.  Amen.

 

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Dimanche 12 C 2010

La question est claire. Nous ne pouvons pas passer à côté. C’est Jésus lui-même qui nous la pose comme il l’a posée autrefois à ses disciples : « Pour vous, qui suis-je? Que dites-vous de moi?»

C’est toute une question|

Parmi les amis de Jésus, il n’y a que Pierre qui a répondu : «Tu es le Messie, dit-il, c’est-à-dire, tu es l’envoyé de Dieu le Père pour nous sauver.»

Vous êtes peut-être comme les jeunes dans les rencontres de catéchèse. Quand l’un de leur compagnon ou l’une de leur compagne donne une réponse, les autres s’empressent de dire quand ils sont questionnés personnellement : «C’est la même réponse que lui ou c’est la même réponse qu’elle.»

Je vous repose la question : «Pour vous, qui est Jésus? »

Je ne sais pas si vous vous êtes déjà posé la question. Ce que je sais c’est que c’est vital d’y répondre.

Est-ce que Jésus est présent dans votre vie? Qu’est-ce qu’il fait dans votre vie?

Allez-vous me dire que votre réponse c’est la même que celle de Pierre, c’est-à-dire que Jésus est le Messie, celui qui est envoyé par Dieu le Père pour nous sauver?

Alors de quoi avez-vous besoin d’être sauvé?

Qu’est-ce qui vous tue? vous fait mourir à petit feu?

Pouvez-vous vous sortir seuls de vos morts quotidiennes?

Avez-vous besoin de quelqu’un qui puisse vous faire passer de la mort à la vie?

Avez-vous besoin d’être pardonné, de pouvoir recommencer?

Avez-vous besoin de quelqu’un pour vous porter, pour vous donner de l’espoir?

Avez-vous besoin d’un regard de tendresse qui se pose sur vous, un regard de compassion?

Avez-vous besoin d’une parole qui vous dit : «Tu es pardonné, avance, va en paix, vis.»

Si nous lisons l’Évangile, nous allons pouvoir reconnaître qui est Jésus, nous allons pouvoir nommer Jésus.

Jésus, il est bonté, il est accueil, il est tendresse, il est pardon, il est don, il est amour.

Jésus, il est lumière, il éclaire notre route, il donne sens à nos vies.

Jésus a le cœur sur la main, il aide les gens, il les guérit, il va même jusqu’à mourir pour dire son amour, pour faire don de sa vie pour toujours.

Jésus a une parole qui dit l’espoir, qui raconte l’amour, qui raconte la justice de son Père qui est toute miséricorde, qui est don de son amour et de sa vie.

Voilà qui est Jésus.

«Dieu, tu es mon Dieu.

J’ai vu ta force.

Tu es venu à mon secours.

Mon âme s’attache à toi.

Toute ma vie je vais te bénir.» Amen.

 

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Dimanche 11 C 2010

Un pharisien avait invité Jésus à prendre un repas.

Voilà qu’une femme entre sans avoir été invitée. On dit que c’est une pécheresse. Une façon polie de dire que c’est une prostituée.

Elle arrive tout en pleurs. Ce n’est pas compliqué : elle est tannée, fatiguée, déçue de sa vie. Elle veut faire un changement. Elle veut faire une coupure dans sa vie. Elle veut recommencer à neuf. Elle veut être heureuse.

Elle est, si je peux prendre cette comparaison, comme quelqu’un qui veut arrêter de fumer et qui d’un geste décidé, lance son dernier paquet de cigarettes à la poubelle ou dans le champ en circulant en automobile.

Elle pose un geste qui veut marquer le changement qu’elle a décidé de faire dans sa vie. Elle a apporté le parfum qui lui reste et qui lui sert dans son métier et elle le vide sur les pieds de Jésus.

Le pharisien ne voit dans ce geste que du feu. Il ne voit en cette femme qu’une prostituée qu’il voudrait bien voir quitter la place au plus tôt. Que vont dire les gens s’ils apprennent qu’elle est venue chez lui?

Et puis, il se demande bien comment il se fait que Jésus la laisse faire. Elle ne s’est pas contentée de verser du parfum sur ses pieds, la voilà maintenant qu’elle essuie ses pieds avec ses cheveux, qu’elle le touche. Cela ne se fait pas en public.

Si ce Jésus était un prophète, il ne se laisserait pas faire par cette femme-là.

Jésus, lui, a saisi toute la douleur, toute la détresse de cette femme. Il a saisi le sens de son geste, son désir de changement, son désir d’être vivante, son désir d’être heureuse. Pour Jésus cette femme peut être autre chose qu’une prostituée.

Jésus lui dit : «Tes péchés sont pardonnés.» C’est comme s’il lui disait : «Ton passé est passé. Tu as raison de vouloir changer, de vouloir avoir une vie meilleure, de vouloir être heureuse.»

«Va en paix», va-t-il ajouter. Va vivre ton nouveau projet de vie. Sois vivante, heureuse. Regarde vers l’avenir et vit dans la paix.»

Nous avons répondu aujourd’hui à l’invitation de Jésus de venir partager son repas, de venir partager sa parole et son pain.

Nos raisons d’être ici sont multiples.

Il y a Nadia et Richard qui nous amènent leur petit Cédrick pour le faire baptiser.

Il y a leurs parents et leurs amis qui sont venus pour les accompagner et participer à la fête.

Il y a nos visiteurs.

Il y a vous tous et vous toutes de notre communauté chrétienne qui êtes assidus chaque dimanche.

Au-delà des raisons qui font que nous sommes ici, il y a peut-être en nous aussi une zone de souffrance, peut-être même de malheur que nous voulons changer.

Écoutons le Seigneur qui nous redit : «Tes péchés sont pardonnés. Ton passé est passé. Va en paix. Va vivre ton nouveau projet de vie. Sois vivant, vivante, heureux, heureuse. Regarde vers l’avenir et vit dans la paix.»

La force vive de la présence de Dieu pour la vie qui nous habite nous permettra d’y arriver.

La force vive de la présence de Dieu pour la vie qui nous habite, nous croyons aussi qu’elle est en Cédrick. C’est ce que nous voulons lui dire dans ce geste du baptême. C’est ce que vous lui raconterez pour qu’un jour, il soit capable de faire lui-même appel à cette force en lui, pour lui aider à être un grand vivant, pour lui aider à choisir constamment d’être heureux. Amen.

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Le Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ C 2010

« La nuit même où il fut livré, nous dit saint Paul, Jésus prit du pain.»

Au moment où la vie de Jésus s’écroulait toute entière, au moment où il était rejeté, abandonné même de ses amis, au moment où tout ce qu’il avait raconté de l’amour de Dieu son Père était rejeté, au moment où la haine se déchaînait contre lui, à ce moment-là, Jésus prit du pain.

Un moment important pour Jésus et pour chacun et chacune de nous s’il en est un.

Au moment où Jésus est traité comme le pire des parias, au moment où l’autorité religieuse lui dit qu’il a commis une faute impardonnable, celle de raconter que tous et toutes sont les bien-aimés de Dieu son Père et que tous et toutes seront sauvés, à ce moment-là, «Jésus prit du pain, puis, ayant rendu grâce, il le rompit et dit : «Ceci est mon corps, qui est pour vous. Il fit de même avec la coupe en disant : «Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang.»

Au moment où Jésus est livré à ses accusateurs, où tout semble terminé, où sa vie apparaît comme une vraie faillite, Jésus prends la situation en main, Jésus retourne la situation en notre faveur. Il se livre, il donne sa vie pour nous, il donne sa vie pour que tous et toutes nous soyons des vivants, des vivantes à jamais. «Ceci est mon corps qui est pour vous; cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Faites cela en mémoire de moi.»

Au moment où Jésus n’est plus rien pour personne, à ce moment-là, il nous montre jusqu’où va son amour pour ses frères et ses sœurs, il nous montre que Lui, grâce à son Père et à l’Esprit d’amour, il peut faire sortir la vie de la mort, il nous donne le don parfait, le don de son amour, de sa vie, le don de son pardon, le don d’une alliance toujours possible, toujours renouvelable avec lui.

Chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez à cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, vous proclamez le don de son amour jusqu’au bout pour tous les hommes et pour toutes les femmes.

C’est ce que nous faisons encore ensemble ce matin. Nous proclamons que Jésus nous a aimés jusqu’au don de sa vie. Nous proclamons que nos péchés sont pardonnés. Nous proclamons que l’Alliance d’amour et de vie avec Jésus est renouvelée parce que Jésus le veut, parce que Jésus est avec nous pour qu’arrive pour chacun et chacune de nous le projet bienveillant du Père : que nous soyons tous et toutes dans l’amour et la vie de Dieu, que nous soyons tous et toutes sauvés.

Nous tous et nous toutes qui, en l’eucharistie, recevons un si grand don, comment ne pas, à notre tour, le partager avec nos frères et nos sœurs en leur donnant notre amour, notre pardon, en refaisant constamment nos alliances.

Quel beau projet de vie! Amen.

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Sainte Trinité C 2010

Une jeune femme monte dans l'autobus, donne son billet au chauffeur et va s'asseoir sur le siège libre indiqué par ce dernier.

Suzanne à 34 ans. Elle est aveugle depuis un an. Grâce à un mari compréhensif et plein d'attentions, elle s'est sentie capable de retourner au travail.

Pendant un bon bout de temps, son mari allait la conduire. À la longue toutefois cela s'avéra une tâche presque impossible. Son mari se dit qu'elle devait s'habituer à prendre l'autobus. Il l'accompagnerait jusqu'à ce qu'elle soit capable de se débrouiller complètement seule.

C'est ce qui arriva au bout de deux semaines. Un bon lundi matin, Suzanne partit de son côté et Marc de l'autre, chacun vers son lieu d'emploi.

Un bon jour, comme elle montait dans l'autobus, le chauffeur lui dit: «Moi, je vous envie, madame.»

Suzanne se demanda si c'était bien à elle qu'il s'adressait. Qui pourrait bien envier une aveugle qui se bat chaque jour pour demeurer elle-même et donner un sens à sa vie? «Mais, monsieur, qu'est-ce que vous enviez au juste en moi?»

«Tous les jours, madame, depuis une semaine, je vois un  monsieur qui surveille vos moindres mouvements et s'assure que tout va pour le mieux pour vous. Alors seulement il vous envoie un baiser et continue son chemin. Vous avez vraiment de la chance!»

C'est alors que les larmes coulèrent sur les joues de Suzanne. Bien qu'elle ne pût le voir physiquement, elle était sûre que Marc était dans les alentours et elle sentait sa présence. C'était un cadeau encore plus précieux que la vue, le cadeau de l'amour qui brille là où il y a de l'obscurité. (Le Messager de Saint-Antoine, mars 2000)

Le cadeau de l’amour qui brille là où il y a de l’obscurité.

Nous avons tous et toutes, dans l’Esprit Saint, reçu le don de l’amour qui brille dans l’obscurité, qui brille – je pourrais dire – , dans nos obscurités, qui brille en nous pour que nous connaissions le monde de Dieu pour notre vie et notre salut.

« Quand il viendra, l’Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière.»

Saint Paul renchérit : « … l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint pour faire de nous tous et de nous toutes, sans exception, des justes dans la foi, pour nous donner accès au monde de la grâce et nous permettre d’espérer d’avoir part à la gloire de Dieu.»

Le cadeau de l’amour de Dieu nous fait entrer dans le monde de la grâce, dans le monde de la présence aimante de Dieu pour chacun et chacune de nous, dans la communion avec Dieu notre Père, avec Jésus notre frère et avec l’Esprit notre lumière et notre force de vie.

Le cadeau de l’amour de Dieu nous fait espérer avoir part à sa gloire. La gloire de Dieu c’est la réalisation du projet bienveillant qu’il veut pour tous les hommes et toutes les femmes sans exception : nous faire entrer dans son intimité, dans son bonheur, dans sa joie de vivre, dans son amour parfait, dans son salut envers et contre tout.

C’est un projet entièrement gratuit. Il nous suffit de le désirer avec émerveillement et reconnaissance.

Le cadeau de l’amour de Dieu, de Jésus et de l’Esprit brille en nous à travers nos difficultés que saint Paul appelle de la détresse. Nous le savons que trop car il nous arrive de la vivre difficilement.

L’amour de Dieu Père, Fils et Esprit qui brille en nous sera plus fort. C’est lui qui remportera la victoire. L’amour de Dieu en nous va réussir. C’est là notre espérance et l’espérance ne trompe pas nous dit toujours saint Paul « puisque l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné.»

Ô Seigneur, notre Dieu, qu’il est grand ton nom, par tout l’univers! Amen.

 

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Pentecôte C 2010

Après la mort de Jésus, l’évangile nous raconte que ses amis, ses disciples, ses proches s’étaient réunis ensemble dans une maison. Ils s’étaient comme cachés «car ils avaient peur des Juifs.»

Et voilà que, alors qu’ils sont ensemble, c’est soudain, c’est comme un grand coup de vent, toute la maison où ils se trouvent est remplie comme de feu. «Ils sont tous remplis de l’Esprit Saint.»

Qu’est-ce qu’il leur arrive aux disciples? Quel est l’effet de cet Esprit qui les remplit comme un feu qui est le feu de l’Amour de Dieu?

Ils se mettent à parler, chacun à sa manière, chacun selon le don de l’Esprit qu’il reçoit et la parole de tous est entendue, leur parole est comprise par tous et toutes.

Que disent-ils, que racontent-ils? Ils disent, ils racontent les merveilles de Dieu.

Quelles sont donc ces merveilles de Dieu qui sont proclamées, qui sont racontées?

Saint Paul nous en parle dans sa lettre aux Romains.

Saint Paul nous dit que depuis la Pentecôte, nous sommes tous et toutes « sous l’emprise de l’Esprit», sous l’influence de l’Esprit, nous sommes sous l’influence de l’Amour de Dieu, car l’Esprit de Dieu, l’Amour de Dieu nous habite.

Si l’Esprit d’Amour de Dieu nous habite, ça veut dire que nous sommes dans l’Amour de Dieu et que l’Amour de Dieu ne peut pas nous laisser mourir, que l’Amour de Dieu nous ressuscitera, nous fera passer de la mort à la vie comme il l’a fait pour Jésus.

Il y a plus, nous dit encore saint Paul : «Ceux et celles qui accueillent l’Esprit de Dieu, l’Amour de Dieu qui leur est donné, ceux-là sont fils de Dieu, celles-là sont filles de Dieu; ceux-là, celles-là peuvent appeler Dieu Abba, c’est-à-dire, Père.»

Alors, la conclusion s’impose : « Puisque nous sommes les enfants de Dieu, nous sommes aussi ses héritiers, ses héritières. Oui, héritiers héritières de Dieu, héritiers, héritières avec le Christ.»

Aujourd’hui encore en cette fête de la Pentecôte, le don de l’Esprit de Dieu se renouvelle en nous. Il est comme un feu qui vient sur chacun et chacune de nous. Il est comme un feu d’Amour qui vient habiter nos cœurs.

Encore aujourd’hui ce feu de l’Amour qui nous habite met en nos cœurs une parole, une parole qui raconte les merveilles de Dieu pour nous et pour nos frères et nos sœurs; une parole qui raconte l’espérance même dans les difficultés; une parole qui devient une certitude : Dieu le Père qui a fait de nous  ses fils et ses filles va nous donner sa vie pour toujours. Nous sommes ses héritiers, ses héritières. Tout ce qui est à lui est à nous.

La Seigneur a fait pour nous des merveilles.

Bénis le Seigneur, ô mon âme pour ta Présence d’Amour en nos cœurs!

Renouvelle en nous le feu de ton Amour!

Réveille notre confiance et notre espérance!

Sois bénis d’avoir fait de nous tes fils et tes filles, tes héritiers, tes héritières à jamais. Amen.

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Ascension C 2010

Il ne sert à rien d’attendre. Le Seigneur Jésus ne sera plus jamais au milieu de nous comme il l’a été avec ses disciples.

Il a accompli totalement sa mission : celle de nous faire connaître son Père et notre Père; celle de nous raconter l’amour bienveillant de son Père pour tous et toutes sans exception; celle de nous confirmer que Dieu son Père sera toujours avec nous à travers son Esprit d’Amour.

C’est parce que sa mission est totalement accomplie que Jésus retourne vers son Père.

L’attitude qui nous est demandée, en cette fête de l’Ascension, ce n’est pas de regarder le ciel, d’attendre que Jésus revienne comme par miracle.

L’attitude qui nous est demandée, en cette fête de l’Ascension, c’est celle de nous ancrer bien solidement les deux pieds sur la terre, dans notre coin de pays, celle d’être ici la Présence d’Amour de Jésus et du Père, celle de vivre ici à la manière de Jésus.

Oui, bien sûr, nous aimerions qu’il n’y ait point de mal, de guerre, de chicane, de maladie, de mort.

Oui, bien sûr, nous souhaiterions qu’il y ait du travail pour tous et toutes, que la richesse soit répartie et profite à tous et toutes.

Oui, bien sûr, nous voudrions voir disparaître toutes les catastrophes naturelles, les tremblements de terre, les inondations, les ouragans qui détruisent tout, qui font souffrir tant d’innocents, qui tuent sans compter.

La fête de l’Ascension nous invite à dépasser nos souhaits, à aller plus loin que nos souhaits, jusqu’à passer à l’action, ici, dans notre coin de pays, dans notre communauté, pour continuer la mission de Jésus.

Jésus nous invite à être ici ceux et celles qui luttent contre le mal sous toutes ses formes, qui font tout pour que les chicanes, - nos petites guerres -, se règlent.

Jésus nous invite à être ici ceux et celles qui s’ouvrent à la souffrance des autres, qui accompagnent dans les difficultés, qui fêtent et se réjouissent pour le beau et le bon qui arrivent chez nous.

Pour que nous puissions y arriver, le Seigneur Jésus nous laisse cette promesse : « Je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis : une force venue d’en haut. Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins jusqu’aux extrémités de la terre.»

Parce que nous savons que le Seigneur Jésus nous accompagne, oui, nous serons les témoins de Jésus, oui nous réussirons. Le Seigneur Jésus nous l’affirme.

Il nous faut faire confiance à sa Parole. Il nous faut faire confiance aussi à nos gestes tout simples, à nos paroles; gestes et paroles qui disent la paix, la tolérance, le pardon, la possibilité de recommencement, le partage, l’accueil, la compassion.

Le Seigneur est avec nous. Il nous habite par son Esprit d’Amour. Avec lui, ici, nous réussirons à vivre ensemble à sa manière, avec lui nous parviendrons à devenir toujours plus vivants, plus vivantes. Avec lui, nous serons ensemble, ici, les témoins de l’Amour de Jésus pour le bonheur, le bien et la joie de tous et toutes. Amen.

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Pâques 6 C 2010

« Si quelqu’un m’aime», nous dit le Seigneur ce matin.

Est-ce que vous aimez le Seigneur Jésus vous autres?

Aimer le Seigneur Jésus c’est d’abord le rencontrer, le connaître, découvrir sa bonté, sa beauté. Aimer le Seigneur Jésus c’est vouloir être beau, bon à sa manière; c’est vouloir avoir une parole qui fait vivre nos frères et nos sœurs; c’est vouloir donner toujours une nouvelle chance à ceux et celles qui nous entourent par le pardon. Aimer le Seigneur Jésus c’est le faire important pour soi, c’est le rendre précieux, en faire le trésor de nos vies.

Savez-vous ce qui arrive à ceux et celles qui aiment le Seigneur Jésus? Savez-vous ce qui arrive à ceux et celles qui vivent de la Parole de Jésus?

« Mon Père l’aimera», nous dit le Seigneur Jésus. Être aimé de Dieu le Père, y pensez-vous? Quelle affaire, quelle chance, quel don!

Être important pour Dieu le Père, être comme le trésor de Dieu le Père, y pensez-vous? Quelle chance, quel don, quelle promesse d’avenir!

Savez-vous encore ce qui arrive à ceux et celles qui aiment le Seigneur Jésus, à ceux et celles qui vivent de sa Parole?

« Nous viendrons chez lui, nous dit Jésus, nous irons demeurer auprès de lui.» Jésus et Dieu le Père demeurent auprès de nous. Ils nous habitent même de leur Esprit d’Amour.

Savez-vous encore ce qui arrive à ceux et celles qui aiment le Seigneur Jésus, à ceux et celles qui vivent de sa Parole?

Dieu notre Père, au nom de Jésus, va leur donner l’Esprit Saint. C’est le Défenseur. C’est celui qui est avec nous pour nous protéger de tout mal, pour nous garder dans l’amour, pour déposer en nous une source de vie plus forte que la mort.

Savez-vous encore ce qui arrive à ceux et celles qui aiment le Seigneur Jésus, à ceux et celles qui vivent de sa Parole?

Le Seigneur Jésus leur donne sa paix. « C’est la paix que je vous laisse, c’est ma paix que je vous donne.»

Alors, nous dit toujours le Seigneur Jésus : « Ne soyez donc pas bouleversés et effrayés. Soyez confiants, confiantes. Je ne vous lâcherai jamais.» Amen

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Pâques 5 C 2010

« C’était le dernier repas de Jésus avec ses disciples. Moment important s’il en est un.

Judas se préparait à aller le livrer. C’est ce moment-là que Jésus choisit pour se livrer totalement pour ses amis. C’est ce moment-là que Jésus choisit pour se livrer totalement pour nous.

Quand Judas quitte le souper, Jésus dit : «Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui.»

Ce que Jésus dit c’est que « maintenant, j’ai accompli ma mission, je vous ai raconté qui est le Père, je suis comme le miroir du Père. Me voyant vous voyez le Père, vous voyez jusqu’au va l’amour du Père.»

À travers toute sa vie, Jésus a laissé transparaître tout l’amour du Père. Il s’agit de le suivre, au quotidien, sur la route, pour constater son accueil des gens, un accueil bienveillant. Il savait communier à la vie des gens. Il savait leur donner de l’espérance, les libérer des manipulateurs de la Loi. Il avait une parole qui permettait aux gens de relever la tête, de se lancer de nouveau sur le chemin de leur vie. Il disait, par tous ses gestes et toutes ses paroles, l’amour de son Père, un amour infini, sans limite pour tous et toutes, sans exception. Il disait qui était son Père et qui il était.

Jésus, à ce dernier repas, désirait tout partager avec ses amis et avec chacun et chacune de nous.

«L’amour qui m’habite, l’amour qui habite mon Père, je vous le donne. Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. »

Jésus a cette certitude que le don qu’il nous fait peut nous rendre capables d’aimer comme lui. Jésus a cette conviction que l’Esprit d’amour qu’il a mis en nos cœurs a une puissance et une force telles que nous pourrons nous aussi arriver à aimer comme lui.

En 1987, un photographe journaliste a été envoyé en Équateur pour couvrir le tremblement de terre qui avait détruit une partie du pays. (Encore un).

«Il y avait, raconte-il, des gens, une longue file, qui venaient chercher de la nourriture. Et dans cette file, à la toute fin, se tenait une petite fille d'environ 12 ans. De temps en temps, elle jetait un coup d’œil vers la rue. Son attention semblait toujours être tournée vers ces trois figures sous les arbres de l'autre côté de la rue.

Au moment où elle put enfin recevoir sa nourriture, il ne restait qu'une seule banane. Les travailleurs étaient gênés de lui avouer que tout était déjà distribué. Elle ne semblait pourtant pas agressive ni amère de n'avoir qu'une seule banane. Avec précaution, elle prit le précieux cadeau et courut de l'autre côté de la rue où trois enfants l'attendaient, peut-être ses deux sœurs et son frère. Elle pela la banane et la divisa très soigneusement en trois parts égales. Elle plaça le précieux fruit dans les mains des trois enfants en disant: «une part pour toi, une part pour toi et une part pour toi. »  Puis, elle s’assit.

À ce moment là, je le jure, j’ai vu le visage de Dieu.» (John Jackson, Indianopolis Star, de Connections, 1996).

Voilà le visage de Dieu. Voilà le visage de Dieu sous le visage de cette petite fille qui aime à la manière de Jésus.

«Ce qui montrera à tous les hommes et à toutes les femmes que vous êtes mes disciples, c’est l’amour que vous aurez les uns pour les autres.»

Grâce à l’Esprit d’amour de Jésus et du Père qui nous habite, nous pouvons, à notre tour, révéler tout autour de nous, le visage de Jésus, son amour, sa bienveillance pour tous et toutes. Amen.

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Pâques 4 C 2010

«C’était l’hiver, nous dit saint Jean, quelques versets avant que ne commence le texte de l’évangile de ce dimanche.

« Jésus allait et venait dans le temple. Les Juifs se rassemblent alors autour de lui : «Jusqu’à quand vas-tu nous maintenir dans le doute? Si tu es le messie, dis-le nous clairement.»

« Je suis le bon pasteur répond Jésus. Je connais mes brebis. Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, personne ne les arrachera de mes mains. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut rien arracher de la main du Père.»

Des paroles fortes. Des paroles que seul un Dieu peut prononcer. Des paroles fortes que seul un Dieu amoureux, bienveillant peut se permettre de prononcer.

«Je connais mes brebis», nous dit-il. Il nous connaît sous toutes les coutures si je puis dire : ce qui est mauvais en nous, ce qui est manqué en nous; ce qui est beau en nous, ce qui est réussi en nous. Il connaît tous les désirs et les souhaits de nos cœurs.

Avec cette connaissance qu’il a de chacun et chacune de nous, il peut nous affirmer : «Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, personne ne les arrachera de ma main.»

Ces paroles sont pour nous.

Sur un champ de bataille un jour, un soldat demande à son officier : «Mon ami n'est pas revenu du champ de bataille, monsieur. Permettez-moi de sortir et d'aller le chercher.»

«Permission refusée, dit l'officier: je ne veux pas que vous risquiez votre vie pour un homme probablement mort.»

Le soldat y alla quand même et, une heure plus tard, revint mortellement blessé et portant le cadavre de son ami.

L'officier était furieux: «Je vous avais dit qu'il était mort. Maintenant, je vous ai perdus tous les deux. Dites-moi: valait-il la peine de sortir pour ramener un cadavre?»

Le mourant répondit: «Oh! oui, monsieur: quand je l'ai rejoint, il était encore en vie. Et il m'a dit: « Jack, j'étais sûr que tu viendrais.» (Anthony de Mello, Dieu est là dehors)

«Permission accordée» a plutôt dit Dieu le Père à son Fils Jésus pour qu’il donne sa vie pour sortir ses frères et ses sœurs de la mort.

«Permission accordée» a plutôt dit Dieu le Père à son Fils Jésus. Il voulait qu’il soit présent au rendez-vous de nos vies, au rendez-vous de nos morts. Il voulait que Jésus nous accompagne, que nous ayons la certitude qu’il viendrait, qu’il serait près de nous, qu’il serait pour nous Bon Pasteur, qu’il nous donnerait la vie éternelle, cette vie pour toujours que rien ni personne ne peut nous arracher de ses mains.

 

Oui, le Seigneur est notre Pasteur. Il nous guidera aux sentiers de vie, Il nous ouvrira sa maison.

 

Oui, le Seigneur est bon, éternel est son amour, sa fidélité demeure d’âge en âge. Amen.

 

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Pâques 3 C 2010

Jésus est là sur le rivage. Personne ne sait que c’est lui. C’est Jésus, le ressuscité. Il est là tout simplement. Il n’est pas visible à l’œil nu. « On ne voit bien qu’avec les yeux du cœur, dit le renard au Petit Prince de Saint Exupéry. L’essentiel est invisible pour les yeux.» C’est bien décrire notre situation face au Jésus ressuscité. Sa présence qui nous est essentiel se découvre par le cœur.

C’est l’expérience que les amis de Jésus, partis à la pêche, vont vivre encore une fois.

Pendant qu’ils sont sur le lac et qu’ils mettent toute leur énergie à trouver le poisson, Jésus est là sur le rivage. Jésus prend soin d’eux. Jésus prépare le petit déjeuner. Il a fait un feu de braise, le poisson se prépare de même que le pain. Quelle délicatesse! Quelle tendresse! C’est beau!

Et voilà que Jésus interpelle ses amis : «Les enfants, leur dit-il. C’est le nom qu’il leur donne. Ils sont ses enfants. C’est beau!

Jésus continue : « Auriez-vous un peu de poisson?» Ils n’en ont pas. «Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez.»

Ils trouvent. Il y en a plus que de besoin.

« Venez déjeuner, leur dit-il et apportez de ce poisson que vous venez de prendre.»

Ils se retrouvent là, sur le rivage, au lever du jour, autour de ce feu de braise, le déjeuner prêt. Ils savent qu’ils sont avec leur Seigneur.

Jésus s’approche en leur donnant le pain, ainsi que du poisson.

Voilà comment Jésus ressuscité se manifeste, se fait voir à ses amis.

Voilà comment Jésus ressuscité se manifeste, se fait voir encore à chacun et chacune de nous.

Il est là au milieu de nous. On ne le voit bien qu’avec les yeux du cœur.

Il est là quand le jour se lève pour nous. Tout ce qui fait du bien à notre cœur nous parle de lui. Tout ce qui nous renouvelle, tout ce qui nous relance dans la vie, nous parle de lui. La paix que nous tendons à instaurer tout autour de nous et en nous nous parle de lui. Les pardons que nous donnons, ceux que nous accueillons nous parlent de lui. Le souci que nos frères et nos sœurs nous portent comme le souci que nous avons pour eux nous parle de lui.

« Les enfants, nous dit encore ce matin le Seigneur Jésus, auriez-vous un peu de poisson? Ne vous lassez pas, n’abandonnez pas. Je suis avec vous. Vous trouverez.»

« Les enfants, nous dit encore le Seigneur Jésus ce matin, venez déjeuner. Apportez de votre poisson. Apportez le meilleur de vous-mêmes, venez avec votre cœur. Venez vous asseoir à ma table, venez partager mon intimité. Prenez, mangez, c’est ma vie, c’est mon amour.»

Comme les amis de Jésus, que nous ayons cette conviction : Jésus est notre Seigneur, notre Sauveur, notre Ami, notre Frère; Jésus est plein d’amour, de bienveillance et de tendresse pour nous. Il est là. Avec lui, nous trouverons la vie. Amen.

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Pâques 2 C 2010

« Jésus vint, et il était là au milieu d’eux.» C’est le Jésus ressuscité. Il ne frappe pas aux portes. Il n’attend pas qu’on lui ouvre. Il est là, tout simplement.

Il a une parole : «La paix soit avec vous.» Il a un geste : il souffle son Esprit d’amour sur ses amis pour le pardon des péchés.

Voilà encore une fois bien exprimé tout le projet bienveillant de Dieu notre Père pour nous les hommes et les femmes : La Paix. La possibilité d’être toujours pardonné, de pouvoir toujours recommencer, d’aller son chemin, vivants, vivantes.

«Comme le Père m’a envoyé, je vous envoie.»

Ils sont partis proclamer la paix, ils sont partis pardonner les péchés.

Il n’y a rien de facile. Ce ne fut pas facile pour les amis de Jésus non plus.

Il y a et il y aura toujours des intérêts, des pouvoirs qui ne veulent pas de la paix ni du pardon des péchés et qui prennent les moyens pour qu’ils n’arrivent pas.

C’est pourquoi nous retrouvons, ce matin, Jean, le disciple bien-aimé, sur l’île de Patmos, prisonnier, exilé. On veut le faire taire. Il lui reste l’écriture. Il va écrire ce que nous appelons une apocalypse.

Aujourd’hui, Jean aurait probablement écrit un roman. En son temps, on écrivait des apocalypses, des écrits pleins de mystères, de visions difficiles à comprendre pour nous mais accessibles au gens de son temps.

L’Apocalypse de Jean c’est une Bonne Nouvelle qui veut raconter, dans un temps de persécution, qu’à la fin, le projet d’amour du Père va réussir, sera victorieux. «Sois, sans crainte, écrit Jean. Je suis le Premier et le Dernier, je suis le Vivant : J’étais mort, mais me voici vivant pour les siècles des siècles, et je détiens les clés de la mort et du séjour des morts.»

C’est encore difficile aujourd’hui de faire la paix et de pardonner les péchés. Il y a encore des intérêts, des pouvoirs qui vivent de la guerre. Le pardon des offenses c’est pour les faibles. Ce qu’il faut c’est faire payer les offenses, punir.

Au plus profond de nous, nous savons qu’il est nécessaire de faire la paix, de vivre en paix. C’est ce qui nous rend la vie vivable, agréable, épanouissante, c’est ce qui fait de nous des gens libres.

Nous savons aussi qu’il est nécessaire de pardonner et d’être pardonner. Le pardon c’est une source de vie. Le pardon nous remet debout, nous relève la tête, nous permet de marcher le cœur léger vers l’avenir.

De nouveau, ce matin, le Seigneur vient et il est là au milieu de nous. C’est Jésus ressuscité. Il ne frappe pas. Il est là.

Il a une parole pour nous : «La paix soit avec vous.» Il souffle son Esprit d’amour sur nous pour que nous soyons capables de pardonner les offenses.

«Comme le Père m’a envoyé, je vous envoie. Allez porter, faire la paix, allez pardonner les offenses, les péchés.»

C’est à ce prix qu’arrivera chez nous le Royaume de Dieu. Amen.

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Veillée pascale C 2010

Il le présentait depuis son tout jeune âge. Il se sentait habiter par une force puissante, vive, une force de vie à nul autre pareille. Il se savait habiter par l’amour de son Père. C’était une communion, une harmonie si grande avec son Père, un Esprit d’amour qu’il savait capable de tout refaire.

Au jour le jour, son pressentiment devint une certitude. Quand, par exemple, il dit au paralytique : «Lève-toi et marche», voilà que celui-là se lève et part. Quand il crie à Lazare mort depuis quatre jours : «Lazare, viens dehors» et que voilà Lazare sortir du tombeau, vivant.

Jésus se savait, à la fin de sa vie, habiter de cette force vive de l’amour, une force capable de faire éclater la mort, une force capable de relever, de faire sortir de tous les tombeaux.

La force de l’Esprit d’amour a agit en Jésus. C’est ce que constatent ses amies quand elles vont au tombeau pour ensevelir son corps.

L’immense pierre du tombeau a été roulée. Et lui, il n’est plus là. Elles ne trouvent qu’un jeune homme, un messager qui leur dit : «Jésus de Nazareth, le Crucifié n’est pas ici. Il est ressuscité.»

Elles vont mettre du temps à saisir. Tous les amis de Jésus vont mettre du temps à comprendre l’événement.

Et puis, ensemble, ils vont se rappeler sa vie, ses paroles. Peu à peu, la lumière se fait. « Il est ressuscité, se répètent-ils, il est vivant. Ça change tout.» Et les voilà fous de joie.

Il est ressuscité. Il est vivant. Ça change tout aussi pour chacun et chacune de nous.

Jésus nous a donné la force d’amour, l’Esprit d’amour qui l’habitait. Jésus nous donne, en chaque eucharistie, la force vive d’amour, l’Esprit d’amour qui l’habite. C’est une force capable de faire éclater la mort, de vaincre toutes nos morts. C’est une force capable de mettre en notre bouche des paroles de vie pour les autres. C’est une force de résurrection.

Permettons à cette Bonne Nouvelle de pénétrer notre cœur. Laissons-là déposer, en notre cœur, ses fruits de vie, de renouveau, d’espérance et de joie.

Et «rendons grâce au Seigneur : il est bon! Son amour est pour toujours.» Disons-le par toute notre vie.

Tous et toutes nous ressusciterons. Amen.

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Dimanche des Rameaux C 2010

Il y a une très belle révélation dans cette Parole de Dieu.

Les gens sont venus pour acclamer Jésus comme leur Messie, leur Sauveur, celui capable de leur donner du courage, de l’espérance; celui capable de les tourner vers la vie, capable même de leur donner sa vie.

Ils crient bien haut. Ils laissent aller leur cœur. Leur joie déborde jusqu’à la folie de jeter leurs vêtements devant Jésus, de monter aux arbres pour en casser les branches afin de pavoiser.

«Béni soit celui qui vient, notre roi, notre Sauveur, notre Salut!»

Ils louent le Seigneur à pleine voix, pour les miracles, les retours à la vie qu’ils ont vus, pour les paroles qui leur ont ouvert un avenir.

Il y a toujours des faiseurs de leçons, des gens pour tuer les rêves, les enthousiasmes.

«Maître, arrête tes disciples!» disent à Jésus des pharisiens.

La réponse du Maître, du Messie, de notre Sauveur vient sans hésitation.

«Je vous le dis : " S’ils se taisent, les pierres crieront."»

Bien sûr, les pierres ne se mettront pas à crier.

Jésus dit que si les gens se taisent, s’il n’y a plus personne pour dire sa révélation, le Père trouvera bien le moyen pour que tous et toutes sachent qu’il est le Messie, l’envoyé du Père et qu’il est là pour sauver toutes les personnes sans exception, qu’il est là pour leur donner l’espérance, pour leur donner la vie, pour les faire vivre en leur donnant sa propre vie.

Rien ne pourra arrêter Dieu le Père, par Jésus et l’Esprit de sauver tous les hommes et toutes les femmes.

L’amour de Dieu est donné à tous et à toutes.

L’amour de Dieu triomphera en tous et en toutes.

L’amour de Dieu nous donnera de vivre à jamais. Amen.

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Carême 5 C 2010

Jésus est au temple. Il y a des gens qui sont là. Jésus les enseigne.

Et voilà des bruits de voix de gens qui arrivent, menés par des scribes et des pharisiens, des gens très attachés à la Loi.

Ils viennent déposer devant Jésus, comme une chose, une femme, qui disent-ils « on a surprise en train de commettre l’adultère.»

Ils s’adressent à Jésus devant les gens qui sont là en l’appelant «Maître». Ils s’adressent à Jésus comme à celui qui sait tout, comme à celui qui peut juger de tout.

Le titre de «Maître» rend le moment important, solennel.

« Cette femme a été prise en flagrant délit d’adultère. Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, qu’en dis-tu?»

Ils s’en fichent ces gens-là, en ce moment-là, de la Loi. Ils s’en fichent de cette femme qu’ils font avancer malgré elle vers Jésus. Ils s’en fichent des tourments épouvantables qu’ils font subir à cette femme.

Ces gens-là n’ont qu’un objectif en tête : s’organiser pour piéger Jésus, s’organiser pour faire accuser Jésus, s’organiser pour le faire taire et avoir des témoins qui témoigneront contre lui.

C’est Jésus qui est la cible de tout ce branle-bas. C’est Jésus qu’il faut museler à tout prix. Il est trop dérangeant. Il accorde trop de place aux personnes.

Ces gens-là, depuis le temps qu’ils le fréquentent, ne connaissent pas encore Jésus. Ils ne savent pas encore qui est Jésus, ils n’ont pas encore découvert toute la puissance de miséricorde et d’amour qui habite le cœur de Jésus.

Il y a un long moment de silence. Le silence est déstabilisateur, le silence renvoi à soi-même.

Et puis Jésus prend la parole : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter la pierre.»

Les gens reconnaissent qu’ils sont pécheurs. Ils s’en vont.

Jésus, maintenant seul avec la femme lui dit : « Personne ne t’a condamnée? Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus.»

Le jugement est tombé. «Je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus.»

Quelle libération pour cette femme! Quelle force de vie neuve pour cette femme!

Jésus n’est pas avec nous pour condamner. Jésus est avec nous pour sauver.

Jésus ne veut pas que nous désespérions de nos vies, que nous passions notre temps à ramener à nos mémoires nos manquements.

Jésus pardonne. Jésus sauve. Jésus replace sur le chemin de la vie : «Va, et désormais ne pèche plus.»

Quelle chance d’avoir pour juge le Seigneur Jésus! Quelle chance d’avoir sur notre chemin cette parole d’espérance : «Va, et désormais ne pèche plus.»

«Le Seigneur a fait merveille : nous voici dans la joie.» Amen.

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Carême 4 C 2010

Un beau passage de l’évangile aujourd’hui. Un passage que nous connaissons très bien. Un passage que, pour ma part, j’aime réentendre, une histoire qui me fait toujours du bien.

Je ne sais pas si c’est la même chose pour vous.

L’histoire débute par un reproche fait à Jésus.

« Il accueille les pécheurs et mange avec eux.»

C’est une accusation très grave, subtile, qui laisse sous-entendre le pire. Si Jésus s’assoit à la même table que des pécheurs, c’est qu’il est pécheur lui aussi. Et donc, il n’est pas le Messie, l’envoyé de Dieu.

Jésus en profite pour raconter qui est son Père et notre Père.

« Un homme avait deux fils.» Un homme avait une relation de père avec ses fils.

Le plus jeune de ses fils décide de partir. Il emporte avec lui son héritage. Bien sûr des biens, de l’argent, surtout les valeurs que son père lui a transmises, le lien d’amour, de tendresse qui l’unit à son père.

« Il gaspille tous ses biens», nous dit la Parole de Dieu. Son argent évidemment et aussi les valeurs que son père lui avait données, le lien d’amour et de tendresse avec son père.

Ses liens d’amour et de tendresse coupés, ses valeurs oubliées, voilà ce fils qui se retrouve bien seul. Il ne vit plus. Il va mal. Sa vie n’a plus de sens.

Il se rappelle chez lui, comment c’était bon vivre près de son père, comment c’était bon d’être fils.

« J’ai péché, se dit-il. J’ai brisé ce qu’il y avait de plus important dans ma vie, ma relation d’amour avec mon père. Je suis déchu. Je ne pourrai plus être le fils de mon père.»

Sa décision est prise. Il vaut mieux pour lui être serviteur chez son père que d’être seul au loin. Tout angoissé, il revient chez lui.

Il connaissait mal son père. Il ne s’attendait pas à ce qui allait arriver : son père qui court vers lui, qui lui ouvre les bras, l’embrasse, commande une fête. « Mon fils était mort, il est revenu à la vie; il était perdu, et il est retrouvé.»

C’est la fête!

Quelle liberté du côté de ce Père! Quelle bonté! Voilà ce qu’est Dieu le Père, Dieu notre Père.

Le deuxième fils est demeuré à la maison. Pas de fracas dans son cas, pas d’éclat. Du malheur, par exemple. Il est malheureux. Son cœur est plein de ressentiments, de reproches, de rancœurs, de déceptions vis-à-vis de son père. Il en veut à son père, il en veut à son frère et probablement qu'il s’en veut à lui-même. Il est malheureux.

Lui aussi est invité à la fête, lui aussi est invité au pardon, lui aussi est invité à retrouver sa liberté.

Notre Dieu Père, Fils et Esprit est le Dieu de la fête, de la liberté, du pardon, de la bonté, de la vie.

Il nous invite à faire de notre vie une fête, il nous invite à devenir libres, il nous invite à pardonner, il nous invite à être bons, bonnes, vivants, vivantes.

Un beau projet pour ce temps du carême.  Amen.

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Carême 3 C 2010

Les catastrophes naturelles, souvent très violentes, ne manquent pas. Hier c’était le tremblement de terre en Haïti. De la souffrance, des morts, trop de morts, de la destruction.

Aujourd’hui c’est le tremblement de terre au Chili. De la douleur, des morts, des gens qui perdent tout.

Même les jeux olympiques n’y échappent pas. Après la mort de ce jeune athlète en luge, il y a eu le décès de la mère de Joannie Rochette. « Une catastrophe », nous a dit Joannie et nous sommes bien d’accord avec elle.

À la suite du tremblement de terre en Haïti, un pasteur américain a expliqué que cette catastrophe était une punition de Dieu à cause des péchés des haïtiens.

À notre propre télévision d’ici, il nous arrive d’entendre des gens qui nous disent ne plus avoir la foi parce qu’ils n’en peuvent plus de ce Dieu qui ne fait rien, qui laisse tout faire, qui fait souffrir et qui détruit. « S’il est vrai que Dieu a tout créé, comment se fait-il qu’il n’est pas capable de s’occuper de sa création, qu’il laisse tout détruire?»

« Convertissez-vous, nous crie le Seigneur Jésus ce matin, Changez votre façon de voir Dieu le Père.»

« Pensez-vous, continue Jésus, que c’est à cause de leurs péchés que des gens ont été tués par Pilate? Pensez-vous que c’est à cause de leurs péchés que ces dix-huit personnes sont mortes dans l’écroulement de la tour de Siloé? Non, cela n’a rien à voir. »

Écoutons plutôt la parabole du figuier que nous raconte Jésus. Dieu ne veut pas la destruction, c’est un Dieu de patience qui donne aux humains le temps de produire du fruit.

Écoutons Dieu le Père se présenter lui-même à Moïse. « Je suis celui qui est », dit-il, je suis celui qui est avec vous, je suis celui qui est au milieu de vous. J’ai vu la misère de mon peuple. J’ai entendu ses cris. Je connais ses souffrances. Je suis descendu pour le délivrer et le faire monter de cette terre vers une terre spacieuse et fertile, vers une terre ruisselante de lait et de miel, une façon de dire vers une terre de bonheur.»

Écoutons l’expérience de celui qui a écrit le psaume. « Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour. Il pardonne toutes nos offenses.»

Voilà qui est notre Dieu.

Je l’ai vu Dieu en Haïti. Je l’ai vu à travers tous ces gens venus de partout dans le monde pour aider, pour consoler. Je l’ai vu à travers tous ces gens de partout dans le monde qui ont fait parvenir des dons.

Je l’ai vu Dieu à l’aéroport de Montréal à l’arrivée des athlètes olympiques. Je l’ai vu. Il était là. Il parlait à travers la présence des résidents de l’Île-Du-Pas, tout petit village de Joannie Rochette. Presque toute la communauté était là pour accueillir Joannie qui vit un deuil immense. Il était là Dieu dans leur présence, dans leur tendresse.

Il est beau notre Dieu, présent à travers nos amitiés, nos amours, notre tendresse, notre présence compatissante  aux autres, nos pardons.

Il fait naître en nous l’espérance et nous donne la vie. Amen.

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Carême 2 C 2010

Ils ne savaient pas, Pierre, Jacques et Jean, ce qui les attendait. Il y a toujours de l’inattendu avec Jésus.

«Allons prier sur la montagne», leur avait-il dit.

Ils sont heureux ces trois-là. Ils aiment être avec Jésus. Ils aiment voir ce qui se dégage de lui quand il prie. Tellement qu’un jour, ils lui ont demandé de leur montrer à prier.

Et voilà que, sur la montagne, alors que Jésus est en train de prier, c’est comme si des écailles tombaient de leurs yeux et qu’enfin ils le voient réellement.

Ils voient Jésus tout changer. Il est tout transparent de lumière, tout éclatant de lumière.

Il est tellement beau, resplendissant. Ils sont en communion avec lui. Un désir naît en eux, immense : ils veulent être comme lui, resplendissants de lumière comme lui.

«Dressons nos tentes ici. Demeurons ici pour toujours.» C’est leur souhait.

À ce moment-là, il y a comme une nuée qui les enveloppe. C’est là une des façons de raconter dans la bible que Dieu va se manifester. Dieu se manifeste. C’est une voix qui se fait entendre : «Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi, écoutez-le.»

Et puis, voilà, tout est terminé. En silence, Jésus et ses amis redescendent de la montagne.

Et puis, voilà, tout commence vraiment pour les amis de Jésus. Ils n’oublieront pas. Ils raconteront pour ne pas oublier. Surtout, ils vont commencer à laisser la lumière de Jésus les pénétrer, ils vont faire de leur mieux pour vivre en harmonie avec lui, en communion avec lui, pour devenir beaux, bons comme lui.

« Allons sur la montagne pour prier», nous invite ce matin le Seigneur Jésus. Rendons-nous disponibles, laissons les coquilles tomber de nos yeux pour voir la lumière qui transparaît, qui resplendit à travers la vie de Jésus.

Laissons monter en nous un désir immense, désir d’être comme Jésus, désir d’être transparents de lumière, d’être beaux, belles, bons, bonnes à sa manière.

Prenons le chemin du silence, de l’écoute de la Parole de Dieu qui se fait entendre à nous de dimanche en dimanche. Sa voix s’élèvera en nos cœurs. Sa voix nous redira l’alliance indéfectible qu’il veut avec nous.

Permettons à la lumière de Jésus de nous inonder pour resplendir de lumière à notre tour, pour allumer une lumière dans la vie de nos frères et de nos sœurs, pour faire naître chez eux le désir d’être transparents de lumière, d’être beaux, belles, bons, bonnes, à la manière de Jésus.

C’est le temps de la confiance, de l’inattendu avec Jésus.

Bon carême. Amen.

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Carême 1 C 2010

« Jésus rempli de l’Esprit Saint, quitte les bords du Jourdain.»

Jésus est rempli de l’Esprit Saint. Jésus est rempli de l’amour de son Père. C’est ce qui fait de lui un homme unique, différent, attirant. Ce n’est pas pour rien qu’il attire les foules.

L’amour qui habite Jésus fait de lui aussi un homme dangereux. Il propose le souci des pauvres, de l’abandonné. Il propose le partage, l’équité, le respect des personnes. Il propose la miséricorde, le pardon. Il propose l’amour jusqu’au don de sa propre vie. Quels changements il propose!

Vous voyez toutes ces propositions de Jésus réalisées demain matin? Notre monde serait tout différent. Ce serait un monde de bonheur et de joie.

Nous n’en sommes pas là. Les forces du mal sont toujours en action dans notre monde. Les forces du mal sont toujours en action en chacun et chacune de nous.

Jésus lui-même a dû affronter les forces du mal.

«Tu es Dieu, utilise tes pouvoirs de dieu pour toi et tes amis, utilise-les contre ceux qui veulent t’empêcher de vivre ta mission.

Tu es Dieu, tu as tous les pouvoirs. Deviens le maître du monde par tous les moyens, fais de l’argent pour tout t’acheter, même pour t’accaparer ce que l’on ne veut pas te vendre.

Tu es Dieu, rend les autres dépendants de toi, asservis les autres pour ton propre service, enlève-leur leur liberté, fais des autres, pour ton profit, des serviteurs aveugles.»

L’amour en Jésus a été plus fort que le mal. L’amour en Jésus a vaincu le mal à jamais. L’amour en Jésus nous montre un chemin pour, à notre tour, vaincre le mal en nos vies.

Nous reprendrons ce chemin de l’amour car c’est le temps du carême.

Le mal a laissé des traces en nous. Nous le savons bien quand nous regardons nos vies.

Le mal n’est pas le plus fort en nous. Le plus fort en nous c’est l’amour, c’est l’Esprit Saint qui nous habite, c’est la force, la puissance même de Dieu qui nous habite pour que nous soyons vainqueurs du mal, à la suite de Jésus.

Le temps du carême, un temps de grâce, une chance pour apporter des ajustements, des changements dans notre vie.

Le temps du carême, un temps pour enlever ce qui nous blesse et nous empêche d’être pleinement heureux, heureuses.

Le temps du carême, un temps pour enlever ce qui nous enferme sur nous-mêmes et qui nous empêche d’aller vers nos frères et nos sœurs.

Le temps du carême, un temps pour retrouver le chemin de la liberté, du pardon pour soi et pour les autres.

Le temps du carême, un temps pour retrouver l’harmonie en soi et avec les autres, pour retrouver notre joie de vivre.

Le temps du carême, un temps pour regarder vers Pâques, pour choisir un grand dégel, un véritable printemps pour notre vie, une vie nouvelle.

Quelle chance!

Bon carême. Amen.

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Dimanche 6 C 2010

 

Un petit garçon visitait souvent une vieille dame. Il était intrigué par les grosses lettres colorées que la dame avait épinglées au mur et qui se lisaient ainsi: «Dieu me voit!» Remarquant le regard interrogatif du petit garçon, elle décida de lui expliquer ce que ça voulait dire pour elle.

 

«La plupart des gens vont te dire que cette phrase: "Dieu me voit" nous rappelle que Dieu nous surveille de sorte qu'il puisse nous punir dès que nous faisons quelque chose de mal. Je ne voudrais pas que tu comprennes cette phrase de cette façon. À toutes les fois que je regarde ces mots: "Dieu me voit", je pense plutôt à ceci: "Dieu m'aime tellement qu'il ne peut plus détourner son regard de moi."» (Anthony Castle)

 

C’est l’expérience que vivent les amis de Jésus quand ils redescendent de la montagne avec lui. Jésus les aime tellement qu’il ne peut plus détourner son regard d’eux. C’est comme s’il les découvrait et il les trouve heureux.

«Je trouve que vous êtes heureux, leur dit-il.

 

Je trouve que vous êtes heureux parce que vous n’êtes pas aveuglés par les richesses, que vous ressentez le besoin de l’autre, de l’amitié, de la bonté.

 

Je trouve que vous êtes heureux parce que vous ne savez pas tout, que vous ressentez le besoin de connaître la vérité, tout ce qui concerne Dieu le Père.

 

Je trouve que vous êtes heureux parce que vous êtes capables de nommer votre manque d’espérance et que votre cœur est ouvert, ouvert à une parole autre que la peur, ouvert à une parole qui libère, ouvert à une parole qui vous met sur le chemin de la vie.

 

Je trouve que vous êtes heureux parce que vous savez que sur le chemin de votre vie, pour acquérir de la dignité, pour vivre en homme juste, vrai, libre, amoureux, vous ferez face à de grandes difficultés. Vous serez critiqués, mis de côté, peut-être même haïs.

 

Sachez que vous avez raison. Le changement va venir.»

 

C’est un beau message.

 

Ce message s’adresse à chacun et chacune de nous car Jésus nous aime tellement qu’il ne peut plus détourner son regard de nous.

 

Il  trouve que nous sommes heureux, heureuses chaque fois que nous reconnaissons nos pauvretés, chaque fois que nous ouvrons nos cœurs à sa Parole d’espérance, que nous luttons pour la liberté, la nôtre et celle de l’autre, que nous luttons pour le droit de vivre dans la dignité, le droit d’avoir ce qui est nécessaire pour que la vie soit viable.

 

Il  trouve que nous sommes heureux, heureuses quand nous osons l’amour, l’amour qui est une sorte de folie, l’amour qui est don sans retour, l’amour qui est don de sa propre vie.

 

Ce n’est pas un chemin sans difficultés, bien au contraire.

 

« Quand vous vivez de cette façon, nous dit encore le Seigneur Jésus ce matin, sachez que vous avez raison. Le changement va venir. Le bonheur va venir. Je le veux pour vous tous et vous toutes.»

 

C’est un beau message. Amen.

 

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Dimanche 5 C 2010

Êtes-vous déjà allés à la pêche, vous autres? Vous savez, à une sorte de pêche miraculeuse où le poisson saute de partout, que la ligne, à peine mise à l’eau, que déjà vous remontez un poisson. C’est fou, excitant. Les rires fusent. Un vrai bon moment.

Il vous est sûrement arrivé aussi de passer une journée entière sur un lac sans rien prendre. Il ne se passe rien. Le poisson ne mord pas. Vous avez tout votre temps pour admirer la nature.

Les amis de Jésus sont partis à la pêche avec Pierre. Toute la nuit ils ont lancé leurs filets, toute la nuit ils ont relevé leurs filets. Pas de poisson. Ils sont déçus car c’est leur gagne pain. Ils sont fatigués.

Et voilà que, revenu au rivage, Jésus leur demande de lui prêter une barque pour qu’il puisse parler aux gens qui sont là.

À la fin de son discours, Jésus dit à Pierre :

- Avance au large, et jetez les filets pour prendre du poisson.

- Nous avons jeté nos filets toute la nuit, répond Pierre. Nous n’avons rien pris. T’es sûr que nous allons en prendre?

Ils partent, car il y a déjà quelque chose entre eux et Jésus. Une amitié, un attachement ont commencé à se développer. Et puis, avec lui, qu’est-ce qu’ils ne feraient pas?

 

Ils vont sur le lac et selon l’évangile d’aujourd’hui c’est une vraie folie, une sorte de pêche miraculeuse. Il y a du poisson, tellement de poissons que la barque de Pierre risque de s’enfoncer et qu’il doit faire appel à ses compagnons demeurés sur le rivage.

 

Qu’est-ce qui s’est passé au lac de Génésareth? Y a-t-il eu autant de poissons que l’évangile le dit? Est-ce une histoire de pêche comme nous en connaissons bien d’autres? Je ne sais pas.

 

Ce que je sais, c’est qu’il s’est passé un événement tel, un signe si fort que Pierre et ses amis sont bouleversés. Il y a eu un événement tout intérieur entre ces hommes et Jésus. Un évènement qui leur a fait prendre conscience de la distance entre eux et Jésus. C’est ce que Pierre exprime : «Seigneur, éloigne-toi de moi, car je suis un homme pécheur.»

 

Au lac de Génésareth, il s’est passé un événement, qui a été pour les amis de Jésus, comme un appel à être aussi beau, aussi bon que lui.

 

«Sois sans crainte, dit Jésus à Pierre, tu y arriveras. Tu porteras la beauté, la bonté, comme moi, à tes frères et à tes sœurs. «Désormais, ce sont des hommes et des femmes que tu prendras.»

 

Ces hommes-là ont été saisis par ce qu’est Jésus, par tout ce qui émane de sa personne : sa bonté, sa tendresse, la force qui l’habite, l’avenir qu’il annonce, la vie qu’il renouvelle ou fait naître tout autour de lui.

 

Ils veulent être comme lui. «Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent.»

 

Cet homme Jésus, vous attire-t-il, vous autres? Vous touche-t-il? Sa manière d’être, sa parole, sa bonté viennent-elles vous chercher jusqu’à vouloir lui ressembler, jusqu’à vouloir être aussi bons, bonnes? jusqu’à avoir une parole bonne pour vos frères et vos sœurs, une parole qui renouvelle ou fait naître la vie tout autour de vous?

 

Si oui, vous avez rencontré le Seigneur, vous avez entendu l’appel du Seigneur.

 

La parole dite à Pierre, Jésus la dit pour vous ce matin: «Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes, des femmes que tu prendras.» Amen.

 

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Dimanche 4 C 2010

Deux histoires se rencontrent à la synagogue de Nazareth.

L’histoire des gens de Nazareth qui depuis des lunes et des lunes attendent un roi sauveur, un messie, un roi guerrier pour foutre à la porte les envahisseurs de leur pays. Ces envahisseurs sont venus d’Égypte, de Babylone, d’Assyrie et maintenant de Rome.

Bien sûr, ils se posent toutes sortes de questions concernant Jean-Baptiste. «Es-tu celui qui doit venir», lui ont-ils demandé?

Et plus récemment, ils se posent des questions concernant Jésus. Il n’a pas le profil du roi guerrier attendu. En plus, ils le connaissent. Il a grandi chez eux. Ils connaissent ses parents qui sont des gens ordinaires.

Ils sont étonnés par sa parole qui les ravit et par les signes qu’il commence à faire, dont ils ont entendu parler, qu’ils aimeraient bien qu’il fasse chez eux.

Parfois aussi, sa parole les heurte, surtout quand il dit qu’il est là pour tout le monde, même les étrangers. Pour eux, les étrangers ce sont des païens. Ils ne comprennent pas. Ils s’insurgent. Ils veulent lui faire un mauvais parti.

À la synagogue de Nazareth, il y a aussi l’histoire de Jésus. Il vient, lors de son baptême, de faire l’expérience de l’amour de son Père. Il vient de réaliser le signe de Cana. Il découvre en lui une puissance, une force qu’il sait venir de l’amour de son Père. Il découvre, de plus en plus, qui il est, l’envoyé du Père, le Messie. Il découvre que ses armes sont la bonté, la compassion, le pardon, l’amour sans condition pour tous et toutes.

Comment amener les gens à saisir de l’intérieur ce qu’il porte en son cœur, cet amour de son Père qui le bouleverse, qui chamboule toute sa vie?

Il va prendre la route, il va passer de village en village, aller à la rencontre des gens. Il va prendre la parole, une parole bonne, qui relève, qui sauve, qui donne vie, qui ressuscite. Il va faire des signes, que nous appelons miracles, pour que les gens saisissent qu’il est vraiment le Messie, celui qui vient de Dieu le Père pour accomplir définitivement l’Alliance d’amour entre Dieu le Père et chacun et chacune de nous.

Voilà que, sur notre route ce matin, nous le rencontrons ce Jésus de Nazareth, l’envoyé du Père pour faire une Alliance d’amour à jamais avec chacun et chacune de nous.

Voilà que, sur notre route ce matin, ce Jésus de Nazareth vient à la rencontre de notre propre histoire.

Il porte en son cœur pour chacun et chacune de nous un don. Parmi tous les dons de Dieu, nous dit saint Paul, c’est le meilleur, c’est celui qui restera à jamais, celui qui ne disparaîtra jamais, c’est le don de l’amour. Il est en nous pour toujours.

Ce don de l’amour est en nous, pour nous et pour les autres, une lumière, un réconfort, une espérance, une force de transformation, une force de vie.

Ce don de l’amour est en nous, pour nous et pour les autres, une parole qui fait du bien, qui est comme une source jaillissante de vie.

Aujourd’hui, mes amis, ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur, accueillons le don par excellence de Dieu notre Père, son Amour, qui est son Esprit, qui nous est donné en Jésus son Fils. Amen.

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Dimanche 3 C 2010

Le Jésus qui revient à Nazareth après les noces de Cana est un homme qui a changé.

Il est allé au Jourdain où il a été baptisé. Il est allé aux noces de Cana.

Il a réalisé, pendant son voyage, qu’il est un fils bien-aimé. Il a fait l’expérience de l’Esprit, de l’amour de son Père qui l’habite. Il se sait porteur d’une Bonne Nouvelle pour ses frères et ses sœurs.

C’est ce Jésus là qui s’amène à la synagogue de son village de Nazareth où il a grandi.

Les gens savent déjà ce qui s’est passé au Jourdain et à Cana. Il a déjà une renommée. Ils sont venus en grand nombre. Ils laissent à Jésus le champ libre.

Alors Jésus se lève pour faire la lecture. On lui présente le livre du prophète Isaïe. C’est le grand silence.

«L’Esprit du Seigneur est sur moi, lit Jésus, parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres, et aux aveugles qu’ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération, annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur.»

Jésus referme le livre et s’assied. C’est toujours le grand silence. Tous et toutes sont suspendus à ses lèvres. Ils attendent une parole.

Et Jésus parle. «Cette parole de l’Écriture, que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit.»

Les gens sont bouche bée, abasourdis. Ils ne s’attendaient pas à une telle révélation. Ils n’ont jamais entendu rien de pareil. Ils ne savent pas trop quoi penser.

Cette parole de Jésus est un nouveau signe. Il est celui qui porte la Parole de Dieu. En lui, la Parole de Dieu se réalise. Il est la Bonne Nouvelle de Dieu, le promis de Dieu, le libérateur de Dieu, celui qui vient tout éclairer et qui apporte la libération tant attendue.

Il n’y a pas eu de fracas ni d’éclats à la synagogue de Nazareth. Juste une parole.

Ce matin, la même parole nous arrive. Elle a fait son chemin jusqu’à notre cœur.

Sommes-nous conscients, conscientes que, depuis notre baptême, nous sommes habités par l’Esprit d’amour du Père et de Jésus, que l’Esprit du Seigneur est sur nous, que nous sommes porteurs, porteuses d’une Bonne Nouvelle.

Cette Bonne Nouvelle c’est une parole pour nos frères et nos sœurs. Cette Bonne nouvelle c’est une parole de compassion, une parole qui brise les nœuds, les murs qui nous isolent. Cette Bonne Nouvelles c’est une parole qui libère, qui ouvre sur un avenir, une espérance. Cette Bonne nouvelle c’est une parole qui pardonne, qui donne vie.

«Cette parole de l’Écriture, que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit.»

Aujourd’hui, nous sommes porteurs, porteuses de la Bonne Nouvelle de Jésus, nous sommes la Bonne Nouvelle de Dieu.

Chaque jour, nous sommes ceux et celles qui disent des paroles de compréhension, des paroles qui relèvent, des paroles qui donnent du goût à la vie, des paroles qui ressuscitent.

Aujourd’hui, nous avons cette mission et cette chance d’être la Bonne Nouvelle de Dieu pour nos frères et nos sœurs. Il n’y a pas besoin de fracas ni d’éclats. Juste une parole. Amen.

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Dimanche 2 C 2010

Il y avait un mariage à Cana.

Depuis la nuit des temps, quand des amoureux ont voulu crier à tous et à toutes leur amour, ils ont marqué leur alliance par un grand repas de noce, une belle fête avec leurs parents et amis, de la musique, de la danse et du bon vin.

C’est ce qui se passe à Cana. Deux jeunes amoureux vont échanger des anneaux que nous avons appelé des alliances, justement pour marquer leur alliance amoureuse. Ils sont entourés de leurs parents et amis. Marie aussi est là de même que Jésus et ses disciples.

Or, il y a un grand manque à Cana. «Ils n’ont pas de vin, dit Marie à Jésus. Le vin qui met la joie dans la fête n’existe plus.»

C’est comme si Marie disait à Jésus : «Vas-tu les laisser comme cela, en manque de vin, en manque de joie? Vas-tu permettre que la fête de leur amour soit manquée?»

C’est comme si Marie avait découvert l’identité de son fils et qu’elle lui disait : «Le temps est là, le temps est arrivé, agis pour ce que tu es, agis en Fils de Dieu».

Nous savons la suite. Jésus va créer le vin de la fête, il va redonner la joie à la fête.

Se faisant, il donne un signe de ce qu’il est, il donne un signe qui raconte le sens de sa présence aux noces de Cana et aux noces de notre monde.

Jésus est au milieu de nous pour que l’alliance amoureuse entre Dieu son Père et chacun et chacune de nous réussisse, soit une grande fête.

Il y a bien longtemps déjà, le prophète Isaïe avait perçu l’alliance amoureuse entre Dieu le Père et chacun et chacune de nous comme des épousailles. «On te nommera : «Ma préférée», dit Isaïe, car le Seigneur met en toi sa préférence. Comme un jeune homme épouse une jeune fille, celui qui t’a construite t’épousera. Comme la jeune mariée est la joie de son mari, ainsi tu seras la joie de ton Dieu.»

Chacun et chacune de nous sommes les préférés de Dieu. Chacun et chacune de nous sommes la joie de Dieu. Quelle bonne nouvelle!

Chaque fois que nous participons à l’eucharistie, en nous partageant le pain et le vin, Dieu notre Père en Jésus et par son Esprit, refait alliance amoureuse avec nous, chaque fois il nous prend pour son préféré, pour sa préférée, chaque fois il nous relève de nos morts quotidiennes et nous redonne sa joie de vivre, chaque fois il place en nous sa force vive d’amour pour que nous soyons heureux, heureuses, vivants, vivantes.

«Allez dire au monde entier les merveilles de Dieu!» chante le psaume.

Oui, allons raconter partout l’alliance amoureuse que nous portons en notre cœur, allons raconter partout que tous et toutes sommes les préférés de Dieu, que nous sommes ses enfants bien-aimés, que nous sommes et que nous serons sa joie. Amen.

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Baptême du Seigneur C 2010

Au temps de Jésus il n’y a pas de télévision. Les nouvelles se répandent de bouche à oreille. Que dit «le bouche à oreille»? «Jean-Baptiste baptise au lac».

Alors, les gens qui sont en attente, comme nous le dit la Parole de ce dimanche, en attente d’un roi sauveur, viennent en grand nombre entendre Jean-Baptiste. Jésus vient lui aussi et avec les autres se fait baptiser.

Les gens veulent savoir. «Toi Jean-Baptiste, es-tu celui qui doit venir, es-tu notre roi sauveur?»

«Non, répond Jean-Baptiste, mais il vient, celui qui est plus puissant que moi. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu.»

«Alors le ciel s’ouvrit.» Que c’est beau cette façon de nous dire les choses! C’est comme si le cœur de Dieu s’ouvrait pour combler l’attente des gens.

«Sous une apparence corporelle, comme une colombe, l’Esprit Saint descendit sur Jésus. Et puis, une voix qui vient du ciel grand ouvert, du cœur de Dieu grand ouvert se fait entendre : «C’est toi mon Fils, moi, je t’ai engendré. Toi, tu es vraiment mon Fils.»

C’est comme si le cœur de Dieu s’ouvrait pour dire tout son amour à Jésus, lui qui est son Fils.

C’est comme si le cœur de Dieu s’ouvrait pour dire à Jésus son identité : «Tu es mon Fils».

C’est comme si le cœur de Dieu s’ouvrait pour dire à Jésus une parole d’alliance, d’engagement.

Vous savez, la parole nous fait, la parole nous construit, la parole germe en nous, s’épanouit en nous, nous fait vivant, vivante.

La Parole de Dieu va construire Jésus. Elle va devenir dans le cœur de Jésus comme un trésor.

Avec cette Parole, avec cette certitude d’être le Fils de Dieu, Jésus va partir. Jésus va aller sur les routes, il va aller à la rencontre des gens. Partout où il passe, il distribue son trésor, il donne sa Parole.

C’est une parole de tendresse, une parole qui relève, qui met debout, qui rallume l’espérance, qui redit l’alliance à jamais entre Dieu le Père et chaque humain, c’est une parole de résurrection.

Les gens qui entendent cette Parole vont mieux. Ils deviennent plus vivants, plus vivantes. Et cette Parole devient comme leur trésor à partager à leur tour.

Pour chacun et chacune de nous aussi, le ciel s’est ouvert, le cœur de Dieu s’est ouvert au jour de notre baptême. Dieu le Père nous a donné son Esprit d’Amour. Il nous a dit notre identité : «Tu es mon fils, tu es ma fille.» Dieu le Père a fait alliance avec nous, il s’est engagé à nous donner sa vie à jamais.

Nous possédons en notre cœur un trésor. C’est l’amour de Dieu qui nous habite par son Esprit. C’est une parole qui a la force de la Parole de Dieu, une parole qui a la capacité de dire la tendresse, de relever, de mettre debout, de rallumer l’espérance, de faire alliance, de ressusciter.

Quelle belle mission que celle d’aller vers nos frères et nos sœurs pour leur ouvrir notre cœur et partager avec eux notre trésor : l’amour de Dieu qui nous habite, la parole de Dieu qui donne vie. Amen.

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 Épiphanie du Seigneur C 2010

Des mages. Des savants. Des astrologues, lesquels, en faisant leur métier, «ont vu se lever une étoile». Pour eux, c’est le présage, l’annonce que, quelque part, quelqu’un d’important est né, un roi pensent-ils.

Ils partent. Ils suivent l’étoile. Ils arrivent dans une ville, loin de chez eux, Jérusalem. Ils s’informent : «Où est le roi des Juifs qui vient de naître?»

Et puis, toujours guidés par l’étoile, ils arrivent à Bethléem où enfin ils trouvent. C’est inattendu. Ils trouvent un enfant. Ils s’ouvrent à l’enfant qui éveille leur cœur. Ils font une rencontre de tendresse. Ils offrent leurs cadeaux. Leur cœur est rempli de joie.

Leur voyage a valu leurs peines.

Hérode. Il est roi. L’inquiétude le gagne quand il apprend qu’un autre roi serait né chez lui. Il s’informe pour tout savoir de ce nouveau roi. Il veut défendre sa situation. Il ne se laisse pas gagner par la nouvelle, par cette étoile qui s’est levée. Il n’ouvre pas son cœur à la nouvelle.

Et nous? Dans notre vie, avons-nous vu se lever une étoile, l’étoile de Jésus? Jésus, par choix, est-il devenu pour nous comme une étoile, celui qui guide nos pas et notre vie? Sommes-nous partis, à l’aventure de notre vie, guidés par l’étoile Jésus?

C’est une grâce, c’est-à-dire le don total de son amour que Dieu nous fait en nous permettant de connaître Jésus. C’est le don total de son amour que Dieu nous fait en nous donnant de reconnaître Jésus pour notre étoile. C’est le don total de son amour que Dieu nous fait en nous mettant en mouvement, en nous donnant de nous laisser guider par notre étoile Jésus.

C’est saint Paul qui nous raconte cela. «Pour vous, nous dit-il, Dieu m’a donné une révélation, il m’a fait connaître un grand secret, il m’a fait connaître le mystère du Christ. Ce mystère c’est que tous et toutes sont associés, ont part au même héritage, au partage de la même promesse dans le Christ Jésus.»

Cette promesse c’est celle de l’amour de Dieu pour tous et toutes sans condition, sans regard sur nos péchés car son amour est tout don, tout pardon, toute miséricorde.

Aujourd’hui encore, une étoile s’est levée pour nous. Aujourd’hui encore le don total de l’amour de Dieu nous a été donné. C’est Jésus.

Ce don de l’Amour de Dieu est une invitation à jeter un regard sur l’étoile Jésus, puis à partir de nouveau, à nous laisser guider par cette étoile Jésus, à nous laisser guider par sa Parole, par sa manière d’être, de faire.

Aujourd’hui, une étoile s’est levée pour nous. Aujourd’hui encore le don total de l’amour de Dieu nous a été donné. C’est Jésus.

Ce don de l’Amour de Dieu est une invitation à ouvrir nos cœurs à Jésus, à devenir comme lui, à être lumineux pour les autres, à être une bonne étoile pour eux. Il nous invite à devenir comme Jésus, à resplendir de vie, à donner comme Jésus une parole de vie, des pardons, des encouragements, de l’espérance.

Nous serons dans la joie. Notre voyage ici-bas en vaudra ses peines. Amen.

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Jour de l’an 2010

2010. Le nouveau siècle a déjà dix ans. Le temps passe rapidement. Nous l’entendons dire si souvent qu’il prend de la vitesse de plus en plus. Et avec le temps, voilà que nous passons.

Un moment propice pour échanger des souhaits. «Bonne Année, nous disons-nous. De la santé, c’est le plus important. De la prospérité. Le paradis à la fin de nos jours comme le voulait la tradition. Et puis, comme chante la chanson : «On se donne la main et on s’embrasse.»

Je souhaite que tout cela vous arrive vraiment.

Je vous souhaite une Bonne Année.

Je vous souhaite de la santé.

Je vous souhaite le paradis à la fin de vos jours.

Je vous souhaite la prospérité. Je vous souhaite de l’argent, tout l’argent dont vous avez besoin, et encore plus, pour vous permettre de partager avec les autres.

Je vous souhaite d’être des personnes qui aiment la vie, qui transmettent la vie par leurs paroles et leur manière de vivre.

Je vous souhaite de demeurer proches, de vous accueillir, de vous donner la main pour accomplir ensemble le meilleur, de vous embrasser pour vous dire votre amour et votre tendresse.

Je vous souhaite d’être bénis des uns et des autres, de répandre vos bénédictions à tout vent, sur tous et toutes. Bénir c’est vouloir le meilleur pour l’autre et s’engager avec lui pour que ce meilleur arrive vraiment.

Et puis, je vous assure de la bénédiction de notre Dieu qui est Père, Fils et Esprit.

Dieu qui est Père, Fils et Esprit nous veut du bien. Il veut notre bonheur, notre joie de vivre. Il nous porte en son cœur si je puis parler ainsi. Il nous aime comme nous sommes. Pour lui, chacun et chacune est un enfant unique, son enfant. Il veut tout nous donner : son pardon, sa tendresse, son amour. Il nous assure de sa vie pour toujours.

Oui. «Que le Seigneur vous bénisse et vous garde.

Qu’il fasse briller sur vous son visage.

Qu’il vous donne sa tendresse et sa paix. Amen.

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La Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph C 2009

Qu’est-ce que nous souhaitons pour nos enfants? Qu’ils grandissent, qu’ils soient des personnes saines, responsables, qu’ils s’épanouissent, qu’ils soient heureux, heureuses.

Mettre un enfant au monde, c’est partir à l’aventure avec lui, c’est le prendre par la main, aller sur ses routes, le découvrir constamment, accepter qu’il fasse des expériences, qu’il se trompe.

Mettre un enfant au monde c’est décider de l’accueillir toujours comme son enfant, lui laisser la porte de son cœur et de sa maison toujours ouverte, lui faire toujours confiance, attendre, espérer, avoir peur, souffrir.

Mettre un enfant au monde c’est décider de lui transmettre nos valeurs pour que sa vie soit bonne.

Ce dont un enfant a besoin, c’est d’une parole, une parole qui s’infiltre en lui, qui devient pour lui une lumière, comme un phare; une parole sur laquelle il pourra s’appuyer pour toute sa vie.

Cette parole est une parole d’amour, de tendresse, de pardon, une parole d’encouragement, de libération, une parole qui dit qu’il est toujours possible de recommencer et de réussir sa vie, une parole qui donne vie, qui donne la joie de vivre.

Ce dont un enfant a besoin c’est d’une parole engagée, une parole responsable. Il peut faire confiance en celui, celle qui parle car il n’a pas été trompé. Il est dans la vérité. Et la vérité c’est comme la bonne terre où peut germer la parole entendue.

Alors l’enfant peut grandir. Alors l’enfant peut devenir au fil des jours un homme, une femme responsable, vrai. Quel beau projet!

C’est le projet que Dieu le Père veut pour chacun et chacune de nous et qu’il veut nous aider à réaliser avec chacun de nos enfants. «Voyez comme elle est grande la Parole d’amour dont le Père nous a comblés, nous dit saint Jean : il a voulu que nous soyons enfants de Dieu, - et nous le sommes. Un jour, nous serons semblables à lui, nous serons des êtres totalement épanouis, tout amour.» C’est la promesse de Dieu notre Père.

Cette promesse, Dieu le Père va la réaliser en nous et par nous. C’est pourquoi il est présent en notre vie par sa Parole : «Tu comptes pour moi, tu as du prix à mes yeux et je t’aime.»

C’est pourquoi Dieu le Père est présent dans notre vie par des signes, des signes qui nous disent son amour comme ce sacrement du baptême que nous allons vivre avec Rafaël dans la suite de cette célébration.

C’est pourquoi Dieu le Père est présent dans notre vie par des signes, des signes qui nous disent son amour à travers la vie donnée des parents pour leur enfant, dans la parole d’amour et la tendresse données des grands-parents, des oncles et tantes et de tous les membres de la communauté.

Quel beau projet que celui où, tous et toutes ensemble, chacun, chacune selon notre rôle propre, avec  notre Dieu Père, Fils et Esprit, nous participons à donner la vie, à faire grandir la vie, à permettre à la vie de s’épanouir en un homme, une femme, devenus responsables, vrais, heureux.

C’est notre projet avec Rafaël et tous nos enfants.

«Que nos enfants grandissent en sagesse, en taille et en grâce sous le regard de Dieu et notre propre regard de tendresse et de fierté». Amen.

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Noël C 2009

Jérôme Minière raconte dans le journal Le Devoir, qu’une bonne amie à lui, Francine, voulait quitter Bruxelles quelques jours pour aller voir des amis et sa famille à Paris.

Elle était à une période difficile de sa vie: séparation douloureuse qui traînait en longueur, emploi précaire et peu intéressant, manque d'argent, amitiés en lambeaux.

Esseulée, elle avait donc réuni ses dernières économies pour se payer le train à grande vitesse et s'extraire quelque temps de son naufrage. La journée avait été moche, tout du long. C’est haletante qu’elle arriva dans la longue file d'attente et se laissa doubler par un vieux bonhomme suant avec une valise rouge.

Arrivée au guichet, une jeune femme lui fit un large sourire, le premier depuis longtemps. Francine le lui rendit et marmonna :

- Paris, c’est toujours 110 euros.

- Mais pas du tout, mademoiselle, c'est beaucoup moins que ça, je vous fais le billet à 50.

 

Francine resta stupéfaite un moment, puis bredouilla:

- Je pensais que c'était 110 euros.  À moi, on ne fait jamais de cadeaux. Pourquoi ? C'est un nouveau tarif?

 

La guichetière lui indiqua d'un geste le long serpent de gens qui attendaient dans son dos.

- Mademoiselle, c'est l'heure de pointe, je ne vous ferai pas de longs discours, je vous offre un tarif "Friend".

 

Francine rougit un peu, tendit l'argent et osa la regarder dans les yeux.

- Friend, c'est pour "amie"?

La dame du guichet lui glissa son billet et un « Oui, c'est pour "amie", dépêchez-vous, vous allez manquer votre train, quai 8...».                  

Francine passa ensuite les deux heures du voyage collée aux paysages qui défilaient comme des comètes derrière la vitre, s'interrogeant sur le sens de ce geste gratuit, survenu de manière inattendue. Un petit bonheur sorti de nulle part, qui lui donnait le frisson et envie de dire:

- Ça fait la vie belle même si ce n’est que pour 30 secondes.

 

Eh bien, si j'avais 25 millions, ajoute Jérôme Minière, je financerais un organisme international de micro-amitié sans but lucratif dans le but de promouvoir ces petits moments entre inconnus. Cela ne résoudrait sans doute pas grand-chose aux grands problèmes de la planète, ce serait même absolument dérisoire, mais ce serait beau, tout de même, comme les étoiles filantes dans un ciel d’août. (Jérôme Minière, Le Devoir, le vendredi 17 septembre 2004, p. B 8).

Que va changer Noël? Peut-être pas grand-chose. Peut-être beaucoup. Ça dépend de nous.

Noël peut être aujourd’hui, si nous le voulons, comme les étoiles filantes dans un ciel d’août : une lumière, une beauté, une bonté, un moment de paix, de joie, de pardon, de renouveau dans nos relations.

Juste un sourire, une poignée de main, un regard qui dit sa tendresse, une parole qui réconforte, qui reconnaît l’autre, donne de la place et de l’importance à l’autre, ça fait la vie belle même si ce n’est que pour trente secondes.

Prendre un enfant dans ses bras même si ce n’est que pour trente secondes peut nous faire la vie belle.

Laisser une parole d’amour entrer en notre cœur même si ce n’est que pour trente secondes, peut nous faire la vie belle.

Laisser la Parole de Dieu de ce soir pénétrer dans notre cœur même si ce n’est que l’espace de trente secondes, peut nous faire la vie belle.

« Voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie. Aujourd’hui vous est né un Sauveur. Il est Messie, le Seigneur. Il est Dieu avec vous et pour vous. Il vient pour que votre vie soit belle.»

Se rendre la vie belle les uns par les autres, c’est beau, c’est bon, c’est Noël même si cela ne durait que trente secondes.  Amen.

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Avent 4 C 2009

« Le Seigneur m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle».

La Bonne Nouvelle, c’est une parole, une parole qui vient de Dieu, une parole qui est Parole de Dieu.

 

La Bonne Nouvelle, c’est une parole qui annonce la libération pour tous et toutes, une parole qui se veut lumière pour éclairer nos noirceurs, nos nuits.

 

La Bonne Nouvelle, c’est une parole qui veut dénouer ce qui nous opprime, ce qui nous blesse, ce qui nous fait mal, ce qui nous tue à petit feu, ce qui brise nos relations, ce qui nous enlève notre joie de vivre et d’aimer.

 

La Bonne Nouvelle, c’est une parole qui annonce une année de bienfaits.

 

Dieu notre Père, par Jésus, annonce qu’il veut nous faire du bien, qu’il veut être notre bienfaiteur.

 

Sa façon d’être notre bienfaiteur c’est de prendre sur lui tous nos péchés parce qu’il nous aime, parce qu’il nous veut libres, vivants, vivantes, heureux, heureuses.

 

Cette Bonne Nouvelle que je vous dis et que vous entendez maintenant, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit.

 

Aujourd’hui, Dieu notre Père, par Jésus et son Esprit, veut nous faire du bien, il veut être notre bienfaiteur, il veut prendre sur lui tous nos péchés.

 

Reconnaissons nos péchés. (Silence)

 

Reconnaissons que Jésus est l’envoyé du Père pour être notre bienfaiteur.  (Silence)

 

Disons notre reconnaissance à ce Dieu, Père, Fils et Esprit, pour se présence d’amour en nos vies. (Silence)

 

Dieu de l’univers, regarde-nous :

nous ne pouvons pas retourner en arrière,

nous ne pouvons pas n’avoir pas péchés.

Prends-nous tels que nous sommes.

 

Viens nous sauver :

fais-nous aller vers toi;

fais-nous vivre à ta manière;

que ta main nous soutienne sur la route de notre vie;

que ton visage plein de lumière éclaire chacun de nos visages;

que ta lumière rejaillisse en nos cœurs,

qu’elle rende nos vies lumineuses,

qu’elle nous réchauffe,

qu’elle nous montre ta route de bonté, de tendresse, de miséricorde, de pardon,

et nous serons sauvés.

 

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Avent 3 C 2009

Que fait Jean-Baptiste au bord du Jourdain? Il annonce une bonne Nouvelle.

Et quelle est cette Bonne Nouvelle? « Il vient le tout-puissant, le Messie que vous attendez, le sauveur dont vous avez tant besoin.»

Les gens l’attendaient ce tout-puissant, ce roi sauveur. Ils avaient besoin d’un roi pour le peuple, d’un roi qui viendrait apporter la paix, qui viendrait prendre le parti des pauvres, qui viendrait rendre la société vivable, renouveler les cœurs, qui viendrait faire que la vie soit bonne pour tous et toutes.

« Il vient ce roi dit Jean. Il va vous baptiser, c’est-à-dire vous faire naître dans l’Esprit Saint et dans le feu. Il va vous baptiser, vous faire naître dans le feu de son amour.»

Les gens demandent : «Que devons-nous faire pour l’accueillir, pour naître ainsi dans le feu de son amour?» Et Jean répond : «Soyez bons, bonnes, soyez honnêtes entre vous, enlevez la violence de votre vie, ne faites de tort à personne».

Ce matin, ces paroles de Jean nous reviennent et nous rejoignent. Nous vivons dans un tout autre contexte que celui de Jean. Nous savons même que le Tout-puissant, le Sauveur, Jésus l’Emmanuel, Dieu avec nous est déjà là au milieu de nous.

Et cependant, chaque année, nous voulons nous rappeler sa venue parce qu’il n’est pas encore complètement dans nos vies, parce que son amour ne mène pas encore notre monde, loin s’en faut, parce que nous avons besoin encore d’être aimés et d’aimer, parce que nous avons besoin encore de bonté, de paix, de pardon.

Nous avons encore besoin de nous rappeler qu’il est venu le Seigneur notre Dieu en son fils Jésus, qu’il vient et qu’il viendra. Nous avons besoins de réentendre les paroles de Jean : «Soyez bons, bonnes, soyez honnêtes entre vous, enlevez la violence de votre vie, ne faites de tort à personne».

Ainsi le Seigneur viendra en nos cœurs, en notre famille, en notre village, en notre monde.

C’est pourquoi, nous dit encore la Parole de Dieu d’aujourd’hui : «Soyez dans la joie, laissez-vous aller à la joie, non pas parce que vous n’avez plus de problèmes, non pas parce que vous n’avez plus besoin de changer.

Non, car nous savons tout ce que nous voudrions qui change pour nous, pour nos amours, pour nos enfants, pour notre village, pour notre monde.

Pourquoi alors nous laisser aller à la joie? Simplement parce que le Seigneur notre Dieu est tout proche, le Seigneur notre Dieu le Tout-puissant se fait tout proche de nous, il habite notre cœur, il nous aime.

Soyons bons, bonnes. C’est la façon d’ouvrir la route au Seigneur.

Et puis,

« Laissons éclater notre joie :

Dieu est au milieu de nous.» Amen.

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Avent 2 C 2009

Vous considérez-vous comme des Grands, des Grandes de ce monde? comme des personnes qui ont beaucoup de pouvoir?

L’Évangile d’aujourd’hui commence en nous énumérant des Grands du temps de Jésus. Tibère, l’empereur et Ponce Pilate le gouverneur. Suivent trois princes : Hérode, Philippe et Lysanias. Enfin on note les grands prêtres Anne et Caïphe. Tous considérés comme des gens d’influence, de pouvoir; tous considérés comme des Grands.

Qu’est-ce qui se passe au temps de ces Grands? «La parole de Dieu est annoncée dans le désert à Jean, fils de Zacharie.»

Jean-Baptiste ne fait pas le poids avec les Grands de son temps. C’est un homme sans influence, ni pouvoir. Il a fait l’expérience de Dieu. Il est en contact avec l’histoire de son peuple. Le retour de son peuple de l’exil nourrit sa pensée et son cœur.

«Quand le Seigneur ramena les captifs de Sion,

Nous étions comme en rêve!

On disait :

Quelles merveilles, fait pour eux le Seigneur!

Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous».

Le pari de Jean-Baptiste c’est que si le Seigneur a ramené autrefois son peuple de l’exil, il peut bien encore aujourd’hui lui donner le salut.

C’est pourquoi, de toute sa voix, de tout son cœur, Jean-Baptiste crie dans le désert : «Tout homme, toute femme verra le salut de Dieu».

Pour Jean-Baptiste, il n’y a pas de condition au salut : Dieu est si grand, son amour pour les humains est si grand que rien ne peut l’arrêter, rien ne peut l’empêcher, même pas les pires péchés.

«Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées; les passages tortueux deviendront droits; les routes déformées seront aplanies; et tout homme, toute femme verra le salut de Dieu».

Ce matin la parole de Dieu nous est adressée personnellement à travers Jean-Baptiste. Il nous crie de toute sa voix, de tout son cœur : « Tout homme, toute femme verra le salut de Dieu» car Dieu tient parole.

Le temps de l’avent que nous vivons présentement est un temps pour laisser de la place à la Parole de Dieu dans nos vies. «Tout homme, toute femme verra le salut de Dieu».

Le temps de l’avent c’est le temps de laisser cette parole faire son chemin jusqu’à notre cœur, c’est le temps de laisser cette parole germer en notre cœur, pour y devenir une lumière qui éclaire notre vie, une lumière qui fait naître en nous une immense espérance malgré tout ce qui ne va pas, malgré nos guerres, nos oppositions, nos péchés, nos maladies, nos morts.

Le temps de l’avent c’est le temps de laisser la parole de Dieu devenir parole en nous, parole pour nos frères et nos sœurs, à travers nos propres paroles, à travers nos gestes, à travers nos regards, à travers nos engagements.

Nous serons alors Grands, Grandes, personnes d’influence, de pouvoir pour la lumière, pour la vie.

Et nous pourrons nous tourner vers le Seigneur avec cette parole au cœur :

«Quelles merveilles, Seigneur, tu fais pour nous!» Amen.

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Avent 1 C 2008

Êtes-vous des personnes de parole? Croyez-vous à la parole donnée? Peut-on se fier à votre parole?

Questions importantes. Réponses plus importantes encore car elles règlent la vie entre nous.

«Parole du Seigneur». C’est ainsi que commence le texte du prophète Jérémie qui inaugure ce Temps de l’Avent, temps préparatoire à la fête de Noël.

Cà va tellement mal au temps de Jérémie. Il n’y a plus de roi. Une grande partie du peuple a été déportée à Babylone. Le Temple a été rasé. Les belles promesses de salut des prophètes ne se sont pas accomplies. Le peuple attend toujours ce roi qui apporterait la justice, l’harmonie et la paix.

C’est pourquoi Jérémie ne dit pas «Parole de Jérémie». Personne ne l’aurait cru. D’autant plus que ce qu’il a à dire est difficile à croire. Il va dire plutôt « Parole du Seigneur», parole qui vient d’ailleurs, parole plus grande que sa propre parole.

Que dit cette «Parole du Seigneur»? Elle dit une promesse :

Voici venir des jours

où j'accomplirai la promesse de bonheur

que j'ai adressée à la maison d'Israël

et à la maison de Juda :

En ces jours-là, en ce temps-là,

je ferai naître chez David un Germe de justice,

et il exercera dans le pays le droit et la justice.

 

Des jours viennent. Dieu tient Parole. Il tient Parole en son Fils Jésus. Dieu a tenu Parole, devrais-je plutôt dire. Un Germe de justice est né au milieu de nous. Ce Germe de justice est une Parole, une parole qui prend chair, qui se fait humaine, qui devient Fils, une Parole qui raconte le droit et la justice.

 

«Parole du Seigneur», je veux vous redire ce matin. Voici venir des jours pour prendre une nouvelle conscience que la promesse de bonheur se réalise au milieu de nous. Un Germe de justice, d’harmonie, de paix est né au milieu de nous. C’est Jésus, le fils de Dieu. C’est Jésus l’Emmanuel, Dieu avec nous. Il a une Parole de salut, de pardon, qui appelle à l’harmonie, harmonie en soi et avec les autres. Il appelle à la justice et au droit.

Peut-être vous arrive-t-il de rêver, d’appeler de tout votre cœur la venue de ce monde d’harmonie, de justice, d’amour pour tous et toutes?

Peut-être portez-vous au cœur cette espérance d’une vie renouvelée, d’un recommencement possible, d’un pardon qui fait la différence, qui change tout, d’une main tendue qui ouvre sur la vie?

Voici venir des jours où j’accomplirai la promesse de bonheur que je vous ai faite, nous redit le Seigneur.

Dieu tient parole. Sa Parole est au milieu de nous. Sa Parole, c’est Jésus. Sa Parole illumine nos vies, éclaire notre route.

Laissons pénétrer la Parole de Dieu, Jésus, en nos vies. Laissons sa Parole illuminer nos vies, éclairer notre chemin.

 

Et puis, partageons la Parole de Dieu, Jésus, présent à nos vies.  

Notre parole sera lumière pour nos frères et nos sœurs.

Tous nos visages brilleront de la lumière de Jésus.

Ce sera Noël.

Dieu aura tenu Parole au milieu de nous.

Nous vivrons dans l’harmonie, la tendresse, le pardon, l’amour. Amen.

 

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