Chaque dimanche et jour de fête, vous trouverez ici
la Parole de Dieu
et une homélie

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Oeuvre : Le Jugement Dernier, par Michelangelo Buonarotti

 

Dimanche 23 A 2008

Lecture du livre d'Ézékiel (33, 7-9)

La parole du Seigneur me fut adressée :

« Fils d'homme, je fais de toi un guetteur

pour la maison d'Israël.

Lorsque tu entendras une parole de ma bouche,

tu les avertiras de ma part.

Si je dis au méchant :

'Tu vas mourir',

et que tu ne l'avertisses pas,

si tu ne lui dis pas d'abandonner

sa conduite mauvaise,

lui, le méchant, mourra de son péché,

mais à toi, je demanderai compte de son sang.

Au contraire, si tu avertis le méchant

d'abandonner sa conduite,

et qu'il ne s'en détourne pas,

lui mourra de son péché,

mais toi, tu auras sauvé ta vie. »

 

Psaume 94

 

R/ Aujourd'hui, ne fermons pas notre cœur,

     mais écoutons la voix du Seigneur !

 

Venez, crions de joie pour le Seigneur,

acclamons notre Rocher, notre salut !

Allons jusqu'à lui en rendant grâce,

par nos hymnes de fête acclamons-le !

 

Entrez, inclinez-vous, prosternez-vous,

adorons le Seigneur qui nous a faits.

Oui, il est notre Dieu ;

nous sommes le peuple qu'il conduit.

 

Aujourd'hui écouterez-vous sa parole ?

« Ne fermez pas votre cœur comme au désert

où vos pères m'ont tenté et provoqué,

et pourtant ils avaient vu mon exploit. »

 

 

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains (13, 8-10)

 

Frères et soeurs,

ne gardez aucune dette envers personne,

sauf la dette de l'amour mutuel,

car celui qui aime les autres

a parfaitement accompli la Loi.

Ce que dit la Loi :

Tu ne commettras pas d'adultère,

tu ne commettras pas de meurtre,

tu ne commettras pas de vol,

tu ne convoiteras rien ;

ces commandements et tous les autres

se résument dans cette parole :

Tu aimeras ton prochain comme toi-même.

L'amour ne fait rien de mal au prochain.

Donc, l'accomplissement parfait de la Loi,

c'est l'amour.

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (18, 15-20)

 

Jésus disait à ses disciples :

« Si ton frère a commis un péché,

va lui parler seul à seul et montre-lui sa faute.

S'il t'écoute, tu auras gagné ton frère.

S'il ne t'écoute pas,

prends encore avec toi une ou deux personnes

afin que toute l'affaire soit réglée

sur la parole de deux ou trois témoins.

S'il refuse de les écouter,

dis-le à la communauté de l'Église ;

s'il refuse encore d'écouter l'Église,

considère-le comme un païen et un publicain.

Amen, je vous le dis :

tout ce que vous aurez lié sur la terre

sera lié dans le ciel,

et tout ce que vous aurez délié sur la terre

sera délié dans le ciel.

Encore une fois, je vous le dis :

si deux d'entre vous sur la terre

se mettent d'accord pour demander quelque chose,

ils l'obtiendront de mon Père qui est aux cieux.

Quand deux ou trois sont réunis en mon nom,

je suis là, au milieu d'eux. »

 

 

© AELF

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Homélie

 

Dimanche 23 A 2008

Quelqu’un raconte le procès d’un jeune homme accusé du meurtre d’une jeune fille qu’il avait remarquée sur la rue. Il ne la connaissait  même pas. Elle ne lui avait rien fait: son seul crime était d’être jeune et vivante et de s’être trouvée à la mauvaise place au mauvais moment. 

Le procureur a décrit en détail les effroyables éléments du meurtre. L’horreur était à peine soutenable. La plupart des gens dans la salle détournaient les yeux. 

Tout au long du procès cependant, le père de la victime demeura impassible, suivant les témoignages et les débats, observant le garçon. 

L’accusé fut reconnu coupable; le père annonça alors qu’il le visiterait en prison afin d’en venir à le connaître.

Les gens étaient consternés. Pourquoi? C’était incompréhensible. Le père restait inflexible. « Ce garçon et moi sommes à jamais liés, déclara-t-il. Nous avons besoin de nous connaître. Je ne sais pas si je pourrai lui pardonner. Mais peut-être qu’en arrivant à le connaître j’arriverai à ne pas le haïr. C’est une question de guérison et de réconciliation. »  (Kent Nerburn, Fais de moi un instrument de ta paix, Bellarmin, 2001, p.40)

Dans un monastère, un moine commit une faute grave. Les Anciens du monastère se réunirent et prièrent le Supérieur général qui habitait dans un autre monastère de venir juger le moine fautif.

Lui, cependant, refusa de venir.  Les moines insistèrent. Alors il se leva et se mit en route, emportant un vieux panier percé qu’il remplit de sable et traîna derrière lui.

Les Anciens vinrent à sa rencontre et lui demandèrent : « Qu’est  que cela, Père? »  Le vieillard répondit : « Mes péchés s’écoulent derrière moi et je ne les vois pas; or aujourd’hui je viens juger les péchés d’un autre! »

En l’entendant, ils ne dirent rien au frère fautif et lui pardonnèrent. (Adaptation de Contes et récits pour la Toussaint, Éditions Ouvrières, Paris, 1995, p, 78)

Une jeune famille avait déménagé dans une nouvelle ville. Le premier jour d'école, le jeune garçon de sept ans, Christopher, fut confronté avec la brute de l'école avec qui il entra malencontreusement en collision en descendant de l'autobus. Il allait en payer le prix. Dès ce moment, il se faisait bousculer, était obligé de porter les livres du garçon etc., etc. La perspective d'aller à l'école devenait chaque jour plus horrifiante pour le jeune Christopher.

Bien sûr la maman était outragée. Elle était décidée à en découdre avec la petite brute, ses parents, son professeur et le principal de l'école. Mais Christopher protesta en disant: «J'aimerais mieux essayer de trouver un moyen de m'arranger avec lui puisque nous sommes dans la même école pour un bon bout de temps. »

Il fallut quelques jours à la maman pour se ressaisir et accepter le point de vue de Christopher. Son instinct maternel lui dictant plutôt d'intervenir rapidement. Mais elle admit la justesse du point de vue de son fils.

Elle adopta donc une nouvelle attitude ne cherchant plus tant à combattre le feu par le feu, si on peut dire, mais d'aider son fils à trouver le moyen de changer la relation belliqueuse qu'il avait avec ce garçon.

Une rencontre avec le principal eut lieu, mais non plus pour en découdre avec l'enfant et ses parents, mais pour trouver une solution qui serait vivable pour son fils et aidante pour l'enfant qui terrorisait ses camarades.

On en vint à la conclusion que cet enfant avait un grand besoin d'attention. On établit donc un programme visant à l'aider à s'affirmer sans violence et même à se sentir responsable des plus jeunes de l'école dont Christopher. Ça n'a pas marché tout de suite, il a fallu essayer encore et encore. Il n'y a pas eu de miracle, mais l'amour est patient et à la fin il a triomphé.

Je vous ai raconté ces histoires parce que la Parole de Dieu pour nous aujourd’hui n’est pas facile. « Si ton frère a commis un péché, va lui parler seul à seul et montre-lui sa faute ». C’est une démarche très difficile.

Souvent, aujourd’hui, à la sortie d’un procès pour un acte plus ou moins sordide, les parents et les proches de la victime ne sont pas satisfaits de la punition imposée.

« Quatre ou cinq ans de prison, vingt ans de prison , pour un tel crime, disent-ils, ce n’est pas assez».

Évidemment ces gens crient leur souffrance, le mal qui leur a été fait. Ils crient haut et fort que  quatre, cinq ou vingt ans de prison ne peut pas guérir leur mal, ne peut pas faire que le crime n’ait pas eu lieu. Ils ne réalisent pas, à ce moment-là, que trente ans, cent ans de prison ne pourra pas les guérir non plus.

C’est que le mal nous rejoint à l’intérieur de nous, nous habite et que la guérison ne peut venir aussi que de l’intérieur de nous.

La guérison ne peut venir que de l’amour que nous portons au fond de nos cœurs. Cet amour qui nous amène à réfléchir sur notre propre vie, sur nos propres erreurs, sur nos propres étourderies, parfois sur notre méchanceté. Souvenez-vous de ce vieux moine de l’histoire qui sait qu’il a beaucoup péché dans sa vie et qui refuse de juger son frère.

La guérison ne peut venir que de l’amour que nous portons au fond de nos cœurs, cet amour qui nous amène à regarder l’autre comme un frère, une sœur.

La guérison ne peut venir que de l’amour que nous portons au fond de nos cœurs, cet amour qui nous amène, un jour, au pardon.

Quand nous y arrivons, la guérison est possible. Je ne parle pas ici de facilité. Je parle d’amour. « Aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur. »  Amen.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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